La marche du soleil ou la déambulation sacrée

 

Ompaholos de Delphe

Les premiers  labyrinthes apparurent au delà du cercle polaire et font référence à la danse sacrée de la grue avant sa grande migration.

L’omphalos primordial fut, d’après les traditions une terre pure au milieu des eaux : c’est cette terre de bénédiction qui est devenue Ogygie (Ogh Iagh Ile sacrée) ou Ile des Quatre Maîtres, elle se situait primitivement au nord, sous la Grande Ourse. Ell est le symbole de la Tradition polaire ou Tradition Primordiale.

La Grande Montagne (Ararat) s’identifie par la suite, ontologiquement, avec elle, et se présenta, de son côté, comme le centre surnaturel d’où rayonnaient les quatre courants d’ondes qui vivifient l’univers spatial.

Par extension, toute île, toute montagne, puis tout être ou objet sacrosaint d’où s’irradiait, grâce aux rites de mort et de renaissance, le mana ultraphysique, devint à son tour l’ombilic ou le pôle du cosmos. L’on eut ainsi, pour omphalos, ou une caverne, ou une pierre (un Beth-el, maison de Dieu, identifiée avec Dieu, et dégradée peu à peu en bétyle), ou un tumulus, ou un arbre, ou un feu sacrosaint, ou un personnage tenu pour divin, etc…, etc…  En Chine au centre de chaque royaume, s’érigeait un tertre artificiel, en forme de pyramide quadrangulaire, que l’on constituait au moyen de la terre prélevée dans les cinq régions; les quatre faces correspondaient aux points cardinaux, et le sommet, dressé vers le ciel, au centre fixe. – En Irlande, on élevait de même, au centre de chaque domaine, la « pierre debout » du chef. A Ushnagh, centre du pays, s’érigeait une pierre gigantesque, appelée « nombril de la Terre »; on la nommait aussi pierre des portions (ail-na-meeran), parce qu’elle marquait le lieu où convergeaient les lignes séparant les 4 royaumes : là se tenait la grande assemblée annuelle du premier mai. Le royaume du centre (le 5), où se situait la pierre-omphalos, était désigné par le nom de Mide (forme anglicisée : Meath), qui est le vocable celtique medion (identique au latin medius). On comprend ainsi pourquoi l’Irlande, ou Ile Verte (Erin), fut appelée lie des Quatre Maîtres : elle copiait la lointaine Ogygie, qui portait la même désignation, et son organisation, répétons-le, avait la même source sacerdotale lointaine que le système de la Chine, également emprunté à l’Ile des hommes transcendants (où l’empereur Yao s’était rendu au milieu du troisième millénaire avant notre ère).

Ces brèves indications suffisent à faire entendre l’importance qu’eurent, pour les conceptions relatives à l’origine de l’humanité, aussi bien que pour l’organisation religieuse et sociale, les lointaines notions théocratiques concernant les rapports de l’espace et du temps avec l’énergie radiante, matière divine et éternelle du cosmos, – rapports que symbolisaient le signe de la croix et le swastika.

Mosaic floor of ancient roman villa with ancient geometrical ornament including swastika symbol ,archaeological park Tombs of Kings,Paphos,Cyprus,unesco heritage

Le temple primitif ne fut, au surplus, rien de moins qu’un omphalos, puisqu’il se plaçait, ainsi que l’indique son nom (tem = couper) à l’intersection de deux lignes se croisant à angle droit le cardo, qui allait du nord au sud, et le decumanus, de l’est à l’ouest; l’intersection était le decussis; celui qui procédait au rite de fondation se tenait, initialement, le dos soit au nord, soit à l’ouest, et se tournait par conséquent soit vers le sud, soit vers l’est : étant donnée la confusion lointaine entre le nord et l’ouest, il est probable qu’à l’origine une même idée fondamentale fut en jeu : le personnage qui tournait le dos au nord ou à l’ouest représentait la personnalité transcendante résidant au milieu des eaux, c’est cette personnalité qui dessinait, dans l’espace, le cardo et le decumanus (notons, au passage, que cardo signifiait primitivement gond, pivot : nous rejoignons donc ici l’omphalos et le moyeu des choses); – l’officiant, identifié à ce personnage idéal des commencements, devenait ainsi un être surnaturel, ressortissant à l’univers dynamique. Il se confondait avec l’ancêtre surhomme, avec le Mâle des Origines. On voit la portée de ces données pour les cérémonies rituelles de l’auspication et pour la construction des édifices.

Baptistère

Ceux qui, d’autre part, voulaient s’imprégner de l’énergie transcendante se tournaient vers le lieu d’où elle rayonnait, c’est-à-dire soit vers l’omphalos local, centre de leur petite communauté, soit vers l’omphalos primordial, situé au nord ou à l’ouest; plus tard, quand le soleil fut devenu, chez un très grand nombre de peuples, le resplendissant reposoir physique de la radiance immortelle, on se tourna vers l’est, région où se levait l’astre du jour, qui, chaque matin, venait promener au-dessus des hommes le Saint Sacrement.

Ceux qui, d’autre part, voulaient s’imprégner de l’énergie transcendante se tournaient vers le lieu d’où elle rayonnait, c’est-à-dire soit vers l’omphalos local, centre de leur petite communauté, soit vers l’omphalos primordial, situé au nord ou à l’ouest; plus tard, quand le soleil fut devenu, chez un très grand nombre de peuples, le resplendissant reposoir physique de la radiance immortelle, on se tourna vers l’est, région où se levait l’astre du jour, qui, chaque matin, venait promener au-dessus des hommes le Saint Sacrement.

LES DÉPLACEMENTS RITUELS.

Une autre question, fondamentale, dans les traditions anciennes qui commémoraient la liturgie créative, fut celle des déplacements rituels. Ceux-ci consistaient à tourner soit autour de l’enceinte sacrée, soit, dans l’intérieur même de l’enceinte, autour du feu sacrosaint ou de l’objet omphalos, en qui s’hypostasiait le mana divin : l’on s’offrait ainsi plus complètement à la pénétration des effluves surnaturels. Les rondes, puis les danses circulaires, et également la forme annulaire attribuée aux îles ­continents, ont là leur origine, – origine éminemment sacerdotale et liturgique.

Ultérieurement, par extension, l’on tourna autour d’un objet ou d’une personne que l’on se proposait de sacraliser, en l’assimilant à l’omphalos de l’enceinte divine. Ce mouvement circulaire s’effectuait presque toujours trois fois.

L’AMPHIDROMIE OU CIRCUMAMBULATION.

Tous ces déplacements se trouvaient soumis à des règles strictes. Pour être en harmonie avec l’ordre cosmique et infuser dans l’homme l’énergie d’or qui sous-tend l’univers physique, ils durent, à compter d’une date impossible à préciser, à partir de l’est, – auparavant ils partaient du nord -, et suivre le mouvement du soleil, c’est-à-dire aller vers le sud (vers le côté haut du monde); s’ils opéraient en sens inverse, avec direction vers le nord, ils prenaient pour objectif le bas, le pays des bienheureux, ravalé au rang de tartare; la signification se trouvait donc changée; le mana d’en haut n’était plus capté; l’homme ne se branchait plus sur les circuits de la vie éternelle.

Ce rite de la circumambulation, ou de l’amphidromie, l’un des plus vieux des religions humaines, est universel, et atteste nettement par là sa source théocratique préhistorique.

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