Tuatha Dé Danann : l’éternel retour

déesse Danu

Les Danites

Les races qui occupaient le pays lorsque les prétendus Milésiens arrivèrent, principalement les Fir Bolg et les Tuatha dé Danann, n’ont assurément pas été exterminées par les conquérants milésiens.

Les 3500 ans d’histoire du peuple irlandais sont un des récits les mieux préservés, car celui-ci a été transmis de génération en génération par les seanachies (les bardes ou les ménestrels). Les anciens récits n’ont pas été écrits dans des livres qui pouvaient être détruits, mais ils étaient transmis oralement, sur une rythmique poétique. Ce n’est qu’à partir du 17ème siècle que l’Irlande a possédé une histoire écrite officielle, avec les Annales des quatre maîtres et les poésies préservées des bardes, rapportées par MacFirbis et Keating. Les Fir Bolg arrivèrent probablement au milieu du 2ème millénaire av. J.-C. Selon Keating, ils descendaient de Magog, fils de Japhet (History of Ireland, Irish Texts Society, livre I, page 139). Certains érudits pensent que ces peuples se seraient associés avec les Phéniciens qui parcouraient les mers et qui étaient connus pour avoir des mines de cuivre, de plomb, d’étain et d’or, dans les îles Britanniques. L’or irlandais est toujours un métal précieux très recherché et de nouvelles mines ont récemment été ouvertes dans les comtés de Tyrone et de Wexford.

La mainmise des Fir Bolg sur l’île fut bientôt disputée par un nouvel envahisseur, les Tuatha dé Danann. Le mot thuata signifie « tribu ». Ils venaient de la tribu de Dan, fils de Jacob.

Dans Juges 5 :17, la juge israélite Débora (env. 12ème siècle av. J.-C.) chantait un cantique dont certaines paroles étaient : « Pourquoi Dan s’est-il tenu sur les navires ? » Les Danites étaient connus pour voyager sur la mer avec leurs voisins phéniciens, sillonnant la Méditerranée et allant même au-delà des « Colonnes d’Hercule » (Gibraltar) sur l’océan Atlantique, jusqu’en Grande-Bretagne et en Irlande. Certains estiment qu’ils ont émigré pour la première fois à partir de l’Égypte, juste avant l’exode (1446 av. J.-C.), suivi d’une seconde vague en 1213 av. J.-C.

L’Irlande, Terre des dieux

Nous aurions tort de croire que le dieu et le héros antique accomplissent seulement la Quête dans l’espace géographique, en se déployant. Ils l’accomplissent aussi à l’intérieur d’eux-mêmes, dans le même déploiement, avec le même désir de clarté, d’illumination.

On peut parler d’un héroïsme sacré, qui n’a rien à voir avec la conception petitement humaine de l’héroïsme des hommes, qui répond à des désirs obscurs, mal connus. Le chevalier de la Quête pose un regard lucide sur le monde et sur lui-même. Il est en état de voyance, et il porte tout le mystère des univers sur ses épaules.

Julius Evola donne une très belle définition de l’héroïsme sacré: « C’est l’élan vers un état spiri­tuel réellement supra-personnel, qui rend libre, immortel, intérieurement indestructible».

Lorsque les Tuatha Dé Danann, descendus d’Hyperborée, amenèrent la pierre du Graal en Irlande, ils installaient la civilisation du Graal, toujours présente, aujourd’hui, dans les lieux mégalithiques.

Il suffit d’aller visiter les pierres géantes de Stonehenge, les alignements de Carnac, les tertres funéraires de Newgrange, pour sentir passer le souffle antédiluvien. L’histoire nous parle, visible et invisible, sans tenir compte de l’espace et du temps, parce que le Graal habite un temps éternel qui nous frôle, nous touche. Alors des prodiges viennent tourmenter nos rêves, la nuit. Une voix parle en nous. Elle dit: « Il te faudra traverser des ténèbres profondes, pour apercevoir l’étoile de clarté », ou bien: «Sans la mort, la terre la plus féconde reste sourde. Réjouissez-vous de l’épée! »

La voix des bardes ramènent des morceaux d’his­toire, des rumeurs anciennes, où il est question d’une royauté perdue, d’une terre engloutie par-delà la barrière des glaces.

Tout commence avec la glaciation — au propre comme au figuré. La terre où fleurissait la civilisa­tion du Graal est devenue stérile, froide… on pour­rait dire frigide. Elle ne donne plus de fruits, plus de semences. Elle est devenue la terre des morts, du grand silence. Le Roi du Graal — avant l’arrivée de Parsifal —est un roi blessé, meurtri, privé de mémoire, qui règne sur un domaine stérile, pétrifié — comme le château de la Belle-au-Bois-Dormant, qui attend la venue du héros qui rendra la vie au Royaume.

Le prince charmant du conte initiatique, coiffé d’un bérêt orné d’une plume de Paon, est aussi Parsifal, le héros au coeur pur, qui sauvera le Royaume. A quel moment le Graal a été perdu par les hommes ?… La question est intéressante. Elle est même essentielle. On pourrait facilement croire que le Graal a été perdu au moment où le Centre Primordial — Hyperborée, l’Ile Verte — a quitté le plan des hommes, est entré dans l’invisibilité.

C’est une erreur. Le Graal n’a pas disparu dans ce changement de cycle, avec la chute de l’Age d’Or, puisqu’il est dit que les Tuatha Dé Danann, descendant des îles du Nord du Monde, ont apporté le Graal en terre d’Irlande.

Le Graal n’a jamais été perdu. Il s’est déplacé, d’Ouest en Est, et ensuite de l’Est vers les terres de l’Ouest, entraînant avec lui les hommes et les peuples. Il a accompli un long périple circulaire, qui est celui du Soleil. Les Tuatha Dé Danann apportèrent en Irlande le culte du soleil invaincu. Leur perception vivante du monde était celle du Retour Eternel. Tout revient sans cesse, dans la longue course des âges. Ce mouvement est celui du cercle, de l’anneau de fidélité, l’anneau de l’alliance connu des Germains et des Scandinaves, et qui deviendra par la suite l’anneau du mariage.

Les hommes désignèrent le cycle de l’année, en même temps que le cercle, son symbole. Ils donnè­rent un ordre à la société des hommes, basé sur les lois du Retour. Ordre cyclique, rythme litur­gique, montrant les périodes de basculement, de changement, et de retour, fixé par les calendriers celto-nordiques. L’un de ces premiers calendriers pré-celtiques a été étudié par le professeur Jean-Paul Parisot, res­ponsable d’enseignement de l’Astronomie à l’univer­sité de Bordeaux I.

L’objet découvert en 1897 est baptisé « Calendrier de Coligny ». Parisot précise: « Mais il s’agit sans doute d’une copie d’un docu­ment plus ancien.»

Il se présente comme une plaque de bronze de 148 cm sur 80 cm, avec des petits trous pour poin­ter les jours: « Les solstices, les équinoxes, les saisons… Dans un calendrier, il y a 2 000 années d’histoire astro­nomique racontées en douze mois.

Ils ont été les seuls à utiliser un calendrier luni-solaire établi d’avance. A l’époque, les Hébreux ou les indiens, par exemple, s’ajustaient de manière empirique. Eux, ils avaient programmé, et tous ces calculs sont la preuve que leur savoir astrono­mique était très important «.

En même temps que le cercle — image du Retour Eternel — les vibrations du chant incantatoire (comme le (Ôm de l’Inde ancienne) donnèrent l’idée sonore de la courbe.

Loeffler-Delachaux écrit que « les émissions de voix donnent à la bouche une forme annulaire. Ce furent On, Œn, ou Ain, dont les Grecs firent Ennos, l’année, les latins Annulus, l’anneau et les Assyriens Anou (Dieu du ciel). La première signification sym­bolique du cercle fut donc en rapport avec le déve­loppement de la nature et exprima de ce fait la triple notion de la vie en perpétuelle évolution, du temps et de la divinité ».

L’enseignement du cercle et du Retour Eternel (ennos, anou, qui donnèrent l’anneau et l’année) est présent dans le nom même des peuples de l’Age d’Or: les Tuatha Dé Danann.

Tuatha signifie «Tu es Cela », et Danann indique la courbe du Retour Eternel. On pourrait traduire leur nom par «Tu es le Retour Eternel». Le nom donné à l’Irlande — Eire — est un dérivé du nom indo-européen Piera qui signale encore la présence de la pierre amenée par les Tuatha Dé Danann. Toutes les variations expliquant l’origine du mot Irlande nous ramènent sans cesse à la Tradition Primordiale, aux Iles du Nord du monde, à l’Ile Verte. Le dictionnaire des symboles explique:

« La verte Erin, avant de devenir le nom de l’Irlande, était celui de l’île des bienheureux du monde celtique ».

voir notre article sur colonisation de l’Irlande ici 

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C’est de son examen de la fonction initiatique du sacerdoce primitif, celui de l’Ile Sainte et celui de la Montagne Sacrée, que l’on peut tirer la conclusion que les Dieux d’une religion sont les Prêtres de celle qui l’a initiée et lui a transmis la Tradition Primordiale. C’est-à-dire que les personnages sacrés, représentants de la Grande Eglise néolithique, initiateurs et civilisateurs des peuples de leur temps, sont devenus les Dieux et les Déesses des religions de l’Antiquité. Ces Dieux et ces Déesses ont donc véritablement existé, et la Grande Montagne — L’Olympe des Grecs, le Méru de l’Inde, le Quaf de l’Islam, le Fuji-Yama du Japon, l’Alborj des Perses, les Monts Sinaï, Thabor, Garizim, ou la colline du Golgotha — fut véritablement leur demeure. Comme Guénon et Gordon, comme Lotus de Païni nous les considérons comme des êtres surnaturel mais bien pour des êtres authentiquement « surnaturels », «transcendants », «divins », grâce aux rites qui les ont consacrés et métamorphosés, et qui en ont fait des «Immortels ». C’est véritablement qu’ils ont apporté aux hommes le salut, en leur enseignant, par le rituel de mort et de renaissance, le moyen de retrouver leur nature originellement surhumaine. Enfin, c’est véritablement qu’ils sont des Héros, de parfaits modèles dont il fallait suivre la voie, et les Grands Ancêtres dont tous les initiés sont les fils, les enfants, les descendants spirituels. Cette conception permet de tout tenir pour vrai et réel de ce que disent le Mythe et la Fable, sans renoncer à rien de ce qui, en eux, est transcendant et surnaturel. JDK

 

 


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