Archives pour la catégorie Lux in arcana

La Tradition secrète de l’Occident et le mythe de la traversée

Schibboleth est un mot hébreu qui porte un double sens : épi de blé, ou eau courante (fleuve ou chute d’eau ou gué). Il témoigne aussi d’un legs de la Tradition polaire et les gardiens du pont sont les souverains pontifes (Pontifex maximus est aussi la désignation du premier évêque de Rome). Le mot schibboleth est donné à l’apprenti avant qu’il ne soit passé compagnon. C’est donc un mot de passe ou de passage qui constitue la charnière, l’articulation, le pont entre les deux stades. Le Shin est contenu dans le mot comme l’épreuve du feu, thème que l’on retrouvera dans la légende de Beowulf.

« Le passage dans l’autre monde est en quelque sorte l’axe du conte, en même temps que son milieu », écrivait V. Propp en tête du chapitre VI de ses Racines historiques, justement intitulé “La traversée”. Et il poursuivait : “toutes les formes de traversée ont une origine identique, toutes proviennent de conceptions primitives sur le voyage du mort dans l’autre monde”. Mais la signification de la traversée est différente selon le sens dans lequel elle se fait. Il y a d’une part la traversée qui mène à l’Autre monde, celui des morts. C’est par exemple la traversée du Styx. La traversée positive, celle qui donne au héros accès à l’immortalité, c’est celle qui permet de quitter la mauvaise rive pour regagner la rive du salut, quelles que soient les circonstances exactes qui entourent l’aventure – car cette traversée semble être devenue un schème mythologique qui a pu imprégner les mentalités au point de se retrouver inséré ou orchestré comme motif dans des textes littéraires variés qui nous sont parvenus.

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Eleusinia et les écoles de mystères : les premières guildes en Europe

Comacina

Maestri Comacine. Como

C’est la plus ancienne forme de confrérie de maçons et architectes. Ils étaient organisés en collège libre et étaient itinérant. C’est en quelque sorte une proto formation d’organisation en loge (hütte).L’illustration est celle d’un portail de l’Abbaye St Jacob le long du Rhin quelque part en Allemagne, mais le plus intéressant est que cette abbaye fut fondée par des moines irlandais initiés à l’art des « Maestri Comacine » .. C’est un point important qui permet de mieux comprendre l’origine écossaise de la Franc-maçonnerie (et non anglaise)

Les Comacini tiennent leur nom de la vieille colonie romaine appelée Novum Comum fondée en 59 avant notre ère par le père de l’Empire romain – Jules César, il s’agit de l’actuelle ville de Como. C’est Jules César qui a sagement importé 6000 colons, parmi lesquels 500 illustres familles grecques ou peut-être phéniciennes / crétoises qui formèrent la population initiale de Como. L’historien franc-maçonnique, Albert C. Mackey, a écrit que le jeune Pline avait une villa qui avait été faite par un certain Mustio qui était un architecte Comacine. Mackey écrit en effet :

«Il est habituel de lire que Côme était le lieu de naissance de l’aîné et du jeune Pline. Le plus jeune Pline avait une villa ici appelée Comedia et était très intéressé par la construction de la ville après avoir fondé des bains, une bibliothèque et aidé à la charité pour le soutien des enfants orphelins.

Parmi les nombreuses lettres du jeune Pline qui subsistent, une est adressée à son constructeur, Mustio, un architecte comacinien, lui demandant de restaurer le temple de l’Éleusinien Cérès, après avoir expliqué la forme souhaitée. Mackey poursuit : «On trouve de nombreux vestiges intéressants de sculptures anciennes du Comacine ou du nœud de Salomon. Sur l’emplacement d’une ancienne église se dresse l’actuelle cathédrale de Côme, qui est entièrement construite en marbre. Un véritable bijou d’art comacinien.

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Le pranava Om, voie du son primordial

LES MANTRAS

Le mot mantra comporte deux éléments : man, qui est le son racine du mot esprit, et tra, le son racine du mot instrument. Ainsi, mantra signifie littéralement « instrument de l’esprit ». L’ancienne tradition de sagesse qu’est le Vedanta a examiné les différents sons produits dans la Nature, les vibrations fondamentales du monde qui nous entoure. Selon le Vedanta, ces sons sont une expression de l’esprit infini, ou cosmique, et fournissent la base de tout langage humain. Si par exemple vous prononcez toutes les lettres de l’alphabet, voyelles et consonnes, vous entendrez des sons identiques à ceux que les bébés produisent spontanément. Ces sons contiennent également les mêmes vibrations que les animaux émettent. Et si vous écoutez attentivement, vous remarquerez que ces sons sont partout dans la Nature.

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Résonance, synchronicité et neurones miroir

Pour aider à identifier les événements émergents dans un champ interactif, nous allons à présente examiner une forme de phénomènes résonnants. En général, la résonance indique une certaine forme d’harmonisation entre les éléments ou les agents dans un champ ; ces interactions peuvent à leur tour conduire à des propriétés émergentes. Le concept de résonance peut être facilement saisi dans les systèmes acoustiques ; prenons l’exemple d’un diapason utilisé pour accorder un piano : en frappant le diapason contre une surface solide, on le fait vibrer à une fréquence spécifique, ce qui produit une hauteur de référence ; la corde correspondante d’un piano peut alors être ajustée (serrée ou relâchée) pour que la corde résonne à la même fréquence, de sorte que les hauteurs correspondent. En fait, si la fourchette vibrante est placée à proximité de la corde accordée, celle-ci se mettra alors à vibrer à la même fréquence – on dit que les deux sont en résonance.

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Liturgie alchimique et synchronicité -2

Principe de connexion

Dans son avant-propos, Jung commence par reconnaître les difficultés qui l’ont empêché de publier ce matériel jusqu’à présent. Il se sent notamment inadapté, en particulier du fait de sa formation scientifique (il n’a jamais été à l’aise avec les mathématiques et la physique, sa formation étant dans les sciences biologiques). Toutefois il cite trois raisons de poursuivre :

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Liturgie alchimique et synchronicité -1

La synchronicité : histoire d’une idée radicale : introduction

L’expérience de la synchronicité en tant que coïncidence sans causalité, telle qu’elle est communément comprise, mais ayant une signification pour les personnes concernées, est bien connue des cliniciens et de ceux qui explorent des processus inconscients. Les preuves anecdotiques concernant l’expérience anormale dans le travail thérapeutique de la psychothérapie dynamique ont gagné en intérêt et même en acceptation ces dernières années. Par exemple, la psychanalyste Elizabeth Lloyd Mayer, dans un livre récent, décrit comment elle et la psychologue Carol Gilligan ont dirigé une série étonnamment populaire de groupes de discussion lors des réunions semestrielles de l’Association américaine de psychanalyse. Ces groupes étaient subordonnés à la présentation d’un compte-rendu écrit d’une expérience apparemment anormale, personnelle ou clinique :

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Les fils des dieux et les filles de l’homme : de la théocratie néolithique selon Pierre Gordon

Qui était Pierre Gordon ou Cordon .. 1886-1951 ? de lui on ne sait rien et il est une énigme. Il était détenteur, entre autres, d’une agrégation de philosophie, d’un Master of Arts de l’université de Cambridge.
Pourquoi ce mystère ? Il fut probablement un personnage français de haut rang, occupant un poste important dans l’Administration ce qui l’obligeait à un devoir de réserve ou de prudence… Car sa pensée était peu conforme à l’idéologie universitaire concernant l’histoire humaine, les mythes fondateurs et les rituels religieux depuis la Chute jusqu’au Christianisme, ses domaines de recherche.

Cette passion pour cette facette de l’anthropologie lui vient de Sir James Georges FRAZER (1874-1941), anthropologue universitaire, dont il suivit les cours lorsqu’il était étudiant en Grande Bretagne.
Celui-ci fut le premier à dresser un inventaire de tous les mythes et rites existants sur terre. Son œuvre principale, le Rameau d’Or (12 volumes !) relate et décrypte les milliers de traditions et faits religieux qui lui ont été relatés ou qu’il lut. Frazer a le mérite d’avoir fondé l’anthropologie religieuse et la mythologie comparée.

L’Age d’Or ne conserva pas toujours sa pureté, car l’entropie spirituelle ne peut que croître, elle aussi, dans un monde déchu. La société théocratique post-édénique dont parle Gordon se pervertit et se dégrada, entraînant la corruption générale de l’humanité qui amena le déluge. La Bible, qui évoque ces faits, en situe la cause et l’origine dans la coupable mésalliance dont parle la Genèse: «Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles et ils prirent pour eux des femmes parmi toutes celles qu’ils avaient distinguées. »

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