FERT GAUDIA CORDI et la bourrache médicinale

Heap of fresh blue borage flowers for decoration at white background

LA BOURRACHE

La bourrache apparaît comme un motif à la fois original, d’une spécificité extrême et trop rare pour qu’aucun symbolisme puissant et prégnant n’ait pu se cristalliser autour de lui. En effet, cette plante médicinale relativement comme de la pharmacopée traditionnelle ne quitta pas la sphère thérapeutique. Les mots qui l’accompagnent, FERT GAMA CORDI, soulignent une de ses principales propriétés médicinales. Les médecins utilisaient cette plante comme agent purifiant de l’organisme contre des maladies très variées, parmi lesquelles la mélancolie, mais qui correspondaient toutes, dans la pensée ancienne, à un même état d’impureté. Cette évocation de la bile noire, ou melen cholia, pourrait d’ailleurs expliquer la présence du tronc d’arbre creux, attribut reconnu de Dame Mélancolie Les auteurs du remarquable Saturne ou la Mélancolie, Panofsky et Saxl, en citaient la description par Cesare Ripa :

« Une vieille femme, triste & affligée, vêtue de méchantes hardes, et dépourvue du moindre ornement, sera assise sur une pierre, les coudes posés sur les genoux, & les deux mains sous le menton ; à côté d’elle il y aura un arbre sans feuilles et alentour des pierres »

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Les maitres de sagesse, Gurdjieff et la voie de l’Itlaq

Les Sarmouns

Certains de ses proches élèves, fascinés par la formidable personnalité du maître, dont la stature humaine finit par éclipser pour eux le message, crurent bon, après sa mort, de continuer à transmettre son enseignement — sans le transmetteur —, fondant l’instruction prodiguée aux nouveaux élèves « sur ce que Gurdjieff a fait et dit, et non sur ce qu’il savait », comme le souligne dans les Maîtres de Gurdjieff un de ses anciens condisciples [R. Lefort : les Maîtres de Gurdjieff (le Courrier du Livre, 1978), p. 104]. Quiconque veut se familiariser avec la pensée de Gurdjieff peut lire Récits de Belzébuth à son petit-fils, Rencontres avec des hommes remarquables, et le livre d’Ouspensky, Fragments d’un enseignement inconnu. Bien vite une conclusion s’impose. Gurdjieff n’a pas puisé dans les livres ou fabriqué son système à partir des éléments qu’il avait pu rassembler au cours de ses voyages. Il n’est pas non plus un penseur, un philosophe inspiré à la façon, par exemple, de Rudolf Steiner. Les sources qu’il indiqua lui-même à Ouspensky sont pour la plupart, à l’exception du mont Athos, inconnues. C’est bien d’un enseignement inconnu qu’il s’agit. Ce n’est ni de l’hindouisme, ni du bouddhisme, ni du christianisme au sens ordinaire du terme.

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L’étendard de Juda

« Tu es semblable à. un dieu et tu fus engendré en vue de transformations plus nombreuses que celles des dieux et avec une forme créée plus parfaite. » « Sors, avance-toi maintenant et contemple les choses qui sont tiennes dans le lieu de ta résidence éternelle. » (Paroles adressées au défunt. Livre des

Livre des Morts égyptien, chap. CLXX, 15.)

« Je suis les limites du Tuat… Je cours et m’avance à grands pas en ma forme spirituelle faite de qualités cachées, et mes transformations sont celles d’Horus-Seth, le dieu au double visage. »

(Paroles du défunt. Livre des Morts égyptien, chap. CLXXX, 30.)

Le signe d’EAu du Scorpion introduit un nouvel aspect de la naissance, la mort-renaissance. Le Cancer préside à la formation de l’entité en voie d’évolution, laquelle s’individualise dans le Lion, s’éveille à l’intelligence dans la Vierge et au sentiment-intuition dans la Balance. Ces quatre signes couvrent la phase proprement humaine de la manifestation, à laquelle succède la phase transformatrice du Scorpion qui oriente l’homme vers l’état de surhomme’.

Du plan principiel de la vie participant inconsciemment à l’Universel, l’entité est descendue au plan de l’individu où elle a pris conscience du moi et du non moi, conscience à laquelle succède un sentiment d’opposition entre ces deux facteurs. Elle a éprouvé la différence entre la Matière et l’Esprit du conflit des opposés est né la certitude d’une liberté de choix relative, puis le désir de plus de liberté. Dans le Scorpion, l’homme va passer par l’épreuve initiatique qui le rapprochera du monde des Principes, le libérera du conflit des opposés et (dans les hymnes des rois persans découvertes dans le temple de l’oasis d’El-Khargeh il est dit, du dieu solaire principe de toute vie, qu’il est « l’ami du Scorpion au cours de son évolution ») il engendrera la conscience du moi universel. Il a traversé les étapes de la vie manifestée dans la matière dense. Il va main­tenant connaître la vie plus intense et plus complète sur un plan de conscience plus proche de la Réalité ultime, dont l’accès passe par l’expérience dite de la mort.

Le Scorpion est la clef du drame de l’incarnation, du cycle vie-mort-vie, du mystère de la Mort-Résurrection que voilent et dévoilent tous les Livrés des Morts, en particulier celui des Égyptiens qui devrait être plutôt nommé le Livre de la résur­rection et de la Vie Éternelle. D’ailleurs, d’après son traduc­teur anglais, A. E. Wallis Budge, son titre REU NU PERT EM HRU veut dire « Chapters of Coming Forth by Day », c’est-à-dire : Chapitres (traitant) de l’Émergence au Jour ou à la Lumière.

Le Scorpion est le huitième signe, celui de la huitième mai­son, celle de la mort, ou de la transformation majeure. C’est le signe d’Osiris, d’abord Maître des vivants, qui par l’épreuve de la mort devient le Maître de l’Hadès. et renaît au Jour sous la figure d’Horus. Râ (Principe)-Osiris-Horus forment la Tri­nité Une et Éternelle de la manifestation de la VIE. Le Scor­pion symbolise la transmutation s’opérant entre ses trois aspects : la Lumière vivante naissant des ténèbres, illumi­nant l’Univers, disparaissant au sein de la Vie non manifes­tée pour renaître et recommencer son périple à travers les deux horizons de la Mort-Vie. C’est le rythme de toute la Création et en particulier celui de l’être humain. Car le scribe Ani, de même que les autres défunts « triomphants », dont la mort-résurrection est le sujet des textes hiéroglyphiques grou­pés sous le nom de Livre des Morts, est le Fils incarné du Principe, c’est-à-dire l’homme destiné à devenir le dieu.

LE SYMBOLISME DU ZODIAQUE DES JUIFS

Dans l’Ancien, de même que dans le Nouveau Testament, l’épithète de « scorpions » est donnée aux Juifs qui ont failli à leur mission divine, puis à ceux qui plus tard ont renié le Christ. D’autre part, au Moyen Age, le scorpion était devenu l’emblème par lequel on désignait les Juifs. La raison de cette association doit être cherchée dans le rapport psychologique qui existe entre ce peuple et le caractère de l’énergie scorpioni-que. Nous tenterons de le démontrer en esquissant dans ses grandes lignes l’histoire du peuple juif.

Le P. A. Kircher, dans son OEdipus Ægyytiacus, reproduit l’image du Campement des Hébreux, image qui est destinée à prouver les correspondances qui existent entre les douze tri­bus d’Israël et les douze signes du Zodiaque (fig. 9, p. 370).

Le « Campement des Hébreux » (The Camp of the Hebrews) est une illustration du chapitre II du Livre des Nombres. Au-milieu est représenté le plan du Tabernacle.

Le TABERNACLE, ou tente, « était un sanctuaire portatif des Israélites, construit au pied du mont Sinaï sur les indications de Moïse… « Qu’ils me fassent un sanctuaire, ordonna la divinité à celui-ci, afin que je réside au milieu d’eux. (Exode, XXV, 8). Il contenait l’Arche sainte et Moïse s’y entretenait avec Dieu qui y descendait sous la forme d’une nuée. Certains his­toriens pensent que le tabernacle, copie du Temple de Salo­mon, fut imaginé par les théologiens durant la période histo­rique, donc bien plus tard que le temps où il est censé déjà exister. Quoi qu’il en soit, son symbolisme demeure.

Devant le tabernacle du « Campement des Hébreux » sont placés les quatre éléments portant respectivement les noms bibliques de GERSONITAE (Terre), CATIPHAE (Air) MERARITAE, MOYSEE et AARON (feu), (Nombres, chap.III).

Les trois premiers sont les fils de Lévi dont la tribu sacerdotale était distinguée par le privilège de camper autour du Tabernacle et d’en assurer la garde et le service.

Alentour sont placés les sept astres planétaires, tandis que sur le pourtour du quadrilatère zodiacal sont rangés les éten­dards des douze Tribus d’Israël portant le nom de chacune, ainsi que le signe du Zodiaque lui correspondant, selon la des­cription du campement d’Israël qui fait l’objet du chapitre u du Livre des Nombres.

  1. Tribu de Gad au BÉLIER
  2. Tribu d’Ephraïm au TAUREAU
  3. Tribu de Benjamin aux GÉMEAUX
  4. Tribu de Manasseh au .SAGITTAIRE
  5. Tribu de Dan au SCORPION
  6. Tribu d’Asher à la Balance
  7. Tribu d’Issachar au CANCER
  8. Tribu de Zabulon au CAPRICORNE
  9. Tribu de Naphtali à la VIERGE
  10. Tribu de Juda au LION
  11. Tribu de Ruben au VERSEAU
  12. Tribu de Siméon aux POISSON

Ces correspondances entre les signes zodiacaux et les douze « Tribus » indiquent d’une manière générale qu’il existe un rapport étroit entre la signification du Zodiaque et les textes bibliques et fournissent en particulier une clef d’interpréta­tion du chapitre XLIX de la Genèse et du chapitre XXXIII du Deutéronome. D’autre part, elles prouvent une fois de plus qu’il est impossible de comprendre le monument des destinées humaines qu’est la Bible si l’on veut y voir uniquement un récit historique.

Les douze tribus d’Israël, de l’existence desquelles il est par ailleurs impossible de retrouver pour toutes des preuves his­toriques, symbolisent évidemment le caractère des douze signes zodiacaux et la manifestation dans l’humanité des énergies créatrices primordiales. Les passages bibliques qui font allu­sion à ces tribus confirment le caractère de ces énergies, tel qu’il résulte de la science astrologique. D’autre part, le caractère du chaque tribu est également en harmonie avec le sym­bolisme mythologique des constellations d’étoiles fixes dont les signes portent les noms et avec lesquelles ils coïncidaient à une certaine époque astronomique. Le caractère des tribus con­corde aussi avec le sens des lettres hébraïques, de même qu’avec celui des images du Tarot, dont les correspondances avec les constellations sont données dans l’ouvrage de Vivian A. Rob-son : The fixed stars and constellations in astrology.

Si l’on prend comme exemple le Scorpion, emblème de la tribu de DAN, voici ce que dit le verset 17 du XLIXe chapitre de la Genèse :

GENÈSE :     Dan sera un serpent sur le chemin, Une vipère sur le sentier, Mordant les talons du cheval. Pour que le cavalier tombe à la renverse.

Constellation du Scorpion : Cette constellation occupe l’espace entre le 23e degré du Scorpion et le 26e du Sagittaire. Elle est nommée d’après le scorpion qui réussit à tuer le géant Orion qui s’était vanté de détruire n’im­porte quel animal terrestre.

Constellation du serpent : Cette constellation qui occupe l’espace entre le 13e degré du Scorpion et le 15e du Capricorne correspond au mythe du Serpent. Esculape ayant tué un serpent, un autre serpent en présence du médecin ressuscita le premier en plaçant une certaine plante sur sa tête. Esculape put alors, à l’aide de la même plante, rappeler à la vie Glaucus fils de Minos.

TAROT : La constellation du Scorpion correspond à la 16e carte du Tarot « la Tour foudroyée », et à la lettre hébraïque AIN, qui selon F’. d’Olivet, signifie VIDE, NÉANT, FAUSSETÉ, PERVERSITÉ.

La relation de tous ces éléments entre eux, ainsi qu’avec les caractères qui découlent de l’étude du signe du Scorpion, est évidente : serpent, poison, enfer, vide, mort, résurrection…

L’étude des correspondances entre le Zodiaque et la Bible jette une grande lumière sur l’histoire occulte d’Israël et de Juda.

ISRAËL, selon certains traducteurs, veut dire « Dieu triom­phe ». C’est le triomphe d’EL ou Principe suprême se manifes­tant dans la Création. Israël serait ainsi la manifestation par­faite de la Divinité dans l’humanité ; c’est le peuple « élu », dont la mission est de répandre la connaissance de Dieu, jus­qu’aux confins de la terre. Israël est le nom sacré des Hébreux.

Ce dernier nom vient d’ « Hibris c’est-à-dire «gens de l’au-delà », de l’au-delà de l’Euphrate, ajoute l’auteur de cette défi­nition. Cette appellation était destinée à établir que les Israé­lites ne sont pas originaires de Chanaani.

Mais il paraît plutôt qu’ici « Au-delà » a le sens de « Plan causal ». D’ailleurs, même si l’on admet qu’il s’agit d’une dési­gnation géographique, le sens reste le même, puisque Euphrate, ou « PHARET » veut dire « splendeur », « flux de lumière »2 Les HÉBREUX sont ceux qui, originaires du pays de l’Au-delà, de la Lumière, doivent ici-bas réaliser Israël, c’est-à-dire le triom­phe du Divin sur Terre. L’histoire et la destinée ultime d’Israël sont le prototype de celles de l’Humanité entière, et, comme l’indique le «campement des Hébreux », cette destinée s’accom­plit par l’action des douze « tribus » ou énergies primordiales œuvrant en l’humanité et dont la synthèse est l’Homme par­venu à l’état de perfection.

La correspondance des tribus d’Israël avec les signes du Zodiaque attribue à Juda le signe du Lion. Drummond figure ce signe avec ses décans, et ses paranatellons tels qu’ils étaient représentés, dit-il, par les Juifs, les Égyptiens, les Perses et d’autres astronomes orientaux. Les paranatellons d’un signe étaient les constellations qui se levaient à l’horizon ou au méridien en conjonction avec, ou en opposi­tion à ce signe. Les astronomes orientaux attachaient une grande importance en astrologie aux décans des signes, ainsi qu’à leurs paranatellons. Selon eux, la signification de ces élé­ments éclairait et complétait celle du signe. Il est donc intéres­sant d’examiner le Lion de Juda sous ce rapport. La figure zodiacale de Drummond représentant «l’Étendard de Juda », contient, outre les figures des trois décans du Lion, celles de ses paranatellons, c’est-à-dire celles des constellations du Scor­pion, du Capricorne et du Verseau, ainsi que les noms des constellations de Céphée, de Pégase et d’Equiculus.

Sous la figure de l’Étendard de Juda est reproduite une partie du texte du XLIXe chapitre de la Genèse qui s’applique à cette tribu, et que voici :

  • Juda, tu recevras les hommages de tes frères ;
  • Ta main sera sur la nuque de tes ennemis.
  • Les fils de ton père se prosterneront devant toi
  •  Juda est un jeune lion.
  • Tu reviens du carnage, mon fils !
  • Il ploie les genoux, il se couche comme un lion,
  • Comme une lionne ; qui le verra lever ?
  •  Le sceptre ne s’éloignera point de Juda,
  • Ni le bâton souverain d’entre ses pieds,
  • Jusqu’à ce que vienne le Schilo,
  • Et que les peuples lui obéissent.
  • Il attache à la vigne son âne,
  • Et au meilleur cep le petit de son ânesse,
  • Il lave dans le vin son vêtement,
  • Et dans le sang des raisins son manteau.
  • Il a les yeux rouges de vin,
  • Et les dents blanches de lait.

Ce texte  fait allusion à l’image symbolique du premier décan du Lion déjà commentée au chapitre de ce signe : l’âne qui, en mythologie, représente le sexe, s’approchant d’un buis­son de vigne dont le fruit enivre. Au-dessus de l’âne se voient le cavalier tenant par la bride un cheval (nature animale) qu’il est en train de dominer, et, plus haut, le roi ou héros por­tant’ e sceptre à trois pointes de l’illumination du Verseau, (roi que l’on retrouve dans ce dernier signe sous le nom de Céphée).. Ces figures sont placées au zénith de l’Étendard de Juda: Au-dessus de celle du roi se trouvent trois petits lions portant les chiffres 1, 2, 3, symbolisant évidemment les trois phases de l’évolution  humaine dans ce signe’ et surmontés d’un lion unique beaucoup plus gros.

Le verset 10  indique que la suprématie de Juda ou d l’éner­gie Lion durera jusqu’a ce que vienne le Schilo. Or, Schilo est, selon Robson, un autre nom d’Antarès, qui  était l’une des quatre étoiles royales de Perse vers l’an 3000 avant l’ère chrétienne. Elle était appelée aussi le « coeur du Scorpion » et est située dans la constellation de ce nom. NIHILO, selon Drummond (OEdipus Judaicus) est appelé SHULEH par les astro­nomes orientaux. Dans l’ « Étendard de Juda », ce nom est inscrit en travers de l’image du Scorpion ; SCHULEH n’est autre que le SCHEOL ou Hadès des Hébreux. La parabole du Lion et de Schilo fait allusion à l’enfer qui attend ceux qui se com­plaisent dans la suprématie du « jeune Lion » (nuance Mars), associé au carnage.

On peut rapprocher de SCHULEH et de SCHEOL le nom de SILOÉ qui apparaît dans le Nouveau Testament. Jésus, pour rendre la vue à un aveugle ayant oint ses yeux.de boue et de salive, lui ordonne ensuite d’aller se laver « au réservoir de », après quoi l’aveugle recouvre la Vue (Jean, IX, 6 à 12). Cet épisode fait allusion au pouvoir régénérateur de l’Eau du Scorpion, celle du Schéol. On sait que ce reptile porte le poison qui tue son adversaire et lui-même, mais qui a également le pouvoir de guérir.

L’emblème du Scorpion est, nous l’avons vu, celui de la tribu de Dan, et, parmi les villes qui, au dix-neuvième chapi­tre de Josué, sont attribuées à cette tribu se trouvent celles dont les noms, selon la traduction de Drummond, signifient : « dispono me in sepulcrum », « guêpe ou frelon », « ténèbres », « caractère repoussant 4, « pomme d’Ève », « fontaine des jar­dins » ou « eau du soleil », « altitude », « équinoxe », « enclos », «portes ou grilles », « bouclier ». Le verset 10 prédit donc déjà à Juda, et avec lui à toute l’humanité, l’enfer scorpionique régénérateur, par lequel ils devront passer pour atteindre la réalisation ultime du Verseau, troisième constellation en rapport avec l’Étendard de Juda.

Les figures symboliques de cette dernière constellation, placées à cheval sur la limite des signes du Capricorne et du Verseau, indiquent ainsi le rapport d’inséparabilité de ces deux signes. Dans le Verseau se trouve la figure du roi Céphée, tenant le sceptre aux trois pointes, au-dessus duquel se voient la tête, et le poitrail d’un cheval ailé, ainsi que de la tête d’un autre cheval nommés respectivement Pégase et Equiculus. Un commentaire détaillé de ces symboles sera donné au cha­pitre du Verseau, mais il est d’ores et déjà évident que Céphée est l’homme accompli, l’homme du Verseau : RUBEN, dont le texte biblique dit :

  • Ruben, toi, mon premier né,
  • Ma force et les prémices de ma vigueur,
  • Supérieur en dignité et supérieur en puissance,
  • Impétueux comme les eaux,…

Au treizième chapitre de Josué, les territoires attribués en partage à Ruben sont bornés, selon la traduction de Drummond, par des fleuves symbolisant les constellations d’Eridanus et d’Aquarius. Selon Robson, ces constellations correspondent à la lettre hébraïque NOUN laquelle, selon F. d’Olivet, signifie « un fils », « être produit ou réfléchi », « extension individuelle ». Sont en outre attribuées à Ruben les villes suivantes : «la maison du Seigneur de la Lune «  toutes choses qui se rapportent à l’illumination du « Fils » du Verseau.

L’Étendard de Juda indique donc les trois dernières étapes  réalisatrices de l’évolution des Juifs en IS-RA-ÈL, c’est-à-dire en rapport avec la manifestation parfaite de la Divinité en l’humanité. C’est pourquoi on peut considérer que l’histoire des Juifs est typique de celle du développement de l’être humain.

Voyons maintenant ce que révèle le symbolisme du Temple dont le Tabernacle, qui est placé au centre du Zodiaque du « Campement des Hébreux » est une réplique simplifiée.

Le Zohar dit à ce propos

« Tout le monde est divisé en deux parties dont l’une est visible et l’autre invisible. Ce qui est visible n’est que le reflet de ce qui est invisible…

Jérusalem est située au centre de la terre habitée. La ville, à son tour, entoure la montagne sainte, celle-ci, le compartiment des pèlerins, qui entoure le siège du Sandhérin, qui entoure le Temple,, qui entoure le Saint des saints, où réside la Schékhina (immanence divine) et où se trouvent le Propitiatoire, les Khéroubim, et l’Arche de l’Alliance. C’est ici que se trouve le coeur du monde qui alimente tous les membres. »

De même que la Jérusalem céleste, la Jérusalem terrestre avait douze portes. Dans le Temple, _le bassin d’airain placé en avant du Sanctuaire, servant à la purification, était sup­porté par douze taureaux d’airain. Les proportions du Tem­ple étaient basées sur le nombre 12 et ses divisions exactes. Jérusalem est donc assimilable au Zodiaque et à ses douze éner­gies créatrices et le Temple en est le coeur, le Centre d’où elles émanent, correspondant au « Point » des doctrines védiques. Ce Temple était l’image de l’Univers, celle du Monde d’en Haut et de son reflet, le monde d’en bas ; l’image aussi de l’être humain avec ses différentes enveloppes ou plans de conscience.

Drummond (op. cit., pp. 134 et s.) qui s’appuie sur des auteurs anciens, tels que Josèphe, Clément d’Alexandrie, Philon le Juif, croit que le Temple dans tous ses détails était un symbole du système de l’Univers dont Moise initié à la sagesse des Égyptiens avait une connaissance exacte. Le monu­ment sacré contenait d’ailleurs de nombreux symboles astro­nomiques, tels que par exemple les curieuses représentations mécaniques des mouvements des corps célestes, placées au sommet des piliers qui avaient nom Jachin et Boaz.

en réédition pour avril 2026

Dame Clémence et les arts floraux

Sept bourgeois de Toulouse désignés comme les Sept Troubadours convoquent tous les poètes qui voudraient lire leurs œuvres en langue occitane. La rencontre devient un véritable concours littéraire dont les instigateurs Bernard de Panassac, Béranger de Saint-Blancat, Guihlem de Gontaud, Bernard d’Oth, Guilhem de l’Obra et Pierre Mejanassera désignent comme lauréat  le poète Arnaud Vidal de Castelnaudary .Celui-ci reçoit  le premier prix, la violette d’or,  et le titre de docteur en la gaie science, pour un poème à la Sainte Vierge.

En 1323, sous  Charles le Bel, les Sept troubadours avaient créé le Consistoire du GAY SAVOIR (Gay Saber), la plus ancienne Académie d’Europe qui s’attribuait  pour mission de récompenser par l’attribution de fleurs les plus belles poésies en langue d’OC…  La plus haute distinction était la violette d’or réservée aux poèmes dédiés à la Vierge, Dame Clémence. La première violette fut délivrée en 1324. Le concours perdurant Charles IV  très impressionné par le niveau des concurrents encouragea les sept créateurs à développer l’institution. Le concours prit le nom de jeu de l’Amour et d’autres fleurs furent crées à côté de la violette pour récompenser d’autres genres de poésie. La violette d’argent célébrait le genre noble. En 1345 s’y ajouta l’églantine pour des sujets plus variés et le souci d’argent (en latin calendula) pour la poésie légère.

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Les amis de Dieu – Insula Viridis

Les amis de Dieu

INSULA VIRIDIS voudrait être le lieu d’une communauté vivante, à laquelle chacun adhère librement et indépendamment de son appartenance religieuse ou de ses engagements dans le monde. Elle ne saurait être une société secrète ni même une sorte de cercle d’initiés : elle s’apparente plutôt, par sa liberté d’esprit, aux sessions d’Eranos, qui furent pendant plus de cinquante ans un temps d’échanges privilégiés entre chercheurs, animé par le spécialiste de l’Iran spirituel Henry Corbin.

Le savoir concernant l’« héritage culturel mondial » de la mystique et de l’ésotérisme est devenu accessible aujourd’hui même aux non-spécialistes, et ceci dans une mesure incomparable à tout ce qui a été possible antérieurement. La recherche sur les aspects communs et les différences est une tâche centrale de notre temps. Une telle recherche dépasse les possibilités du dialogue interreligieux. Ce dernier peut mettre à jour des principes éthiques communs et, par là, jouer un rôle œcuménique. Sans l’inclusion de la mystique et de l’ésotérisme, il reste cependant aveugle face à la réalité des sources de révélation et de leurs convergences.

Les figures de l’Ami de Dieu de l’Oberland et du poète allemand Novalis ont été perçues comme références communes par les deux initiateurs de ce projet, en vue justement de ce projet, sans pour autant écarter, loin de là, d’autres figures-guides qui sont importants pour eux ou pour d’autres.
En l’Ami de Dieu se fait jour la métamorphose de l’initiation chrétienne médiévale en une voie d’intériorité libre possédant des vertus communautaires. En Novalis, une initiation qui se résume dans la formule lapidaire « Christ et Sophie » s’individualise à un degré jusque là inconnu. Ses intuitions, léguées dans ses fragments et ses œuvres poétiques, sont autant de germes d’une science initiatique en devenir.

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Tuatha Dé Danann : l’éternel retour

déesse Danu

Les Danites

Les races qui occupaient le pays lorsque les prétendus Milésiens arrivèrent, principalement les Fir Bolg et les Tuatha dé Danann, n’ont assurément pas été exterminées par les conquérants milésiens.

Les 3500 ans d’histoire du peuple irlandais sont un des récits les mieux préservés, car celui-ci a été transmis de génération en génération par les seanachies (les bardes ou les ménestrels). Les anciens récits n’ont pas été écrits dans des livres qui pouvaient être détruits, mais ils étaient transmis oralement, sur une rythmique poétique. Ce n’est qu’à partir du 17ème siècle que l’Irlande a possédé une histoire écrite officielle, avec les Annales des quatre maîtres et les poésies préservées des bardes, rapportées par MacFirbis et Keating. Les Fir Bolg arrivèrent probablement au milieu du 2ème millénaire av. J.-C. Selon Keating, ils descendaient de Magog, fils de Japhet (History of Ireland, Irish Texts Society, livre I, page 139). Certains érudits pensent que ces peuples se seraient associés avec les Phéniciens qui parcouraient les mers et qui étaient connus pour avoir des mines de cuivre, de plomb, d’étain et d’or, dans les îles Britanniques. L’or irlandais est toujours un métal précieux très recherché et de nouvelles mines ont récemment été ouvertes dans les comtés de Tyrone et de Wexford.

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de la Terre au Ciel, les anges

L’étude des trois grandes traditions monothéistes montre qu’elles ne peuvent être conçues sans une angélologie. Il faut rendre au concept d’ange toute sa densité : l’ange n’est pas simplement le messager, selon l’acception courante, il est fondamentalement la condensation d’une énergie divine, une intelligence céleste et le prototype d’une réalité créée. Aussi le monde angélique apparaît comme le fondement de l’ordre universel, qu’il régit et main­tient dans la durée, et comme ce qui assure la liaison spirituelle entre tous les degrés de la réalité.

Comment, dans ces conditions, une figure aussi essentielle a-t-elle pu disparaître à ce point dans le christianisme occidental? Est-il vrai que l’Incarna­tion christique rende obsolète l’être céleste, et que rejette-t-on exactement en évacuant celui-ci? Une enquête sur le devenir historique de l’angélologie et de la présence de l’ange en Occident apporte des éléments de réponse, de même que leur confronta­tion avec l’Orient orthodoxe et avec les doctrines islamiques. Elles permettent de mieux évaluer les différences de perspectives et les divergences de destin. En particulier, la sécularisation de l’époque moderne n’est-elle pas liée, pour une part, à cette disparition de la figure angélique ? Car, au fond, l’ange est infiniment plus qu’un objet de croyance devenu suranné: il est objet de connaissance, vec­teur d’une révélation, et voie d’accès à une connais­sance supérieure, en mouvement ascensionnel vers le mystère divin. Faute de savoir goûter cette nourriture céleste, l’homme occidental se rapetisse et se perd parmi les biens de la terre.

En vérité, les enjeux de l’angélologie sont consi­dérables. L’homme, l’univers, la Divinité même, ne prennent réellement sens que par et dans l’ange, car le monde angélique est l’océan spirituel qui meut toute réalité et la transfigure. Il faut réintégrer l’ange dans notre conscience, le percevoir au fond de l’être, redécouvrir sa présence nécessaire, alors il reviendra dans la création spirituelle, philosophi­que, poétique, artistique.

Il est d’ailleurs possible que cette réintégration soit commencée. Qu’on nous permette d’en voir deux signes, dans des domaines très différents.

D’abord, l’œuvre immense du philosophe et orien­taliste français Henry Corbin (1903-1978), à qui nous devons beaucoup. Centrée sur l’angélologie et l’expérience visionnaire de l’ange en islam, cette œuvre a exhumé d’un coup toute une partie du patrimoine spirituel de l’humanité, enrichi considé­rablement l’étude comparée des religions et le débat philosophique, nourri un questionnement sur l’angélologie chrétienne.

Les données du Nouveau Testament

A la lecture du Nouveau Testament, on est frappé, il est vrai, par le peu d’anges. La figure du Messie, du Fils de l’homme, relègue à l’arrière-plan, rend inutile ou périmée toute autre manifestation divine. Pourtant, les êtres célestes marquent de leur pré­sence le début et la fin de la vie terrestre du Christ. Un ange annonce, en songe, à Joseph, la naissance de Jésus (Mt 1,20-33), accomplissement des prophéties messianiques. Un autre lui ordonne de fuir en Égypte, puis de rentrer avec les siens en Palestine à la mort du roi Hérode, le persécuteur (Mt 2,13-23). Luc commence aussi son récit par deux apparitions, tout à fait parallèles : celle d’un ange annonçant à Zacharie la naissance de Jean-Baptiste (Lc 1,11-20) et celle de l’archange Gabriel, annonçant à la Vierge Marie la naissance du Sauveur (Lc 1,26-38). La manifestation aux bergers clôt avec ampleur et merveilleux la séquence de la Nativité, car le messa­ger est rejoint par une armée céleste (Lc 2,8-14).

La seconde naissance du Christ, son entrée dans la vie publique par le baptême reçu des mains de Jean-Baptiste, est suivie d’une retraite de quarante jours au désert, durant laquelle Jésus doit subir les assauts de Satan. Là encore, des anges viennent servir le Sauveur, après qu’il a triomphé des tentations (Mt 4,11; Mc 1,13; Lc 4,9-13).

Parvenus au terme du ministère christique, nous retrouvons les anges au jour de Pâques, près du sépulcre vide. Aux saintes femmes qui se rendaient au tombeau ils délivrent leur message : « Il est ressuscité. » Cette manifestation est empreinte de merveilleux (Mt 28,1-8; Mc 16,1-8; Lc 24,1-8). Elle est beaucoup plus sobre chez Jean, assez réticent dans l’ensemble à l’égard des anges (Jn 20,11-13). Ainsi, le cercle se referme : à l’annonce de la naissance terrestre répond l’annonce de la renais­sance à une vie spirituelle. Les anges sont les signes parfaits de la proximité du Royaume de Dieu.

Particulièrement concentrée aux deux extrémités des évangiles, la présence angélique est plus disper­sée dans les Actes des Apôtres : elle accompagne les premiers pas de l’Église. Au moment de l’ascension de Jésus, deux anges se présentent aux disciples et les rappellent à leur mission (Ac 1,10-11). Arrêtés et jetés en prison, les Apôtres sont délivrés par un ange du Seigneur qui leur ouvre les portes (Ac 5,19). Un peu plus tard, la même aventure advient à Pierre, prisonnier du roi Hérode Agrippa (Ac 12,6-11). Ce dernier meurt frappé par un ange, pour avoir omis de rendre gloire à Dieu (Ac 12,21-23). Cependant la figure la plus fréquente reste celle du messager céleste : un ange ordonne à Philippe de gagner la route de Gaza (Ac 8, 26), demande au centurion Corneille d’aller chercher Pierre à Joppé (Ac 10,3­33), avertit saint Paul que son navire va sombrer mais que l’équipage échappera à la mort (Ac 27,22­25). L’apparition de l’ange semble souvent traduire une inspiration de l’Esprit. Mais les anges apparaissent aussi comme les figures d’un discours qui reflète la diversité des héritages, des influences et des controverses à l’épo­que du Christ.

La représentation des cieux change peu: ils sont toujours peuplés d’anges, dont les chœurs entourent le trône divin, acclament le Seigneur (Ap 5,11-14), accomplissent une liturgie éternelle (Ap 19,1-10). Leur hiérarchie reste dominée par «les sept anges qui se tiennent devant Dieu » (Ap 8,1-13); ce sont les anges aux sept trompettes.

Cependant, en employant les images issues des croyances communes, et en les mettant en scène d’une manière dramatique, l’Apocalypse de Jean accentue le sens eschatologique de la figure angéli­que : le Fils de l’homme paraît avec les anges, au jour du Jugement, et ceux-ci séparent les mauvais des justes ; ce sont les moissonneurs et les vendangeurs des nations (Ap 14,6-20). Ainsi se trouvent précisées les affirmations du Christ dans les évangiles (Mt 16,27; Mc 8,38; Lc 9, 26), où d’ailleurs il suggère déjà son rôle de président d’un tribunal angélique (Lc 12,8-9). Mais la dimension eschatologique cul­mine dans l’épisode fameux du «combat dans le ciel » entre Michaël et le dragon (Ap 12,7-9), doublé de la lutte entre le Verbe de Dieu et la Bête (Ap 19,11-21 et 20,1-3).

 

Science et hermétisme