La 2ème totémisation ou le mystère du penser avec Lotus de Païni

De 70 à 36 avant notre ère environ régna Antiochos Ier, le plus célèbre des rois de la Commagène. Il s’efforça de rester neutre dans le conflit qui opposait Romains et Parthes.

 

L’INITIÉ

Pendant les périodes végétales, l’homme est soumis à une discipline morale très spéciale totalement différente de l’ancien entrainement psychique de l’Animal. Pendant que la totémisation Animale régit les hommes par la loi génitale sexuelle, la communauté du clan et le conseil des anciens, le code végétal astreint les hommes aux lois de la chasteté, au matriarcat, à la royauté et à une pédagogie agraire d’un caractère très religieux.

Le Totémisme végétalisant est une discipline ésotérique d’une extrême dureté elle plie avec une main de fer les hommes des terres Atlantéennes qui avaient dans leur sang le lourd héritage Lémurien et la décadence des derniers siècles, résultant d’un excès de culture sexuelle génitale.

La chasteté commande donc tout le lent processus occulte des cristallisations intérieures du Penser : la virginité, continence, épuration, transfert du mal, confession, etc… Les forces sexuelles que le rite animal avait déplacées et poussées physiologiquement vers la tête en exacerbant le sens génital, ces forces sexuelles sont maintenant reprises et dirigées psychiquement vers le cerveau, c’est-à-dire que le processus magique devient purement mystique .

Dans le principe de chasteté qui domine tout le Mystère de la Plante, l’Homme a une place extrêmement importante. dans cette deuxième totémisation, l’Homme est inféodé à la Femme. En effet, mais, de cette inféodation il ne s’ensuit pas que dans l’obscure formation du Penser le rôle de l’homme soit moindre Son rôle a été, quant à sa valeur intérieure, égal à celui de la Femme à qui il était mystiquement uni. Dans la volonté de la magie imitative cette union incarnait la double individualité de la Plante, c’était le grand couple royal divin, et l’initié y avait une part considérable.

L’Homme dans la formation du Penser, dans la lente montée de la sève humaine vers le cerveau, joue un rôle grave, un rôle infiniment douloureux, qui est une passion. Alors que la Femme vierge consacre à tout jamais les forces occultes de ses entrailles à l’arborescence du Penser et à la conscience profonde où l’être humain se reflète, l’Homme, lui est féminisé, il donne sa virilité aux forces mentales.

La magie imitative du rite de la Plante Émascula, châtra celui qu’elle voulait initier, supprimant en lui les possibilités de la vie génitale. Elle le rejeta violemment dans une vie intérieure où tout s’ordonne dans la contemplation spirituelle. Elle voulait, par cette intervention physiologique, ramener l’Homme en dedans de lui-même. Son geste avait pour fin de rouvrir l’œil intérieur de l’âme que le rite génésique animal avait trop brusquement voilé. En effet, sous la pression brutale de la suppression, cet œil s’éveilla de nouveau, mais alors il éclaira dans l’homme soumis à l’initiation un autre monde, il éclaira le monde occulte de sa sensorialité naissante.

L’homme Atlantéen n’était plus celui des temps primordiaux, alors que rien n’était touché dans l’unité de l’âme, dans l’en-dedans de l’être. Depuis, les portes des sens humains s’étaient ouvertes…, il n’était plus celui de l’Alcheringa…, le Rêve avait pâli…, l’expérience de la Terre était entrée insidieusement en lui et avait brisé la pure synthèse d’antan… Ce que cet homme VIT alors, ce fut l’ombre du germe intellectuel des phénomènes physiques ; il VIT ces phénomènes épars, isolés les uns des autres devant lui… C’était donc le déchirement de tout son être…, une angoisse indicible, mortelle…

En effet, sous l’action combinée des rites, des tabous et des disciplines physiologiques et spirituelles, la grande synthèse cosmique de son âme, que la longue évolution Lémurienne n’avait que peu touchée, cette grande synthèse fut mise en pièces. Cette unité fut broyée par l’impitoyable rythme de centration qui l’encerclait, se resserrait toujours davantage. Châtré, l’initié mourait à la vie génitale pour renaître à la vie du Penser analytique qui devait fouiller et lentement lacérer, déchiqueter en petits morceaux toute la substance de son âme…, renfermer dans le temps et l’espace ce qui n’a ni temps ni espace, -donner une forme à ce qui est illimité -, mettre de l’ombre à ce qui n’est que lumière donner du relief, de la solidité à ce qui est l’impalpable. Le Penser devait limiter, raccourcir, taillader dans l’âme de l’initié, où tout glissait l’un en l’autre, sans choc, comme les vagues inlassables d’un immense océan sans fond…, où rien ne faisait obstacle, où tout se confondait dans un grand rythme neutre. Le Penser devait arracher de son sein l’eau, le feu, l’orage, l’éclair, la pluie, la terre, les arbres, la fleur, le brin d’herbe, la mer, les profondeurs…, ceux-ci ne devaient plus être en lui, lui ne devait plus être en eux ! Le Penser devait déchirer son royaume cosmique, l’effriter, l’assombrir, l’alourdir pour l’ordonner: c’était une mort.

Son âme était indiciblement lacérée, son être coupé en morceaux…

L’initié Atlante ne devait plus faire corps avec la nature, il devait l’arracher d’elle et transporter dans un cadre limité,  » dans l’espace et le temps  », les lambeaux du grand frémissement universel. C’était une seconde mort. Tout le contenu psychologique vécu de notre philosophie du moi et du non-moi est là, dans ce drame végétal de l’Atlantide.La grande légende d’Osiris sous sa forme mythique courte, ramassée, est l’histoire de cette tragédie intérieure du Penser humain Le plus ancien manuscrit égyptien, le Livre des Morts, dit  » Osiris est le premier mon  » Phrase mystérieuse qui ne peut se comprendre si on ne pense à ce que fit le mystère douloureux de la Plante dans l’âme humaine…, le déchirement de la plénitude…, la mort de son entité cosmique…

Osiris fut le héros assez fort, assez maître de lui, pour affronter le premier la douloureuse mutilation : mourir à la vie génitale, au désir sensuel, et vivre le tragique morcellement de l’âme. Son corps est démembré en quatorze morceaux…, Il est la grande victime, le taureau du sacrifice, dit le vieux texte (le taureau, occultement l’Animal mystique de la force génitale).

La légende d’Osiris est extrêmement lointaine. Déjà on la trouve inscrite sur les pyramides de Saqqarah les Égyptiens, colons Atlantéens, avaient emporté jusqu’au bord du Nil leur vieux Mystère de la Plante. Voici les grandes lignes de cette légende que nous rapporte Plutarque, légende si simple et si profonde, si nous y recherchons le sens ésotérique de la formation du Penser… « Seth retrouve le corps d’Osiris, cette fois le coupe en quatorze morceaux, qu’il jette dans le Nil… Isis, désespérée, parcourt la terre à la recherche de son époux, en retrouve les morceaux à l’exception du phallus qui a été mangé par l’oxyrhynque. Elle réunit ces morceaux, leur redonne vie (par sa magie) et fait un simulacre de bois du phallus, place le corps de son époux dans un cercueil et, sous la forme d’un vautour voletant autour du corps, elle se féconde et conçoit Horus… Du cercueil d’Osiris pousse un grand arbre, l’Erica ». Tout est là, morcellement, mutilation, formation Isiaque du Penser  dans la réunion des morceaux, puis gestation et enfantement virginal d’Horus, la Conscience profonde.

Osiris, Isis, Horus, sont les grandes figures humaines du Mystère Végétal, les puissances de sa vie intérieure, les premières formes imaginatives du Penser éclairé par le mystérieux Soleil de Minuit !

Dans le cœur du peuple Égyptien, Osiris demeura le héros divin. Toute l’Égypte rituelle et sociale est centrée autour de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, objet du grand Mystère joué chaque année dans le secret du Temple. Osiris est la profonde douleur du peuple, niais aussi l’ineffable lumière qui éclaire les troubles de l’âme de tout un peuple, dans l’angoisse de l’après-mort, son Homme-Dieu, le plus haut des aboutissements.

Osiris domina de sa tragédie tout le vieux monde, acquérant des proportions cosmiques… N’avait-il pas ouvert le monde redoutable de la pensée immortelle ?… Son drame de mort et de résurrection devint celui de toutes les races humaines ; chaque peuple, depuis lors, revécut ce drame dans le tréfonds de l’âme, à chaque équinoxe sacrée du printemps, quand la sève aithérique sort en bouillonnant de la jeune végétation et que le Mana ruisselle, propice à la métamorphose intérieure. Le cycle de Pâque végétale est la survivance de l’étape la plus audacieuse des rites de la Plante que l’être humain ait traversée.

« La solennelle figure d’Osiris, dit Frazer qui domine de sa solitaire grandeur tout le monde des Dieux Égyptiens, se montre comme une pyramide encore éclairée par les derniers rayons du couchant, alors que tout est déjà dans l’ombre. Dans la foi des Egyptiens, la mort cruelle et la résurrection bénie d’Osiris occupèrent la même place que la mort et la résurrection du Christ dans la foi du chrétien ».

Notre sombre Golgotha est l’épilogue de la longue lignée des tragédies mystiques. Alors, l’âme entière est prise dans l’étau de la matière terrestre, elle agonise dans le noir…, l’âme est traversée par l’inéluctable et froid concept de la logique, durcie par l’assèchement intellectuel. L’homme est cloué sur la croix et sa tête ensanglantée est clans une couronne de fer… Mort et résurrection, les deux phases du mystère de la vie !

Le Christ est une merveilleuse figure aithérique de la magie végétale et du drame du Penser humain. Elle se dégage du cycle osirien, elle le clôt, une ère nouvelle est là. La croix est taillée dans l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, dit une très vieille légende qui fut reprise par le Moyen-âge. Dans le drame Osirien réside donc le rôle que l’Homme joua dans la ritualité imitative de la plante très chaste. L’Homme doubla et parfît l’œuvre de la Femme par son double sacrifice physique et occulte. Par cet acte sacrificiel, qui le rejetait hors de la vie sensuelle, l’Homme se haussait jusqu’à la région spirituelle et son geste montrait le grand horizon qui devait faire de l’être humain un créateur. Sa force sexuelle se centrait dans la région cérébrale qu’il devait ordonner.

A Éleusis, où s’accomplissait le grand Mystère Végétal du Penser, les prêtres qui guidaient les bœufs et accomplissaient les trois labours sacrés étaient les pontifes appartenant à la famille des Bouzigaï ou dompteurs de bœufs. Ces hommes provenaient de la descendance osirienne qui avait vaincu la puissance génitale du Taureau. Le lecteur notera que le taureau, qui est leitmotiv de la vieille conception mythique, se range à côté de la Plante dans l’ordre du Penser cosmique. Il rumine, reprend sa nourriture déjà élaborée. C’est une réflexion concrète animale. La magie imitative châtre le taureau.

Tous les mythes issus de ce temps parlent d’émasculation : Saturne coupe à son père dieu du ciel, l’organe de la génération ; Jupiter fait subir à son père Saturne la même opération, lxora, Civa, Brahma, Vishnou éprouvent la même humiliation, dit Dulaure, qui considère avec tous les mythographes, d’ailleurs, cet acte d’émasculation comme le symbole du coucher du Soleil qui perd sa force féconde.

Odin, s’étant endormi dans un bois, est privé de ses organes par les dents d’un sanglier.

Quetzalcoat, le héros Atlantéen des Mayas, qui leur apporta  » les lettres, les arts et les lois agraires « , se sacrifie, se mutile, meurt à la vie génitale et ressuscite en l’esprit sous cet aspect, il est représenté avec le phallus dans les mains :  » c’est un ascète « , dit la tradition.

Philon de Byblos emploie, pour exprimer l’état d’Océanos mutilé par son fils Kronos, cette expression « il fut consacré ». Ce fait se reproduit encore dans les dernières dynasties en Égypte. Lefebure parle d’un Pharaon prêtre de la XVIIIe dynastie, Khum Aten, qui ayant voulu restaurer le vieux culte féminin du globe solaire, c’est-à-dire le reconstituer dans toutes ses parties, s’émascula.

Tous les dieux végétants solaires sont des émasculés, des féminisés, leur force sexuelle est devenue puissance mystique mentale : ainsi en est-il d’Anis, d’Adonis, de Dionysos, tous dieux de l’Arbre… Ce n’est pas une fiction, de la fantaisie mythologique, c’est une réalité des mystères magiques Atlantéens qui apportaient l’ORDONNANCE DU PENSER dans l’âme humaine en déplaçant le centre sexuel.

Aujourd’hui, l’intellectualité, dans toute sa plénitude, produit l’état de matérialité des organes et modifie, de façon très considérable, les états physiologiques et psychiques de l’être. De ce fait, ces états semblent après la castration subir un arrêt de développement. Il n’en était pas ainsi dans les grands lointains. Quand l’organe visuel intérieur n’était pas entièrement atrophié en une glande, quand l’homme extrêmement souple dans toute sa sensitivité n’était que psychisme, âme, alors l’émasculation lui conférait des pouvoirs occultes très puissants.

L’Emasculé et le bonnet phrygien

 

En ces temps, l’eunuquisme est un état végétalisant et supérieur. Les eunuques d’Attis prophétisaient encore, ils étaient possédés par l’Esprit, disent les historiens du paganisme.

Aujourd’hui se retrouvent des vestiges de la vieille lignée des eunuques dans certains groupes ethniques, notamment dans le Nord-Ouest Américain. Ce sont pour la plupart, des Chamans, des hommes féminisés, très dégénérés d’ailleurs, et qui excellent, dit-on, dans toutes les branches de la magie. Des pouvoirs extraordinaires leur sont attribués. De même les prêtres des Algonkins se châtrent et vivent près des îles Manhattan leur devoir de pureté va jusqu’au point de ne jamais prendre de nourriture préparée par une femme.

C’est de l’émasculation que provient le culte du phallus isolé ; on vénérait en lui le grand sacrifice humain du rite végétal et la turgescence mentale. Les Pamylies égyptiennes, où l’on portait processionnellement le phallus d’Osiris, avaient un tel sens.  » C’était un deuil, nous dit Plutarque, c’était le phallus du sacrifice « . En Grèce, ce sont les vierges, les Canéphores qui à la procession de Bacchus-Dionysos portent dans leur corbeille d’or, parmi d’autres objets, le phallus couronné de fleur. Le rite était végétalisant. Les rites Dionysiaques étaient une extrêmement vieille tradition scythe.

Dulaure, dit : « A l’origine, l’organe dans le culte du phallus, était isolé, il n’adhérait point à un corps humain. Cette adhérence n’eut lieu que longtemps après, lorsque le culte des figures humaines eut fait des progrès… Lorsque les Grecs reçurent le phallus des prêtres Égyptiens, ils le reçurent isolé Hérodote était très étonné de ce qu’on avait réuni à une figure d’une coudée un phallus énorme » .

Dulaure, parlant de la pureté du culte phallique dans l’Antiquité, ajoute :  » Le libertinage est la dégénérescence du culte « . Sonnerai, dans ses  » Voyages aux Indes Orientales et â la Chine « , dit :  » Les prêtres de Chiven (Civa) ne se mutilent pas comme ceux de Vishnou, mais ils sont obligés d’approcher du Lingham complètement nus et en présence du public. L’obscénité de l’idole, les scènes voluptueuses peintes et sculptées n’empêchent pas que la chasteté la plus rigoureuse ne leur soit prescrite La loi religieuse défend même le moindre désir que les images pourraient faire naitre, lorsqu’ils exercent leur ministère ; à la moindre émotion perçue, on les lapiderait  » .

 » A Canara, les prêtres de Chiven sortent nus et les femmes baisent leurs parties sexuelles. Ils n’en éprouvent aucune émotion « . Il en était de même en Egypte.

Partout la castration est intimement reliée au culte végétal. En Corée, où, récemment, il existait encore des fragments de l’héritage de la race Jaune à totémisation végétale, pendant certaines nuits de la vingt-deuxième lune, nuits appelées « Chuil », les eunuques du Grand Palais, au nombre de trois-cent, accomplissaient une cérémonie pour assurer une moisson fertile. Ils chantaient en chœur en balançant des torches allumées autour d’eux, etc….

« Dans les rites d’Artémis â Ephèse, d’Astarté à Hiéropolis, ce n’est pas l’amour génital qui fécondait les grandes déesses VIERGES de la fertilité végétale, mais leurs prêtres les fécondaient en s’émasculant et en éclaboussant de leur sang leurs grandes figures de pierre, dit Minucius Félix ; puis on enterrait ensuite l’organe génital sous terre dans les chambres sacrées ». Magie imitative, on mettait dans la terre la racine de l’Homme.

L’émasculé, prêtre voué à l’ascétisme de la chasteté portait une robe flottante et avait la face et la tête complètement épilées, car ainsi que je l’ai dit dans ma première étude , le poil est une façon de vision de l’ancien état de l’âme uniquement sensitive, en conséquence l’homme, qui se consacrait aux rites du futur intellect, devait avoir le crâne entièrement épilé. Il portait de plus une coiffure de forme conique souple symbolisant le prépuce. Cette façon de bonnet indiquait l’origine de la puissance sexuelle et sa métamorphose en force mentale ; elle symbolisait de même la liberté par l’émancipation du sens génital de l’ancienne vision et l’acquisition du Penser. Les deux jumeaux Castor et Pollux, dieux de l’activité mentale, portaient le pileus sur leur tête chauve.

« Le bonnet phrygien a l’air d’avoir une très grande importance dans le culte de Mithra » dit Cumont, frappé de l’insistance de cette figuration sur les monuments où elle semble revêtir un caractère sacré ; et il désigne le « Pilos rayonnant », le pilos étoilé, le pilos sur la pomme de pin mystique, etc… «  Dans la légende d’Anis, Cybèle met sur la tête du dieu végétant qui s’est émasculé un pilos étoilé ».

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Le Jeu du gouvernement du monde

Le tarot de Mantegna.
Mantegna

Il s’agit du célèbre peintre florentin du Quattrocento. Néanmoins, il ne nous semble pas inutile de préciser que ces mystérieuses cartes ont été le fruit d’une époque durant laquelle les artistes, les philosophes et les scientifiques collaboraient tous pour faire naître les bases d’un monde nouveau : la Renaissance.

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Mithra, un culte venu d’Iran

Le mithraïsme et le christianisme ont porté et portent encore le même courant d’idées.

La mythologie hindoue donne au soleil le nom de mithra (mitra).. En Perse Mithra était un des anges et principaux lieutenants d’Ahura Mazdao. Dans les védas il est le dieu du jour, une divinité de la lumière céleste et dans l’Avesta c’est un dieu guerrier, l’auxiliaire très puissant d’ Ormuzd. C’est quand l’empire Perse s’est effondré que le culte de Mithra a envahie le monde méditerranéen, de L’Iran à la GRANDE BRETAGNE. Le soleil a toujours fait l’objet d’un culte, chez les Incas, en Égypte, en Afrique, en Europe, sur l’Ile de Pâques, en Polynésie, en Grèce, en inde Védique.

Le « mythe » christique de la naissance de Jésus et celui de Mithra sont similaires à bien d’autres traditions divers rites initiatiques à travers toute la planète et leur ressemblance montrent clairement que le culte de Mithra peut être considéré comme une préfiguration de celui de Jésus-Christ et relatent les étapes du « Grand-Œuvre Alchimique »:

  • -la description des temples,
  • -les dates des célébrations (25 décembre, équinoxes et solstices, etc…),
  • -les êtres qui sont là pour l’accueillir, les bergers.
  • -l’omniprésence du ternaire,
  • -la hiérarchie,
  • -les correspondances avec l’alchimie car Mithra est représenté de façon générale sous les traits d’un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien et revêtu d’une tunique rouge. Cette tunique rouge est la représentation de la pierre philosophale.
  1. -le sens du devoir et de la loyauté,
  2. -le symbolisme des nombres et des éléments,
  3. -les phases des initiations sont, on peut le dire, similaires.

L’Eglise chrétienne à presque tout emprunté au Mithraïsme tel le baptême ou le port de la tiare perse. Dans les quelques textes mithraïques découverts, nous constatons que même les mots utilisés font écho à ceux du christianisme.

Le culte de Mithra est extrêmement ancien. Ce dieu était honoré à la fois aux Indes et en Perse.

On ne sait pas exactement si on doit le considérer comme un dieu de la branche Moyenne des indo-européens qui aurait été déjà célébré avant que cette branche se scinde en Iraniens et Indous, ou s’il s’agit d’un dieu des populations habitant les Indes et la Perse avant l’arrivée des indo-européens,

Ces 2 êtres « divins » veillent particulièrement à ce que soient respectés la parole donnée, le serment, les contrats. La plus ancienne mention concernant Mithra provient d’Asie Mineure, de Cappadoce. C’est une inscription hittite qui parait dater du XVième siècle avant notre ère. Son culte était donc déjà fort répandu à cette époque.

Ce dieu ne joue qu’un rôle assez secondaire dans les Védas et l’Avesta ancien. C’est en Perse que son culte s’est tout d’abord développé, c’est ensuite par l’Asie Mineure et la Mer Noire qu’il à atteint le monde méditerranéen.

Par le passé

En Perse dite achaménide (539-331) la religion officielle (d’état) était sans doute ma connue mais nous savons qu’y régnait le zoroastrisme avec l’existence d’un dieu appelé AHURA MAZDA ou Seigneur- Sagesse. Elle présentait des liens avec le mazdéisme et Zoroastrisme des Perses ultérieurs. Cette religion qui a subi des influences Elamites, présentait des liens avec le Mazdéisme-Zoroastrisme des Perses ultérieurs, mais on discute encore pour savoir si on peut employer ces noms pour la religion des Perses de l’époque achéménide.

A Suse ou Shushan (ancienne cité de la civilisation élamite) devenue  la capitale de l’Empire perse achéménide au Vme siècle av JC et située dans le sud de l’Iran actuel à environ 150 km du Tigre (à l’Est du fleuve). Aujourd’hui c’est un simple champ de ruines où il existe encore une inscription conservée de l’époque d’ARTASERXES II (404-358 av. J.-C.) et sur laquelle est représenté Mithra aux côtés d’Ahuramazda et de la déesse Anahita.

On ne sait toujours pas s’il existe un lien entre le Mithra persan et celui du culte aux mystères de l’Empire romain, ce qui est certain c’est que les légionnaires romains qui étaient présents aux frontières orientales de leur Empire, ont introduit le mithraïsme dans le haut empire Romain. Les éléments  matériels du culte de Mithra, inscriptions réalisées par des soldats romains, de la garnison de Carnuntum, allés en Orient dans le cadre des campagnes contre les Parthes et des émeutes de Jérusalem, datent approximativement de l’an 71 de notre ère.  À la fin du IIme siècle de notre ère, le mithraïsme a été largement diffusé dans l’armée romaine, les marchands et même les esclaves.L’ensemble des empereurs du IIIme siècle étaient  des protecteurs du mithraïsme car la pratique de ce culte Mithraïque a enrichi le symbole de leur autorité au travers de toutes les classes sociales. Un grand nombre de mithræa ont été découverts dans les garnisons des frontières de l’Empire et la plus grande concentration de mithræa se trouve à Rome  et à Ostie.

Une nouvelle religion du SOL INVICTUS ou « soleil invaincu a été  officialisée dans l’Empire Romain en 274  par l’empereur AURELIEN qui édifia à Rome un  temple dédié à la nouvelle divinité, et crée un corps de clergé d’État pour assurer le culte.

Ceci n’effaça pas totalement le mithraïsme qui continua à exister comme culte non officiel car de nombreux sénateurs pratiquaient en même temps mithraïsme et religion du Sol Invictus. Cette période marqua la chute du mithraïsme et en mêm temps le christianisme, fortement  appuyé par CONSTANTIN, gagnait des adeptes auprès des partisans du mithraïsme, les femmes ayant le droit de ratiquer ce culte nouveau à l’inverse du mithraïsme qui les excluées.

Le christianisme a supplanté le mithraïsme lors du IVe siècle qui est devenu la religion officielle de l’Empire avec THEODOSE (379-394).Sous le règne de JULIEN (361-363) et d’EUGENE (392-394), il y eut des tentatives de restauration du culte de Mithra, mais sans succès. Le mithraïsme  sera interdit en 391 et sa pratique devenue clandestine ne se maintiendra que quelques années en survivant dans des régions des Alpes et dans les régions orientales de l’Empire Romain où se trouvaient ses origines.

Une religion fondée par Zarathoustra (le zoroastrisme vers 558 av J-C à 651 ap J-C) qui décida très jeune de devenir prêtre ou zoatar, s’opposa à l’antique culte iranien de Mithra, caractérisé par le sacrifice du taureau et signa la fin du culte dans sa propre son propre état d’origine.

L’initiation en 7 degrés

D’après sa légende, il serait né d’une pierre dont il se serait dégagé, la tête coiffée d’un bonnet phrygien. Aussitôt après sa naissance, il rencontre un taureau sauvage. Le jeune dieu  le dompte et l’entraîne dans la caverne qu’il a creusée en se dégageant du rocher. Il reçoit alors du soleil l’ordre d’immoler la bête.

Après avoir d’abord résisté à cet ordre il s’y soumet à contre cœur et plonge son glaive dans le cou de taureau. Du sang répandu naissent le blé et toutes les plantes utiles à la vie.  Conformément à son caractère de dieu solaire, Mithra est, en effet, un dieu fécondant.

Sa parèdre, ou son double féminin (à la fois sa mère et son épouse) est Anahita, la Terre Mère, matrice universelle de laquelle tout naît et à laquelle tout retourne. Anahita sera assimilée à Cybèlle en Asie Mineure et à Déméter en Grèce. Mithra doit donc détruire pour pouvoir créer à nouveau.

La mort donnée par ce dieu doit être la source d’une vie  plus haute et meilleure, tout comme le blé est né du sang du taureau immolé par Mithra. Le taureau symbolise la vie animale dont le myste doit s’affranchir pour s’élever, dans la pureté vers la vie céleste. Les rites célébrés au cours des rites de Mithra comprenaient 7 grades ou initiations successives. Chacun de ces grades ne s’obtenait qu’après des épreuves longues et pénibles, comportant des jeûnes prolongés et de véritables tortures qui amenaient parfois la mort.

Les femmes étaient exclues des mystères et le rite essentiel procurant la maîtrise était l’immolation du taureau dont Je sang coulait sur lie néophyte.

Les initiés participaient à un banquet mystique dont les éléments essen­tiels étaient le pain et le vin, préalablement consacrés par un prêtre.

Les pains étaient marqués d’une Croix. Le vin ne donnait pas seulement la vigueur du corps, mais aussi la sagesse, de l’esprit en conférant au myste une immortalité glorieuse.

Les mentions indiquées démontrent que Mithra peut être considéré comme une préfiguration du Christ des chrétiens.

L’ésotérisme du culte

Les 7 grades du culte correspondent aux 7 planètes de l’astronomie de l’époque (lune, mercure, vénus, soleil, jupiter, saturne),  et les différents passages devaient s’accompagner  de  quelques données métaphysiques plus ou moins ésotériques.

  1. Le premier, le Corbeau (corax), dont le rôle était celui de messager et dont l’emblême était le caducée d’Hermès.  C’est ce Corbeau qui amène le Pain à Paul, Le Pain et l’Eau sont les deux éléments de la Cène Mithraïque, comme le Pain et le Vin dans le Christianisme.  Le culte de Mithra se faisait primitivement dans des Cavernes (puis par la suite dans des Cryptes). (Au sujet de la symbolique de la Caverne  pécisons que Zoroastre est le premier qui consacra en l’honneur de Mithra un antre naturel arrosé par les sources, couvert de fleurs et de feuillages.  Cet antre représentait la forme du Monde créé par Mithra..S’inspirant de ces croyances, les Pythagoriciens et, après eux, Platon, appelaient le Monde un antre et une Caverne.  En effet, chez Empédocle, les forces qui conduisent les Ames disent:  » Nous sommes venues sous cet antre couvert d’un toit ».)
  2.  Le Second grade était celui de Nymphus (cryphius), l’épousé du dieu, son emblême était le voile nuptial ou Manteau et ses attributs attributs le diadème et la lampe de Vénus.
  3. Le Troisième grade était le Soldat (Miles).  La prière de Saint Antoine appelle Paul Soldat du Seigneur. Attributs: la couronne et l’épée.
  4. Le Quatrième grade était le Lion.  De même que le Corbeau est venu apporter la nourriture à Paul, les Lions viennent l’ensevelir.  Les attributs étaient la pelle pour porter le feu, le sistre, le foudre de Jupiter.
  5. Le cinquième grade ou le Perse (persan) avait pour attributs l’épée courbe,  le  croissant de lune,  l’étoile ;
  6. Le sixième ou l’Héliodrome ou encore l’héliodromus (messager ou émissaire du Soleil), avait pour attributs  la torche, le fouet guidant l’attelage du char solaire et la couronne solaire.
  7. Le septième ou grade supérieur est justement Père ou pater, avec comme attributs : le bonnet phrygien, la faucille, le bâton de commandement et l’anneau.La scène centrale que l’on retrouve dans tous les mithraea est celle où Mithra combat et tue le taureau « sacré ». Dans cette scène, après être monté sur le dos de l’animal et avoir reçu l’ordre du Soleil, Mithra pénètre dans une grotte et tue le taureau. Au moment du sacrifice, Mithra détourne son regard du taureau pour le diriger vers le Soleil. De la queue et du sang du taureau naissent des épis de blé, symbolisant la « nouvelle vie » issue de la mort. La chair de l’animal tué est ensuite consommée par Mithra et le Soleil lors d’un banquet rituel. 

    le grand barattage du monde
    le barattage du monde

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Boaz et Yakin Canis Major

C’est Claude Gaignebet qui nous restitue les dates de naissance des géants Gargantua et Pantagruel : respectivement le 3 février et au 25 juillet, autrement dit la Saint-Blaise et la Saint-Jacques, patrons du métier, qui pour les Frères recouvraient par nécessité et assonance les colonnes Boaz et Jakin.

Liée au froid et à l’humide, la colonne Boaz de saint Blaise illus­trait le point critique d’un hiver qui, au 3 février, pouvait cesser ou se prolonger quarante jours. Au lendemain de la Chandeleur, ce jour placé sous le patronage du maître des souffles (Blaise-Blasen) marquait mythiquement le réveil de l’ours (arthos ou arthus) de son hibernation, qui libérait les « esprits » intestinaux accumulés pendant son long sommeil hivernal. Chaude et sèche, la colonne Jakin de saint Jacques signait au contraire les temps accablants du plein été, le 25 juillet marquant la date, bien connue depuis l’Antiquité, du lever héliaque de Sirius dans la Voie lactée, dénom­mée Chemin de Saint-Jacques, dont le correspondant terrestre garantissait aux « soiffards pélerins » de la coquille, disait-on, le salut et l’accès au Ciel… Nous laisserons à chacun le soin de poursuivre pour son compte la démonstration, notamment quant aux vieilles traditions populaires préchrétiennes de la circulation des âmes-souffles, entrant et sortant du monde par la Voie Lactée, autour de ces deux dates. Précisons seulement que Rabelais les associait aux doctrines pythagoriciennes et « orphiques » (voilées par Maître François sous un « horrificque » qui est aussi bien aurificque) sur la descente et la remontée des âmes dans leur séjour céleste par les portes solsticiales, illustrées par Porphyre ou Macrobe », et plus anciennement par les textes des lamelles d’or funéraires orphiques : « agneau, tu t’es élancé vers le lait », « taureau, tu as couru vers le lait ».

se mettre à l’ordre

de l’origine des deux colonnes

Les commentaires de toutes sortes (ceux des rabbins, des Pères de l’Église ou des maçons) sur les noms des deux colonnes n’ont pas manqué. Dans le Livre des Rois la longue description de la forme, des ornements, des dimensions et de la matière des colonnes du Temple fondues et mises en place par Hiram de Tyr, fils d’une veuve de Nephtali, se termine par la simple mention : « Il plaça ces deux colonnes dans le vestibule du Temple ; et, ayant posé la colonne droite, il l’appela Iachin. Il posa de même la seconde colonne qu’il appela Boa» (Booz dans les traductions anciennes) (III Rois, VII, 21).

On a pu, il y a quelques années déjà, dresser une bibliographie* de quelques centaines de titres sur les interprétations symboliques ou les usages cultuels des deux colonnes. Il est impossible d’en examiner l’ensemble. Voici les faits que, sans aucune ambiguïté, le texte biblique nous autorise à affirmer.

Les deux colonnes sont situées sur le parvis, devant l’entrée du Temple orienté à l’Est. IACHIN AU SUD et BOAZ AU NORD. Les hésitations des loges maçonniques relativement à cette orientation proviennent du fait que leur façade est à l’Ouest. Près de la colonne Iachin se situe la Mer, vaste cuve d’airain supportée par douze boeufs qui regardent trois par trois, vers chaque point cardinal. La position de cet objet du culte peut s’induire du verset 39 : « Il plaça la Mer du côté droit de la maison, au Sud-Est »* ; elle n’est mise en cause par aucune des reconstitutions du Temple.

Dès la fin du XVIIe siècle, nous avons la preuve qu’une interprétation ésotérique des noms des deux colonnes existait dans la maçonnerie. Un pasteur d’Aberfeill (Écosse), Robert Kirk, écrit en 1691 :

« Le Mot de Maçon est un mystère dont je ne veux pas cacher le peu que je sais. C’est une espèce de tradition rabbinique, une sorte de commentaire sur Iakin et Boaz, les colonnes érigées au Temple de Salomon (III Rois, VII, 21) avec l’adjonction de certain signe secret transmis de main à main, au moyen duquel ils se reconnaissent et deviennent familiers entre eux. » (Palou, La Franc-maçonnerie, p. 32).

Au début du XVIIIe siècle, un ouvrage anglais, intitulé Iachin and Boaz, décrit longuement le rôle des colonnes portatives.

Le plan du Temple, situe ces colonnes rituelles. Elles ont environ vingt-cinq pouces de long (50 cm), celles du Senior Warden (surveillant) est appelée Jachin, celle du Junior Boaz. Lors de l’ouverture de la loge les rôles des responsables de ces colonnes sont précisément indiqués.

Mast. — Quelle est la place du W dans la loge ?

Deacon — Au Sud.

Mast. à W — Pourquoi au Sud ?

W — Pour mieux observer le soleil « at the high Meridian » (midi) pour appeler les hommes quand ils quittent le travail aux rafraîchissements, et contrôler qu’ils viennent à temps pour que le Vénérable en ait plaisir et profit.

Mast. — Où est la place du senior Warden dans la loge ?

senior Warden — A l’Ouest.

Mast. — Quel est votre travail là, Frère ?

— Quand le soleil se couche à l’Ouest je dois clore la Journée, car le s. W.se tient à l’Ouest pour fermer la loge, pour payer aux hommes leur salaire et pour les libérer de leur travail.

Lors de la réception de l’apprenti son Mot est Jachin. Le dialogue est le suivant :

Mast. — Que vous fit-on alors ?

Rép. — Le Maître me prit par la main droite et me donna l’attouchement (grip) et le mot d’un apprenti reçu, et dit : Lève-toi, mon frère JACHIN.

Ils partagent ensuite avec un autre Frère en moitié le Mot.

  • ler Frère — Je vais l’épeler avec vous ou le partager (halve).
  • 2e Frère — Je vais le partager avec vous.
  • ler F. — Commence.
  • 2e F. — Non, commence d’abord.
  • ler F..       —  JA
  • 2e F. — CHIN.
  • Ier F. — JACHIN.
  • Mast. — Qu’est-ce qui vous fut ensuite montré ?
  • Rép. — La (Guard*) ou le signe d’un apprenti reçu.

* La Guard ou le signe, comme ils l’appellent, consiste à amener sa main droite sur la gorge, latéralement, ce qui doit vous faire souvenir de la peine que vous encourez par votre serment, que vous préféreriez avoir la gorge coupée que de découvrir les secrets de la Maçonnerie.

Il semble, que le sens des noms des deux colonnes n’ait été livré que progressivement aux Frères au fur et à mesure de leur accès aux grades les plus élevés.

L’explication philologique encore adoptée de nos jours est connue de l’auteur de Jachin et Boa.

  • Mast. — Qu’est-ce qui supporte votre loge ?
  • Rép.      Trois grands piliers.
  • Mast. — Quels sont leurs noms ?
  • Rép. — Sagesse, force et beauté.
  • Mast. — Qu’est-ce que le pilier de la sagesse représente ?
  • Rép. — Le Maître a l’Est, etc.

Quant au compagnon « fellow’s craft », apprenti, il doit connaître avec exactitude la description biblique.

  • Mast. — Avez-vous vu quelque chose qui mérite d’être remarqué ?
  • Rép. — Oui, très Vénérable.
  • Mast. — Qu’était-ce ?
  • Rép. — Deux beaux piliers de bronze.
  • Mast. — Quels étaient leurs noms ?
  • Rép. — Jachin et Boaz.
  • Mast. — Quelle était la hauteur des piliers ?
  • Rép. — Trente-cinq pieds et le chapiteau de cinq pieds, ce qui fait quarante pieds en tout.
  • Mast. — De quoi étaient-ils ornés, Frère ?
  • Rép. — De deux chapiteaux dont chacun avait cinq pieds de haut.
  • Mast. — Qu’y avait-il de plus pour les orner ?
  • Rép. — Du travail de lys et de filet ; des grenades.
  • Mast. — Étaient-elles creuses, Frère ?
  • Rép. — Oui, Très Vénérable.
  • Mast. — De quelle épaisseur étaient leurs parois ?
  • Rép. — Quatre pouces.
  • Mast. — Où furent-elles fondues ?
  • Rép. — Dans la plaine du Jourdain, entre Succoth et Zartha, dans un terrain d’argile, où tout le mobilier sacré de Salomon fut fondu.
  • Mast. — Qui les a fondus ?
  • Rép. — Hiram Abiff, le fils de la veuve.

Au cours de l’initiation au grade de Maître est contée la légende d’Hiram. Le junior Warden frappe avec une règle le récipiendaire sur la gorge, le senior Warden avec une équerre sur le cœur et le Maître sur la tête avec un maillet. D’après une planche d’un ouvrage de l’abbé Pérau qui dévoile les secrets de la Maçonnerie, la colonne J est placée à gauche et au Nord, B à droite et au Midi. Peut-être ne tenait-on pas compte à cette époque de l’orientation à l’Est des façades des temples sémitiques.

CERTAINES INDICATIONS SUR LES NOMS DES COLONNES PROVENANT DES CATÉ­CHISMES PUBLIÉS PAR L’ABBÉ PÉRAU VONT NOUS PERMETTRE D’ALLER AU-DELÀ, DU MOINS EN CE QUI CONCERNE LA COLONNE BOAZ.

Nous ne prétendons pas retrouver là rien de rationnel et nous pensons qu’un esprit cartésien fera bien de s’en tenir aux sens de «force » (Boaz) et il « établira » (Jachin) que les éditions actuelles de la Bible indiquent.

Mais nous recherchons la voie de spéculations qui ont pu naître dans les loges à n’importe quelle époque, aiguillonnées chez les Maçons par la présence constante dans le rituel, le décor, le catéchisme, les légendes, des MOTS de Jachin et Boa. Ces Mots sont retournés cent fois dans la bouche au cours des réceptions, épelés lettre à lettre ou par moitié, inversés, indiqués par B:. et J:.

Le passage suivant du Catéchisme des apprentis, publié par Pérau, mérite, selon nous, d’être pesé au poids du sanctuaire.

  • — Êtes-vous Franc-Maçon ?
  • — Les Apprentifs me connaissent.
  • — Comment vous faites-vous connaître ?
  • — En m’étranglant, en touchant et en bégayant (op. cit., p. 257).

La suite du dialogue marque alors un renversement dont les fatras des fous ou leurs joutes de menteries fournissent le modèle.

  • — Comment est-ce que les Apprentifs veillent ?
  • — En dormant.
  • — Comment est-ce que les Apprentifs dorment ?
  • — En veillant.

Idem pour marchent-ils ? En s’arrêtant ; Travaillent-ils ? Sans rien faire dans quel état sont-ils quand ils ne font rien ? — Ils travaillent.

  • — D’où vient la justice ?
  • — D’un vent qui souffle sur l’étoile.
  • — Que signifie la colonne de gauche ?
  • — Un langage bégayant.
  • — Et la droite ?
  • — Je n’en sais rien.

dans mot Jakin (ou Yakin) gît le secret de Jacques (voir la révélation du 3ème temple)

 

FERT GAUDIA CORDI et la bourrache médicinale

Heap of fresh blue borage flowers for decoration at white background

LA BOURRACHE

La bourrache apparaît comme un motif à la fois original, d’une spécificité extrême et trop rare pour qu’aucun symbolisme puissant et prégnant n’ait pu se cristalliser autour de lui. En effet, cette plante médicinale relativement comme de la pharmacopée traditionnelle ne quitta pas la sphère thérapeutique. Les mots qui l’accompagnent, FERT GAUDIA CORDI, soulignent une de ses principales propriétés médicinales. Les médecins utilisaient cette plante comme agent purifiant de l’organisme contre des maladies très variées, parmi lesquelles la mélancolie, mais qui correspondaient toutes, dans la pensée ancienne, à un même état d’impureté. Cette évocation de la bile noire, ou melencholia, pourrait d’ailleurs expliquer la présence du tronc d’arbre creux, attribut reconnu de Dame Mélancolie Les auteurs du remarquable Saturne ou la Mélancolie, Panofsky et Saxl, en citaient la description par Cesare Ripa :

« Une vieille femme, triste & affligée, vêtue de méchantes hardes, et dépourvue du moindre ornement, sera assise sur une pierre, les coudes posés sur les genoux, & les deux mains sous le menton ; à côté d’elle il y aura un arbre sans feuilles et alentour des pierres »

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le Tarot de Marsile

Tout a été dit sur le Tarot et n’importe quoi également. Nous allons examiner plus attentivement cet atout connu sous le nom du bateleur. Il est saisissant de constater que ces cartes avaient à l’origine une vocation pédagogique, celle d’illustrer la philosophie de Marsile Ficin, traducteur des œuvres de Platon pour le compte de Côme de Médicis.

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Les maitres de sagesse, Gurdjieff et la voie de l’Itlaq

Les Sarmouns

Certains de ses proches élèves, fascinés par la formidable personnalité du maître, dont la stature humaine finit par éclipser pour eux le message, crurent bon, après sa mort, de continuer à transmettre son enseignement — sans le transmetteur —, fondant l’instruction prodiguée aux nouveaux élèves « sur ce que Gurdjieff a fait et dit, et non sur ce qu’il savait », comme le souligne dans les Maîtres de Gurdjieff un de ses anciens condisciples [R. Lefort : les Maîtres de Gurdjieff (le Courrier du Livre, 1978), p. 104]. Quiconque veut se familiariser avec la pensée de Gurdjieff peut lire Récits de Belzébuth à son petit-fils, Rencontres avec des hommes remarquables, et le livre d’Ouspensky, Fragments d’un enseignement inconnu. Bien vite une conclusion s’impose. Gurdjieff n’a pas puisé dans les livres ou fabriqué son système à partir des éléments qu’il avait pu rassembler au cours de ses voyages. Il n’est pas non plus un penseur, un philosophe inspiré à la façon, par exemple, de Rudolf Steiner. Les sources qu’il indiqua lui-même à Ouspensky sont pour la plupart, à l’exception du mont Athos, inconnues. C’est bien d’un enseignement inconnu qu’il s’agit. Ce n’est ni de l’hindouisme, ni du bouddhisme, ni du christianisme au sens ordinaire du terme.

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L’étendard de Juda

« Tu es semblable à. un dieu et tu fus engendré en vue de transformations plus nombreuses que celles des dieux et avec une forme créée plus parfaite. » « Sors, avance-toi maintenant et contemple les choses qui sont tiennes dans le lieu de ta résidence éternelle. » (Paroles adressées au défunt. Livre des

Livre des Morts égyptien, chap. CLXX, 15.)

« Je suis les limites du Tuat… Je cours et m’avance à grands pas en ma forme spirituelle faite de qualités cachées, et mes transformations sont celles d’Horus-Seth, le dieu au double visage. »

(Paroles du défunt. Livre des Morts égyptien, chap. CLXXX, 30.)

Le signe d’EAu du Scorpion introduit un nouvel aspect de la naissance, la mort-renaissance. Le Cancer préside à la formation de l’entité en voie d’évolution, laquelle s’individualise dans le Lion, s’éveille à l’intelligence dans la Vierge et au sentiment-intuition dans la Balance. Ces quatre signes couvrent la phase proprement humaine de la manifestation, à laquelle succède la phase transformatrice du Scorpion qui oriente l’homme vers l’état de surhomme’.

Du plan principiel de la vie participant inconsciemment à l’Universel, l’entité est descendue au plan de l’individu où elle a pris conscience du moi et du non moi, conscience à laquelle succède un sentiment d’opposition entre ces deux facteurs. Elle a éprouvé la différence entre la Matière et l’Esprit du conflit des opposés est né la certitude d’une liberté de choix relative, puis le désir de plus de liberté. Dans le Scorpion, l’homme va passer par l’épreuve initiatique qui le rapprochera du monde des Principes, le libérera du conflit des opposés et (dans les hymnes des rois persans découvertes dans le temple de l’oasis d’El-Khargeh il est dit, du dieu solaire principe de toute vie, qu’il est « l’ami du Scorpion au cours de son évolution ») il engendrera la conscience du moi universel. Il a traversé les étapes de la vie manifestée dans la matière dense. Il va main­tenant connaître la vie plus intense et plus complète sur un plan de conscience plus proche de la Réalité ultime, dont l’accès passe par l’expérience dite de la mort.

Le Scorpion est la clef du drame de l’incarnation, du cycle vie-mort-vie, du mystère de la Mort-Résurrection que voilent et dévoilent tous les Livrés des Morts, en particulier celui des Égyptiens qui devrait être plutôt nommé le Livre de la résur­rection et de la Vie Éternelle. D’ailleurs, d’après son traduc­teur anglais, A. E. Wallis Budge, son titre REU NU PERT EM HRU veut dire « Chapters of Coming Forth by Day », c’est-à-dire : Chapitres (traitant) de l’Émergence au Jour ou à la Lumière.

Le Scorpion est le huitième signe, celui de la huitième mai­son, celle de la mort, ou de la transformation majeure. C’est le signe d’Osiris, d’abord Maître des vivants, qui par l’épreuve de la mort devient le Maître de l’Hadès. et renaît au Jour sous la figure d’Horus. Râ (Principe)-Osiris-Horus forment la Tri­nité Une et Éternelle de la manifestation de la VIE. Le Scor­pion symbolise la transmutation s’opérant entre ses trois aspects : la Lumière vivante naissant des ténèbres, illumi­nant l’Univers, disparaissant au sein de la Vie non manifes­tée pour renaître et recommencer son périple à travers les deux horizons de la Mort-Vie. C’est le rythme de toute la Création et en particulier celui de l’être humain. Car le scribe Ani, de même que les autres défunts « triomphants », dont la mort-résurrection est le sujet des textes hiéroglyphiques grou­pés sous le nom de Livre des Morts, est le Fils incarné du Principe, c’est-à-dire l’homme destiné à devenir le dieu.

LE SYMBOLISME DU ZODIAQUE DES JUIFS

Dans l’Ancien, de même que dans le Nouveau Testament, l’épithète de « scorpions » est donnée aux Juifs qui ont failli à leur mission divine, puis à ceux qui plus tard ont renié le Christ. D’autre part, au Moyen Age, le scorpion était devenu l’emblème par lequel on désignait les Juifs. La raison de cette association doit être cherchée dans le rapport psychologique qui existe entre ce peuple et le caractère de l’énergie scorpioni-que. Nous tenterons de le démontrer en esquissant dans ses grandes lignes l’histoire du peuple juif.

Le P. A. Kircher, dans son OEdipus Ægyytiacus, reproduit l’image du Campement des Hébreux, image qui est destinée à prouver les correspondances qui existent entre les douze tri­bus d’Israël et les douze signes du Zodiaque (fig. 9, p. 370).

Le « Campement des Hébreux » (The Camp of the Hebrews) est une illustration du chapitre II du Livre des Nombres. Au-milieu est représenté le plan du Tabernacle.

Le TABERNACLE, ou tente, « était un sanctuaire portatif des Israélites, construit au pied du mont Sinaï sur les indications de Moïse… « Qu’ils me fassent un sanctuaire, ordonna la divinité à celui-ci, afin que je réside au milieu d’eux. (Exode, XXV, 8). Il contenait l’Arche sainte et Moïse s’y entretenait avec Dieu qui y descendait sous la forme d’une nuée. Certains his­toriens pensent que le tabernacle, copie du Temple de Salo­mon, fut imaginé par les théologiens durant la période histo­rique, donc bien plus tard que le temps où il est censé déjà exister. Quoi qu’il en soit, son symbolisme demeure.

Devant le tabernacle du « Campement des Hébreux » sont placés les quatre éléments portant respectivement les noms bibliques de GERSONITAE (Terre), CATIPHAE (Air) MERARITAE, MOYSEE et AARON (feu), (Nombres, chap.III).

Les trois premiers sont les fils de Lévi dont la tribu sacerdotale était distinguée par le privilège de camper autour du Tabernacle et d’en assurer la garde et le service.

Alentour sont placés les sept astres planétaires, tandis que sur le pourtour du quadrilatère zodiacal sont rangés les éten­dards des douze Tribus d’Israël portant le nom de chacune, ainsi que le signe du Zodiaque lui correspondant, selon la des­cription du campement d’Israël qui fait l’objet du chapitre u du Livre des Nombres.

  1. Tribu de Gad au BÉLIER
  2. Tribu d’Ephraïm au TAUREAU
  3. Tribu de Benjamin aux GÉMEAUX
  4. Tribu de Manasseh au .SAGITTAIRE
  5. Tribu de Dan au SCORPION
  6. Tribu d’Asher à la Balance
  7. Tribu d’Issachar au CANCER
  8. Tribu de Zabulon au CAPRICORNE
  9. Tribu de Naphtali à la VIERGE
  10. Tribu de Juda au LION
  11. Tribu de Ruben au VERSEAU
  12. Tribu de Siméon aux POISSON

Ces correspondances entre les signes zodiacaux et les douze « Tribus » indiquent d’une manière générale qu’il existe un rapport étroit entre la signification du Zodiaque et les textes bibliques et fournissent en particulier une clef d’interpréta­tion du chapitre XLIX de la Genèse et du chapitre XXXIII du Deutéronome. D’autre part, elles prouvent une fois de plus qu’il est impossible de comprendre le monument des destinées humaines qu’est la Bible si l’on veut y voir uniquement un récit historique.

Les douze tribus d’Israël, de l’existence desquelles il est par ailleurs impossible de retrouver pour toutes des preuves his­toriques, symbolisent évidemment le caractère des douze signes zodiacaux et la manifestation dans l’humanité des énergies créatrices primordiales. Les passages bibliques qui font allu­sion à ces tribus confirment le caractère de ces énergies, tel qu’il résulte de la science astrologique. D’autre part, le caractère du chaque tribu est également en harmonie avec le sym­bolisme mythologique des constellations d’étoiles fixes dont les signes portent les noms et avec lesquelles ils coïncidaient à une certaine époque astronomique. Le caractère des tribus con­corde aussi avec le sens des lettres hébraïques, de même qu’avec celui des images du Tarot, dont les correspondances avec les constellations sont données dans l’ouvrage de Vivian A. Rob-son : The fixed stars and constellations in astrology.

Si l’on prend comme exemple le Scorpion, emblème de la tribu de DAN, voici ce que dit le verset 17 du XLIXe chapitre de la Genèse :

GENÈSE :     Dan sera un serpent sur le chemin, Une vipère sur le sentier, Mordant les talons du cheval. Pour que le cavalier tombe à la renverse.

Constellation du Scorpion : Cette constellation occupe l’espace entre le 23e degré du Scorpion et le 26e du Sagittaire. Elle est nommée d’après le scorpion qui réussit à tuer le géant Orion qui s’était vanté de détruire n’im­porte quel animal terrestre.

Constellation du serpent : Cette constellation qui occupe l’espace entre le 13e degré du Scorpion et le 15e du Capricorne correspond au mythe du Serpent. Esculape ayant tué un serpent, un autre serpent en présence du médecin ressuscita le premier en plaçant une certaine plante sur sa tête. Esculape put alors, à l’aide de la même plante, rappeler à la vie Glaucus fils de Minos.

TAROT : La constellation du Scorpion correspond à la 16e carte du Tarot « la Tour foudroyée », et à la lettre hébraïque AIN, qui selon F’. d’Olivet, signifie VIDE, NÉANT, FAUSSETÉ, PERVERSITÉ.

La relation de tous ces éléments entre eux, ainsi qu’avec les caractères qui découlent de l’étude du signe du Scorpion, est évidente : serpent, poison, enfer, vide, mort, résurrection…

L’étude des correspondances entre le Zodiaque et la Bible jette une grande lumière sur l’histoire occulte d’Israël et de Juda.

ISRAËL, selon certains traducteurs, veut dire « Dieu triom­phe ». C’est le triomphe d’EL ou Principe suprême se manifes­tant dans la Création. Israël serait ainsi la manifestation par­faite de la Divinité dans l’humanité ; c’est le peuple « élu », dont la mission est de répandre la connaissance de Dieu, jus­qu’aux confins de la terre. Israël est le nom sacré des Hébreux.

Ce dernier nom vient d’ « Hibris c’est-à-dire «gens de l’au-delà », de l’au-delà de l’Euphrate, ajoute l’auteur de cette défi­nition. Cette appellation était destinée à établir que les Israé­lites ne sont pas originaires de Chanaani.

Mais il paraît plutôt qu’ici « Au-delà » a le sens de « Plan causal ». D’ailleurs, même si l’on admet qu’il s’agit d’une dési­gnation géographique, le sens reste le même, puisque Euphrate, ou « PHARET » veut dire « splendeur », « flux de lumière »2 Les HÉBREUX sont ceux qui, originaires du pays de l’Au-delà, de la Lumière, doivent ici-bas réaliser Israël, c’est-à-dire le triom­phe du Divin sur Terre. L’histoire et la destinée ultime d’Israël sont le prototype de celles de l’Humanité entière, et, comme l’indique le «campement des Hébreux », cette destinée s’accom­plit par l’action des douze « tribus » ou énergies primordiales œuvrant en l’humanité et dont la synthèse est l’Homme par­venu à l’état de perfection.

La correspondance des tribus d’Israël avec les signes du Zodiaque attribue à Juda le signe du Lion. Drummond figure ce signe avec ses décans, et ses paranatellons tels qu’ils étaient représentés, dit-il, par les Juifs, les Égyptiens, les Perses et d’autres astronomes orientaux. Les paranatellons d’un signe étaient les constellations qui se levaient à l’horizon ou au méridien en conjonction avec, ou en opposi­tion à ce signe. Les astronomes orientaux attachaient une grande importance en astrologie aux décans des signes, ainsi qu’à leurs paranatellons. Selon eux, la signification de ces élé­ments éclairait et complétait celle du signe. Il est donc intéres­sant d’examiner le Lion de Juda sous ce rapport. La figure zodiacale de Drummond représentant «l’Étendard de Juda », contient, outre les figures des trois décans du Lion, celles de ses paranatellons, c’est-à-dire celles des constellations du Scor­pion, du Capricorne et du Verseau, ainsi que les noms des constellations de Céphée, de Pégase et d’Equiculus.

Sous la figure de l’Étendard de Juda est reproduite une partie du texte du XLIXe chapitre de la Genèse qui s’applique à cette tribu, et que voici :

  • Juda, tu recevras les hommages de tes frères ;
  • Ta main sera sur la nuque de tes ennemis.
  • Les fils de ton père se prosterneront devant toi
  •  Juda est un jeune lion.
  • Tu reviens du carnage, mon fils !
  • Il ploie les genoux, il se couche comme un lion,
  • Comme une lionne ; qui le verra lever ?
  •  Le sceptre ne s’éloignera point de Juda,
  • Ni le bâton souverain d’entre ses pieds,
  • Jusqu’à ce que vienne le Schilo,
  • Et que les peuples lui obéissent.
  • Il attache à la vigne son âne,
  • Et au meilleur cep le petit de son ânesse,
  • Il lave dans le vin son vêtement,
  • Et dans le sang des raisins son manteau.
  • Il a les yeux rouges de vin,
  • Et les dents blanches de lait.

Ce texte  fait allusion à l’image symbolique du premier décan du Lion déjà commentée au chapitre de ce signe : l’âne qui, en mythologie, représente le sexe, s’approchant d’un buis­son de vigne dont le fruit enivre. Au-dessus de l’âne se voient le cavalier tenant par la bride un cheval (nature animale) qu’il est en train de dominer, et, plus haut, le roi ou héros por­tant’ e sceptre à trois pointes de l’illumination du Verseau, (roi que l’on retrouve dans ce dernier signe sous le nom de Céphée).. Ces figures sont placées au zénith de l’Étendard de Juda: Au-dessus de celle du roi se trouvent trois petits lions portant les chiffres 1, 2, 3, symbolisant évidemment les trois phases de l’évolution  humaine dans ce signe’ et surmontés d’un lion unique beaucoup plus gros.

Le verset 10  indique que la suprématie de Juda ou d l’éner­gie Lion durera jusqu’a ce que vienne le Schilo. Or, Schilo est, selon Robson, un autre nom d’Antarès, qui  était l’une des quatre étoiles royales de Perse vers l’an 3000 avant l’ère chrétienne. Elle était appelée aussi le « coeur du Scorpion » et est située dans la constellation de ce nom. NIHILO, selon Drummond (OEdipus Judaicus) est appelé SHULEH par les astro­nomes orientaux. Dans l’ « Étendard de Juda », ce nom est inscrit en travers de l’image du Scorpion ; SCHULEH n’est autre que le SCHEOL ou Hadès des Hébreux. La parabole du Lion et de Schilo fait allusion à l’enfer qui attend ceux qui se com­plaisent dans la suprématie du « jeune Lion » (nuance Mars), associé au carnage.

On peut rapprocher de SCHULEH et de SCHEOL le nom de SILOÉ qui apparaît dans le Nouveau Testament. Jésus, pour rendre la vue à un aveugle ayant oint ses yeux.de boue et de salive, lui ordonne ensuite d’aller se laver « au réservoir de », après quoi l’aveugle recouvre la Vue (Jean, IX, 6 à 12). Cet épisode fait allusion au pouvoir régénérateur de l’Eau du Scorpion, celle du Schéol. On sait que ce reptile porte le poison qui tue son adversaire et lui-même, mais qui a également le pouvoir de guérir.

L’emblème du Scorpion est, nous l’avons vu, celui de la tribu de Dan, et, parmi les villes qui, au dix-neuvième chapi­tre de Josué, sont attribuées à cette tribu se trouvent celles dont les noms, selon la traduction de Drummond, signifient : « dispono me in sepulcrum », « guêpe ou frelon », « ténèbres », « caractère repoussant 4, « pomme d’Ève », « fontaine des jar­dins » ou « eau du soleil », « altitude », « équinoxe », « enclos », «portes ou grilles », « bouclier ». Le verset 10 prédit donc déjà à Juda, et avec lui à toute l’humanité, l’enfer scorpionique régénérateur, par lequel ils devront passer pour atteindre la réalisation ultime du Verseau, troisième constellation en rapport avec l’Étendard de Juda.

Les figures symboliques de cette dernière constellation, placées à cheval sur la limite des signes du Capricorne et du Verseau, indiquent ainsi le rapport d’inséparabilité de ces deux signes. Dans le Verseau se trouve la figure du roi Céphée, tenant le sceptre aux trois pointes, au-dessus duquel se voient la tête, et le poitrail d’un cheval ailé, ainsi que de la tête d’un autre cheval nommés respectivement Pégase et Equiculus. Un commentaire détaillé de ces symboles sera donné au cha­pitre du Verseau, mais il est d’ores et déjà évident que Céphée est l’homme accompli, l’homme du Verseau : RUBEN, dont le texte biblique dit :

  • Ruben, toi, mon premier né,
  • Ma force et les prémices de ma vigueur,
  • Supérieur en dignité et supérieur en puissance,
  • Impétueux comme les eaux,…

Au treizième chapitre de Josué, les territoires attribués en partage à Ruben sont bornés, selon la traduction de Drummond, par des fleuves symbolisant les constellations d’Eridanus et d’Aquarius. Selon Robson, ces constellations correspondent à la lettre hébraïque NOUN laquelle, selon F. d’Olivet, signifie « un fils », « être produit ou réfléchi », « extension individuelle ». Sont en outre attribuées à Ruben les villes suivantes : «la maison du Seigneur de la Lune «  toutes choses qui se rapportent à l’illumination du « Fils » du Verseau.

L’Étendard de Juda indique donc les trois dernières étapes  réalisatrices de l’évolution des Juifs en IS-RA-ÈL, c’est-à-dire en rapport avec la manifestation parfaite de la Divinité en l’humanité. C’est pourquoi on peut considérer que l’histoire des Juifs est typique de celle du développement de l’être humain.

Voyons maintenant ce que révèle le symbolisme du Temple dont le Tabernacle, qui est placé au centre du Zodiaque du « Campement des Hébreux » est une réplique simplifiée.

Le Zohar dit à ce propos

« Tout le monde est divisé en deux parties dont l’une est visible et l’autre invisible. Ce qui est visible n’est que le reflet de ce qui est invisible…

Jérusalem est située au centre de la terre habitée. La ville, à son tour, entoure la montagne sainte, celle-ci, le compartiment des pèlerins, qui entoure le siège du Sandhérin, qui entoure le Temple,, qui entoure le Saint des saints, où réside la Schékhina (immanence divine) et où se trouvent le Propitiatoire, les Khéroubim, et l’Arche de l’Alliance. C’est ici que se trouve le coeur du monde qui alimente tous les membres. »

De même que la Jérusalem céleste, la Jérusalem terrestre avait douze portes. Dans le Temple, _le bassin d’airain placé en avant du Sanctuaire, servant à la purification, était sup­porté par douze taureaux d’airain. Les proportions du Tem­ple étaient basées sur le nombre 12 et ses divisions exactes. Jérusalem est donc assimilable au Zodiaque et à ses douze éner­gies créatrices et le Temple en est le coeur, le Centre d’où elles émanent, correspondant au « Point » des doctrines védiques. Ce Temple était l’image de l’Univers, celle du Monde d’en Haut et de son reflet, le monde d’en bas ; l’image aussi de l’être humain avec ses différentes enveloppes ou plans de conscience.

Drummond (op. cit., pp. 134 et s.) qui s’appuie sur des auteurs anciens, tels que Josèphe, Clément d’Alexandrie, Philon le Juif, croit que le Temple dans tous ses détails était un symbole du système de l’Univers dont Moise initié à la sagesse des Égyptiens avait une connaissance exacte. Le monu­ment sacré contenait d’ailleurs de nombreux symboles astro­nomiques, tels que par exemple les curieuses représentations mécaniques des mouvements des corps célestes, placées au sommet des piliers qui avaient nom Jachin et Boaz.

en réédition pour avril 2026

Science et hermétisme