Genèse du rite du Mot de maçon

Rosslyn Chapel

Rite du mot de maçon et le Graham

 L’histoire du métier retracée par le Graham est une allégorie de l’histoire du calvinisme en Grande-Bretagne aux XVI°-XVII° siècles, c’est à dire une histoire de l’édification de l’Église calviniste (d’abord presbytérienne puis finalement également épiscopalienne) qui connut des périodes alternées d’exode (durant les règnes hostiles au calvinisme) et de libre expression (durant les règnes favorables au calvinisme). Cette signification proprement calviniste de l’histoire du métier tracée par le Graham permet de comprendre en quoi les auteurs de ce catéchisme anglais du Mot de maçon avaient assimilé l’exemple du langage allégorique des Anciens devoirs anglais (qui l’utilisaient pour évoquer les origines salomoniennes de l’art gothique, ainsi que les origines gothiques du compagnonnage français et de la franc-maçonnerie anglaise), et avaient utilisé ce même mode allégorique d’expression pour exprimer des réalités totalement nouvelles :  les étapes et les vicissitudes de l’histoire du calvinisme en Grande-Bretagne.

Le thème de la triple voix

Même si le thème de la triple voix a pu être dans le Graham un écho de la pratique qui consistait dans une loge à confier par prudence le tronc des pauvres à trois officiers de la loge, il n’en reste pas moins que ce thème a dans le Graham une signification qui dépasse le simple cadre de cet usage pratique. En effet le calvinisme de ce catéchisme maçonnique éclaire le sens du thème de la triple voix, thème récurrent dans ce catéchisme symbolique où il apparaît à quatre reprises.

  1. D’abord le Graham affirme que le maçon doit obtenir le secret d’une façon légitime en le recevant « d’une triple voix », c’est à dire en étant reçu apprenti, passé compagnon et élevé maître dans trois loges distinctes.
  2. Ensuite il soutient que le maître maçon « devrait avoir une parole trois fois puissante lorsqu’il enseigne nos secrets en homme brillant, parce que nous croyons en un pouvoir oratoire supérieur.
  3. Puis il rapporte que les trois fils de Noé trouvèrent le secret du pouvoir de prédicateur de leur père en prononçant sur sa tombe trois paroles qu’ils considérèrent comme puissantes.
  4. Et enfin il souligne que Betsalel consentit à enseigner la noble science aux deux frères du roi Alboyne à condition qu’ils la transmettraient à un tiers en joignant leurs voix.

Comment comprendre dans le contexte calviniste de ce texte la quadruple récurrence de ce thème de la triple voix ? Il semble que dans le Graham ce thème ait une triple signification ecclésiologique, trinitaire et psychologique.

Comme nous l’avons déjà mentionné, le troisième grade  comporte des « clés » figuratives qui amorcent le processus nécessaire à l’élucidation des secrets conservés dans la chapelle de Rosslyn suite à la destruction de l’abbaye de Kilwinning . On y rapporte aussi comment le Temple de Salomon fut construit pour permettre à la lumière de la Shekinah d’y pénétrer,  des secrets peut-être trouvés dans les manuscrits esséniens :

Qui est Betsalée ?  Betsaléel fut l’artisan inspiré du Saint Tabernacle qu’il construisit pour abriter l’Arche d’Alliance et permettre à la lumière de la Divine Shekinah de resplendir sur elle. Son plan devint ensuite le modèle du Temple du roi Salomon et suit celui qui fut donné par Dieu sur le Mont Horeb à Moïse, lequel fut plus tard le Grand Maître de la Loge d’ Israël.

Cette faveur fut indiquée aux Frères par l’apparition à l’Orient de la Divine Shekinah qui représente la Gloire de Dieu sur le Mont Sinaï lors de la révélation. Plus loin, dans le même rituel, on mentionne le fait que l’ illumination de la Shekinah n’est pas nécessairement un événement régulier ou prédictible. Le rituel avertit que Dieu peut retirer ce signe de sa faveur, s’il le veut :

Lors de la consécration du Saint Tabernacle, et plus tard lors de la dédicace du Temple du Seigneur par le roi Salomon, la Divine Shekinah descendit de sorte que sa lumière vint sur l’Arche, ou Trône de Grâce, qui se tenait dans la Saint des Saints, couverte par les ailes des Chérubins, où elle apparut pendant plusieurs générations, jusqu’à ce que les Israélites se montrent infidèles au Très Haut. De même, la lumière de la Maçonnerie peut être retirée à quiconque se montre infidèle envers son Dieu !

LE RITUEL

Après avoir donné la poignée de main ou attouchement lors de l’initiation, le VM demande :

–       Qu’est ceci ?

–       L’attouchement de reconnaissance ou poignée de main de l’apprenti

–       Qu’exige-t-il ?

–       Un Mot

–       Donnez-moi ce Mot

–       Etc……… et ce jusqu’à transmission du Mot d’apprenti.

Ces quelques lignes sont lues lors de l’initiation au Rite Standard d’Écosse mais se retrouvent sous des formes approchantes dans d’autres Rites. Elles ont une origine et ne sont pas apparues dans notre maçonnerie spéculative, ex nihilo, et ont pour but l’identification.

Ce même protocole est effectué lors des degrés suivants. On touche là aux prémices de ce que fut et sera pour l’éternité, un des piliers de la Franc- Maçonnerie : le Mot de Maçon. Quel que soit le degré en loge symbolique ou au Chapitre, le même rituel est répété sans cesse. Oui, il s’agit bien d’un vrai rituel à part entière, d’un rituel de reconnaissance.

Cette histoire débute en Ecosse. La datation exacte de la naissance du Mot de Maçon est un peu floue, sa signification initiale étant entourée de mystères. Diverses archives retrouvées çà et là en Ecosse ou en Angleterre, nous mettent sur la piste. Nous sommes entre le 16ème et le 17ème siècle et l’on sait déjà que William Schaw[1] dans ses Statuts l’évoque simultanément à l’acquisition de l’Art de la Mémoire[2]. On parle là du plus ancien texte publié dans le cadre de la future maçonnerie spéculative.

Ce Mot de Maçon pose les bases des rituels dits d’identification ou d’admission et est reproduit dans « Edinburgh Register House Manuscript MS. 1696». Sa datation la plus probable serait de 1637. La première partie de ces rituels, comme nous l’avons vu, servait surtout à la reconnaissance réciproque des maçons. Cela se faisait par un jeu de questions-réponses entre l’interrogateur et le candidat. La deuxième partie donne le déroulement de la cérémonie d’« admission » de l’époque, cérémonie elle-même très simple et bien loin de nos rituels contemporains plus alambiqués et où était transmis le Mot. Ce manuscrit était sous-titré : « Quelques questions que les francs-maçons ont l’habitude de poser à ceux qui professent avoir le Mot avant de les reconnaitre »[3].

Q : Etes-vous maçon ?

R : Oui

Q : Comment le connaitrai-je ?

R : Vous le connaitrez en temps et lieu convenables etc…

En Ecosse, en cette fin de 17ème et début de 18ème siècle, une augmentation très marquée de l’entrée des non-opératifs dans les Loges Schaw peut expliquer ces rituels couchés par écrit quand jusqu’alors ils n’étaient transmis qu’oralement. Ils concernaient aussi bien l’Entered Apprentice que le Fellow Craft[4]. On sait déjà que William Schaw dans ses Statuts en parlait simultanément à l’acquisition de l’Art de la Mémoire.

Tableau de Loge de Kirkwall[5] (Orcades, Ecosse) du XVème siècle.

L’apparition du terme Mot de Maçon ne s’est pas faite par le truchement des maçons eux-mêmes, mais par l’intermédiaire de personnes de la société civile, d’écrits publiés, de divulgations. La première fois il était associé aux idées de Rose Croix[6], d’invisibilité et de « double vue ». Une part de mystère, de mysticisme, d’ésotérisme et d’interdit religieux accompagnait tout cela ; nous étions aux alentours de 1650. La Scots Kirk[7] presbytérienne qui dirigeait la pensée religieuse et le pouvoir en Ecosse, veillait à l’application rigoureuse et rétrograde d’une grande discipline, en rapport au mode de pensée presbytérien[8]. Mais doucement, ils furent convaincus (on ne sait comment !!) que le mystère lié au Mot de Maçon n’intercédait en rien dans la croyance presbytérienne. Il est d’ailleurs possible que le rituel du Mot du Maçon ait une origine calviniste presbytérienne et ait été mis en place à l’origine à la demande de William Schaw par la Loge de Kilwinning[9], ceci pouvant expliquer cela. D’ailleurs, de nombreux bruits, disaient que depuis des temps immémoriaux de l’église d’Ecosse, nombreux parmi ceux qui en faisaient partie possédaient le Mot de maçon et là, nous sommes aux environs de l’an 1600. Cette église avait essayé, en vain, de détruire les Loges maçonniques et William Schaw avait réussi à la persuader que rien de religieux ne figurait dans les rituels. Certains esprits éclairés de l’époque luttaient contre l’obscurantisme du Presbytère, qui affirmait que la magie et la sorcellerie étaient la seule explication possible à tout ce qu’ils ne comprenaient pas.

Tous finirent par comprendre enfin que le Mot de Maçon ne rendait pas invisible, mais permettait uniquement à des gens le connaissant, de se repérer entre eux. Fin du dit mystère !! On retrouva ensuite vers 1660, divers contrats faits à des apprentis, disant que le Mot de Maçon leur serait communiqué après leur entrée en Loge.

Les colonnes présentes sur un tapis de Loge d’esprit Noachite.

La détention du Mot de Maçon faisait du nouvel entrant un homme libre de pratiquer le Métier en compagnie d’autres Maçons possédant également le Mot et ayant reçu le rituel d’initiation.

La révélation des mots secrets était le point le plus important du rituel. Et la forme du mot prenait bien sa source dans la Bible où il est question du Verbe, principe divin qui devait guider le maçon sur son chemin. En faisant référence au Verbe et appelant simplement leurs secrets, Mot de Maçon, les maçons faisaient appel à une forte connotation de vérité suprême et de mystères.

Comme nous venons de le voir, les premiers rituels d’instruction sont bien antérieurs aux premières versions qui furent éditées à Londres autour de 1720. Le Register House Manuscript est daté de 1696. Ce rituel se compose de deux parties : une première avec questions réponses s’assurant de l’identité de l’autre par l’utilisation de mots secrets, une deuxième étant la cérémonie d’initiation.

Deux autres manuscrits, contemporains du Register House comme le Chetwode Crawley et le Kevan, semblent tous trois issus, par de nombreuses similitudes, d’un même original perdu. On ne connait pas non plus l’origine de leur histoire. On commença donc à utiliser des instructions écrites à la demande même de certaines Loges comme à Aberdeen en 1699. Deux autres manuscrits, le Sloane et le Dumfries n°4 sont postérieurs et donnent un peu plus de détails sur les cérémonies. Le Sloane est Ecossais mais montre une petite influence anglaise et le Dumfries n°4 augure déjà, début XVIIIème siècle, de ce que sera cérémonie et symbolisme plutôt que pratiques ancestrales.

Ce qui suit, représente les prémices, la base de ce que seront les rituels maçonniques ultérieurs. On y reconnaitra ce qui est vécu lors des cérémonies d’initiation.

Le candidat devait s’agenouiller ; il était menacé d’être exécuté, à grands renforts de peur et d’humiliation s’il révélait la moindre parcelle de ce qu’il verrait ou entendrait. Il prêtait serment de ne rien dévoiler, graver, décrire, tracer, dire à tout profane. Puis il était accompagné à l’extérieur où le dernier apprenti entré lui enseignait les mots et les signes. Il se présentait lors de son retour et faisait le signe pénal, c’est-à-dire montrait que l. g.e lui serait c.e. Puis le Mot circulait de l’un à l’autre et le Maitre de la Loge le donnait au nouvel apprenti entré. Cela faisait de lui un membre de la Loge.

S’il s’agissait de passer au rang de compagnon, la cérémonie se déroulait de la même façon, avec de nouveaux mots, de nouveaux signes et les éléments de peur et d’humiliation liés à l’initiation étaient absents.

Ces éléments liés à la peur, l’humiliation etc., toujours présents dans certains rites, sont inexistants au RSE. Il n’en est pas moins vrai que l’on retrouve cette manière de faire dans de nombreux rites d’initiation hors maçonnerie, quels que soient le lieu ou l’époque ancienne. Ces rites marquaient et marquent encore le passage d’un état à un autre.

Les thèmes de la mort et de la renaissance y étaient présents. La difficulté des épreuves soulignait l’importance du changement qui devait s’opérer sur l’impétrant et lui indiquait combien les nouveaux statuts étaient exclusifs. Ceux déjà initiés comprenaient combien ils étaient privilégiés d’appartenir au groupe et cette même initiation pour tous, permettaient de créer un solide lien entre eux. La peur et le ridicule avaient un effet important sur le plan émotionnel en augmentant la tension ressentie, ce qui avait pour effet d’ancrer ce rituel dans les esprits.

Je ne m’étalerai pas d’avantage sur les pratiques délirantes qui suivaient ces rituels d’initiation, ce que les gens de l’époque appelaient le brothering[10]. Ce brothering alla tellement loin en termes d’humiliation, de violence et de somme à payer que les autorités firent tout ce qu’elles pouvaient pour l’interdire. Ces pratiques durèrent néanmoins fort longtemps. Il y avait aussi deux poids deux mesures entre un jeune et futur apprenti et un gentleman qui demandait l’initiation. Le rituel n’était pas « aussi dur avec lui » eut égard à son rang, ce que nous rapporte la loge de Dumfries en 1712.

Il est plus évident qu’une sensibilité ésotérique se soit développée au 18ème siècle, mais les rituels des premières instructions sont imprégnés de symbolisme, en rapport en particulier, avec les outils. Pour les Anglais ces premiers rituels ne pouvaient pas être ceux de la franc-maçonnerie car trop simples, nus et insignifiants, les leurs (d’où venaient-ils ?)[11] étant plus « respectables et élaborés (sic dans Jones, Knoop) ». Mais il n’y a nul doute que l’influence écossaise fut très marquante, il n’y eut pas de génération spontanée. Pour preuve, on retrouve comme étant écossais :

  •        Les noms des degrés d’apprenti entré et compagnon du métier
  •       Le Mot de maçon
  •    Les méthodes secrètes d’identification avec l’instruction, les griffes, les mots
  •     Les mots secrets B..z, J..n .

Au cours de son histoire (1636-1751), le Mot de maçon ne resta pas tel quel : les loges qui le pratiquèrent y inclurent progressivement des éléments empruntés aux Anciens devoirs anglais (comme la référence aux arts libéraux et en particulier à la géométrie) ou encore des éléments étrangers à l’iconoclasme calviniste (comme la pratique plastique des tableaux de loge qui, esquissée dans le Dumfries n° 4 de 1710, apparaît finalement dans les années 1720). C’est ce rite du Mot de maçon que pratiquait la Grande Loge de Londres qui semble l’avoir reçu du pasteur écossais et calviniste James Anderson (qui semble l’avoir lui-même reçu de son père qui était membre de la loge d’Aberdeen qui le pratiquait depuis 1699). Après 1751 ce rite servit de souche à plusieurs autres rites maçonniques qui se répandirent dans le monde entier.

[1] Maitre des travaux du Roi Jacques VI d’Ecosse.

[2] Système antique perpétué à travers les âges et ayant pour but, la mémorisation de textes.

[3] Sous-titre probablement dû à une divulgation.

[4] L’apprenti entré et le Compagnon.

[5] 1er tableau de Loge connu et reconnu par les archéologues.

[6] La Rose Croix était très « en vogue » à l’époque et influença l’idée que l’on se faisait de la F.M. en y ajoutant du mysticisme et de la magie.

[7] Eglise écossaise née de la Réforme écossaise de 1560 par John Knox

[8] En particulier la Sola Scriptura : seuls les écrits bibliques font foi

[9] La ville de Kilwinning était calviniste presbytérienne.

[10] Sorte de « bizutage »

[11] Merci Mr Anderson (dont le père, écossais était membre de la Loge d’Aberdeen) et Mr Desaguliers. !!!

 

LE MANUSCRIT GRAHAM (1726)

En premier lieu, observez que tous nos signes sont faits par l’équerre quelle que soit la matière traitée, ainsi qu’il est dit au verset 9 du chapitre 6 du premier Livre des Rois.

Le salut se fait comme suit :

Question. – D’où venez-vous ?

Réponse. – Je viens d’une très respectable Loge de Maîtres1 et de Compagnons appartenant à Dieu et au très saint Jean, qui saluent tous les Frères véritables et parfaits de nos saints secrets. Ainsi ferai-je avec vous si je vous reconnais pour tels.

  1. – Je vous salue bien mon Frère et vous demande votre nom ?

La réponse est « J » et l’autre doit répondre que le sien est « B ».

Le tuilage se poursuit comme suit :

  1. – Comment saurai-je que vous êtres un Maçon libre ?
  2. – Par les mots, signes et attouchements de mon entrée.
  1. – Comment avez-vous été reçu en Maçon libre ?
  2. – Par une Loge juste et parfaite.
  1. – Qu’est-ce qu’une Loge juste et parfaite ?
  2. – Le centre d’un cœur sincère.
  1. – Mais combien de Maçons sont-ils appelés ainsi [libres] ?
  2. – N’importe quel nombre impair de 3 à 13.
  1. – Pourquoi faire tant d’embarras et pourquoi toujours des nombres impairs ?
  2. – Par référence à la Sainte Trinité, à l’avènement du Christ et à ses douze apôtres.
  1. – Quel fut le premier pas de votre entrée ?
  2. – Un fort désir de connaître les secrets de la Maçonnerie libre.
  1. – Pourquoi fut-elle appelée Maçonnerie libre2o?
  2. – Premièrement parce que c’est un don libre de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu’elle est libre de toute intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu’elle est une union libre des Frères de ce saint Secret qui doit durer à jamais.
  1. – Comment êtes-vous entré dans la Loge ?
  2. – Pauvre et sans le sou, aveugle et ignorant de nos secrets.
  1. – Pour quelle raison ?
  2. – En considération du fait que notre Sauveur devint pauvre pour notre rédemption, je suis devenu pauvre en cette circonstance pour [accéder à] la connaissance de Dieu, résumée dans l’équerre.
  1. – Qu’avez-vous vu dans la Loge quand vous avez regardé ?
  2. – J’ai vu la vérité, le monde, la justice et l’amour fraternel.
  1. – Où?
  2. – Devant moi.
  1. – Qu’y avait-il derrière vous ?
  2. – Le parjure et la haine de la Fraternité pour toujours, si je découvrais nos secrets sans les avoir obtenus d’une triple voix3 en étant entré, passé puis élevé et confirmé par trois Loges différentes, et sans m’être engagé à être fidèle à nos articles.
  1. – Comment se tenait votre Loge à votre entrée ?
  2. – A l’est, à l’ouest et au sud.
  1. – Pourquoi pas au nord, également ?
  2. – Eu égard au fait que nous habitons la partie nord du monde, nous n’enterrons pas les morts du côté nord de nos églises, de même nous ménageons un espace libre du côté nord de nos Loges.
  1. – Pourquoi d’est en ouest ?
  2. – Parce que les églises se dressent d’est en ouest avec leurs porches au sud.
  1. – Pourquoi les églises se dressent-elles d’est en ouest ?
  2. – Pour quatre raisons.
  1. – Quelles sont-elles ?
  2. – Premièrement parce que nos premiers parents furent installés à l’est en Eden. Deuxièmement parce que le vent d’est assécha la mer devant les enfants d’Israël ; ainsi le Temple du Seigneur dut-il être construit. Troisièmement parce que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest sur ceux qui habitent près de l’équateur. Quatrièmement parce que l’étoile apparut à l’est pour avertir à la fois les ber­gers et les rois mages que notre Sauveur s’était fait chair.
  1. – Qui vous a guidé dans la Loge ?
  2. – Le surveillant et le plus ancien Compagnon.
  1. – Pourquoi pas le plus jeune Compagnon ?
  2. – Par référence au fait que notre Sauveur exhorta les plus grands à servir à table ; ceci étant un exemple d’humilité que nous devons toujours suivre.
  1. – Dans quelle disposition avez-vous prêté votre serment ?
  2. – Je n’étais ni assis, ni debout, ni marchant, ni courant, ni à cheval, ni suspendu, ni volant, ni nu, ni vêtu, ni chaussé, ni pied-nu.
  1. – Pour quelle raison étiez-vous dans un tel état ?
  2. – En considération de ce qu’un Dieu et un homme composent le vrai Christ, de même un être sans ornements, mi-nu, mi-vêtu, mi-chaussé, mi pied-nu, mi-agenouillé, mi-debout, étant tout à demi, n’est rien complètement, ce qui indique un cœur humble et soumis pour être un fidèle disciple de ce juste Jésus.
  1. – Qu’avez-vous juré ?
  2. – D’abord de celer et de cacher nos secrets.
  1. – Sur quels autres engagements portait votre serment ?
  2. – Mon second était de me soumettre à Dieu et à toutes les équerres véritables exécutées ou adressées par un Frère. Mon troisième était de ne jamais voler de peur d’offenser Dieu et et de déshonorer l’é­querre. Mon quatrième était de ne jamais commettre d’adultère avec l’épouse d’un Frère, ni de dire à celui-ci de mensonge intentionnel. Mon cinquième était de ne pas désirer une injuste vengeance d’un Frère, mais de l’aimer et le secourir quand c’est en mon pouvoir, sans me causer trop de préjudice.
  1. – Je reconnais que vous êtes allé dans une Loge; je vous demande maintenant combien de Lumières appartiennent à une Loge ?
  2. – Je réponds douze.
  1. – Quelles sont-elles ?
  2. – Les trois premiers joyaux sont le Père, le Fils et le Saint Esprit ; puis viennent le soleil, la lune, le Maître Maçon, I ‘équerre, la règle, le plomb, le fil, le maillet et le ciseau.
  1. – Démontrez que tous ceux-ci sont complémentaires.
  2. – Pour ce qui est de la Sainte Trinité, elle donne la sagesse. En ce qui concerne le soleil, il procure la lumière du jour et de la nuit. Quant à la lune c’est un corps obscur issu de l’eau, qui reçoit sa lumière du soleil et est également reine des eaux qui constituent le meilleur des niveaux. En ce qui concerne le Maître Maçon, il enseigne le Métier et doit former une triple voix pour transmettre nos secrets, s’il est un homme éclairé, car nous croyons en un pouvoir supérieur.

Car bien que les 70 aient eu un grand pouvoir, les 11 avaient un pouvoir plus grand encore parce qu’ils avaient choisi Matthieu pour remplacer Judas. Pour ce qui est de l’équerre, de la règle, du plomb, du fil, du maillet et du ciseau, ce sont six outils sans lesquels un Maçon ne peut accomplir un bon travail.

  1. – Quelle interprétation peut-on tirer de ces 12 lumières ?
  2. – Nous en tirons l’interprétation selon laquelle ce sont les 12 patriarches et aussi les 12 bœufs, dont nous lisons au chapitre 7 du Premier Livre des Rois qu’ils portaient la mer d’airain et étaient le symbole des 12 disciples qui devaient être instruits par le Christ.
  1. – Je reconnais que vous êtes entré, je vous demande cependant si vous avez été élevé ?
  2. – Oui je l’ai été.
  1. – En quoi avez-vous été élevé ?
  2. – J’ai été élevé dans la connaissance de nos [secrets] originels, tant par la tradition que par l’écriture.
  1. – Quelles paroles de fondation prononcez-vous en commençant un édifice, là où vous supposez que quelque esprit infernal et destructeur pourrait hanter les lieux et ébranler l’ouvrage de vos mains ?
  2. – Ô, permettez-nous de faire et vous recevrez.
  1. – A qui parlez-vous ?
  2. – En prière à la Sainte Trinité.
  1. – Dans quelle posture prononcez-vous ces paroles ?
  2. – Agenouillé, tête nue, la face tournée vers l’est.
  1. – Et que voulez-vous dire par cette expression ?
  2. – Nous voulons dire que nous rejetons la suffisance et que nous sommes différents de ces Babyloniens qui prétendaient construire jusqu’au ciel ; mais nous prions la Sainte Trinité qu’elle nous permette de construire d’aplomb et d’équerre afin qu’elle reçoive la louange qui lui est due.
  1. – De quand datent ces paroles et pourquoi en avait-on besoin ?
  2. – La réponse est qu’au commencement, avant que l’Évangile ne se répande sur le monde, envahi d’esprits infernaux et destructeurs, les hommes ne pouvaient construire que grâce à la foi et la prière, faute de quoi leurs ouvrages étaient souvent renversés
  3. – Mais comment arriva-t-il que des ouvrages des Babyloniens pussent demeurer debout avant que la lumière de l’Évangile n’advienne ?
  4. – Je vous réponds cette fois en vous retournant votre question : parce que l’orgueil des Babyloniens, déjà mention­né, avait offensé Dieu, de sorte qu’en raison de leur faute les langues furent confondues afin que l’humanité ne refît plus jamais la même chose sans la permission divine, qui ne pouvait être obtenue que par la foi et la prière

Selon la Tradition ….

Selon la tradition et les Écritures, Sem Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé pour tenter d’y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu’au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. Ici, j’espère que chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l’arche avec Noé.

Ces trois hommes avaient déjà con­venu que s’ils ne trouvaient pas le véritable secret lui-même, la première chose qu’ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret. Ils n’avaient pas de doute, mais croyaient très fermement que Dieu pouvait et aussi voudrait révéler sa volonté, par la grâce de leur foi, de leur prière et de leur soumission ; de sorte que ce qu’ils découvriraient se montrerait aussi efficace pour eux que s’ils avaient reçu le secret, dès le commencement, de Dieu en personne.

Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n’est un cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu’au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre-pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s’écrièrent :

« Aide-nous, Ô Père ! ». Comme s’ils avaient dit : « Ô Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas ».

Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L’un d’eux dit alors : « Il y a encore de la moelle dans cet os »,

Et le second dit : « Mais c’est un os sec » ;

Et le troisième dit : « Il pue ».

Ils s’accordèrent alors pour donner à cela un nom, qui est encore connu, de nos jours, de la Maçonnerie libre. Puis ils allèrent à leurs affaires et par la suite leurs ouvrages se révélèrent durables. Cepen­dant, il faut supposer et aussi comprendre que la vertu ne provenait pas de ce qu’ils avaient trouvé ou du nom qui lui avait été donné, mais de la foi et de la prière.

Ainsi allèrent les choses, la volonté soutenant l’action.

Pendant le règne du roi Alboyne [Alboin] naquit Bazalliell [Bet­saléel]­5, qui fut appelé ainsi par Dieu avant même d’être conçu. Et ce saint hom­me sut par inspiration que les titres secrets et les attributs principiels de Dieu étaient protecteurs, et il bâtit en s’appuyant dessus, de sorte qu’aucun esprit infernal et destructeur n’osa prétendre renverser l’œuvre de ses mains. Aussi ses ouvrages devinrent si célèbres, que les deux plus jeunes frères du roi Alboin, déjà nommé, voulurent être instruits par lui de sa noble manière de construire.

Il y consentit à la condition qu’ils ne la révèlerait pas sans que quelqu’un fût avec eux pour composer une triple voix02. Ainsi ils s’engagèrent par serment et il leur enseigna les parties théoriques et pratique de la Maçonnerie ; et ils travaillèrent ensemble.

Alors les salaires des maçons augmentèrent dans ce royaume et il y eut des maçons parmi les rois et les princes. Cependant, Betsaléel, à l’approche de la mort, voulut être enterré dans la vallée de Josaphat et qu’il y fût gravé une épitaphe selon son mérite.

Ceci fut accompli par ces deux princes et il fut gravé ce qui suit :

« Ci-gît la fleur de la Maçonnerie, supérieure à beaucoup d’au­tres, compagnon d’un roi et frère de deux princes.

« Ci-gît le cœur qui sut garder tous les secrets ; ci-gît la langue qui ne les a jamais révélés ».

Alors, après sa mort les habitants de ce pays crurent que les secrets de la Maçonnerie étaient complètement perdus parce qu’on n’en entendait plus parler, puisque personne ne con­naissait plus ces secrets, à part ces deux princes, qui s’étaient engagés par leur serment à ne pas les révéler sans quelqu’un d’autre pour former une triple voix.

Mais il faut croire et aussi comprendre qu’un secret aussi saint ne pourra jamais être perdu tant qu’il restera un bon serviteur de Dieu en vie sur la terre ; car tout bon serviteur de Dieu possédait et possédera toujours une grande part de ce saint secret, bien qu’il ne le connaisse pas lui-même ni ne sache comment en faire usage. Il se produisit dans le monde de cette épo­que ce qui advint à l’Église samaritaine à propos du Christ : les gens cherchaient ce qu’ils avaient déjà, mais dans leur profonde ignorance ils ne pouvaient s’en rendre compte.

Tout continua ainsi dans les ténèbres de l’ignorance, en tout pendant quatre cent quatre-vingts ans après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte, jusqu’à la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, quand Salomon commença à construire la Maison du Seigneur ; que son père David aurait dû construire, mais qu’il ne lui avait pas été donné de mener à bien, car ses mains avaient été souillées sur cha­que face par des guerres sanglantes.

Voici tout ce qui se rapporte au règne du roi Salomon, son fils, qui commença à construire la Maison du Seigneur : j’espère que tout le monde tiendra pour assuré qu’aucune des choses nécessaires pour mener à bonne fin cette sainte construction ne fut refusée à ce sage roi. Chacun doit l’admettre, sinon nous devrions accuser Dieu d’injustice, ce qu’aucun faible mortel n’oserait faire, et ce dont sa divine Bonté ne saurait d’ailleurs être coupable.

Cela dit, nous lisons au Premier Livre des Rois, chapitre 7, verset 13, que Salomon envoya chercher Hiram à Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Naphtale [Nephthali] et son père était un Tyrien qui travaillait le bronze. Hiram était rempli de sagesse et d’habileté pour faire toutes sortes d’ouvrages de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et lui con­sacra tout son travail. L’explication de ces versets est la suivante : le mot « habileté» signifie « ingéniosité », car lorsque la sagesse et l’intelligence se trouvent réunies chez une même personne, il ne lui manque rien.

Ainsi, par le présent passage de l’Écriture, on doit convenir que ce fils de veuve, dont le nom était Hiram, avait reçu une inspiration divine, tout comme le sage roi Salomon ou encore le saint Betsaléel. Or, il est rapporté par la Tradition que lors de cette construction, il y aurait eut une querelle entre les ouvriers et les Maçons au sujet des salaires ; et pour calmer tout le monde et arranger les choses, le sage roi aurait dit :

« Que chacun de vous soit satisfait, car vous serez tous payés de la même façon ».

Cependant, il donna aux Maçons un signe que les ouvriers ne con­naissaient pas ; et celui qui pouvait faire ce signe à l’endroit où étaient versés les salaires, était payé comme les Ma­çons; les ouvriers, ne le connaissant pas, étaient payés comme aupa­ravant. Même s’il en fut ainsi, nous devons juger avec beaucoup d’indulgence les paroles du sage roi Salomon, car il doit être compris et aussi tenu pour vrai que le sage roi voulait rétribuer chacun selon ses mérites.

Cependant le chapitre 6, verset 7, du Premier Livre des Rois m’en apprend bien davantage, lorsqu’il y est dit que la Maison, pen­dant qu’elle était en chantier, fut construite avec des pierres préparées avant d’être apportées sur place ; de sorte que l’on n’entendit ni marteau, ni laie, ni hache ni aucun outil de fer dans la Maison pendant sa construction.

On peut en conclure que tous les éléments étaient ajustés à l’a­vance, mais pas encore assemblés pour qu’ils puissent être transportés sans [faux] mouvement. Et toutes choses ayant été passées en revue, des limites du ciel à la surface de la terre, rien ne put être trouvé de plus convenable alors que l’équerre pour être leur signe, indiquant comment agir les uns envers les autres.

Ainsi le travail continua et progressa et il ne pouvait guère aller de travers, puisqu’ils travaillaient pour un si bon Maître, et avaient l’homme le plus sage de la terre comme Surveillant. C’est pourquoi, avec tant de talents dus au mérite, mais bien plus encore par grâce, la Maçonnerie obtint un nom et un nouveau commandement.

Le nom signifie « Force », sa réponse est « Beauté» et le commandement « Amour ». Pour en avoir la preuve, lisez les chapitres 6 et 7 du Premier Livre des Rois ; vous y trouverez les merveilleux travaux d’Hiram [réalisés] lors de la construction de la Maison du Seigneur.

Quand tout fut terminé, les secrets de la Maçonnerie libre furent mis en bon ordre, comme ils le sont de nos jours et le seront jusqu’à la fin du monde, pour ceux qui les comprennent vraiment ; en trois parties, par référence à la Sainte Trinité qui fit toutes choses, puis en treize subdivisions rappelant le Christ et ses douze apôtres, qui sont comme suit : un mot pour un théologien [saint Jean], six pour le clergé et six pour le Com­pagnon du métier ; puis, en plein et total accord avec cela, suivent les cinq points des Compagnons maçons qui sont : pied contre-pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos.

Ces cinq points font référence aux cinq principaux signes qui sont: la tête, le pied, le corps, la main et le cœur ; et aussi aux cinq points d’architecture ; et encore aux cinq ordres de la Maçonnerie. Ils tirent leur force de cinq origines, une divine et quatre temporelles, qui sont les suivantes : premièrement le Christ, le chef et la pierre d’angle, deuxièmement Pierre appelé Cephas, troisièmement Moïse qui grava les commandements, quatriè­me­ment Betsaléel le meilleur des maçons, cinquièmement Hiram qui était rempli de sagesse et d’intelligence.

Ces cinq points tirent leur force de cinq origines, une divine et quatre temporelles, qui sont les suivantes: premièrement le Christ, la tête et la pierre d’angle, deuxièmement Pierre appelé Cephas, troisièmement Moïse qui grava les com­mandements, quatrièmement Betsaléel le meilleur des maçons, cinquièmement Hiram qui était rempli de sagesse et d’intelligence.

Votre premier est…Votre second est…

Thomas Graham étant Maître de la Loge, Enquam Ebo. Jacob de Kilwinning son suppléant

Le 24 octobre 1726, à tous ceux de notre Fraternité qui veulent s’instruire par ce texte.

NOTES

1 – Le Maçon qui arrive dans la Loge vient d’une très respectable Loge constituée de Maîtres (au pluriel, il ne s’agit donc pas d’un Maître de Loge) et de Compagnons.

2 – Maçonnerie libre ou Franc-Maçonnerie ? La réponse explicite clairement la conception anglaise de la Maçonnerie libre, qui ne se rattache pas à l’usage de la pierre « franche » ou aux « francs-métiers ».

3 – Triple voix (trible voice) – Voix de trois personnes différentes, ou trois personnes dans une même voix.

4 – Première manifestation de la recherche d’un secret perdu, préfigurant celle du mythe d’Hiram.

5 – Betsaléel – Personnage de l’Ancien Testament, ayant aidé Moïse. Son nom signifieo: Serviteur de Dieu.

6 – Le texte ne précise pas à quoi correspond cette énumération.

7 – Enquam Ebo – Corruption probable de « Inquam Ego » pouvant signifier Je suis. Thomas Graham serait Maître de la Loge.

Mithra, un culte venu d’Iran

Le mithraïsme et le christianisme ont porté et portent encore le même courant d’idées.

La mythologie hindoue donne au soleil le nom de mithra (mitra).. En Perse Mithra était un des anges et principaux lieutenants d’Ahura Mazdao. Dans les védas il est le dieu du jour, une divinité de la lumière céleste et dans l’Avesta c’est un dieu guerrier, l’auxiliaire très puissant d’ Ormuzd. C’est quand l’empire Perse s’est effondré que le culte de Mithra a envahie le monde méditerranéen, de L’Iran à la GRANDE BRETAGNE. Le soleil a toujours fait l’objet d’un culte, chez les Incas, en Égypte, en Afrique, en Europe, sur l’Ile de Pâques, en Polynésie, en Grèce, en inde Védique.

Le « mythe » christique de la naissance de Jésus et celui de Mithra sont similaires à bien d’autres traditions divers rites initiatiques à travers toute la planète et leur ressemblance montrent clairement que le culte de Mithra peut être considéré comme une préfiguration de celui de Jésus-Christ et relatent les étapes du « Grand-Œuvre Alchimique »:

  • -la description des temples,
  • -les dates des célébrations (25 décembre, équinoxes et solstices, etc…),
  • -les êtres qui sont là pour l’accueillir, les bergers.
  • -l’omniprésence du ternaire,
  • -la hiérarchie,
  • -les correspondances avec l’alchimie car Mithra est représenté de façon générale sous les traits d’un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien et revêtu d’une tunique rouge. Cette tunique rouge est la représentation de la pierre philosophale.
  1. -le sens du devoir et de la loyauté,
  2. -le symbolisme des nombres et des éléments,
  3. -les phases des initiations sont, on peut le dire, similaires.

L’Eglise chrétienne à presque tout emprunté au Mithraïsme tel le baptême ou le port de la tiare perse. Dans les quelques textes mithraïques découverts, nous constatons que même les mots utilisés font écho à ceux du christianisme.

Le culte de Mithra est extrêmement ancien. Ce dieu était honoré à la fois aux Indes et en Perse.

On ne sait pas exactement si on doit le considérer comme un dieu de la branche Moyenne des indo-européens qui aurait été déjà célébré avant que cette branche se scinde en Iraniens et Indous, ou s’il s’agit d’un dieu des populations habitant les Indes et la Perse avant l’arrivée des indo-européens,

Ces 2 êtres « divins » veillent particulièrement à ce que soient respectés la parole donnée, le serment, les contrats. La plus ancienne mention concernant Mithra provient d’Asie Mineure, de Cappadoce. C’est une inscription hittite qui parait dater du XVième siècle avant notre ère. Son culte était donc déjà fort répandu à cette époque.

Ce dieu ne joue qu’un rôle assez secondaire dans les Védas et l’Avesta ancien. C’est en Perse que son culte s’est tout d’abord développé, c’est ensuite par l’Asie Mineure et la Mer Noire qu’il à atteint le monde méditerranéen.

Par le passé

En Perse dite achaménide (539-331) la religion officielle (d’état) était sans doute ma connue mais nous savons qu’y régnait le zoroastrisme avec l’existence d’un dieu appelé AHURA MAZDA ou Seigneur- Sagesse. Elle présentait des liens avec le mazdéisme et Zoroastrisme des Perses ultérieurs. Cette religion qui a subi des influences Elamites, présentait des liens avec le Mazdéisme-Zoroastrisme des Perses ultérieurs, mais on discute encore pour savoir si on peut employer ces noms pour la religion des Perses de l’époque achéménide.

A Suse ou Shushan (ancienne cité de la civilisation élamite) devenue  la capitale de l’Empire perse achéménide au Vme siècle av JC et située dans le sud de l’Iran actuel à environ 150 km du Tigre (à l’Est du fleuve). Aujourd’hui c’est un simple champ de ruines où il existe encore une inscription conservée de l’époque d’ARTASERXES II (404-358 av. J.-C.) et sur laquelle est représenté Mithra aux côtés d’Ahuramazda et de la déesse Anahita.

On ne sait toujours pas s’il existe un lien entre le Mithra persan et celui du culte aux mystères de l’Empire romain, ce qui est certain c’est que les légionnaires romains qui étaient présents aux frontières orientales de leur Empire, ont introduit le mithraïsme dans le haut empire Romain. Les éléments  matériels du culte de Mithra, inscriptions réalisées par des soldats romains, de la garnison de Carnuntum, allés en Orient dans le cadre des campagnes contre les Parthes et des émeutes de Jérusalem, datent approximativement de l’an 71 de notre ère.  À la fin du IIme siècle de notre ère, le mithraïsme a été largement diffusé dans l’armée romaine, les marchands et même les esclaves.L’ensemble des empereurs du IIIme siècle étaient  des protecteurs du mithraïsme car la pratique de ce culte Mithraïque a enrichi le symbole de leur autorité au travers de toutes les classes sociales. Un grand nombre de mithræa ont été découverts dans les garnisons des frontières de l’Empire et la plus grande concentration de mithræa se trouve à Rome  et à Ostie.

Une nouvelle religion du SOL INVICTUS ou « soleil invaincu a été  officialisée dans l’Empire Romain en 274  par l’empereur AURELIEN qui édifia à Rome un  temple dédié à la nouvelle divinité, et crée un corps de clergé d’État pour assurer le culte.

Ceci n’effaça pas totalement le mithraïsme qui continua à exister comme culte non officiel car de nombreux sénateurs pratiquaient en même temps mithraïsme et religion du Sol Invictus. Cette période marqua la chute du mithraïsme et en mêm temps le christianisme, fortement  appuyé par CONSTANTIN, gagnait des adeptes auprès des partisans du mithraïsme, les femmes ayant le droit de ratiquer ce culte nouveau à l’inverse du mithraïsme qui les excluées.

Le christianisme a supplanté le mithraïsme lors du IVe siècle qui est devenu la religion officielle de l’Empire avec THEODOSE (379-394).Sous le règne de JULIEN (361-363) et d’EUGENE (392-394), il y eut des tentatives de restauration du culte de Mithra, mais sans succès. Le mithraïsme  sera interdit en 391 et sa pratique devenue clandestine ne se maintiendra que quelques années en survivant dans des régions des Alpes et dans les régions orientales de l’Empire Romain où se trouvaient ses origines.

Une religion fondée par Zarathoustra (le zoroastrisme vers 558 av J-C à 651 ap J-C) qui décida très jeune de devenir prêtre ou zoatar, s’opposa à l’antique culte iranien de Mithra, caractérisé par le sacrifice du taureau et signa la fin du culte dans sa propre son propre état d’origine.

L’initiation en 7 degrés

D’après sa légende, il serait né d’une pierre dont il se serait dégagé, la tête coiffée d’un bonnet phrygien. Aussitôt après sa naissance, il rencontre un taureau sauvage. Le jeune dieu  le dompte et l’entraîne dans la caverne qu’il a creusée en se dégageant du rocher. Il reçoit alors du soleil l’ordre d’immoler la bête.

Après avoir d’abord résisté à cet ordre il s’y soumet à contre cœur et plonge son glaive dans le cou de taureau. Du sang répandu naissent le blé et toutes les plantes utiles à la vie.  Conformément à son caractère de dieu solaire, Mithra est, en effet, un dieu fécondant.

Sa parèdre, ou son double féminin (à la fois sa mère et son épouse) est Anahita, la Terre Mère, matrice universelle de laquelle tout naît et à laquelle tout retourne. Anahita sera assimilée à Cybèlle en Asie Mineure et à Déméter en Grèce. Mithra doit donc détruire pour pouvoir créer à nouveau.

La mort donnée par ce dieu doit être la source d’une vie  plus haute et meilleure, tout comme le blé est né du sang du taureau immolé par Mithra. Le taureau symbolise la vie animale dont le myste doit s’affranchir pour s’élever, dans la pureté vers la vie céleste. Les rites célébrés au cours des rites de Mithra comprenaient 7 grades ou initiations successives. Chacun de ces grades ne s’obtenait qu’après des épreuves longues et pénibles, comportant des jeûnes prolongés et de véritables tortures qui amenaient parfois la mort.

Les femmes étaient exclues des mystères et le rite essentiel procurant la maîtrise était l’immolation du taureau dont Je sang coulait sur lie néophyte.

Les initiés participaient à un banquet mystique dont les éléments essen­tiels étaient le pain et le vin, préalablement consacrés par un prêtre.

Les pains étaient marqués d’une Croix. Le vin ne donnait pas seulement la vigueur du corps, mais aussi la sagesse, de l’esprit en conférant au myste une immortalité glorieuse.

Les mentions indiquées démontrent que Mithra peut être considéré comme une préfiguration du Christ des chrétiens.

L’ésotérisme du culte

Les 7 grades du culte correspondent aux 7 planètes de l’astronomie de l’époque (lune, mercure, vénus, soleil, jupiter, saturne),  et les différents passages devaient s’accompagner  de  quelques données métaphysiques plus ou moins ésotériques.

  1. Le premier, le Corbeau (corax), dont le rôle était celui de messager et dont l’emblême était le caducée d’Hermès.  C’est ce Corbeau qui amène le Pain à Paul, Le Pain et l’Eau sont les deux éléments de la Cène Mithraïque, comme le Pain et le Vin dans le Christianisme.  Le culte de Mithra se faisait primitivement dans des Cavernes (puis par la suite dans des Cryptes). (Au sujet de la symbolique de la Caverne  pécisons que Zoroastre est le premier qui consacra en l’honneur de Mithra un antre naturel arrosé par les sources, couvert de fleurs et de feuillages.  Cet antre représentait la forme du Monde créé par Mithra..S’inspirant de ces croyances, les Pythagoriciens et, après eux, Platon, appelaient le Monde un antre et une Caverne.  En effet, chez Empédocle, les forces qui conduisent les Ames disent:  » Nous sommes venues sous cet antre couvert d’un toit ».)
  2.  Le Second grade était celui de Nymphus (cryphius), l’épousé du dieu, son emblême était le voile nuptial ou Manteau et ses attributs attributs le diadème et la lampe de Vénus.
  3. Le Troisième grade était le Soldat (Miles).  La prière de Saint Antoine appelle Paul Soldat du Seigneur. Attributs: la couronne et l’épée.
  4. Le Quatrième grade était le Lion.  De même que le Corbeau est venu apporter la nourriture à Paul, les Lions viennent l’ensevelir.  Les attributs étaient la pelle pour porter le feu, le sistre, le foudre de Jupiter.
  5. Le cinquième grade ou le Perse (persan) avait pour attributs l’épée courbe,  le  croissant de lune,  l’étoile ;
  6. Le sixième ou l’Héliodrome ou encore l’héliodromus (messager ou émissaire du Soleil), avait pour attributs  la torche, le fouet guidant l’attelage du char solaire et la couronne solaire.
  7. Le septième ou grade supérieur est justement Père ou pater, avec comme attributs : le bonnet phrygien, la faucille, le bâton de commandement et l’anneau.La scène centrale que l’on retrouve dans tous les mithraea est celle où Mithra combat et tue le taureau « sacré ». Dans cette scène, après être monté sur le dos de l’animal et avoir reçu l’ordre du Soleil, Mithra pénètre dans une grotte et tue le taureau. Au moment du sacrifice, Mithra détourne son regard du taureau pour le diriger vers le Soleil. De la queue et du sang du taureau naissent des épis de blé, symbolisant la « nouvelle vie » issue de la mort. La chair de l’animal tué est ensuite consommée par Mithra et le Soleil lors d’un banquet rituel. 

    le grand barattage du monde
    le barattage du monde

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FERT GAUDIA CORDI et la bourrache médicinale

Heap of fresh blue borage flowers for decoration at white background

LA BOURRACHE

La bourrache apparaît comme un motif à la fois original, d’une spécificité extrême et trop rare pour qu’aucun symbolisme puissant et prégnant n’ait pu se cristalliser autour de lui. En effet, cette plante médicinale relativement comme de la pharmacopée traditionnelle ne quitta pas la sphère thérapeutique. Les mots qui l’accompagnent, FERT GAUDIA CORDI, soulignent une de ses principales propriétés médicinales. Les médecins utilisaient cette plante comme agent purifiant de l’organisme contre des maladies très variées, parmi lesquelles la mélancolie, mais qui correspondaient toutes, dans la pensée ancienne, à un même état d’impureté. Cette évocation de la bile noire, ou melencholia, pourrait d’ailleurs expliquer la présence du tronc d’arbre creux, attribut reconnu de Dame Mélancolie Les auteurs du remarquable Saturne ou la Mélancolie, Panofsky et Saxl, en citaient la description par Cesare Ripa :

« Une vieille femme, triste & affligée, vêtue de méchantes hardes, et dépourvue du moindre ornement, sera assise sur une pierre, les coudes posés sur les genoux, & les deux mains sous le menton ; à côté d’elle il y aura un arbre sans feuilles et alentour des pierres »

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le Tarot de Marsile

Tout a été dit sur le Tarot et n’importe quoi également. Nous allons examiner plus attentivement cet atout connu sous le nom du bateleur. Il est saisissant de constater que ces cartes avaient à l’origine une vocation pédagogique, celle d’illustrer la philosophie de Marsile Ficin, traducteur des œuvres de Platon pour le compte de Côme de Médicis.

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Les maitres de sagesse, Gurdjieff et la voie de l’Itlaq

Les Sarmouns

Certains de ses proches élèves, fascinés par la formidable personnalité du maître, dont la stature humaine finit par éclipser pour eux le message, crurent bon, après sa mort, de continuer à transmettre son enseignement — sans le transmetteur —, fondant l’instruction prodiguée aux nouveaux élèves « sur ce que Gurdjieff a fait et dit, et non sur ce qu’il savait », comme le souligne dans les Maîtres de Gurdjieff un de ses anciens condisciples [R. Lefort : les Maîtres de Gurdjieff (le Courrier du Livre, 1978), p. 104]. Quiconque veut se familiariser avec la pensée de Gurdjieff peut lire Récits de Belzébuth à son petit-fils, Rencontres avec des hommes remarquables, et le livre d’Ouspensky, Fragments d’un enseignement inconnu. Bien vite une conclusion s’impose. Gurdjieff n’a pas puisé dans les livres ou fabriqué son système à partir des éléments qu’il avait pu rassembler au cours de ses voyages. Il n’est pas non plus un penseur, un philosophe inspiré à la façon, par exemple, de Rudolf Steiner. Les sources qu’il indiqua lui-même à Ouspensky sont pour la plupart, à l’exception du mont Athos, inconnues. C’est bien d’un enseignement inconnu qu’il s’agit. Ce n’est ni de l’hindouisme, ni du bouddhisme, ni du christianisme au sens ordinaire du terme.

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L’étendard de Juda

« Tu es semblable à. un dieu et tu fus engendré en vue de transformations plus nombreuses que celles des dieux et avec une forme créée plus parfaite. » « Sors, avance-toi maintenant et contemple les choses qui sont tiennes dans le lieu de ta résidence éternelle. » (Paroles adressées au défunt. Livre des

Livre des Morts égyptien, chap. CLXX, 15.)

« Je suis les limites du Tuat… Je cours et m’avance à grands pas en ma forme spirituelle faite de qualités cachées, et mes transformations sont celles d’Horus-Seth, le dieu au double visage. »

(Paroles du défunt. Livre des Morts égyptien, chap. CLXXX, 30.)

Le signe d’EAu du Scorpion introduit un nouvel aspect de la naissance, la mort-renaissance. Le Cancer préside à la formation de l’entité en voie d’évolution, laquelle s’individualise dans le Lion, s’éveille à l’intelligence dans la Vierge et au sentiment-intuition dans la Balance. Ces quatre signes couvrent la phase proprement humaine de la manifestation, à laquelle succède la phase transformatrice du Scorpion qui oriente l’homme vers l’état de surhomme’.

Du plan principiel de la vie participant inconsciemment à l’Universel, l’entité est descendue au plan de l’individu où elle a pris conscience du moi et du non moi, conscience à laquelle succède un sentiment d’opposition entre ces deux facteurs. Elle a éprouvé la différence entre la Matière et l’Esprit du conflit des opposés est né la certitude d’une liberté de choix relative, puis le désir de plus de liberté. Dans le Scorpion, l’homme va passer par l’épreuve initiatique qui le rapprochera du monde des Principes, le libérera du conflit des opposés et (dans les hymnes des rois persans découvertes dans le temple de l’oasis d’El-Khargeh il est dit, du dieu solaire principe de toute vie, qu’il est « l’ami du Scorpion au cours de son évolution ») il engendrera la conscience du moi universel. Il a traversé les étapes de la vie manifestée dans la matière dense. Il va main­tenant connaître la vie plus intense et plus complète sur un plan de conscience plus proche de la Réalité ultime, dont l’accès passe par l’expérience dite de la mort.

Le Scorpion est la clef du drame de l’incarnation, du cycle vie-mort-vie, du mystère de la Mort-Résurrection que voilent et dévoilent tous les Livrés des Morts, en particulier celui des Égyptiens qui devrait être plutôt nommé le Livre de la résur­rection et de la Vie Éternelle. D’ailleurs, d’après son traduc­teur anglais, A. E. Wallis Budge, son titre REU NU PERT EM HRU veut dire « Chapters of Coming Forth by Day », c’est-à-dire : Chapitres (traitant) de l’Émergence au Jour ou à la Lumière.

Le Scorpion est le huitième signe, celui de la huitième mai­son, celle de la mort, ou de la transformation majeure. C’est le signe d’Osiris, d’abord Maître des vivants, qui par l’épreuve de la mort devient le Maître de l’Hadès. et renaît au Jour sous la figure d’Horus. Râ (Principe)-Osiris-Horus forment la Tri­nité Une et Éternelle de la manifestation de la VIE. Le Scor­pion symbolise la transmutation s’opérant entre ses trois aspects : la Lumière vivante naissant des ténèbres, illumi­nant l’Univers, disparaissant au sein de la Vie non manifes­tée pour renaître et recommencer son périple à travers les deux horizons de la Mort-Vie. C’est le rythme de toute la Création et en particulier celui de l’être humain. Car le scribe Ani, de même que les autres défunts « triomphants », dont la mort-résurrection est le sujet des textes hiéroglyphiques grou­pés sous le nom de Livre des Morts, est le Fils incarné du Principe, c’est-à-dire l’homme destiné à devenir le dieu.

LE SYMBOLISME DU ZODIAQUE DES JUIFS

Dans l’Ancien, de même que dans le Nouveau Testament, l’épithète de « scorpions » est donnée aux Juifs qui ont failli à leur mission divine, puis à ceux qui plus tard ont renié le Christ. D’autre part, au Moyen Age, le scorpion était devenu l’emblème par lequel on désignait les Juifs. La raison de cette association doit être cherchée dans le rapport psychologique qui existe entre ce peuple et le caractère de l’énergie scorpioni-que. Nous tenterons de le démontrer en esquissant dans ses grandes lignes l’histoire du peuple juif.

Le P. A. Kircher, dans son OEdipus Ægyytiacus, reproduit l’image du Campement des Hébreux, image qui est destinée à prouver les correspondances qui existent entre les douze tri­bus d’Israël et les douze signes du Zodiaque (fig. 9, p. 370).

Le « Campement des Hébreux » (The Camp of the Hebrews) est une illustration du chapitre II du Livre des Nombres. Au-milieu est représenté le plan du Tabernacle.

Le TABERNACLE, ou tente, « était un sanctuaire portatif des Israélites, construit au pied du mont Sinaï sur les indications de Moïse… « Qu’ils me fassent un sanctuaire, ordonna la divinité à celui-ci, afin que je réside au milieu d’eux. (Exode, XXV, 8). Il contenait l’Arche sainte et Moïse s’y entretenait avec Dieu qui y descendait sous la forme d’une nuée. Certains his­toriens pensent que le tabernacle, copie du Temple de Salo­mon, fut imaginé par les théologiens durant la période histo­rique, donc bien plus tard que le temps où il est censé déjà exister. Quoi qu’il en soit, son symbolisme demeure.

Devant le tabernacle du « Campement des Hébreux » sont placés les quatre éléments portant respectivement les noms bibliques de GERSONITAE (Terre), CATIPHAE (Air) MERARITAE, MOYSEE et AARON (feu), (Nombres, chap.III).

Les trois premiers sont les fils de Lévi dont la tribu sacerdotale était distinguée par le privilège de camper autour du Tabernacle et d’en assurer la garde et le service.

Alentour sont placés les sept astres planétaires, tandis que sur le pourtour du quadrilatère zodiacal sont rangés les éten­dards des douze Tribus d’Israël portant le nom de chacune, ainsi que le signe du Zodiaque lui correspondant, selon la des­cription du campement d’Israël qui fait l’objet du chapitre u du Livre des Nombres.

  1. Tribu de Gad au BÉLIER
  2. Tribu d’Ephraïm au TAUREAU
  3. Tribu de Benjamin aux GÉMEAUX
  4. Tribu de Manasseh au .SAGITTAIRE
  5. Tribu de Dan au SCORPION
  6. Tribu d’Asher à la Balance
  7. Tribu d’Issachar au CANCER
  8. Tribu de Zabulon au CAPRICORNE
  9. Tribu de Naphtali à la VIERGE
  10. Tribu de Juda au LION
  11. Tribu de Ruben au VERSEAU
  12. Tribu de Siméon aux POISSON

Ces correspondances entre les signes zodiacaux et les douze « Tribus » indiquent d’une manière générale qu’il existe un rapport étroit entre la signification du Zodiaque et les textes bibliques et fournissent en particulier une clef d’interpréta­tion du chapitre XLIX de la Genèse et du chapitre XXXIII du Deutéronome. D’autre part, elles prouvent une fois de plus qu’il est impossible de comprendre le monument des destinées humaines qu’est la Bible si l’on veut y voir uniquement un récit historique.

Les douze tribus d’Israël, de l’existence desquelles il est par ailleurs impossible de retrouver pour toutes des preuves his­toriques, symbolisent évidemment le caractère des douze signes zodiacaux et la manifestation dans l’humanité des énergies créatrices primordiales. Les passages bibliques qui font allu­sion à ces tribus confirment le caractère de ces énergies, tel qu’il résulte de la science astrologique. D’autre part, le caractère du chaque tribu est également en harmonie avec le sym­bolisme mythologique des constellations d’étoiles fixes dont les signes portent les noms et avec lesquelles ils coïncidaient à une certaine époque astronomique. Le caractère des tribus con­corde aussi avec le sens des lettres hébraïques, de même qu’avec celui des images du Tarot, dont les correspondances avec les constellations sont données dans l’ouvrage de Vivian A. Rob-son : The fixed stars and constellations in astrology.

Si l’on prend comme exemple le Scorpion, emblème de la tribu de DAN, voici ce que dit le verset 17 du XLIXe chapitre de la Genèse :

GENÈSE :     Dan sera un serpent sur le chemin, Une vipère sur le sentier, Mordant les talons du cheval. Pour que le cavalier tombe à la renverse.

Constellation du Scorpion : Cette constellation occupe l’espace entre le 23e degré du Scorpion et le 26e du Sagittaire. Elle est nommée d’après le scorpion qui réussit à tuer le géant Orion qui s’était vanté de détruire n’im­porte quel animal terrestre.

Constellation du serpent : Cette constellation qui occupe l’espace entre le 13e degré du Scorpion et le 15e du Capricorne correspond au mythe du Serpent. Esculape ayant tué un serpent, un autre serpent en présence du médecin ressuscita le premier en plaçant une certaine plante sur sa tête. Esculape put alors, à l’aide de la même plante, rappeler à la vie Glaucus fils de Minos.

TAROT : La constellation du Scorpion correspond à la 16e carte du Tarot « la Tour foudroyée », et à la lettre hébraïque AIN, qui selon F’. d’Olivet, signifie VIDE, NÉANT, FAUSSETÉ, PERVERSITÉ.

La relation de tous ces éléments entre eux, ainsi qu’avec les caractères qui découlent de l’étude du signe du Scorpion, est évidente : serpent, poison, enfer, vide, mort, résurrection…

L’étude des correspondances entre le Zodiaque et la Bible jette une grande lumière sur l’histoire occulte d’Israël et de Juda.

ISRAËL, selon certains traducteurs, veut dire « Dieu triom­phe ». C’est le triomphe d’EL ou Principe suprême se manifes­tant dans la Création. Israël serait ainsi la manifestation par­faite de la Divinité dans l’humanité ; c’est le peuple « élu », dont la mission est de répandre la connaissance de Dieu, jus­qu’aux confins de la terre. Israël est le nom sacré des Hébreux.

Ce dernier nom vient d’ « Hibris c’est-à-dire «gens de l’au-delà », de l’au-delà de l’Euphrate, ajoute l’auteur de cette défi­nition. Cette appellation était destinée à établir que les Israé­lites ne sont pas originaires de Chanaani.

Mais il paraît plutôt qu’ici « Au-delà » a le sens de « Plan causal ». D’ailleurs, même si l’on admet qu’il s’agit d’une dési­gnation géographique, le sens reste le même, puisque Euphrate, ou « PHARET » veut dire « splendeur », « flux de lumière »2 Les HÉBREUX sont ceux qui, originaires du pays de l’Au-delà, de la Lumière, doivent ici-bas réaliser Israël, c’est-à-dire le triom­phe du Divin sur Terre. L’histoire et la destinée ultime d’Israël sont le prototype de celles de l’Humanité entière, et, comme l’indique le «campement des Hébreux », cette destinée s’accom­plit par l’action des douze « tribus » ou énergies primordiales œuvrant en l’humanité et dont la synthèse est l’Homme par­venu à l’état de perfection.

La correspondance des tribus d’Israël avec les signes du Zodiaque attribue à Juda le signe du Lion. Drummond figure ce signe avec ses décans, et ses paranatellons tels qu’ils étaient représentés, dit-il, par les Juifs, les Égyptiens, les Perses et d’autres astronomes orientaux. Les paranatellons d’un signe étaient les constellations qui se levaient à l’horizon ou au méridien en conjonction avec, ou en opposi­tion à ce signe. Les astronomes orientaux attachaient une grande importance en astrologie aux décans des signes, ainsi qu’à leurs paranatellons. Selon eux, la signification de ces élé­ments éclairait et complétait celle du signe. Il est donc intéres­sant d’examiner le Lion de Juda sous ce rapport. La figure zodiacale de Drummond représentant «l’Étendard de Juda », contient, outre les figures des trois décans du Lion, celles de ses paranatellons, c’est-à-dire celles des constellations du Scor­pion, du Capricorne et du Verseau, ainsi que les noms des constellations de Céphée, de Pégase et d’Equiculus.

Sous la figure de l’Étendard de Juda est reproduite une partie du texte du XLIXe chapitre de la Genèse qui s’applique à cette tribu, et que voici :

  • Juda, tu recevras les hommages de tes frères ;
  • Ta main sera sur la nuque de tes ennemis.
  • Les fils de ton père se prosterneront devant toi
  •  Juda est un jeune lion.
  • Tu reviens du carnage, mon fils !
  • Il ploie les genoux, il se couche comme un lion,
  • Comme une lionne ; qui le verra lever ?
  •  Le sceptre ne s’éloignera point de Juda,
  • Ni le bâton souverain d’entre ses pieds,
  • Jusqu’à ce que vienne le Schilo,
  • Et que les peuples lui obéissent.
  • Il attache à la vigne son âne,
  • Et au meilleur cep le petit de son ânesse,
  • Il lave dans le vin son vêtement,
  • Et dans le sang des raisins son manteau.
  • Il a les yeux rouges de vin,
  • Et les dents blanches de lait.

Ce texte  fait allusion à l’image symbolique du premier décan du Lion déjà commentée au chapitre de ce signe : l’âne qui, en mythologie, représente le sexe, s’approchant d’un buis­son de vigne dont le fruit enivre. Au-dessus de l’âne se voient le cavalier tenant par la bride un cheval (nature animale) qu’il est en train de dominer, et, plus haut, le roi ou héros por­tant’ e sceptre à trois pointes de l’illumination du Verseau, (roi que l’on retrouve dans ce dernier signe sous le nom de Céphée).. Ces figures sont placées au zénith de l’Étendard de Juda: Au-dessus de celle du roi se trouvent trois petits lions portant les chiffres 1, 2, 3, symbolisant évidemment les trois phases de l’évolution  humaine dans ce signe’ et surmontés d’un lion unique beaucoup plus gros.

Le verset 10  indique que la suprématie de Juda ou d l’éner­gie Lion durera jusqu’a ce que vienne le Schilo. Or, Schilo est, selon Robson, un autre nom d’Antarès, qui  était l’une des quatre étoiles royales de Perse vers l’an 3000 avant l’ère chrétienne. Elle était appelée aussi le « coeur du Scorpion » et est située dans la constellation de ce nom. NIHILO, selon Drummond (OEdipus Judaicus) est appelé SHULEH par les astro­nomes orientaux. Dans l’ « Étendard de Juda », ce nom est inscrit en travers de l’image du Scorpion ; SCHULEH n’est autre que le SCHEOL ou Hadès des Hébreux. La parabole du Lion et de Schilo fait allusion à l’enfer qui attend ceux qui se com­plaisent dans la suprématie du « jeune Lion » (nuance Mars), associé au carnage.

On peut rapprocher de SCHULEH et de SCHEOL le nom de SILOÉ qui apparaît dans le Nouveau Testament. Jésus, pour rendre la vue à un aveugle ayant oint ses yeux.de boue et de salive, lui ordonne ensuite d’aller se laver « au réservoir de », après quoi l’aveugle recouvre la Vue (Jean, IX, 6 à 12). Cet épisode fait allusion au pouvoir régénérateur de l’Eau du Scorpion, celle du Schéol. On sait que ce reptile porte le poison qui tue son adversaire et lui-même, mais qui a également le pouvoir de guérir.

L’emblème du Scorpion est, nous l’avons vu, celui de la tribu de Dan, et, parmi les villes qui, au dix-neuvième chapi­tre de Josué, sont attribuées à cette tribu se trouvent celles dont les noms, selon la traduction de Drummond, signifient : « dispono me in sepulcrum », « guêpe ou frelon », « ténèbres », « caractère repoussant 4, « pomme d’Ève », « fontaine des jar­dins » ou « eau du soleil », « altitude », « équinoxe », « enclos », «portes ou grilles », « bouclier ». Le verset 10 prédit donc déjà à Juda, et avec lui à toute l’humanité, l’enfer scorpionique régénérateur, par lequel ils devront passer pour atteindre la réalisation ultime du Verseau, troisième constellation en rapport avec l’Étendard de Juda.

Les figures symboliques de cette dernière constellation, placées à cheval sur la limite des signes du Capricorne et du Verseau, indiquent ainsi le rapport d’inséparabilité de ces deux signes. Dans le Verseau se trouve la figure du roi Céphée, tenant le sceptre aux trois pointes, au-dessus duquel se voient la tête, et le poitrail d’un cheval ailé, ainsi que de la tête d’un autre cheval nommés respectivement Pégase et Equiculus. Un commentaire détaillé de ces symboles sera donné au cha­pitre du Verseau, mais il est d’ores et déjà évident que Céphée est l’homme accompli, l’homme du Verseau : RUBEN, dont le texte biblique dit :

  • Ruben, toi, mon premier né,
  • Ma force et les prémices de ma vigueur,
  • Supérieur en dignité et supérieur en puissance,
  • Impétueux comme les eaux,…

Au treizième chapitre de Josué, les territoires attribués en partage à Ruben sont bornés, selon la traduction de Drummond, par des fleuves symbolisant les constellations d’Eridanus et d’Aquarius. Selon Robson, ces constellations correspondent à la lettre hébraïque NOUN laquelle, selon F. d’Olivet, signifie « un fils », « être produit ou réfléchi », « extension individuelle ». Sont en outre attribuées à Ruben les villes suivantes : «la maison du Seigneur de la Lune «  toutes choses qui se rapportent à l’illumination du « Fils » du Verseau.

L’Étendard de Juda indique donc les trois dernières étapes  réalisatrices de l’évolution des Juifs en IS-RA-ÈL, c’est-à-dire en rapport avec la manifestation parfaite de la Divinité en l’humanité. C’est pourquoi on peut considérer que l’histoire des Juifs est typique de celle du développement de l’être humain.

Voyons maintenant ce que révèle le symbolisme du Temple dont le Tabernacle, qui est placé au centre du Zodiaque du « Campement des Hébreux » est une réplique simplifiée.

Le Zohar dit à ce propos

« Tout le monde est divisé en deux parties dont l’une est visible et l’autre invisible. Ce qui est visible n’est que le reflet de ce qui est invisible…

Jérusalem est située au centre de la terre habitée. La ville, à son tour, entoure la montagne sainte, celle-ci, le compartiment des pèlerins, qui entoure le siège du Sandhérin, qui entoure le Temple,, qui entoure le Saint des saints, où réside la Schékhina (immanence divine) et où se trouvent le Propitiatoire, les Khéroubim, et l’Arche de l’Alliance. C’est ici que se trouve le coeur du monde qui alimente tous les membres. »

De même que la Jérusalem céleste, la Jérusalem terrestre avait douze portes. Dans le Temple, _le bassin d’airain placé en avant du Sanctuaire, servant à la purification, était sup­porté par douze taureaux d’airain. Les proportions du Tem­ple étaient basées sur le nombre 12 et ses divisions exactes. Jérusalem est donc assimilable au Zodiaque et à ses douze éner­gies créatrices et le Temple en est le coeur, le Centre d’où elles émanent, correspondant au « Point » des doctrines védiques. Ce Temple était l’image de l’Univers, celle du Monde d’en Haut et de son reflet, le monde d’en bas ; l’image aussi de l’être humain avec ses différentes enveloppes ou plans de conscience.

Drummond (op. cit., pp. 134 et s.) qui s’appuie sur des auteurs anciens, tels que Josèphe, Clément d’Alexandrie, Philon le Juif, croit que le Temple dans tous ses détails était un symbole du système de l’Univers dont Moise initié à la sagesse des Égyptiens avait une connaissance exacte. Le monu­ment sacré contenait d’ailleurs de nombreux symboles astro­nomiques, tels que par exemple les curieuses représentations mécaniques des mouvements des corps célestes, placées au sommet des piliers qui avaient nom Jachin et Boaz.

en réédition pour avril 2026

Dame Clémence et les arts floraux

Sept bourgeois de Toulouse désignés comme les Sept Troubadours convoquent tous les poètes qui voudraient lire leurs œuvres en langue occitane. La rencontre devient un véritable concours littéraire dont les instigateurs Bernard de Panassac, Béranger de Saint-Blancat, Guihlem de Gontaud, Bernard d’Oth, Guilhem de l’Obra et Pierre Mejanassera désignent comme lauréat  le poète Arnaud Vidal de Castelnaudary .Celui-ci reçoit  le premier prix, la violette d’or,  et le titre de docteur en la gaie science, pour un poème à la Sainte Vierge.

En 1323, sous  Charles le Bel, les Sept troubadours avaient créé le Consistoire du GAY SAVOIR (Gay Saber), la plus ancienne Académie d’Europe qui s’attribuait  pour mission de récompenser par l’attribution de fleurs les plus belles poésies en langue d’OC…  La plus haute distinction était la violette d’or réservée aux poèmes dédiés à la Vierge, Dame Clémence. La première violette fut délivrée en 1324. Le concours perdurant Charles IV  très impressionné par le niveau des concurrents encouragea les sept créateurs à développer l’institution. Le concours prit le nom de jeu de l’Amour et d’autres fleurs furent crées à côté de la violette pour récompenser d’autres genres de poésie. La violette d’argent célébrait le genre noble. En 1345 s’y ajouta l’églantine pour des sujets plus variés et le souci d’argent (en latin calendula) pour la poésie légère.

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Les amis de Dieu – Insula Viridis

Les amis de Dieu

INSULA VIRIDIS voudrait être le lieu d’une communauté vivante, à laquelle chacun adhère librement et indépendamment de son appartenance religieuse ou de ses engagements dans le monde. Elle ne saurait être une société secrète ni même une sorte de cercle d’initiés : elle s’apparente plutôt, par sa liberté d’esprit, aux sessions d’Eranos, qui furent pendant plus de cinquante ans un temps d’échanges privilégiés entre chercheurs, animé par le spécialiste de l’Iran spirituel Henry Corbin.

Le savoir concernant l’« héritage culturel mondial » de la mystique et de l’ésotérisme est devenu accessible aujourd’hui même aux non-spécialistes, et ceci dans une mesure incomparable à tout ce qui a été possible antérieurement. La recherche sur les aspects communs et les différences est une tâche centrale de notre temps. Une telle recherche dépasse les possibilités du dialogue interreligieux. Ce dernier peut mettre à jour des principes éthiques communs et, par là, jouer un rôle œcuménique. Sans l’inclusion de la mystique et de l’ésotérisme, il reste cependant aveugle face à la réalité des sources de révélation et de leurs convergences.

Les figures de l’Ami de Dieu de l’Oberland et du poète allemand Novalis ont été perçues comme références communes par les deux initiateurs de ce projet, en vue justement de ce projet, sans pour autant écarter, loin de là, d’autres figures-guides qui sont importants pour eux ou pour d’autres.
En l’Ami de Dieu se fait jour la métamorphose de l’initiation chrétienne médiévale en une voie d’intériorité libre possédant des vertus communautaires. En Novalis, une initiation qui se résume dans la formule lapidaire « Christ et Sophie » s’individualise à un degré jusque là inconnu. Ses intuitions, léguées dans ses fragments et ses œuvres poétiques, sont autant de germes d’une science initiatique en devenir.

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Science et hermétisme