Amfortas le roi Méhaigné

Amfortas se nomme t-il ainsi parce qu’il souffre d’un « infirmitas » où parce qu’il est une « âme forte »?

Au Moyen-Âge un homme blessé ou mutilé était dit « mahaigné » ou qu’il avait été « mahané » voire « maganié », s’il s’agissait d’une œuvre de sorcellerie comme « nouer l’aiguillette » (maga est le nom latin de la sorcière par opposition à magus, le mage. Amfortas est devenu le « Roi pêcheur »: comme il ne se déplace qu’avec grand peine, il reste dans sa barque…

Le rideau s’ouvre sur une clairière dans le domaine du Graal. Le Saint Graal est ce vase sacré dans lequel le Sauveur but lors de la Cène et contenant son Sang répandu sur la Croix où il fut recueilli par des anges, puis confié par eux à la garde d’un pieux héros, Titurel, afin qu’il soit vénéré par des moines courageux et chastes comme lui, à qui il donne la force surnaturelle en se multipliant par la transformation du pain et du vin dans la communion de défendre et de porter la foi dans le monde. En même temps que le Saint Graal lui fut également confiée une autre relique précieuse : la lance qui perça le flanc divin.

Mais un nommé Klingsor qui aspirait à l’honneur (sans en avoir la vocation) d’appartenir à cette sainte confrérie et qui ne parvenait pas à remplir la nécessaire condition de chasteté, se mutila lui-même pour y arriver et fut, pour cette raison, rejeté par Titurel. Afin de se venger et de s’approprier par la force le Saint Graal et la lance qu’il n’avait pu obtenir par la vertu, il entreprit de perdre, en les attirant eux aussi dans son propre péché, tous les moines-chevaliers, ainsi que leur chef, Amfortas qui avait succédé à Titurel affaibli par le poids des années. Il construisit à cet effet non loin du château du Graal un jardin magnifique peuplé de femmes séduisantes, dans lequel, les uns après les autres, une grande partie des gardiens du Graal se firent attirer puis ensorceler par elles dans les ivresses de la luxure. Tant et si bien qu’un beau jour, leur chef Amfortas, n’en pouvant plus de voir sa communauté disparaître ainsi peu à peu, décida de partir lui-même armé de la sainte lance pour le jardin magique dans le but d’en finir avec ce Klingsor que son père Titurel avait autrefois rejeté avec dégoût. Mais ce Klingsor était beaucoup plus fort qu’il ne l’avait envisagé. Sa chasteté forcée lui donnait pour accomplir le mal autant de puissance qu’une chasteté librement assumée en donnait aux autres religieux pour faire le bien. Il était parvenu à se rendre maître, grâce à cette force, d’une femme extraordinairement séduisante, sorte de réincarnation d’Hérodias et de Marie-Madeleine, aspirant elle-même à la délivrance de ses fautes et attendant cette grâce d’un être qui, enfin, saurait résister à ses charmes.

Kundry

Cette femme, nommée Kundry dans sa vie actuelle et qui, autrefois dans une vie antérieure, avait croisé sur son chemin le Christ montant au Calvaire chargé de sa croix et qui avait ri de Lui et porté douloureusement le souvenir du regard qu’il lui avait adressé alors, fut placée par Klingsor dans le jardin magique dans le but de séduire Amfortas et de s’emparer de la lance, première étape dans la conquête du Graal. Cette femme, géniale personnification de l’éternel féminin à la fois Eve et Marie, ne cesse de passer d’un camp à l’autre en quête de cet amour absolu qu’elle avait entrevu autrefois dans le regard du Christ. Chez Klingsor, elle séduit les chevaliers ; dans le domaine du Graal, d’autre part, elle les sert pour expier et réparer le mal qu’elle leur cause au service de l’ennemi. Donc, Amfortas, le présomptueux, armé de la lance sacrée, n’eut pas plus tôt rencontré l’ensorcelante Kundry qu’il succomba à son tour; son ennemi s’empara de la lance, il lui infligea au flanc une blessure inguérissable avec laquelle il regagna à grand peine le domaine du Graal. Là, malgré tous les baumes et les onguents, il ne parvint jamais à se remettre de son mal et il ne cessait d’implorer le Ciel pour sa guérison. Le plus terrible pour lui venait du fait qu’étant grand prêtre du Graal, lui seul pouvait officier et découvrir la sainte relique, source de vie et de force pour toute la communauté, et que cette monstrance sublime lui infligeait du fait de sa faute des tortures atroces, faisant saigner sa blessure plus que jamais et anéantissant ses dernières forces. Un jour cependant qu’il suppliait le Ciel en proie au désespoir le plus total, il entendit une voix céleste qui lui adressa cette promesse mystérieuse : « La pitié instruit le pur, l’innocent; sache attendre celui que j’ai choisi. ».

Schloss Neuschwanstein, Sängersaa Parzival vom Burgwächter verhöhnt’, ‘Parzival von Frauen bedient’ und ‘Parzivals Traum’

Pensant que cette délivrance annoncée n’était autre que la mort, il se résigna à l’attendre en priant qu’elle ne tarde pas trop. C’est alors qu’un beau jour fit irruption dans la forêt du Graal un jeune chasseur à moitié sauvage dont les chevaliers s’emparèrent au moment où il venait de tuer un cygne d’une flèche en plein cœur. Violemment réprimandé pour cet acte cruel sur une bête innocente dont on lui fait remarquer le dernier et douloureux regard, il est saisi de remords et brise son arc. On l’interroge sur sa provenance, son nom, son but -il ne sait rien. A tout hasard, songeant à la promesse qui mentionnait un pur fol innocent, le prieur des moines, nommé Gurnemanz, décide de l’emmener dans le temple du Graal afin de lui faire assister à l’office saint présidé par Amfortas. Le jeune chasseur, planté dans un coin de l’église, contemple donc le grand-prêtre agonisant de douleur devant le Saint Graal qui répand sa bénédiction ineffable sur toute l’assemblée; il assiste à la consécration du pain et du vin, puis à la communion à laquelle, malgré l’invitation qui lui est faite, il ne participe pas. Il demeure perdu dans sa contemplation, tandis que le temple se vide peu à peu et finalement il se voit expulsé sans ménagement par un Gurnemanz convaincu de s’être trompé d’avoir attendu quoi que ce soit de bon d’un pareil individu. Mais peu de temps après, curieusement, nous retrouvons notre jeune écervelé se frayant péniblement un chemin en plein milieu d’un parterre de jeunes filles séduisantes et folâtres qui tentent sans grand succès de l’attirer dans leurs bras.

Nous nous rendons compte qu’au sortir du Graal, le jeune garçon est venu se perdre dans le jardin maléfique de Klingsor. Croyant naïvement dans son innocence que ces filles cherchent à jouer, il batifole quelque peu avec elles mais s’en lasse vite et s’apprête à poursuivre son chemin lorsqu’une voix d’une irrésistible beauté s’adresse à lui en disant : « Parsifal ! » A quoi le jeune garçon étonné répond: « Est-ce moi que tu as appelé, moi qui n’ai pas de nom? » Kundry, car c’est elle bien sûr, Kundry, la carte maîtresse de Klingsor qui sait, lui, que Parsifal est bien le rédempteur annoncé par la prophétie et qui veut en finir le plus vite possible avec lui ; Kundry qui cherche désespérément à se libérer de sa propre malédiction d’avoir ri autrefois du Sauveur souffrant et qui croit qu’elle ne pourra le faire qu’en se faisant aimer totalement d’un être pur et innocent comme l’était le Sauveur dont le souvenir l’obsède, entreprend de séduire ce Parsifal simple et transparent qui l’attire irrésistiblement. Elle déploie pour l’émouvoir l’arsenal complet de la psychologie féminine éternelle allant jusqu’à évoquer le tendre souvenir de sa mère qui mourut de douleur lorsqu’il la quitta brutalement autrefois pour parcourir le monde à la recherche d’un idéal plus rêvé qu’entrevu. Enfin, jugeant le jouvenceau à sa merci, elle l’embrasse sur les lèvres avec un mélange de tendresse et de passion que seule la musique de Wagner au mieux de son inspiration est capable de décrire. C’est alors qu’au moment où toute l’assistance au bord extrême du vertige s’apprête à sombrer délicieusement après Amfortas et avec Parsifal dans les abîmes de la chute fatale autant qu’inéluctable, c’est alors donc que se produit soudain avec la force d’un coup de tonnerre le plus grand coup de théâtre de toute l’histoire de l’art, lyrique ou non : Parsifal rejette brutalement la séductrice, se redresse et se précipite loin d’elle en criant de toutes ses forces : « Amfortas – la blessure !- la blessure ! -elle brûle dans mon cœur- oh, plainte, plainte, terrible plainte, j’ai vu saigner la plaie. Voilà qu’elle saigne en moi maintenant ! ».

Extraordinaire divination inspirée par la grâce, unie à la pureté. Comme le dit Wagner mieux que quiconque dans une lettre à Louis II qui lui demandait le sens de cette réaction inattendue : « Le baiser qui fait succomber Amfortas au péché éveille en Parsifal qui lui est innocent la conscience de la faute commise par le malheureux dont il n’a auparavant ressenti que confusément la plainte désolée. La cause du péché d’Amfortas lui apparaît en toute clarté à travers son propre sentiment de la compassion. C’est avec la rapidité de l’éclair qu’il reconnaît le poison. Ainsi le savoir de Parsifal est plus grand que celui de toute la chevalerie de Graal qui a toujours pensé qu’Amfortas ne souffrait que de la blessure infligée par la lance. ».

Devant Kundry stupéfaite, Parsifal poursuit : « J’entends la plainte du Sauveur, hélas, pleurant la profanation de la sainte relique. Sauve-moi, enlève-moi de mains impies ! Ainsi résonnait dans mon âme, terrible, puissante, la plainte divine (…) Ce regard, je le reconnais bien, ainsi ton bras a enlacé son cou et tendrement ta joue l’a caressé. Un baiser de ta bouche lui a ravi le salut de son âme. Ah, ce baiser ! Corruptrice, loin de moi ! A jamais, à jamais loin de moi ! ».

A quoi Kundry répond : « Si tu es rédempteur, quel pouvoir méchant t’interdit de t’unir à moi pour mon salut (…) Une heure seulement m’unir à toi, qu’en toi je sois absoute et sauvée! » Parsifal : « Le baume qui guérit ta peine vient d’autre source que ton mal. ». C’est alors que, folle de rage, Kundry fait appel à Klingsor et à sa lance, mais en vain, car le mécanisme qui avait si bien fonctionné pour Amfortas pécheur, à savoir : péché = blessure = perte de la lance du Graal, se retourne contre son auteur avec un innocent où vertu = guérison = récupération de l’arme sainte. L’épieu sacré lancé par Klingsor s’arrête au-dessus de Parsifal. Celui-ci le saisit et trace avec lui dans les airs un vaste signe de croix qui fait aussitôt disparaître en fumée le jardin enchanté, le château et Klingsor lui-même. Parsifal porteur de la lance se retire adressant à Kundry ces simples mots : « Tu sais où tu pourras me retrouver. ».

C’est, en effet, le jour du Vendredi saint, dans la clairière du domaine du Graal où Parsifal est retourné après bien des errances, qu’elle le retrouve enfin en compagnie du vieux Gurnemanz qui lui raconte la détresse totale de la communauté du Graal depuis qu’Amfortas, à bout de souffrances, ne peut plus célébrer le saint mystère qui autrefois leur dispensait la force d’accomplir leur tâche. Ayant reconnu avec un transport de joie la sainte lance perdue autrefois, il réalise que celui qu’il avait chassé jadis d’une manière aussi irréfléchie venait de tout sauver et d’accomplir la mystérieuse prophétie. Kundry, à genoux aux pieds de Parsifal, lui lave les pieds et les essuie de ses cheveux, telle Marie-Madeleine autrefois avec le Christ.

Elle ne prononce plus qu’une seule parole à deux reprises pendant toute cette dernière partie de l’œuvre : « Servir, servir. ». Puis Parsifal réclame aussi de Gurnemanz la purification de son âme et celui-ci le baptise ; enfin, avec l’huile sainte, il le consacre roi du Graal. Parsifal, à son tour, baptise Kundry et la baise doucement sur le front. C’est alors que s’épanche de toute part une musique céleste en cette radieuse matinée du Vendredi saint qui visualise, si l’on peut dire, par des sons, l’effet miraculeux de la grâce rédemptrice sur toute la nature qui se met à reverdir et à fleurir avec une ineffable innocence. Enfin tous trois se rendent dans le temple du Graal, tandis que les moines-chevaliers tentent une dernière fois de persuader avec colère leur pauvre roi déchu d’accomplir son office qui les régénère en le torturant. Parsifal, portant la lance, se dirige vers Amfortas qui a déchiré sa tunique découvrant sa blessure sanglante pour tenter d’apitoyer ses frères ; il la touche légèrement avec la pointe qui autrefois la provoqua et l’affreuse bouche de douleur se referme tandis qu’Amfortas tombe à ses pieds, le visage illuminé de reconnaissance. Parsifal monte à l’autel, découvre le Graal qui rougeoie en répandant sur toute l’assemblée une lumière qui n’est plus de ce monde. L’impression sur les spectateurs de cette dernière scène est celle d’une communion universelle de tous les hommes dans l’amour rédempteur du Christ.

à paraitre en septembre 2026 (1ère quinzaine)

 

 

Rabelais et l’oracle de Thélème

Essai de mythologie gallicque

Bacbuc

En nous renvoyant à « Trinch », à ce mot « Panomphée », c’est à-dire qui appartient en propre au Babélien, Bacbuc la prêtresse de la Dive Bouteille dans l’œuvre de François Rabelais, un mot dérivé de l’hébreu signifiant « bouteille » nous oriente, à l’instant où les voyageurs vont rebrousser chemin, dans la bonne direction, celle de l’autre porte des âmes.

Lire la suite Rabelais et l’oracle de Thélème

Lotus de Païni et la chair du monde

« Je vais donc raconter la Pierre et sa profonde métamorphose en VOLONTÉ dans le cœur des hommes. La pierre est le grand culte totémique du « quartenaire » qui nous montre dans l’homme la puissante éclosion de la VOLONTÉ et du MOI. C’est le règne de l’Intuition.

Le culte de la Pierre nous montre comment, dans le laps de temps très considérable qui s’espace de la grande glaciation à l’ère nouvelle, s’est parachevée dans l’homme la grande édification occulte de son « Individualité ». A l’ère nouvelle, l’homme est vraiment l’homme de la terre, dans la véritable acception du mot l’Homme : l’homme solide avec une conscience de veille, avec le sens des réalités extérieures. »

Lire la suite Lotus de Païni et la chair du monde

La Vierge royale et l’architecture solaire de la pensée Humaine, Lotus de Païni

« Il me paraît essentiel de concevoir l’univers des choses dans leur parfaite solidarité, et sentir l’âme couler à travers toutes ces choses vivantes. » (Lotus de Païni)

Lotus pose devant le Goethanum en tenue de travail et indique à son interlocuteur avec sa spatule le Goethanum qui était alors en construction : vers 1914. Elle était en charge des énormes fresques de la coupole. « L’Initié de l’Inde ancienne ».

Lire la suite La Vierge royale et l’architecture solaire de la pensée Humaine, Lotus de Païni

La 2ème totémisation ou le mystère du penser avec Lotus de Païni

De 70 à 36 avant notre ère environ régna Antiochos Ier, le plus célèbre des rois de la Commagène. Il s’efforça de rester neutre dans le conflit qui opposait Romains et Parthes.

 

L’INITIÉ

Pendant les périodes végétales, l’homme est soumis à une discipline morale très spéciale totalement différente de l’ancien entrainement psychique de l’Animal. Pendant que la totémisation Animale régit les hommes par la loi génitale sexuelle, la communauté du clan et le conseil des anciens, le code végétal astreint les hommes aux lois de la chasteté, au matriarcat, à la royauté et à une pédagogie agraire d’un caractère très religieux.

Le Totémisme végétalisant est une discipline ésotérique d’une extrême dureté elle plie avec une main de fer les hommes des terres Atlantéennes qui avaient dans leur sang le lourd héritage Lémurien et la décadence des derniers siècles, résultant d’un excès de culture sexuelle génitale.

La chasteté commande donc tout le lent processus occulte des cristallisations intérieures du Penser : la virginité, continence, épuration, transfert du mal, confession, etc… Les forces sexuelles que le rite animal avait déplacées et poussées physiologiquement vers la tête en exacerbant le sens génital, ces forces sexuelles sont maintenant reprises et dirigées psychiquement vers le cerveau, c’est-à-dire que le processus magique devient purement mystique .

Dans le principe de chasteté qui domine tout le Mystère de la Plante, l’Homme a une place extrêmement importante. dans cette deuxième totémisation, l’Homme est inféodé à la Femme. En effet, mais, de cette inféodation il ne s’ensuit pas que dans l’obscure formation du Penser le rôle de l’homme soit moindre Son rôle a été, quant à sa valeur intérieure, égal à celui de la Femme à qui il était mystiquement uni. Dans la volonté de la magie imitative cette union incarnait la double individualité de la Plante, c’était le grand couple royal divin, et l’initié y avait une part considérable.

L’Homme dans la formation du Penser, dans la lente montée de la sève humaine vers le cerveau, joue un rôle grave, un rôle infiniment douloureux, qui est une passion. Alors que la Femme vierge consacre à tout jamais les forces occultes de ses entrailles à l’arborescence du Penser et à la conscience profonde où l’être humain se reflète, l’Homme, lui est féminisé, il donne sa virilité aux forces mentales.

La magie imitative du rite de la Plante Émascula, châtra celui qu’elle voulait initier, supprimant en lui les possibilités de la vie génitale. Elle le rejeta violemment dans une vie intérieure où tout s’ordonne dans la contemplation spirituelle. Elle voulait, par cette intervention physiologique, ramener l’Homme en dedans de lui-même. Son geste avait pour fin de rouvrir l’œil intérieur de l’âme que le rite génésique animal avait trop brusquement voilé. En effet, sous la pression brutale de la suppression, cet œil s’éveilla de nouveau, mais alors il éclaira dans l’homme soumis à l’initiation un autre monde, il éclaira le monde occulte de sa sensorialité naissante.

L’homme Atlantéen n’était plus celui des temps primordiaux, alors que rien n’était touché dans l’unité de l’âme, dans l’en-dedans de l’être. Depuis, les portes des sens humains s’étaient ouvertes…, il n’était plus celui de l’Alcheringa…, le Rêve avait pâli…, l’expérience de la Terre était entrée insidieusement en lui et avait brisé la pure synthèse d’antan… Ce que cet homme VIT alors, ce fut l’ombre du germe intellectuel des phénomènes physiques ; il VIT ces phénomènes épars, isolés les uns des autres devant lui… C’était donc le déchirement de tout son être…, une angoisse indicible, mortelle…

En effet, sous l’action combinée des rites, des tabous et des disciplines physiologiques et spirituelles, la grande synthèse cosmique de son âme, que la longue évolution Lémurienne n’avait que peu touchée, cette grande synthèse fut mise en pièces. Cette unité fut broyée par l’impitoyable rythme de centration qui l’encerclait, se resserrait toujours davantage. Châtré, l’initié mourait à la vie génitale pour renaître à la vie du Penser analytique qui devait fouiller et lentement lacérer, déchiqueter en petits morceaux toute la substance de son âme…, renfermer dans le temps et l’espace ce qui n’a ni temps ni espace, -donner une forme à ce qui est illimité -, mettre de l’ombre à ce qui n’est que lumière donner du relief, de la solidité à ce qui est l’impalpable. Le Penser devait limiter, raccourcir, taillader dans l’âme de l’initié, où tout glissait l’un en l’autre, sans choc, comme les vagues inlassables d’un immense océan sans fond…, où rien ne faisait obstacle, où tout se confondait dans un grand rythme neutre. Le Penser devait arracher de son sein l’eau, le feu, l’orage, l’éclair, la pluie, la terre, les arbres, la fleur, le brin d’herbe, la mer, les profondeurs…, ceux-ci ne devaient plus être en lui, lui ne devait plus être en eux ! Le Penser devait déchirer son royaume cosmique, l’effriter, l’assombrir, l’alourdir pour l’ordonner: c’était une mort.

Son âme était indiciblement lacérée, son être coupé en morceaux…

L’initié Atlante ne devait plus faire corps avec la nature, il devait l’arracher d’elle et transporter dans un cadre limité,  » dans l’espace et le temps  », les lambeaux du grand frémissement universel. C’était une seconde mort. Tout le contenu psychologique vécu de notre philosophie du moi et du non-moi est là, dans ce drame végétal de l’Atlantide.La grande légende d’Osiris sous sa forme mythique courte, ramassée, est l’histoire de cette tragédie intérieure du Penser humain Le plus ancien manuscrit égyptien, le Livre des Morts, dit  » Osiris est le premier mon  » Phrase mystérieuse qui ne peut se comprendre si on ne pense à ce que fit le mystère douloureux de la Plante dans l’âme humaine…, le déchirement de la plénitude…, la mort de son entité cosmique…

Osiris fut le héros assez fort, assez maître de lui, pour affronter le premier la douloureuse mutilation : mourir à la vie génitale, au désir sensuel, et vivre le tragique morcellement de l’âme. Son corps est démembré en quatorze morceaux…, Il est la grande victime, le taureau du sacrifice, dit le vieux texte (le taureau, occultement l’Animal mystique de la force génitale).

La légende d’Osiris est extrêmement lointaine. Déjà on la trouve inscrite sur les pyramides de Saqqarah les Égyptiens, colons Atlantéens, avaient emporté jusqu’au bord du Nil leur vieux Mystère de la Plante. Voici les grandes lignes de cette légende que nous rapporte Plutarque, légende si simple et si profonde, si nous y recherchons le sens ésotérique de la formation du Penser… « Seth retrouve le corps d’Osiris, cette fois le coupe en quatorze morceaux, qu’il jette dans le Nil… Isis, désespérée, parcourt la terre à la recherche de son époux, en retrouve les morceaux à l’exception du phallus qui a été mangé par l’oxyrhynque. Elle réunit ces morceaux, leur redonne vie (par sa magie) et fait un simulacre de bois du phallus, place le corps de son époux dans un cercueil et, sous la forme d’un vautour voletant autour du corps, elle se féconde et conçoit Horus… Du cercueil d’Osiris pousse un grand arbre, l’Erica ». Tout est là, morcellement, mutilation, formation Isiaque du Penser  dans la réunion des morceaux, puis gestation et enfantement virginal d’Horus, la Conscience profonde.

Osiris, Isis, Horus, sont les grandes figures humaines du Mystère Végétal, les puissances de sa vie intérieure, les premières formes imaginatives du Penser éclairé par le mystérieux Soleil de Minuit !

Dans le cœur du peuple Égyptien, Osiris demeura le héros divin. Toute l’Égypte rituelle et sociale est centrée autour de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, objet du grand Mystère joué chaque année dans le secret du Temple. Osiris est la profonde douleur du peuple, niais aussi l’ineffable lumière qui éclaire les troubles de l’âme de tout un peuple, dans l’angoisse de l’après-mort, son Homme-Dieu, le plus haut des aboutissements.

Osiris domina de sa tragédie tout le vieux monde, acquérant des proportions cosmiques… N’avait-il pas ouvert le monde redoutable de la pensée immortelle ?… Son drame de mort et de résurrection devint celui de toutes les races humaines ; chaque peuple, depuis lors, revécut ce drame dans le tréfonds de l’âme, à chaque équinoxe sacrée du printemps, quand la sève aithérique sort en bouillonnant de la jeune végétation et que le Mana ruisselle, propice à la métamorphose intérieure. Le cycle de Pâque végétale est la survivance de l’étape la plus audacieuse des rites de la Plante que l’être humain ait traversée.

« La solennelle figure d’Osiris, dit Frazer qui domine de sa solitaire grandeur tout le monde des Dieux Égyptiens, se montre comme une pyramide encore éclairée par les derniers rayons du couchant, alors que tout est déjà dans l’ombre. Dans la foi des Egyptiens, la mort cruelle et la résurrection bénie d’Osiris occupèrent la même place que la mort et la résurrection du Christ dans la foi du chrétien ».

Notre sombre Golgotha est l’épilogue de la longue lignée des tragédies mystiques. Alors, l’âme entière est prise dans l’étau de la matière terrestre, elle agonise dans le noir…, l’âme est traversée par l’inéluctable et froid concept de la logique, durcie par l’assèchement intellectuel. L’homme est cloué sur la croix et sa tête ensanglantée est clans une couronne de fer… Mort et résurrection, les deux phases du mystère de la vie !

Le Christ est une merveilleuse figure aithérique de la magie végétale et du drame du Penser humain. Elle se dégage du cycle osirien, elle le clôt, une ère nouvelle est là. La croix est taillée dans l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, dit une très vieille légende qui fut reprise par le Moyen-âge. Dans le drame Osirien réside donc le rôle que l’Homme joua dans la ritualité imitative de la plante très chaste. L’Homme doubla et parfît l’œuvre de la Femme par son double sacrifice physique et occulte. Par cet acte sacrificiel, qui le rejetait hors de la vie sensuelle, l’Homme se haussait jusqu’à la région spirituelle et son geste montrait le grand horizon qui devait faire de l’être humain un créateur. Sa force sexuelle se centrait dans la région cérébrale qu’il devait ordonner.

A Éleusis, où s’accomplissait le grand Mystère Végétal du Penser, les prêtres qui guidaient les bœufs et accomplissaient les trois labours sacrés étaient les pontifes appartenant à la famille des Bouzigaï ou dompteurs de bœufs. Ces hommes provenaient de la descendance osirienne qui avait vaincu la puissance génitale du Taureau. Le lecteur notera que le taureau, qui est leitmotiv de la vieille conception mythique, se range à côté de la Plante dans l’ordre du Penser cosmique. Il rumine, reprend sa nourriture déjà élaborée. C’est une réflexion concrète animale. La magie imitative châtre le taureau.

Tous les mythes issus de ce temps parlent d’émasculation : Saturne coupe à son père dieu du ciel, l’organe de la génération ; Jupiter fait subir à son père Saturne la même opération, lxora, Civa, Brahma, Vishnou éprouvent la même humiliation, dit Dulaure, qui considère avec tous les mythographes, d’ailleurs, cet acte d’émasculation comme le symbole du coucher du Soleil qui perd sa force féconde.

Odin, s’étant endormi dans un bois, est privé de ses organes par les dents d’un sanglier.

Quetzalcoat, le héros Atlantéen des Mayas, qui leur apporta  » les lettres, les arts et les lois agraires « , se sacrifie, se mutile, meurt à la vie génitale et ressuscite en l’esprit sous cet aspect, il est représenté avec le phallus dans les mains :  » c’est un ascète « , dit la tradition.

Philon de Byblos emploie, pour exprimer l’état d’Océanos mutilé par son fils Kronos, cette expression « il fut consacré ». Ce fait se reproduit encore dans les dernières dynasties en Égypte. Lefebure parle d’un Pharaon prêtre de la XVIIIe dynastie, Khum Aten, qui ayant voulu restaurer le vieux culte féminin du globe solaire, c’est-à-dire le reconstituer dans toutes ses parties, s’émascula.

Tous les dieux végétants solaires sont des émasculés, des féminisés, leur force sexuelle est devenue puissance mystique mentale : ainsi en est-il d’Anis, d’Adonis, de Dionysos, tous dieux de l’Arbre… Ce n’est pas une fiction, de la fantaisie mythologique, c’est une réalité des mystères magiques Atlantéens qui apportaient l’ORDONNANCE DU PENSER dans l’âme humaine en déplaçant le centre sexuel.

Aujourd’hui, l’intellectualité, dans toute sa plénitude, produit l’état de matérialité des organes et modifie, de façon très considérable, les états physiologiques et psychiques de l’être. De ce fait, ces états semblent après la castration subir un arrêt de développement. Il n’en était pas ainsi dans les grands lointains. Quand l’organe visuel intérieur n’était pas entièrement atrophié en une glande, quand l’homme extrêmement souple dans toute sa sensitivité n’était que psychisme, âme, alors l’émasculation lui conférait des pouvoirs occultes très puissants.

L’Emasculé et le bonnet phrygien

 

En ces temps, l’eunuquisme est un état végétalisant et supérieur. Les eunuques d’Attis prophétisaient encore, ils étaient possédés par l’Esprit, disent les historiens du paganisme.

Aujourd’hui se retrouvent des vestiges de la vieille lignée des eunuques dans certains groupes ethniques, notamment dans le Nord-Ouest Américain. Ce sont pour la plupart, des Chamans, des hommes féminisés, très dégénérés d’ailleurs, et qui excellent, dit-on, dans toutes les branches de la magie. Des pouvoirs extraordinaires leur sont attribués. De même les prêtres des Algonkins se châtrent et vivent près des îles Manhattan leur devoir de pureté va jusqu’au point de ne jamais prendre de nourriture préparée par une femme.

C’est de l’émasculation que provient le culte du phallus isolé ; on vénérait en lui le grand sacrifice humain du rite végétal et la turgescence mentale. Les Pamylies égyptiennes, où l’on portait processionnellement le phallus d’Osiris, avaient un tel sens.  » C’était un deuil, nous dit Plutarque, c’était le phallus du sacrifice « . En Grèce, ce sont les vierges, les Canéphores qui à la procession de Bacchus-Dionysos portent dans leur corbeille d’or, parmi d’autres objets, le phallus couronné de fleur. Le rite était végétalisant. Les rites Dionysiaques étaient une extrêmement vieille tradition scythe.

Dulaure, dit : « A l’origine, l’organe dans le culte du phallus, était isolé, il n’adhérait point à un corps humain. Cette adhérence n’eut lieu que longtemps après, lorsque le culte des figures humaines eut fait des progrès… Lorsque les Grecs reçurent le phallus des prêtres Égyptiens, ils le reçurent isolé Hérodote était très étonné de ce qu’on avait réuni à une figure d’une coudée un phallus énorme » .

Dulaure, parlant de la pureté du culte phallique dans l’Antiquité, ajoute :  » Le libertinage est la dégénérescence du culte « . Sonnerai, dans ses  » Voyages aux Indes Orientales et â la Chine « , dit :  » Les prêtres de Chiven (Civa) ne se mutilent pas comme ceux de Vishnou, mais ils sont obligés d’approcher du Lingham complètement nus et en présence du public. L’obscénité de l’idole, les scènes voluptueuses peintes et sculptées n’empêchent pas que la chasteté la plus rigoureuse ne leur soit prescrite La loi religieuse défend même le moindre désir que les images pourraient faire naitre, lorsqu’ils exercent leur ministère ; à la moindre émotion perçue, on les lapiderait  » .

 » A Canara, les prêtres de Chiven sortent nus et les femmes baisent leurs parties sexuelles. Ils n’en éprouvent aucune émotion « . Il en était de même en Egypte.

Partout la castration est intimement reliée au culte végétal. En Corée, où, récemment, il existait encore des fragments de l’héritage de la race Jaune à totémisation végétale, pendant certaines nuits de la vingt-deuxième lune, nuits appelées « Chuil », les eunuques du Grand Palais, au nombre de trois-cent, accomplissaient une cérémonie pour assurer une moisson fertile. Ils chantaient en chœur en balançant des torches allumées autour d’eux, etc….

« Dans les rites d’Artémis â Ephèse, d’Astarté à Hiéropolis, ce n’est pas l’amour génital qui fécondait les grandes déesses VIERGES de la fertilité végétale, mais leurs prêtres les fécondaient en s’émasculant et en éclaboussant de leur sang leurs grandes figures de pierre, dit Minucius Félix ; puis on enterrait ensuite l’organe génital sous terre dans les chambres sacrées ». Magie imitative, on mettait dans la terre la racine de l’Homme.

L’émasculé, prêtre voué à l’ascétisme de la chasteté portait une robe flottante et avait la face et la tête complètement épilées, car ainsi que je l’ai dit dans ma première étude , le poil est une façon de vision de l’ancien état de l’âme uniquement sensitive, en conséquence l’homme, qui se consacrait aux rites du futur intellect, devait avoir le crâne entièrement épilé. Il portait de plus une coiffure de forme conique souple symbolisant le prépuce. Cette façon de bonnet indiquait l’origine de la puissance sexuelle et sa métamorphose en force mentale ; elle symbolisait de même la liberté par l’émancipation du sens génital de l’ancienne vision et l’acquisition du Penser. Les deux jumeaux Castor et Pollux, dieux de l’activité mentale, portaient le pileus sur leur tête chauve.

« Le bonnet phrygien a l’air d’avoir une très grande importance dans le culte de Mithra » dit Cumont, frappé de l’insistance de cette figuration sur les monuments où elle semble revêtir un caractère sacré ; et il désigne le « Pilos rayonnant », le pilos étoilé, le pilos sur la pomme de pin mystique, etc… «  Dans la légende d’Anis, Cybèle met sur la tête du dieu végétant qui s’est émasculé un pilos étoilé ».

commander le livre ici

 

Le Jeu du gouvernement du monde

Le tarot de Mantegna.
Mantegna

Il s’agit du célèbre peintre florentin du Quattrocento. Néanmoins, il ne nous semble pas inutile de préciser que ces mystérieuses cartes ont été le fruit d’une époque durant laquelle les artistes, les philosophes et les scientifiques collaboraient tous pour faire naître les bases d’un monde nouveau : la Renaissance.

Lire la suite Le Jeu du gouvernement du monde

Mithra, un culte venu d’Iran

Le mithraïsme et le christianisme ont porté et portent encore le même courant d’idées.

La mythologie hindoue donne au soleil le nom de mithra (mitra).. En Perse Mithra était un des anges et principaux lieutenants d’Ahura Mazdao. Dans les védas il est le dieu du jour, une divinité de la lumière céleste et dans l’Avesta c’est un dieu guerrier, l’auxiliaire très puissant d’ Ormuzd. C’est quand l’empire Perse s’est effondré que le culte de Mithra a envahie le monde méditerranéen, de L’Iran à la GRANDE BRETAGNE. Le soleil a toujours fait l’objet d’un culte, chez les Incas, en Égypte, en Afrique, en Europe, sur l’Ile de Pâques, en Polynésie, en Grèce, en inde Védique.

Le « mythe » christique de la naissance de Jésus et celui de Mithra sont similaires à bien d’autres traditions divers rites initiatiques à travers toute la planète et leur ressemblance montrent clairement que le culte de Mithra peut être considéré comme une préfiguration de celui de Jésus-Christ et relatent les étapes du « Grand-Œuvre Alchimique »:

  • -la description des temples,
  • -les dates des célébrations (25 décembre, équinoxes et solstices, etc…),
  • -les êtres qui sont là pour l’accueillir, les bergers.
  • -l’omniprésence du ternaire,
  • -la hiérarchie,
  • -les correspondances avec l’alchimie car Mithra est représenté de façon générale sous les traits d’un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien et revêtu d’une tunique rouge. Cette tunique rouge est la représentation de la pierre philosophale.
  1. -le sens du devoir et de la loyauté,
  2. -le symbolisme des nombres et des éléments,
  3. -les phases des initiations sont, on peut le dire, similaires.

L’Eglise chrétienne à presque tout emprunté au Mithraïsme tel le baptême ou le port de la tiare perse. Dans les quelques textes mithraïques découverts, nous constatons que même les mots utilisés font écho à ceux du christianisme.

Le culte de Mithra est extrêmement ancien. Ce dieu était honoré à la fois aux Indes et en Perse.

On ne sait pas exactement si on doit le considérer comme un dieu de la branche Moyenne des indo-européens qui aurait été déjà célébré avant que cette branche se scinde en Iraniens et Indous, ou s’il s’agit d’un dieu des populations habitant les Indes et la Perse avant l’arrivée des indo-européens,

Ces 2 êtres « divins » veillent particulièrement à ce que soient respectés la parole donnée, le serment, les contrats. La plus ancienne mention concernant Mithra provient d’Asie Mineure, de Cappadoce. C’est une inscription hittite qui parait dater du XVième siècle avant notre ère. Son culte était donc déjà fort répandu à cette époque.

Ce dieu ne joue qu’un rôle assez secondaire dans les Védas et l’Avesta ancien. C’est en Perse que son culte s’est tout d’abord développé, c’est ensuite par l’Asie Mineure et la Mer Noire qu’il à atteint le monde méditerranéen.

Par le passé

En Perse dite achaménide (539-331) la religion officielle (d’état) était sans doute ma connue mais nous savons qu’y régnait le zoroastrisme avec l’existence d’un dieu appelé AHURA MAZDA ou Seigneur- Sagesse. Elle présentait des liens avec le mazdéisme et Zoroastrisme des Perses ultérieurs. Cette religion qui a subi des influences Elamites, présentait des liens avec le Mazdéisme-Zoroastrisme des Perses ultérieurs, mais on discute encore pour savoir si on peut employer ces noms pour la religion des Perses de l’époque achéménide.

A Suse ou Shushan (ancienne cité de la civilisation élamite) devenue  la capitale de l’Empire perse achéménide au Vme siècle av JC et située dans le sud de l’Iran actuel à environ 150 km du Tigre (à l’Est du fleuve). Aujourd’hui c’est un simple champ de ruines où il existe encore une inscription conservée de l’époque d’ARTASERXES II (404-358 av. J.-C.) et sur laquelle est représenté Mithra aux côtés d’Ahuramazda et de la déesse Anahita.

On ne sait toujours pas s’il existe un lien entre le Mithra persan et celui du culte aux mystères de l’Empire romain, ce qui est certain c’est que les légionnaires romains qui étaient présents aux frontières orientales de leur Empire, ont introduit le mithraïsme dans le haut empire Romain. Les éléments  matériels du culte de Mithra, inscriptions réalisées par des soldats romains, de la garnison de Carnuntum, allés en Orient dans le cadre des campagnes contre les Parthes et des émeutes de Jérusalem, datent approximativement de l’an 71 de notre ère.  À la fin du IIme siècle de notre ère, le mithraïsme a été largement diffusé dans l’armée romaine, les marchands et même les esclaves.L’ensemble des empereurs du IIIme siècle étaient  des protecteurs du mithraïsme car la pratique de ce culte Mithraïque a enrichi le symbole de leur autorité au travers de toutes les classes sociales. Un grand nombre de mithræa ont été découverts dans les garnisons des frontières de l’Empire et la plus grande concentration de mithræa se trouve à Rome  et à Ostie.

Une nouvelle religion du SOL INVICTUS ou « soleil invaincu a été  officialisée dans l’Empire Romain en 274  par l’empereur AURELIEN qui édifia à Rome un  temple dédié à la nouvelle divinité, et crée un corps de clergé d’État pour assurer le culte.

Ceci n’effaça pas totalement le mithraïsme qui continua à exister comme culte non officiel car de nombreux sénateurs pratiquaient en même temps mithraïsme et religion du Sol Invictus. Cette période marqua la chute du mithraïsme et en mêm temps le christianisme, fortement  appuyé par CONSTANTIN, gagnait des adeptes auprès des partisans du mithraïsme, les femmes ayant le droit de ratiquer ce culte nouveau à l’inverse du mithraïsme qui les excluées.

Le christianisme a supplanté le mithraïsme lors du IVe siècle qui est devenu la religion officielle de l’Empire avec THEODOSE (379-394).Sous le règne de JULIEN (361-363) et d’EUGENE (392-394), il y eut des tentatives de restauration du culte de Mithra, mais sans succès. Le mithraïsme  sera interdit en 391 et sa pratique devenue clandestine ne se maintiendra que quelques années en survivant dans des régions des Alpes et dans les régions orientales de l’Empire Romain où se trouvaient ses origines.

Une religion fondée par Zarathoustra (le zoroastrisme vers 558 av J-C à 651 ap J-C) qui décida très jeune de devenir prêtre ou zoatar, s’opposa à l’antique culte iranien de Mithra, caractérisé par le sacrifice du taureau et signa la fin du culte dans sa propre son propre état d’origine.

L’initiation en 7 degrés

D’après sa légende, il serait né d’une pierre dont il se serait dégagé, la tête coiffée d’un bonnet phrygien. Aussitôt après sa naissance, il rencontre un taureau sauvage. Le jeune dieu  le dompte et l’entraîne dans la caverne qu’il a creusée en se dégageant du rocher. Il reçoit alors du soleil l’ordre d’immoler la bête.

Après avoir d’abord résisté à cet ordre il s’y soumet à contre cœur et plonge son glaive dans le cou de taureau. Du sang répandu naissent le blé et toutes les plantes utiles à la vie.  Conformément à son caractère de dieu solaire, Mithra est, en effet, un dieu fécondant.

Sa parèdre, ou son double féminin (à la fois sa mère et son épouse) est Anahita, la Terre Mère, matrice universelle de laquelle tout naît et à laquelle tout retourne. Anahita sera assimilée à Cybèlle en Asie Mineure et à Déméter en Grèce. Mithra doit donc détruire pour pouvoir créer à nouveau.

La mort donnée par ce dieu doit être la source d’une vie  plus haute et meilleure, tout comme le blé est né du sang du taureau immolé par Mithra. Le taureau symbolise la vie animale dont le myste doit s’affranchir pour s’élever, dans la pureté vers la vie céleste. Les rites célébrés au cours des rites de Mithra comprenaient 7 grades ou initiations successives. Chacun de ces grades ne s’obtenait qu’après des épreuves longues et pénibles, comportant des jeûnes prolongés et de véritables tortures qui amenaient parfois la mort.

Les femmes étaient exclues des mystères et le rite essentiel procurant la maîtrise était l’immolation du taureau dont Je sang coulait sur lie néophyte.

Les initiés participaient à un banquet mystique dont les éléments essen­tiels étaient le pain et le vin, préalablement consacrés par un prêtre.

Les pains étaient marqués d’une Croix. Le vin ne donnait pas seulement la vigueur du corps, mais aussi la sagesse, de l’esprit en conférant au myste une immortalité glorieuse.

Les mentions indiquées démontrent que Mithra peut être considéré comme une préfiguration du Christ des chrétiens.

L’ésotérisme du culte

Les 7 grades du culte correspondent aux 7 planètes de l’astronomie de l’époque (lune, mercure, vénus, soleil, jupiter, saturne),  et les différents passages devaient s’accompagner  de  quelques données métaphysiques plus ou moins ésotériques.

  1. Le premier, le Corbeau (corax), dont le rôle était celui de messager et dont l’emblême était le caducée d’Hermès.  C’est ce Corbeau qui amène le Pain à Paul, Le Pain et l’Eau sont les deux éléments de la Cène Mithraïque, comme le Pain et le Vin dans le Christianisme.  Le culte de Mithra se faisait primitivement dans des Cavernes (puis par la suite dans des Cryptes). (Au sujet de la symbolique de la Caverne  pécisons que Zoroastre est le premier qui consacra en l’honneur de Mithra un antre naturel arrosé par les sources, couvert de fleurs et de feuillages.  Cet antre représentait la forme du Monde créé par Mithra..S’inspirant de ces croyances, les Pythagoriciens et, après eux, Platon, appelaient le Monde un antre et une Caverne.  En effet, chez Empédocle, les forces qui conduisent les Ames disent:  » Nous sommes venues sous cet antre couvert d’un toit ».)
  2.  Le Second grade était celui de Nymphus (cryphius), l’épousé du dieu, son emblême était le voile nuptial ou Manteau et ses attributs attributs le diadème et la lampe de Vénus.
  3. Le Troisième grade était le Soldat (Miles).  La prière de Saint Antoine appelle Paul Soldat du Seigneur. Attributs: la couronne et l’épée.
  4. Le Quatrième grade était le Lion.  De même que le Corbeau est venu apporter la nourriture à Paul, les Lions viennent l’ensevelir.  Les attributs étaient la pelle pour porter le feu, le sistre, le foudre de Jupiter.
  5. Le cinquième grade ou le Perse (persan) avait pour attributs l’épée courbe,  le  croissant de lune,  l’étoile ;
  6. Le sixième ou l’Héliodrome ou encore l’héliodromus (messager ou émissaire du Soleil), avait pour attributs  la torche, le fouet guidant l’attelage du char solaire et la couronne solaire.
  7. Le septième ou grade supérieur est justement Père ou pater, avec comme attributs : le bonnet phrygien, la faucille, le bâton de commandement et l’anneau.La scène centrale que l’on retrouve dans tous les mithraea est celle où Mithra combat et tue le taureau « sacré ». Dans cette scène, après être monté sur le dos de l’animal et avoir reçu l’ordre du Soleil, Mithra pénètre dans une grotte et tue le taureau. Au moment du sacrifice, Mithra détourne son regard du taureau pour le diriger vers le Soleil. De la queue et du sang du taureau naissent des épis de blé, symbolisant la « nouvelle vie » issue de la mort. La chair de l’animal tué est ensuite consommée par Mithra et le Soleil lors d’un banquet rituel. 

    le grand barattage du monde
    le barattage du monde

voir ici

Boaz et Yakin Canis Major

C’est Claude Gaignebet qui nous restitue les dates de naissance des géants Gargantua et Pantagruel : respectivement le 3 février et au 25 juillet, autrement dit la Saint-Blaise et la Saint-Jacques, patrons du métier, qui pour les Frères recouvraient par nécessité et assonance les colonnes Boaz et Jakin.

Liée au froid et à l’humide, la colonne Boaz de saint Blaise illus­trait le point critique d’un hiver qui, au 3 février, pouvait cesser ou se prolonger quarante jours. Au lendemain de la Chandeleur, ce jour placé sous le patronage du maître des souffles (Blaise-Blasen) marquait mythiquement le réveil de l’ours (arthos ou arthus) de son hibernation, qui libérait les « esprits » intestinaux accumulés pendant son long sommeil hivernal. Chaude et sèche, la colonne Jakin de saint Jacques signait au contraire les temps accablants du plein été, le 25 juillet marquant la date, bien connue depuis l’Antiquité, du lever héliaque de Sirius dans la Voie lactée, dénom­mée Chemin de Saint-Jacques, dont le correspondant terrestre garantissait aux « soiffards pélerins » de la coquille, disait-on, le salut et l’accès au Ciel… Nous laisserons à chacun le soin de poursuivre pour son compte la démonstration, notamment quant aux vieilles traditions populaires préchrétiennes de la circulation des âmes-souffles, entrant et sortant du monde par la Voie Lactée, autour de ces deux dates. Précisons seulement que Rabelais les associait aux doctrines pythagoriciennes et « orphiques » (voilées par Maître François sous un « horrificque » qui est aussi bien aurificque) sur la descente et la remontée des âmes dans leur séjour céleste par les portes solsticiales, illustrées par Porphyre ou Macrobe », et plus anciennement par les textes des lamelles d’or funéraires orphiques : « agneau, tu t’es élancé vers le lait », « taureau, tu as couru vers le lait ».

se mettre à l’ordre

de l’origine des deux colonnes

Les commentaires de toutes sortes (ceux des rabbins, des Pères de l’Église ou des maçons) sur les noms des deux colonnes n’ont pas manqué. Dans le Livre des Rois la longue description de la forme, des ornements, des dimensions et de la matière des colonnes du Temple fondues et mises en place par Hiram de Tyr, fils d’une veuve de Nephtali, se termine par la simple mention : « Il plaça ces deux colonnes dans le vestibule du Temple ; et, ayant posé la colonne droite, il l’appela Iachin. Il posa de même la seconde colonne qu’il appela Boa» (Booz dans les traductions anciennes) (III Rois, VII, 21).

On a pu, il y a quelques années déjà, dresser une bibliographie* de quelques centaines de titres sur les interprétations symboliques ou les usages cultuels des deux colonnes. Il est impossible d’en examiner l’ensemble. Voici les faits que, sans aucune ambiguïté, le texte biblique nous autorise à affirmer.

Les deux colonnes sont situées sur le parvis, devant l’entrée du Temple orienté à l’Est. IACHIN AU SUD et BOAZ AU NORD. Les hésitations des loges maçonniques relativement à cette orientation proviennent du fait que leur façade est à l’Ouest. Près de la colonne Iachin se situe la Mer, vaste cuve d’airain supportée par douze boeufs qui regardent trois par trois, vers chaque point cardinal. La position de cet objet du culte peut s’induire du verset 39 : « Il plaça la Mer du côté droit de la maison, au Sud-Est »* ; elle n’est mise en cause par aucune des reconstitutions du Temple.

Dès la fin du XVIIe siècle, nous avons la preuve qu’une interprétation ésotérique des noms des deux colonnes existait dans la maçonnerie. Un pasteur d’Aberfeill (Écosse), Robert Kirk, écrit en 1691 :

« Le Mot de Maçon est un mystère dont je ne veux pas cacher le peu que je sais. C’est une espèce de tradition rabbinique, une sorte de commentaire sur Iakin et Boaz, les colonnes érigées au Temple de Salomon (III Rois, VII, 21) avec l’adjonction de certain signe secret transmis de main à main, au moyen duquel ils se reconnaissent et deviennent familiers entre eux. » (Palou, La Franc-maçonnerie, p. 32).

Au début du XVIIIe siècle, un ouvrage anglais, intitulé Iachin and Boaz, décrit longuement le rôle des colonnes portatives.

Le plan du Temple, situe ces colonnes rituelles. Elles ont environ vingt-cinq pouces de long (50 cm), celles du Senior Warden (surveillant) est appelée Jachin, celle du Junior Boaz. Lors de l’ouverture de la loge les rôles des responsables de ces colonnes sont précisément indiqués.

Mast. — Quelle est la place du W dans la loge ?

Deacon — Au Sud.

Mast. à W — Pourquoi au Sud ?

W — Pour mieux observer le soleil « at the high Meridian » (midi) pour appeler les hommes quand ils quittent le travail aux rafraîchissements, et contrôler qu’ils viennent à temps pour que le Vénérable en ait plaisir et profit.

Mast. — Où est la place du senior Warden dans la loge ?

senior Warden — A l’Ouest.

Mast. — Quel est votre travail là, Frère ?

— Quand le soleil se couche à l’Ouest je dois clore la Journée, car le s. W.se tient à l’Ouest pour fermer la loge, pour payer aux hommes leur salaire et pour les libérer de leur travail.

Lors de la réception de l’apprenti son Mot est Jachin. Le dialogue est le suivant :

Mast. — Que vous fit-on alors ?

Rép. — Le Maître me prit par la main droite et me donna l’attouchement (grip) et le mot d’un apprenti reçu, et dit : Lève-toi, mon frère JACHIN.

Ils partagent ensuite avec un autre Frère en moitié le Mot.

  • ler Frère — Je vais l’épeler avec vous ou le partager (halve).
  • 2e Frère — Je vais le partager avec vous.
  • ler F. — Commence.
  • 2e F. — Non, commence d’abord.
  • ler F..       —  JA
  • 2e F. — CHIN.
  • Ier F. — JACHIN.
  • Mast. — Qu’est-ce qui vous fut ensuite montré ?
  • Rép. — La (Guard*) ou le signe d’un apprenti reçu.

* La Guard ou le signe, comme ils l’appellent, consiste à amener sa main droite sur la gorge, latéralement, ce qui doit vous faire souvenir de la peine que vous encourez par votre serment, que vous préféreriez avoir la gorge coupée que de découvrir les secrets de la Maçonnerie.

Il semble, que le sens des noms des deux colonnes n’ait été livré que progressivement aux Frères au fur et à mesure de leur accès aux grades les plus élevés.

L’explication philologique encore adoptée de nos jours est connue de l’auteur de Jachin et Boa.

  • Mast. — Qu’est-ce qui supporte votre loge ?
  • Rép.      Trois grands piliers.
  • Mast. — Quels sont leurs noms ?
  • Rép. — Sagesse, force et beauté.
  • Mast. — Qu’est-ce que le pilier de la sagesse représente ?
  • Rép. — Le Maître a l’Est, etc.

Quant au compagnon « fellow’s craft », apprenti, il doit connaître avec exactitude la description biblique.

  • Mast. — Avez-vous vu quelque chose qui mérite d’être remarqué ?
  • Rép. — Oui, très Vénérable.
  • Mast. — Qu’était-ce ?
  • Rép. — Deux beaux piliers de bronze.
  • Mast. — Quels étaient leurs noms ?
  • Rép. — Jachin et Boaz.
  • Mast. — Quelle était la hauteur des piliers ?
  • Rép. — Trente-cinq pieds et le chapiteau de cinq pieds, ce qui fait quarante pieds en tout.
  • Mast. — De quoi étaient-ils ornés, Frère ?
  • Rép. — De deux chapiteaux dont chacun avait cinq pieds de haut.
  • Mast. — Qu’y avait-il de plus pour les orner ?
  • Rép. — Du travail de lys et de filet ; des grenades.
  • Mast. — Étaient-elles creuses, Frère ?
  • Rép. — Oui, Très Vénérable.
  • Mast. — De quelle épaisseur étaient leurs parois ?
  • Rép. — Quatre pouces.
  • Mast. — Où furent-elles fondues ?
  • Rép. — Dans la plaine du Jourdain, entre Succoth et Zartha, dans un terrain d’argile, où tout le mobilier sacré de Salomon fut fondu.
  • Mast. — Qui les a fondus ?
  • Rép. — Hiram Abiff, le fils de la veuve.

Au cours de l’initiation au grade de Maître est contée la légende d’Hiram. Le junior Warden frappe avec une règle le récipiendaire sur la gorge, le senior Warden avec une équerre sur le cœur et le Maître sur la tête avec un maillet. D’après une planche d’un ouvrage de l’abbé Pérau qui dévoile les secrets de la Maçonnerie, la colonne J est placée à gauche et au Nord, B à droite et au Midi. Peut-être ne tenait-on pas compte à cette époque de l’orientation à l’Est des façades des temples sémitiques.

CERTAINES INDICATIONS SUR LES NOMS DES COLONNES PROVENANT DES CATÉ­CHISMES PUBLIÉS PAR L’ABBÉ PÉRAU VONT NOUS PERMETTRE D’ALLER AU-DELÀ, DU MOINS EN CE QUI CONCERNE LA COLONNE BOAZ.

Nous ne prétendons pas retrouver là rien de rationnel et nous pensons qu’un esprit cartésien fera bien de s’en tenir aux sens de «force » (Boaz) et il « établira » (Jachin) que les éditions actuelles de la Bible indiquent.

Mais nous recherchons la voie de spéculations qui ont pu naître dans les loges à n’importe quelle époque, aiguillonnées chez les Maçons par la présence constante dans le rituel, le décor, le catéchisme, les légendes, des MOTS de Jachin et Boa. Ces Mots sont retournés cent fois dans la bouche au cours des réceptions, épelés lettre à lettre ou par moitié, inversés, indiqués par B:. et J:.

Le passage suivant du Catéchisme des apprentis, publié par Pérau, mérite, selon nous, d’être pesé au poids du sanctuaire.

  • — Êtes-vous Franc-Maçon ?
  • — Les Apprentifs me connaissent.
  • — Comment vous faites-vous connaître ?
  • — En m’étranglant, en touchant et en bégayant (op. cit., p. 257).

La suite du dialogue marque alors un renversement dont les fatras des fous ou leurs joutes de menteries fournissent le modèle.

  • — Comment est-ce que les Apprentifs veillent ?
  • — En dormant.
  • — Comment est-ce que les Apprentifs dorment ?
  • — En veillant.

Idem pour marchent-ils ? En s’arrêtant ; Travaillent-ils ? Sans rien faire dans quel état sont-ils quand ils ne font rien ? — Ils travaillent.

  • — D’où vient la justice ?
  • — D’un vent qui souffle sur l’étoile.
  • — Que signifie la colonne de gauche ?
  • — Un langage bégayant.
  • — Et la droite ?
  • — Je n’en sais rien.

dans mot Jakin (ou Yakin) gît le secret de Jacques (voir la révélation du 3ème temple)

 

Science et hermétisme