Archives du mot-clé Mason Word

The Marrow in the bone – 2 : Betsaleël et le rite du Mot de maçon

Tableau de loge de Kirkwall (dans les orcades) datant probablement du XVème siècle

« Et l’Eternel parla à Moïse, disant : Regarde, j’ai appelé par son nom Betsaleël, fils d’Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda ; et je l’ai rempli de l’esprit de Dieu, en sagesse, et en intelligence, et en connaissance, et pour toutes sortes d’ouvrages, pour faire des inventions : pour travailler en or, et en argent, et en airain ; pour tailler des pierres à enchâsser, et pour tailler le bois, afin d’exécuter toutes sortes d’ouvrages. Et voici, j’ai donné avec lui Oholiab, fils d’Akhisamac, de la tribu de Dan ; et j’ai mis de la sagesse dans le coeur de tout homme intelligent, afin qu’ils fassent tout ce que je t’ai commandé : la tente d’assignation, et l’arche du témoignage, et le propitiatoire qui sera dessus, et tous les ustensiles de la tente, et la table et ses ustensiles, et le chandelier pur et tous ses ustensiles, et l’autel de l’encens, et l’autel de l’holocauste et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement, et les vêtements de service, et les saints vêtements d’Aaron, le sacrificateur, et les vêtements de ses fils, pour exercer la sacrificature, et l’huile de l’onction, et l’encens des drogues odoriférantes pour le lieu saint. Ils feront selon tout ce que je t’ai commandé » (Ex. 31 : 1-11).

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The Marrow in the bone : les véritables origines du Mot de Maçon -1

Abbaye de Kilwinning en Ecosse
Abbaye de Kilwinning en Ecosse

David Stevenson affirmait : «  Toutes les Loges Originelles d’Écosse étaient uniques, mais certaines étaient plus uniques que d’autres. Le prix de « la plus unique » revient à Kilwinning, avec sa prétention déterminée à être « plus égale » que les autres loges. Par la suite cette prétention conduisit la loge à acquérir le titre étrange de « Mère Kilwinning » et le privilège ambigu d’être n°0, sur la liste des loges affiliées à la Grande Loge d’Ecosse […] et ainsi prétendre à la préséance sur cette liste de numérotation très particulière : n°1 (Edimbourg), n°1 bis (Melrose), n°1ter (Aberdeen). »

Quelles sont donc les origines de Kilwinning, qu’est ce qui vaut donc à cette Loge sa primauté et ce fameux n°0 ou nothing ? D’où vient cette notion d’Antique loge d’Ecosse ? Quel est son lien avec les Statuts Schaw et son influence sur des textes non moins célèbres comme les Manuscrits Haughfoot et le Dumfries ?

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Lignée davidique écossaise : des premières dynasties hébraïques et naissance d’une légende

David I et Malcom III (Canmore) qui lui succède

« Enfin, l’érudit celte John Rhys rassembla des preuves convaincantes de la colonisation hébraïque de la Grande-Bretagne dans l’Antiquité. L’Irlande était connue sous le nom d’Ibérion, et l’ancien nom des Israélites était Ibri ou Iberi, dérivé du nom propre Eber ou Heber, l’ancêtre éponyme de ce peuple »

Pourquoi  la Franc-maçonnerie est-elle issue de ces régions sévères des Highlands – entre Aberdeen et Kilwinning – et par quels facteurs : humains et économiques, spirituels aussi ? A cette importante question il n’a jamais été apporté de réponse satisfaisante et nous allons donc lever le voile sur ce grand mystère en étudiant un faisceau de preuves :

  1. L’apport judaïque et les dynasties royales
  2. L’apport templier et la présence des cisterciens
  3. L’apport calviniste et R+C, les alchimistes d’Europe centrale

Autant le dire tout de suite, 1717 ne marque pas la naissance de la Franc-maçonnerie mais sa fin programmée en la jetant en pâture aux lumières du monde profane, ce sera la consécration de la bourgeoisie triomphante. L’antique société initiatique de secrète ne deviendra plus que discrète comme il sied au bon déroulement des affaires. 1717 est surtout l’achèvement d’une certaine idée de la Franc-maçonnerie, un putsch des anglais hanovriens sur les stuartistes.

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Sir Christopher Wren ou l’énigme du Grand architecte

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« The few lodges at London finding themselves neglected ..« 

James Anderson

En 1717 une autre maçonnerie existait bel et bien mais sa mise à mort fut programmée par un quarteron de loges regroupées sous le label grandiloquent de « Grande Loge »… Les protagonistes de cette grande loge se réunissaient au premier étage d’une taverne londonienne à l’enseigne de « L’Oie et le Grill » dans une pièce minuscule ne pouvant pas contenir plus de 15 personnes. Pourquoi et dans quelles conditions, c’est l’objet de cet ouvrage. Sir Christopher Wren tout comme Sir Robert Moray appartenaient de fait à cette « autre maçonnerie » dont la fin est proche et qui se sait condamnée.

Bien des mystères subsistent autour de la figure du plus grand architecte du Royaume de Grande Bretagne et il est difficile de faire la part du vrai dans les omissions, mensonges et  affabulations du rédacteur des constitutions de 1723. En 1720 devant la montée en puissance des « modernes » ou « spéculatifs » – à prendre au sens premier tant leurs liens avec le développement de la future banque de Londres est étroit – l’honorable loge de l’architecte, la loge St Paul Churchyard préfère se saborder et détruit par le feu la totalité de ses archives, il en sera de même pour nombre des loges tories avant que les nouveaux dissidents ne le fassent eux mêmes (voir ce que peut dire Anderson sur la « nécessité qu’il y a eut à bruler les archives des anciens devoirs   » ! Après le grand incendie de Londres en 1666 c’est maintenant le temps des autodafés et des anciennes loges il ne restera plus rien car table rase sera faite sous la conduite des nouveaux maitres.

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1717 ou les enjeux d’une date : druidisme et art royal

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Naissance et genèse d’une imposture

en 2017, un peu partout dans le monde on va commémorer le tricentenaire d’une institution – la Franc-maçonnerie – et pourtant il s’avère que la plupart des récits légendaires qui s’attachent à son histoire ne reflètent pas la réalité ni le contexte historique qui l’a vu naitre. Bien au contraire !… La véritable histoire autour de cette date ou comment on a effacé tout simplement l’authentique maçonnerie écossaise.

En réalité, 1717 est une date importante car ce sont trois sociétés appelées à jouer un rôle important qui verront le jour mais le comble de l’ironie (c’est le propre de l’histoire) est que c’est la moins importante des 3 à l’époque qui tel l’arbre masquant la forêt retiendra et focalisera l’attention de nos contemporains. Cet ouvrage est donc en vue de rappeler quels étaient en fait les véritables enjeux de cette époque et pourquoi ce que l’on a appelé la création de la maçonnerie des modernes a été en réalité une démolition systématique et voulue de l’antique société qui avait déjà près de 2 siècles d’existence !

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Le Mot de Maçon et les origines de l’Ecossisme

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L’invention de la nouvelle maçonnerie sous l’égide du pasteur Théophile Désaguliers

1717 ne marque pas le début de la Franc-maçonnerie mais signe la fin d’une aventure commencée 3 siècles auparavant. Le reste c’est comme le port salut ça en porte le nom mais c’est juste une triste et plate contrefaçon. L’acte fondateur de la Grande Loge d’Angleterre fut – après avoir récupéré les précieux enseignements du pasteur Anderson – d’organiser un autodafé dans le but de détruire toutes les preuves de la véritable maçonnerie écossaise et de n’en laisser aucune trace. Tous les anciens rituels, livres et documents finirent dans les flammes et ceci fut même explicitement revendiqué par les fondateurs de la Grande Loge ! Pourquoi et dans quel but c’est ce j’expliquerai dans mon prochain ouvrage : un secret que l’Angleterre ne voulait surtout pas dévoiler car il pouvait mettre le trône en péril. La lumière fut mise sous le boisseau.

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Kilwinning et ses origines jusqu’à Heredom

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Gravure de 1901

David Stevenson affirmait : « Toutes les Loges Originelles d’Ecosses étaient uniques, mais certaines étaient plus uniques que d’autres. Le prix de « la plus unique » revient à Kilwinning, avec sa prétention déterminée à être « plus égale » que les autres loges. Par la suite cette prétention conduisit la loge à acquérir le titre étrange de « Mère Kilwinning » et le privilège ambigu d’être n°0, sur la liste des loges affiliées à la Grande Loge d’Ecosse […] et ainsi prétendre à la préséance sur cette liste de numérotation très particulière : n°1 (Edimbourg), n°1 bis (Melrose), n°1ter (Aberdeen). »

Quelles sont donc les origines de Kilwinning et qu’est ce qui vaut donc à cette Loge sa primauté et ce fameux n°0 ou  » nothing  » ? D’où vient cette notion d’Antique loge d’Ecosse ? Quel est son lien avec les Statuts Schaw et son influence sur des textes non moins célèbres comme les Manuscrits Haughfoot et le Dumfries ?

Egalement : quels sont les liens avec l’ordre d’Heredom de Kilwinning et le « Royal Order of Scotland » ?

Saint_WinningLes premiers moines, quel que soit l’Ordre auxquels ils appartenaient, furent toujours d’excellents juges quant au choix des localités qu’ils sélectionnaient comme lieu de leur résidence permanente et Kilwinning ne fit pas exception à la règle, en effet, située en terre fertile et s’étalant sur plusieurs kilomètres dans le North Ayrshire, l’endroit est entouré d’une chaine de colline peu élevées, qui induit une chaleur protectrice à la région. Toutefois dans le cas des monastères Ecossais,  comme celui de Kilwinning, mais aussi, Arbroath, Selkirk et Kelso entre autre, il ne furent pas choisi par les moines mais confié par la royauté dans des buts bien précis. Ancienne cité, Kilwinning a prospéré jusqu’à nos jours, et est devenu une ville moderne avec un rôle commercial stratégique dans le district de Cunninghame. Aujourd’hui, la vieille ville a disparu et a été absorbée par celle d’Irvine.

 Kilwinning tient son nom de St Winning ou Vinn(en),un évangéliste plus connu sous le non de  St Finan (ou Finn ou Finnian). Il est réputé avoir fondé Moville et Driumfionn en Irlande. En 715, il débarque sur les rives du Garnock et fonde une église, ou un monastère. Que trouve t-on dans les monastères ? Des cellules, en anglais « cell » ou « kell », cell étant aussi le mot pour association, groupement…et ces « cell of Winnin », ces « Cella Winni » deviendront assez vite… Kilwinning. Saint Winning est fêté le 21 Janvier, jour anniversaire de son débarquement sur les bords de la Rivière Garnock.

Kikwinning et le mot de maçon :

Perth se situe non loin de Kilwinning et c’est le contrat de Perth de 1658, qui atteste des liens entre Kilwinning et la Loge de Scone-Perth, et surtout qui manifeste un lien entre Kilwinning et le « Temple des Temples », c’est à dire celui de Salomon. Il met en avant l’Universalité de l’union des maçons, dans « une seule et unanime voix afin de maintenir l’union et l’harmonie », communion mise en pratique et fort importante notamment à l’occasion de la succession du maître maçon décédé… Ce que ce contrat de Perth met aussi en avant, c’est la notion préexistante, du « Mot de Maçon » dont on peut attribuer l’origine à l’Ecosse, et comme l’a souligné Patrick Négrier, ce mot a la particularité de s’épeler en deux parties, cette « tradition rabbinique, autour du nom des deux colonnes du Temple de Salomon », que Kilwinning avait transmise à la Loge de Scone-Perth.

Le  « Mason Word » considéré classiquement comme  mot de passe, peut aussi être interprété comme : « parole de maçon » ou comme symbole de serment de garder le secret. Il convient de rappeler le poème d’Henry Adamson « Muses Threnodie » (circa 1638) qui en atteste l’existence :

«  For we be brethren of the Rosie Crosse ;  we have the Mason Word, and second sight, Things for to come we can foretell aright »

« Pour ce que nous sommes Frères de la Rose Croix Nous avons le mot de maçon et la seconde vue. Nous pouvons prédire les choses à venir »

Kilwinning donc, est très attachée à ce mot de maçon, de nombreux procès-verbaux induiront la notion de Cowan et les actions contre ceux-ci. Le procès-verbal de 1705 définit précisément le « cowan », comme quelqu’un sans le mot… Ce mot de maçon on va le retrouver dans les rituels éponymes qui forment le groupe Haughfoot : le MS des Archives d’Edimbourg (1696), le Chetwode Crawley (1700) et le Kevan (circa 1717-1720).

rmm_hermeneutique2Voir le cahier ici