JK ... Journaliste, conférencier, écrivain et éditeur. Un parcours atypique allant de la recherche informatique (prix Innnova 1987) à l'édition en passant par la formation dans les nouvelles technologies. Auto édition, aide à l'édition, créateur et concepteur, je peux également vous assister dans l'accouchement de vos projets. Sous l'enseigne de Lux in arcana publishing nous diffusons et réalisons des cahiers et livres aux contenus originaux avec un regard neuf sur la Tradition vue sous l'angle des nouvelles disciplines et de l'anthropologie. Herméneutique et hermétisme sont un couple indissociable. N'hésitez pas à me contacter et bonne navigation sur notre blog ! vous pouvez me retrouver sur Facebook également (https://www.facebook.com/johan.rosslyn/)
site de vente : https://toysondor.com
Comenius, né Jan Amos Komenský le 28 mars 1592 à Uherský Brod en margraviat de Moravie et mort le 15 novembre 1670 à Amsterdam (Pays-Bas), est un philosophe, grammairien et pédagogue morave. L’école est la fabrique de l’humanité.
L’interview imaginaire :
Nous venons de vivre une guerre de trente ans, et cette guerre est sans nul doute la conséquence de l’ignorance des hommes et de leur difficulté à communiquer entre eux. C’est pourquoi il est primordial de donner à chacun les clés pour comprendre le monde et agir sans aveuglement dans la société. Je suis pasteur protestant et en tant que tel convaincu que chaque être humain est une image de Dieu, et qu’il mérite en cela d’être éduqué. En donnant à chacun une éducation lui permettant d’accéder directement aux textes sacrés, sans l’intermédiaire de prêtres comme dans l’Eglise catholique, il peut ainsi se rapprocher de Dieu. Selon moi, tout être humain peut apprendre, et tout doit être enseigné à tout le monde, sans distinction de richesse, de religion ou de sexe. C’est une pensée bien révolutionnaire à une époque où il est communément admis que les femmes sont inférieures aux hommes parce qu’elles ne possèdent pas les mêmes capacités intellectuelles, et que seuls les nantis peuvent accéder à l’éducation. Mais après tout, orphelin moi-même, ce n’est pas ma situation sociale mais l’éducation qui m’a permis de progresser et de réussir ma vie. Je crois fondamentalement en la perfectibilité du genre humain et en la grande puissance de l’éducation sur l’homme et sur la société.
On peut affirmer, qu’avant le rosicrucianisme connu sous la forme qui fut la sienne au XVlle siècle en Europe, il y a eu, incontestablement, une transmission effective qui fut dépositaire d’un enseignement de nature ésotérique, c’est-à-dire inconnu du plus grand nombre, même parmi ceux qui avaient pu s’approcher, plus ou moins profondément, de certains mystères particuliers préservés des curieux. On est en droit d’évoquer, à ce propos, l’existence d’une lointaine chaîne spirituelle relevant de ce que d’aucuns désignent, depuis la Renaissance, comme étant la «Philosophia Perennis», véhicule théorique et doctrinal de la Sagesse éternelle, que l’on peut, de toute évidence, rattacher dans ses fondements à la «Tradition Primordiale », première et commune origine de toutes les traditions authentiques, à laquelle, de manière centrale et constante, se référera dans son oeuvre René Guénon. Il est donc généralement admis que des filiations concrètes ont transité, de manière non visible par définition, par l’intermédiaire des diverses sociétés secrètes, aboutissant à l’expression du rosicrucianisme tel qu’il est apparu voici plusieurs siècles en Allemagne, en Angleterre et en France.
« … les vérités, gardées comme des vierges, dans les Temples de l’Egypte, passèrent aux Sages d’Alexandrie, qui les enrichirent encore et les couronnèrent de tout l’or pur légué à la Grèce par Pythagore et ses disciples… Il convient donc, Messieurs, d’explorer les livres des Hébreux, les hiéroglyphes des Egyptiens et les traités de ces Grecs qu’on nomme gnostiques, précisément parce qu’ils eurent la connaissance. »
(Anatole France, la Rôtisserie de la Reine Pédauque, 1893).
« Le dépôt de l’Initiation Occidentale a eu trois noms dans l’histoire : Gnostiques, Templiers et Rose-Croix ». (Lettre de Papus à Sédir, 1894).
SE CONNESTRE. ESTRE. ET NON PARESTRE.
Aux alentours des années 1550 on pouvait déjà lire cette inscription sur le linteau d’une des cheminées du château de Dampierre-sur-Boutonne en Charente-Maritime.
« C’est (écrit FULCANELLI, page 18 du Tome II de ses DEMEURES PHILOSOPHALES) une simple maxime d’un beau caractère moral mais que l’humanité superficielle et présomptueuse de notre époque répugne à pratiquer ». Notre Adepte a raison, la connaissance de soi-même permet d’acquérir la science, but et raison d’être de la vie, base de toute valeur réelle ; et cette puissance élevant l’homme laborieux qui la peut acquérir, l’incite à demeurer dans une modeste et noble simplicité, éminente vertu des esprits supérieurs. C’était un axiome que les Maîtres répétaient à leurs disciples, et par lequel ils leur indiquaient l’unique moyen de parvenir au suprême savoir : « si vous voulez cognoistre la sagesse, leur disaient-ils, cognoissez-vous bien et vous la cognoistrez ».
Nous ignorons si l’Adepte qui fit édifier et décorer le château de Dampierre était Rose + Croix, mais il est indéniable que ce personnage est l’un des maillons de cette longue chaîne initiatique qui s’est perpétuée à travers les siècles et les civilisations. Fidèle à son engagement de silence et de modestie le philosophe charentais a préféré rester à jamais inconnu en nous laissant, gravé dans la pierre, le merveilleux témoignage de son savoir. Il est ainsi très difficile de dresser un historique de la Rose+Croix car les documents sont rares et les personnages énigmatiques… mais il nous reste une tradition légendaire transmise oralement de génération en génération.
La légende du cheval Bayard figure dans l’une des plus précieuses chansons de Gestes : Renaud de Montauban (ou les Quatre Fils Aymon), ainsi que dans un autre texte, Maugis d’Aigremont. C’est, apprenons-nous, «un cheval entièrement fée… dont on n’a jamais vu le pareil dans aucun bourg ni aucune cité». Il est né d’un dragon, dans l’île de Bocan, et le dragon l’a longtemps gardé dans un roc à pic. Nous retrouvons ainsi l’Ile Sainte, la hauteur sacrée, le monde souterrain ou la «gorge», et la paternité du dragon. L’île de Bocan, explique en outre la fée Oriande, est celle d’où vient le soufre, mais le cheval Bayart se trouve dans une partie de l’île où «le feu ne peut habiter». S’appuyant sur ce texte, H. Dontenville identifie Bocan avec Volcano, l’une des Lipari, près de la route maritime d’Orient. Il est possible, en fait, que la tradition relative à l’Ile primordiale se soit reportée, à la suite des Croisades, sur un îlot méditerranéen. Mais il est infiniment probable que la conception sous-jacente vise le premier foyer de la radiance, situé «aux sources de l’Océan», l’Ile du feu-lumière, la Terre pure où le premier Grand Ogre a engendré la Gorgone, et où celle-ci, grâce à son «meurtre», a enfanté Pégase.
« Il s’est joué des hommes, il s’est joué des dieux avec tant de bonne grâce que ni les hommes ni les dieux n’ont paru blessés par ses traits. »
Epitaphe pour la tombe de Rabelais composée par Estienne Pasquier.
»où venons-nous ? Où allons-nous ? Qu’apportons-nous?
Il suffit de trouver ce texte dans Pantagruel pour déceler l’affiliation de Rabelais à un cercle ésotérique.
Ces interrogations traduisent les préoccupations des initiés qui, en tous temps, se penchent sur ces problèmes inchangés.
Bien des personnages de Rabelais émettent, comme des membres de sociétés secrètes, des signes de reconnaissance.
Gargantua ne nous apparaît-il pas, comme le géant Héraclès (l’Hercule de la Gaule Hellénistique). Choisi comme patron par les tailleurs de pierre, il domine les traditions corporatives des associations de constructeurs. Il ne représente pas seulement, par sa taille énorme, la démesure ! Il évoque aussi l’effort humain de celui qui compte avant tout sur ses propres forces pour franchir les obstacles et libérer sa personnalité.
Quand les gardes de la reine Quintessence interrogent Panurge avant de lui donner l’accolade, ils s’écrient : Compère, de quel pays viens-tu? — Beau cousin, répond-il, je suis tourangeau, prouvant ainsi, en utilisant le mot « cousin », qu’il a reçu l’initiation des « bons cousins ». Alors, un des gardes le questionne à nouveau : A-t-il eu peur ? Panurge réplique : J’en ai eu davantage que les soldats d’Ephraïm qui ne surent pas bien prononcer Schibboleth (référence au passage du pont).
Que signifie cela ? « Schibboleth », mot hébreu, se traduit par Epi. Prenons la Bible. Nous lisons (Juges, chap. xii) ce texte relatant un épisode de la guerre entre les gens d’Ephraïm et ceux de Galaad : Ceux de Galaad se saisirent des gués du Jourdain par où ceux d’Ephraïm devaient repasser dans leur pays ; et lorsque quelqu’un d’Ephraïm, fuyant la bataille, venait sur le bord de l’eau et disait à ceux de Galaad : « Je vous prie de me laisser passer », ils lui disaient : « N’êtes-vous pas Ephratéen ? », et lui, répondant que non, ils répliquaient : « Dites donc « Schibboleth ». Mais comme il prononçait « Sibboleth », parce qu’il ne pouvait pas bien exprimer la première lettre de ce nom, ils le prenaient aussitôt et le tuaient.
Ainsi la diction de cet unique mot constitua une épreuve familière pour déterminer, plus tard, si quelqu’un appartenait, ou non, à une confrérie déterminée.
Il devint le mot de passe des compagnons constructeurs de cathédrales et demeure celui du deuxième grade des associations groupant leurs successeurs opératifs ou spéculatifs.
Ces bâtisseurs, au temps de Rabelais, jouissaient du droit de « franchise ». Ils disposaient de la liberté de voyager et de s’établir où bon leur semblait. Ils usaient de signes particuliers de reconnaissance pour la sauvegarde des secrets de leur art. Pour s’exprimer, ils se servaient du langage universel des symboles. Ils allaient, en tous pays, en parlant le français, langue internationale.
En 1512, à Florence, ils fondèrent la Compagnie de la Truelle. Elle groupa bientôt non seulement les ouvriers constructeurs, éléments opératifs, mais aussi des philosophes, des savants, des artistes, éléments spéculatifs. Unie sous le signe de la Truelle, emblème des corporations, elle avait choisi cet instrument qui, en cimentant les pierres d’un édifice, réalise l’unité et symbolise l’amour fraternel. Les bâtisseurs emploient volontiers les mots « passer la truelle » pour exprimer l’oubli des discordes et des injustices. Cette compagnie accueillit bientôt, en son sein, d’importants personnages, parmi lesquels se distinguaient des Médicis. Elle choisit comme patron, à l’instar des compagnons écossais, saint André.
Les symboles plus particulièrement utilisés furent, avec la truelle, le marteau et l’équerre.
Rabelais connut à Florence cette fameuse compagnie influencée par Marsile Ficin, l’inventeur du Tarot dit de « Marseille » par suite d’une erreur de translation. Aussi remit-elle en usage la tradition du banquet platonicien.
En maints passages, notamment de Gargantua et du Tiers Livre, nous voyons les personnages de Rabelais échanger des signes de ralliement initiatiques.
Panurge forme la lettre Thau pour se faire reconnaître. Il échange avec Thaumaste une curieuse conversation. Certains critiques considèrent ce Thaumaste comme un Thomas anglais. Joséphin Péladan donne une meilleure appréciation en l’appelant « Master Thau », le grand initié. Il appartient à la corporation du Bâtiment : il s’agit de Maître Thau, de la « Confrérie de l’Angle ».
Or, la lettre G semble s’être substituée, au Thau grec. Aussi ne nous étonnons pas du choix fait par Rabelais, pour ses géants, de noms portant l’initiale G : Grandgousier, Gargamelle, Gargantua (et même Panta Gruel), ainsi que leurs ancêtres : Gemmagog, Gabbara, Gayoffe, Galehaut.
Les initiés employaient comme signe de reconnaissance la figure du Gamma encore plus expressive que celle du Thau grec. Nous voyons dans le Tiers Livre comment Nez de Chèvre (Naz de Cabre) procède pour se faire reconnaître : « Il faisait, hors la bouche, avec le pouce de la main dextre, la figure de la lettre grecque Tau, par fréquentes réitérations. »
A l’époque de Rabelais, la plupart des adeptes de la science se connaissaient et, en tous pays, correspondaient. Ils formaient en quelque sorte des confréries secrètes.
Rabelais, toujours à la recherche d’un savoir universel, grand curieux, mena, comme Pantagruel, son héros, une existence de continuels voyages.
Philibert Delorme, grand initié et grand architecte de la Renaissance, (1510-1570)
Il connut non seulement des savants, des philosophes, des artistes, des architectes, mais aussi des bâtisseurs. De solides liens d’amitié l’unissaient à Philibert Delorme, qui portait le titre de « Maistre général des maçonneries du Royaume » et fut le grand chef de toutes les corporations de constructeurs.
Il inspira peut-être à Rabelais l’idéal social représenté par l’abbaye de Thélème. Nous y découvrons ses connaissances d’architecture. Il la décrit avec tant d’exactitude, dans sa structure comme dans ses proportions, que l’on pourrait en tracer le plan. Il accorde satisfaction au luxe, mais il n’oublie pas le confort. Il supprime les gargouilles en les remplaçant par des gouttières. L’auteur, considéré bien à tort par certains comme un ivrogne et un goinfre, s’il a établi avec minutie le plan d’un tel monastère, a pourtant oublié cuisine et salle à manger.
Il s’agit d’un bel édifice dans le goût de la première Renaissance française : on y trouve un bassin de natation, un théâtre, des cirques, des tirs, des jeux de paume, une galerie d’histoire naturelle, des bibliothèques, une exposition de tableaux et une fontaine où les Trois Grâces se montrent au milieu de la cour.
L’absence de mur d’enceinte fournit au Frère Jean des Entomeures l’occasion d’un mauvais calembour rappelant le célèbre jeu de mots : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. » A l’entrée, on lit cet agréable avertissement : « Fais ce que voudras. » Dans cette abbaye de Thélème qui représente l’institut rêvé par Rabelais, règne une parfaite élégance morale et intellectuelle. Le temps s’écoule en libérales études, en joyeux entretiens et en exercices d’art. Elle réunit les hommes libres et de bonnes moeurs. Panurge y développe la formule évangélique : « Paix sur la Terre, Bonne volonté entre les hommes. »
Théologien, géomètre, jurisconsulte, philosophe, mathématicien, poète, astronome, musicien, il fut un fervent disciple de Platon. Sa correspondance avec Guillaume Budé, patron des hellénistes, nous démontre à quel point il aspirait à l’idéal d’une cité atlantéenne.
En cela déjà, il démontre ses aspirations initiatiques.
Il rencontra Léonard de Vinci dont le Saint Jean Baptiste, le Bacchus, la Joconde, la Vierge aux rochers nous révèlent tant de symboles et de savoir hermétique. La science de Rabelais ne demeurait pas purement livresque. Il se tournait vers la nature et l’être vivant. Aussi décida-t-il d’étudier la médecine, la considérant comme la voie pour pénétrer plus profondément vers le secret de la vie.
Gouvernant sa barque dans la plus extraordinaire tempête de la pensée, il demeura toujours un homme de prévoyance et de précaution. La mort de François 1er en 1547 fit passer un nuage menaçant sur les travaux ensoleillés de Rabelais. Un an auparavant, déjà, Etienne Dolet subissait le supplice place Maubert à Paris, où il fut pendu et brûlé pour trois mots traduits de Platon. Mais Etienne Dolet était considéré comme un écrivain sérieux et grave, alors que les plaisanteries de Rabelais ne paraissaient point tirer à conséquence.
Cependant les persécuteurs de la pensée agissaient de plus en plus contre les philosophes et les humanistes. Clément Marot menait en exil une existence pénible. Bonaventure Despériers, qui avait pris sa défense, se suicidait. Alors Rabelais n’attendit plus un changement de politique pour mettre sa personne en sûreté. Il partit pour Metz, ville impériale. « Le malheur des temps a chassé Rabelais de France. Il n’est pas encore venu ici. Je sais qu’il s’est arrêté à Metz », écrivait de Saverne Jean Sturm, recteur du gymnase de Strasbourg.
Rabelais n’oubliait pas les censures de son Pantagruel. Ce livre, écrit uniquement pour des initiés, constitue, à lui seul, une merveilleuse doctrine ésotérique. Le cardinal de Perron l’appelait « Le Livre ». Son auteur a su y « rassembler ce qui est épars ».
Comme dans toutes ses œuvres, même les plus satiriques, on n’y trouve aucun fiel, nulle amertume. Rabelais maîtrise ses passions et la raison garde toujours la plus grande part. Tous ceux qui se penchent attentivement sur ses livres découvrent le génie d’un auteur aussi bon, aussi aimable, aussi gai qu’il sut être grand.
Note : à propos de Gargantua et de Gargamelle
Il ressort aujourd’hui, grâce aux recoupements donnés par des légendes locales, que le nom et les aventures de géants nommés Gargants (et parfois même Gargantua), montrent des indices tellement frappants qu’il est impossible de les attribuer au hasard. Au surplus ces légendes se retrouvent surtout dans des régions, campagnardes ou montagnardes, restées en dehors de la culture intellectuelle transmise par les fictions littéraires.
Il s’agit donc vraisemblablement d’un typique héros, et dont les actes nous permettent de saisir qu’il s’agit d’un personnage issu d’une antique mythologie celtique, sinon même pré-celtique.
En bref, Rabelais n’est pas « l’inventeur » du géant Gargantua, qui est une vieille figure du folklore de notre pays. Toutefois, les légendes populaires ont été passablement transformées dans les romans rabelaisiens, et notamment le personnage de Pantagruel semble complètement nouveau.
Au contraire, les parents de Gargantua (nommés Grandgousier et Gargamelle par Rabelais) existaient dans d’autres légendes, mais la géante s’appelait alors Galemelle, nom dans lequel nous retrouvons le mot Galle (ou Gaël) à peine transformé ; rappelons d’autre part que le terme Mell signifie « maillet » dans la langue bretonne et qu’un dieu au maillet est bien connu dans la religion gauloise. Au surplus Galemelle est une géante « porte-pierre ». Dans son énorme tablier elle déplaçait des blocs rocheux, et son fils, Gargantua, les portait pour sa part dans une hotte, avant de les enraciner en des lieux choisis par lui. Quelques manuscrits anonymes (attribués à un obscur écrivain, nommé Billon d’Issoudun) parurent deux ans avant le Gargantua de Rabelais, et il existe également une chronique du xvie siècle intitulée : Le vray Gargantua.
à paraitre en mars 2025 (tirage exceptionnel et limité)
La publication attribuée à Billon d’Issoudun présentait Les Grandes et Inestimables Chroniques de l’énorme géant Gargantua, et ce récit nous apprend quelques faits surprenants. L’auteur nous dit que Gargantua se mit au service du roi Arthur, le héros celtique des légendes de Grande-Bretagne et d’Armorique, et Merlin lui-même ensevelit les parents du géant ; selon ce récit nous découvrons que Grantgosier repose au mont Tombe (qui n’est autre que l’actuel mont Saint-Michel), tandis que Galemelle est enterrée dans la colline voisine de Tomblaine. On peut déduire, de ces curieuses indications, que nous recueillons dans ce conte l’écho d’une tradition lointaine : celle-ci nous apprend que ce furent des dieux ou des demi-dieux archaïques qui donnèrent un sens sacré aux deux grands tertres de la future baie de l’Archange ; de toute façon il reste certain que c’est bien avant la naissance du cycle littéraire qui raconte les aventures du roi Arthur (La Table ronde) que le mont Saint-Michel fut désigné comme un « mont Tombe ». Et il n’est pas sans intérêt de noter que, pour y construire le premier oratoire chrétien, l’évêque Aubert (vers l’année 709) dut faire déraciner deux importants mégalithes qui attestaient que ce lieu était lié aux vieux cultes de la préhistoire. Des inventaires qui proviennent de vieilles archives de la Manche nous apprennent d’ailleurs que jusqu’en 1308 on célébrait la fête de saint Michel « au mont de Garguan », ce qui permet de supposer qu’il s’agissait de notre actuel mont Saint-Michel, et la probabilité s’accroît encore si l’on se rappelle que les premières reliques (attribuées à l’archange chrétien) furent rapportées au mont Tombe du sud de l’Italie où il existe un mont Gargano (ou mont du Géant) qui fut précisément dédié à saint Michel par une église consacrée au Ve siècle. Les monts et les lieux Gargan, les pierres levées ou les « chaises » attribuées à Gargantua, forment un vaste ensemble à travers les provinces françaises ; quant aux travaux de notre géant, ils composent une suite de récits légendaires et fantastiques : cours d’eau gonflés (ou mis à sec quand notre voyageur avait soif), création de marais ou de collines ; nous retrouvons là les traces d’un dieu-colosse populaire lié au culte de Bélen, et n’est-il pas curieux que son nom ait servi à Rabelais dans des ouvrages qui dénoncent l’intolérance religieuse ?
On l’a un peu oublié mais psychanalyse nait de l’étude des EMC (états modifiés de la conscience.
Un peu d’histoire
Le cogito de la transe ou le rêveur éveillé.
L’origine lointaine de la psychanalyse est à chercher dans l’exorcisme de la possession, peut-être même dans d’anciens cultes européens de possession qui ont « transité » par le magnétisme animal, puis l’hypnose. Dans toutes ces psychothérapies préfreudiennes le ressort de la cure était l’installation et la gestion d’un état de transe, comme le souligne après Freud et dans son prolongement, S. Ferenczi (1987). Mesmer a « naturalisé » la transe, l’a arrachée à son ancien contexte religieux pour la rattacher au « magnétisme animal» qui est de l’ordre de la nature et, dirions-nous aujourd’hui, de la « bio-énergie ». La transe, c’est la crise salutaire dont le médecin peut « se rendre maître » (Mesmer), qu’il peut gérer et que le patient doit traverser pour guérir. De là on passe à l’induction du « somnambulisme artificiel » (Puységur), puis à l’hypnose (Braid), et, enfin, à la psychanalyse qui remplace, dans le rituel thérapeutique, la transe profonde (somnambulique) par une transe légère (associative). Voilà la chaîne généalogique dans laquelle s’inscrit « la naissance du psychanalyste » (Chertok et de Saussure, 1973). Mais pour guérir, le sujet doit toujours transiter par la transe.
La vie de saint Marcel fut commandée par l’évêque saint Germain de Paris, l’un de ses successeurs, à Venance Fortunat, homme de lettres originaire d’Italie et auteur de nombreuses vies de saints. Le nombre important d’années qui séparent l’auteur du saint, nous laisse penser que Venance fut influencé dans son écriture par le modèle des évêques du VIe siècle dont il était proche. Il devient lui-même évêque de Poitiers vers 600. La vie de saint Marcel est une hagiographie, son but est donc d’exalter la sainteté d’un personnage. A travers le récit des miracles du saint, l’auteur nous livre les caractéristiques principales du rôle de l’évêque à son époque.
saman ou chamane : il n’y a pas de chamane ailleurs qu’en sibérie ! Au cours du siècle dernier, les anthropologues ont examiné les pratiques chamaniques du monde entier, sans jamais vraiment en saisir l’essentiel.
Selon Jeremy Narby, l’anthropologie fut fondée à la fin du 19e siècle en vue d’étudier les sociétés dites, selon les termes de Charles Darwin dans son ouvrage de 1871, « primitives », « inférieures », « vivant à l’âge de pierre ». Certains des « sauvages » auraient même, selon Edward Tylor que reprend Narby, « perdu le caractère raisonnable qu’ils nous semblent avoir possédé à leurs premières origines. Jugé du point de vue de notre standard moderne de connaissance, qui est en tout cas à un niveau élevé par rapport au leur, la plupart des choses qu’ils croient être vraies doivent être établies comme fausses. »
Parallèlement, les premiers anthropologues auraient inventé le mot « chamanisme » (celui de « chamane » serait d’origine sibérienne) pour précisément répertorier « les pratiques les moins compréhensibles des primitifs ». A ce titre, le saman, dans la langue toungouse, joue du tambour et guérit les gens en entrant en transe.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.