Holotropismes : le rêveur éveillé

On l’a un peu oublié mais psychanalyse nait de l’étude des EMC (états modifiés de la conscience.

Un peu d’histoire

Le cogito de la transe ou le rêveur éveillé.

L’origine lointaine de la psychanalyse est à chercher dans l’exorcisme de la possession, peut-être même dans d’anciens cultes européens de possession qui ont « transité » par le magnétisme animal, puis l’hypnose. Dans toutes ces psychothérapies préfreudiennes le ressort de la cure était l’installation et la gestion d’un état de transe, comme le souligne après Freud et dans son prolongement, S. Ferenczi (1987). Mesmer a « naturalisé » la transe, l’a arrachée à son ancien contexte religieux pour la rattacher au « magnétisme animal» qui est de l’ordre de la nature et, dirions-nous aujourd’hui, de la « bio-énergie ». La transe, c’est la crise salutaire dont le médecin peut « se rendre maître » (Mesmer), qu’il peut gérer et que le patient doit traverser pour guérir. De là on passe à l’induction du « somnambulisme artificiel » (Puységur), puis à l’hypnose (Braid), et, enfin, à la psychanalyse qui remplace, dans le rituel thérapeutique, la transe profonde (somnambulique) par une transe légère (associative). Voilà la chaîne généalogique dans laquelle s’inscrit « la naissance du psychanalyste » (Chertok et de Saussure, 1973). Mais pour guérir, le sujet doit toujours transiter par la transe.

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La légende St Marcel et les mystères de la Bièvre

La vie de saint Marcel fut commandée par l’évêque saint Germain de Paris, l’un de ses successeurs, à Venance Fortunat, homme de lettres originaire d’Italie et auteur de nombreuses vies de saints. Le nombre important d’années qui séparent l’auteur du saint, nous laisse penser que Venance fut influencé dans son écriture par le modèle des évêques du VIe siècle dont il était proche. Il devient lui-même évêque de Poitiers vers 600. La vie de saint Marcel est une hagiographie, son but est donc d’exalter la sainteté d’un personnage. A travers le récit des miracles du saint, l’auteur nous livre les caractéristiques principales du rôle de l’évêque à son époque.

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de la transe néoténique à la conscience hallucinée : pour un nouveau cogito

 

saman ou chamane : il n’y a pas de chamane ailleurs qu’en sibérie ! Au cours du siècle dernier, les anthropologues ont examiné les pratiques chamaniques du monde entier, sans jamais vraiment en saisir l’essentiel.

Selon Jeremy Narby, l’anthropologie fut fondée à la fin du 19e siècle en vue d’étudier les sociétés dites, selon les termes de Charles Darwin dans son ouvrage de 1871, « primitives », « inférieures », « vivant à l’âge de pierre ». Certains des « sauvages » auraient même, selon Edward Tylor que reprend Narby, « perdu le caractère raisonnable qu’ils nous semblent avoir possédé à leurs premières origines. Jugé du point de vue de notre standard moderne de connaissance, qui est en tout cas à un niveau élevé par rapport au leur, la plupart des choses qu’ils croient être vraies doivent être établies comme fausses. »

Parallèlement, les premiers anthropologues auraient inventé le mot « chamanisme » (celui de « chamane » serait d’origine sibérienne) pour précisément répertorier « les pratiques les moins compréhensibles des primitifs ». A ce titre, le saman, dans la langue toungouse, joue du tambour et guérit les gens en entrant en transe.

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Un chemin vers Soi : CG Jung et la genèse d’une idée

Le chemin vers le Soi passe par l’œuvre au noir : la fameuse nuit des mystiques. Cela peut prendre du temps : quelques années et parfois toute une vie. L’individuation n’est pas l’individualisation !

Résumé rapide mas non exhaustif :

Au cours des années trente, Jung fréquente les oeuvres des alchimistes. «Seigneur, quelle stupidité ! Il n’est pas possible de comprendre ça »2, s’exclame-t-il d’abord. Mais en répétant l’expé­rience, il y entrevoit l’expression d’une harmonisation entre des principes opposés. Le coït du Roi et de la Reine symbolise la conjonction des opposés. Le fruit de leur union est le « soi ». L’essentiel de l’individuation n’est plus dans un refus de l’adapta­tion. La « différenciation » n’est qu’une première étape au cours de laquelle il est demandé de débarrasser l’individu de ses identifica­tions inessentielles, comme dans une Œuvre au Noir. Elle est suivie d’une renaissance : l’advenir du soi (Selbstwerdung). L’individu découvre en lui un centre, qui n’est pas le centre de sa personnalité consciente car cette recherche n’est pas égocentrée. Le soi embrasse aussi la psyché inconsciente. La recherche du centre, qui est une recherche d’ordre et de totalité, a une portée cosmique. Le soi n’est pas le centre de l’individu. Il est le « but » d’un individu qui cherche à se centrer dans un univers sensé.  Au fond la recherche de son propre centre revient à rechercher également celui de « L’uni-Vers »

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Salix Nonis Tengu

 

25 ème degré du rite de perfection et 32 ème et avant dernier grade du R.E.A.A. Ce grade illustre notre démonstration sur les origines prussiennes du REAA et ses rapports avec la stricte observance templière. De fait le REEA commence son échelle au 4ème degré. Voyons plus en détail.

aquarelle du XIX -ème

L’instruction du grade ne fait aucun doute :

« Le Royal Secret ou Rendez-vous des Sublimes Princes, Instructions pour le Rendez-vous des Frères Chevaliers Princes et Commandeurs du Royal Secret et Kadosh ou les saint Frères séparés.

Frédéric III, roi de Prusse, Grand Maître et Commandant en Chef, Souverain des Souverains, etc, et une armée composée des Chevaliers Princes de l’Aigle Blanc et Noir, comportant des Prussiens, des Anglais et des Français, rejoints par les Princes du Liban ou de Royale Hache, les Chevaliers de Rose+Croix ou de Saint André, les Chevaliers d’Orient et d’Occident, les Princes de Jérusalem, les Chevaliers d’Orient, les Grands Elus Parfaits et Sublimes Maçons, les Chevaliers de Royale Arche, les Sublimes Chevaliers Elus, etc, etc, etc.

Le Tableau du Camp doit être décrit comme suit :

Le Triangle Equilatéral, au centre du Tableau, représente le centre de l’Armée et on y voit les Chevaliers de Malte, qui ont été admis à nos mystères et qui se sont montrés les fidèles gardiens de l’Ordre côte à côte avec les Chevaliers de l’Aigle Blanc et Noir.

Les corps d’armée installés dans le Pentagone sont sous les ordres de cinq princes qui assurent ce commandement soit collectivement, soit par rotation, selon leurs Grades et reçoivent leurs ordres directement du Souverain des Souverains, Grand Maître ou Commandant en Chef.

Ces cinq Princes planteront leurs bannières aux cinq angles du Pentagone de la façon suivante :

  • la Bannière ou Oriflamme T, aux armes d’un Lion d’or, tenant une Clef d’or dans sa bouche et portant un collier d’or sur lequelles lettres S, Q et S sont gravées ; ce Lion est sur champ d’azur et la devise Ad majorera Dei gloriam est brodée au bas de cet Oriflamme ;
  • la Bannière ou l’Oriflamme E, aux armes d’un Coeur Enflammé de gueule, ailé de sable, couronné de laurier de sinople sur champ d’argent ;
  • la Bannière ou l’Oriflamme N, aux armes d’un aigle à deux têtes éployé, une couronne d’or reliant les deux têtes comme le ferait un collier, tenant dans sa serre droite une épée nue, la pointe basse et un coeur ensanglanté dans sa serre gauche, le tout sur champ de sinople ;
  • la Bannière ou l’Oriflamme G, aux armes d’un boeuf de sable sur champ d’or ;
  • la Bannière ou l’Oriflamme U, aux armes de l’Arche d’Alliance entourée de deux palmiers de sinople sur champ de pourpre, la devise Laus Deo figurant au bas de l’Oriflamme.

L’Heptagone représenté sur le Tableau est le camp des Princes du Liban et des Princes de Jérusalem, qui reçoivent leurs ordres des Princes susmentionnés.

L’Ennéagone représenté sur le Tableau est le camp des Maçons de tous les Grades qui vont être maintenant indiqués. On notera que chaque tente représente un camp complet et que les étendards ou pennons indiquent les différents Degrés de la Maçonnerie et que chacune des lettres qui distinguent ces étendards est issue des Mots dont il est fait usage en ce Sublime Degré. Ainsi le Degré de Rose+Croix. ou de Saint-André, ou encore de l’Aigle Blanc sera signalé par un étendard et des pennons blancs légèrement liserés de rouge et camp de ce Degré sera représenté par la tente S.

  • La première tente, notée S et appelée Malachias , marque le camp des Chevaliers d’Orient et d’Occident et des Princes de Jérusalem.
  • La seconde tente, notée A et appelée Zurubbabel, a un pennon vert clair et marque le camp des Chevaliers d’Orient ou de l’Epée.
  • La troisième tente, notée L appelée Nehemias, a un pennon rouge et marque le camp des Grands Elus Parfaits et Sublimes Maçons.
  • La quatrième tente, notée I et appelée Homen, a un pennon noir et rouge et marque le camp des Chevaliers de Royale Arche.
  • La cinquième tente, notée X et appelée Phaleg, a un pennon noir et marque le camp des Elus des Neuf, des Elus de Quinze et des Chevaliers Illustres.
  • La sixième tente, notée N et appelée Joyada, a un pennon rouge et noir et marque le camp des Prévôts et Juges.
  • La septième tente, notée O et appelée Eliab, a un pennon vert et rouge et marque le camp des Intendants des Bâtiments et des Secrétaires Intimes.
  • La huitième tente, notée N et appelée Josué, a un pennon vert et marque le camp des Maîtres Parfaits et des Maîtres Secrets.
  • La neuvième tente, notée S et appelée Esdras, a un pennon bleu et marque le camp des Maçons symboliques et des volontaires.

L’heure du Rendez-Vous devra être la cinquième heure après le coucher du Soleil et sera signalée par cinq grands coups de canon, le premier détaché, les quatre autres rapidement et à intervalles égaux.

Le premier Rendez-Vous aura lieu dans le port de Naples. De là on se rendra au port de Rhodes puis de Rhodes à Chypre et à Malte où l’ensemble des forces navales de toutes les nations sera rassemblé. Le troi­sième Rendez-Vous aura lieu à Joppa et les forces terrestres auront un Rendez-Vous à Jérusalem, où elles seront rejointes par nos fidèles gar­diens demeurés en ce lieu.

Les noms des porteurs de nos bannières seront Bezelee’l, Eliab, Manchen, Garinous et Emerk. etc … etc ..

Nous donnons l’ensemble des détails dans un cahier numérique (manuscrit H.A. Francken et manuscrit Caignet antérieur) mais avant examinons deux détails qui ont leur importance : qui est l’auteur de ce garde (et nous savons désormais qui) et pourquoi un vieillard s’appuyant sur une béquille figure dans le triangle central ?

le triangle au sein de pentagone avec le vieillard s’appuyant sur une béquille.

1- le Vieillard

Selon toute apparence, il évoque les tribus d’Israël, et donc le grade de Chef des douze tribus. Nous en serions bien loin s’il n’était pas possible de se reporter au dictionnaire de langue hébraïque bien connu des faiseurs de rituels du dix-huitième siècle pour orner leur prose, celui d’Edward Leigh. Au mot mattch qui signifie à la fois bâton et. tribu, cet auteur explique : « Pour moi, je crois que cela se dit seulement des douze Tribus, parce qu’elles étaient le bâton, ou l’appui du Patriarche Jacob ». Comme l’Écossisme est sans nul doute forgé par (les francs-maçons jacobites, justement, la formule est opportune. Mais aussi : « Et par métaphore il se rapporte à l’usage du bâton qui soutient l’homme qui s’y appuie ».

L’invitation au combat est évident. Par le jeu des allégories ou métaphores qui associent d’un côté différents épisodes bibliques du retour en terre promise, de la construction ou reconstruction du temple de Jérusalem, et d’un autre côté les Croisades où se sont distingués des chevaliers et princes d’Occident, au premier chef Godefroy de Bouillon, l’inventeur du Royal-Secret propose un tableau des hauts grades maçonniques où la dominante écossaise est indéniable dans le cadre d’une renaissance du templarisme allemand sous l’impulsion du baron Von Hundt. Mais qui est-il ?

2- L’inventeur

broderie réalisée par Sandra Clerbois

 

à télécharger ici (avec des llustrations inédites)

Autorité spirituelle et pouvoir temporel : apophatisme du R.E.A.A.

BNF, tablier de Grand architecte 12ème et 13 ème degré

APOPHATISME ET R.E.A.A.

C’est au 13e grade qu’est soulignée l’incapacité du langage et de la pensée conceptuelle à exprimer l’ultime. Après avoir, depuis Malkuth, remonté l’ensemble des sephiroth représentant les attributs divins, atteint Kether et le centre de l’idée, les initiés se voient présenter le mot ineffable qui ne doit sortir d’aucune lèvre.

À ce niveau on peut se poser la question d’un deuxième sens éventuel de la « Parole perdue ». Le premier, évident, est celui d’une altération de l’enseignement, dans son contenu, voire sa méthode, peut-être consécutif aux avatars du passage de l’opératif au spéculatif, aboutissant en tout cas à un mot substitué, en attendant que «le temps et les circonstances », comme dit le Rite Émulation, fassent retrouver les véritables secrets. Mais lorsque le mot est retrouvé, c’est pour constater que son usage est perdu et qu’on ne sait plus l’invoquer.

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Les forgerons de la Bible : Hiram et Tubalcain

Livre numérique : les forgerons de la Bible

Le personnage d’Hiram, incontestablement un bronzier, pourrait être entrevu comme une exception au sein de l’histoire du peuple d’Israël, que l’on a tendance à voir comme un peuple essentiellement composé de bergers pacifiques. Il n’en est rien, toute l’histoire rituelle du peuple juif jusqu’à la captivité à Babylone met en évidence l’importance de la tradition des bronziers dans leur vécu religieux et journalier mais aussi guerrier.

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Science et hermétisme