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MAHHABONE et le mot de Maitre

Tablier en M.B.

Historique

Historiquement selon l’érudit Claude GUÉRILLOT on constate un système trigradal dès 1700, parallèle­ment à un système digradal qui sera celui adopté par les «Moderns» à la constitution de la première Grande Loge en 1717 ; Ces derniers commencèrent à pratiquer un système Apprenti-Compagnon-Maître aux alen­tours de 1725, officialisé en 1731. L’orientation trop déiste de cette première Grande Loge, autant que l’inversion des mots d’Apprenti et Compagnon et autres modifications décidées par les «Moderns», pro­bablement à la suite des divulgations de Pritchard, poussa de nombreuses loges à se retirer de l’Obédience récemment créée puis à rejoindre progressivement à partir de 1751  la nouvelle Obédience des «Antients» créée par des Francs-Maçons d’origine irlandaise.

La conséquence de ce schéma historique est l’existence de trois familles de mots de maître :

  1. la famille du prototype «Mahabyn» avec ses dérivés (Matchpin, Maughbin, Magboe), témoin de l’antique système trigradal
  2. la famille du prototype «Machbenah» et de son corollaire abrégé «M.B.» avec ses dérivés (Mak­benak, Makbenark, Macbenac, Mackbenak, Macbenack, Makbenah), adopté par les «Moderns» à partir du moment où ils optèrent pour un système trigradal.
  3. la famille du prototype «Mahhabone» et ses dérivés (Moabon, Mahaboneh, Mohabon), à partir de la création de la Grande Loge des «Antients». On a souvent voulu voir, dans ces trois familles, des déformations d’un même mot.

Les origines du mot

La Bible nous donne par trois fois des noms de personnages proches du Mot de Maître.

Nous trouvons ainsi dans les Nom­bres (Nb 13.15), trace d’un certain Makhi, de la tribu de Gad, et père de Gheouel, l’un des envoyés de Moïse à la découverte de la Terre de Canaan. Plus proche phonétiquement est la mention de Makhbénah  dans les Chroniques (1Ch 2.49). Il s’agit des Généalogies, et rien n’est dit sur le personnage. Enfin, toujours dans les Chroniques (1Ch 12.13) se trouve un Makhbanaï. Egalement membre de la tribu de Gad, il passa au service de David. Lui et les siens étaient, nous dit la Bible, « des hommes de guerre,  maniant le bouclier et la lance, ayant une apparence de lion, et semblables à des chamois sur les montagnes pour la rapidité  ». Il faut bien re­connaître que les trois citations ci-des­sus n’apportent pas grand-chose à notre recherche. Tout au plus pour­rait-on en inférer que le mot n’a pas été choisi au hasard, mais est, comme ceux des autres grades, d’origine bi­blique. Une petite lueur nous est apportée par une table de concor­dance des noms, annexée à la Bible de Barker (Angleterre 1580). Roy A. Wells la mentionne dans l’ouvrage cité plus haut. Il précise aussi que l’on ne sait, hélas, pas d’où viennent les renseignements s’y trouvant. Toujours est-il qu’à Macbannai est attachée la définition : « Un malheureux, ou mon pauvre fils, ou l’indigence de la com­préhension. »

Tableau synoptique des mots de Maitre selon les rites

De même, Macbenah est-il défini par : « Pauvreté, l’assassinat d’un fils, l’indigence de la compréhension, ou l’assassinat du constructeur. »

Enfin, Machi voudrait dire « Pau­vre, ou assassin ». Les références bi­bliques données plus haut sont rap­pelées dans la Table onomastique susnommée. Nous essaierons de voir, dans la deuxième partie, jusqu’où l’hébreu peut justifier les traductions proposées. Il n’en reste pas moins que leur association avec des noms pro­pres est apparemment incohérente. Il est, en revanche, plus simple de suivre l’existence et la corruption du mot de Maître Maçon depuis envi­ron deux siècles. C’est ainsi que le Manuscrit Sloane, qui date d’environ 1700, contient une allusion précise : « … et ils en ont un autre, appelé Mot de Maître, c’est Mahabyn, que l’on di­vise toujours en deux parties. Les uns [les Maçons] murmurent « Maha » à l’oreille des autres qui répondent de la même manière « byn ». »

Le Manuscrit de Trinity College de Dublin (environ 1711) parle pour sa part du mot Matchpin.

A Mason’s Examination de 1723 mentionne Maughbin dans le quatrain suivant :

  • Si tu veux devenir Maître Maçon,
  • Observe bien la règle du trois.
  • Ce que tu cherches en Maçonnerie,
  • T’est donné librement grâce à ta Marque et à Maughbin.

En 1725, une autre divulgation, inti­tulée The Whole Institution of Freemasons Opened, donne le mot comme étant « Magboe and Boe ». Pour la première fois dans les textes étudiés, la significa­tion de ce mot est donnée par « Marrow in the Bone » ce qui signifie : « Moelle dans l’os ». Le texte précise d’ailleurs que le secret de la Franc-Maçonnerie doit être caché comme la moelle l’est dans l’os.

Le célèbre Manuscrit Graham (1726), bien que ne mentionnant pas de mot particulier, doit être cité à ce point pré­cis. Il raconte en effet l’histoire de Noé mort et relevé par ses fils. L’un d’entre eux s’écriant : « Mais il y a encore de la moelle dans cet os ! » Une référence au relèvement de Noé (Noah).

On trouve également MAKHBENAH dérivant de Makhi, dont la signification était « Pauvre ou assassin ».

Nous trouvons aussi deux autres assonances simples, MAHA-VOAH, qui signifie « cachette » et MA-HAVAK, qui veut dire « embrassade, étreinte ».Il faut se placer dans le récit mythique : une équipe de recherche, découvrant un corps dissi­mulé à la hâte par ses assassins, nous pouvons convenir qu’une phrase telle que « Leur cachette est découverte » au­rait pu être prononcée. De même, le relevage du corps se fait-il bien au moyen d’une étreinte, le deuxième mot étant alors plausible. Dans la même veine, en nous souvenant que le Mot de Maître Maçon est prononcé par le Vénérable au moment précis ou le corps est relevé, nous noterons que ANAKH veut dire « fil à plomb, verticale, dres­ser ».

Le mot METH veut dire « mort » (participe passé).

Enfin, une interprétation intéressante est également donnée en notant que ANAH et ANAKH veulent dire « sou­pir, gémissement ». Le Mot de Maître Maçon pourrait alors se lire METH (ANAHNOU) BE ANAKH c’est-à-dire : « Il est mort, nous sommes dans la dé­tresse, nous nous lamentons. »

Basée sur le mot MhB, une interpré­tation intéressante a déjà été proposée  par plusieurs auteurs. Se basant sur le fait que BONEH veut dire construc­teur, elle revient à vocaliser le mot en MI HABONEH, forme interrogative signifiant « Qui est le constructeur (ou l’architecte) ? » Tant par son assonance que par l’idée développée, cette forme mérite d’être retenue.

On sait, en effet, que l’idée du mot substitué, proposé au moment de la découverte du corps, est bien de rem­placer l’ancien Mot de Maître, qui était, dit le rituel, un des noms de l’Eternel.

Dès lors, en posant la question ci-dessus, en demandant qui est l’archi­tecte, le Maître s’assure de la qualité de son interlocuteur. Dans ce même ordre d’idées, une autre expression intéressante est MAH HAKAVANAH qui veut dire « Quelle est l’intention ? » et se rapproche de la question ci-dessus, « Qui est le Maitre ? ».

Une autre approche consiste à collecteur significations générale­ment admises dans les rituels, et voir ce que donne leur traduction. C’est ainsi que le Rite Emulation nous enseigne que le Mot de Maître Maçon signifie « La mort de l’Architecte ou l’Ar­chitecte est mort ». La traduction sim­ple en est, en effet, METH HABO-NEH, ou plus proche phonétiquement MOUKEH HA BO-NEH, qui veut dire que l’Architecte est mort d’avoir été frappé.(smitten).

Le Rite Français et le Rite Ecossais Rectifié donnent, comme on peut s’y attendre, des significations très voisines au Mot de Maître Maçon. Disons de suite qu’une traduction exacte de « La chair quitte les os » ne donne rien de proche des mots connus. En revanche, un rapprochement entre BONEH, constructeur en hébreu, et bone, en an­glais est assez suggestif. Un rapproche­ment avec le mythe noachique décrit dans le Manuscrit Graham, et l’excla­mation « But there is yet marrow in this bone ! » se fait naturellement. Cher­chant alors une traduction satisfaisante de « Marrow in this bone », nous propo­sons MEAH BENOAH qui signifie exactement « Il y a de la moelle dans Noé » (sous-entendu les os de Noé). Qui plus est, tenant compte du fait que les deux mots MEAH et NOAH sont écrits en écriture dite défective et com­portent chacun une particularité voca­lique (appelée — pour mémoire — patah furtif), il y a gros à parier qu’un non-spécialiste, sachant tout juste déchiffrer l’hébreu, lirait l’expression ci-dessus MahbeNah.

franc-maçonnerie

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Signalons à ce sujet que le Tuileur de Vuillaume, dans le fac-similé de son édition de 1830, donne comme Mot de Maître (Rite Ecossais Ancien Accepté) MOABON, nom approximatif du fils de Loth, né de l’inceste bien connu (Gen 19.36-37). La signification de ce mot est « du père » (issu du père), construit suivant un schéma plutôt ré­servé aux noms abstraits. Vuillaume note que certaines loges traduisent ce mot par « pourri jusqu’aux os », et ajoute qu’il ignore sur quel fondement. Il pense que cette interprétation conviendrait mieux :

« au mot sacré du Rite Français Mak B’nah (et non pas Mac-Benac, comme on l’enseigne) et qui signifie aedificantis putrido, filius putrificationis, racines Mak et Ben. Ce mot est le même que Makhbenah, syriaque, qui signifie percussio, interfectio aedificantis, racine Nacah ou Maha, chaldéen percussit. »

Il nous faut reconnaître qu’une amorce sérieuse de solution ce problème pourrait bien se trouver dans les lignes ci-dessus et ci-dessous. Le travail de Vuillaume, au plan maçonnique, est encore aujourd’hui reconnu pour très sérieux. Comme toujours àces savantes explications il faut cependant tourner le dos car il existe une toute autre approche basée sur Ma-ha-bon ou encore Mak’ Haben.  à suivre dans notre ouvrage.

 

Jean Thenaud, cabbaliste du Roi

 

  • mä hab-bônë    הנובה  המ
  • Mah haboneh, «Qui est l’Architecte ?»
  • mä hab-bonë    הנבה  המ
  • Mah haboneh, «Qui est l’architecte ?
  • mî hab-bônë     הנובה  המ
  • Mi haboneh,     «Qui est l’architecte ?»
  • Met hab-bônë   הנובה  המ
  • Meth haboneh, « L’architecte est mort ! »

Juxta Crucem Lacrimosa et la fausse énigme de Rennes le Château

La montagne fleurie. Église Marie Madeleine de Rennes le Château.

Autour de Rennes le Château, gravitent de nombreux ecclésiastiques dont l’abbé Antoine Gélis, curé de Coustaussa, village voisin de celui de Rennes le Château, qui aura une fin tragique alors qu’il était âgé de soixante-dix ans. Il fut trouvé assassiné dans son presbytère le let novembre 1897, frappé par son meurtrier de plusieurs blessures qui lui furent infligées avec un acharnement inouï. Aucun vol d’argent ne fut constaté, mais les papiers furent fouillés. Le seul indice est un paquet de papier à cigarette de la marque Le Tzar flottant dans une mare de sang. Sur l’une des feuilles est écrit d’une main malhabile : Viva Angélina ! Qui était cette Angélina ? Impossible de le savoir et le meurtrier ne fut jamais retrouvé.

Sur d’autres décès plane également un mystère, tel celui du successeur de l’Abbé Boudet, à la cure de Rennes-les-Bains, un autre village très proche de Rennes le Château. L’abbé Rescanière, c’était son nom, fut victime d’une agression dont il sortit indemne, mais on le retrouva mort quelques jours plus tard.

Il semblerait donc que dans l’ombre de l’abbé Saunière se soit ourdie une véritable rivalité, pour ne pas dire un combat, entre plusieurs abbés et curés.  Dans quel but ? Pourquoi ? Le mystère demeure entier et c’est dans ce contexte que nous ouvrons le dossier de l‘abbé « aux millions ».

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La cérémonie d’Holyrood et la consécration de la chevalerie du Temple de Jérusalem

 Le 30 septembre 1745, Jacques Drummond, 3e duc de Perth, écrivit d’Édimbourg à son parent David, Lord Ogilvy, mentionnant une cérémonie maçonnique secrète dans le sanctuaire du palais d’Holyrood :

« C’est vraiment une source de fierté que de voir notre prince dans le palais de ses pères, avec tout le meilleur sang d’Écosse autour de lui. Il est très aimé (le tous, et on ne peut empêcher l’Angleterre d’enrager pour cela. Lundi dernier, il y a eu un bal superbe au palais, et le mardi, sur rendez-vous, il y a eu un chapitre solennel de l’ancienne Chevalerie du Temple de Jérusalem, donné dans la salle d’audience – pas plus de dix chevaliers étaient présents, depuis que monseigneur de Mar a démenti le bureau de Grand Maître, aucune assemblée générale n’a eu lieu, acceptée dans votre convent du nord. Notre noble prince avait l’air très chevaleresque dans la robe blanche de l’Ordre, et il a pris sa profession comme un digne chevalier ; et, après avoir reçu les félicitations de tous ceux présents, il a juré qu’il rétablirait le Temple plus haut qu’il ne l’était au temps de Richard Coeur de Lion. Ensuite Monseigneur Atholl a démissionné du poste de régent, et son Altesse Royale fut élu Grand Maître. Je vous écris en sachant à quel point vous aimez l’Ordre… »

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Les origines du Grade de Maitre entre Mach Benah et Marrow Bone

Entre 1711 et 1725 un troisième grade apparait dans le système maçonnique et c’est celui qui en fera tout son succès, le grade de Maitre. En France il apparaitra également mais de façon très différente à celui des anglais. La Raison ? ce sont les maçons écossais qui l’introduisent et l’officialisent dans le système de Clermont.  Dans leur exil, les maçons écossais nombreux ont aussi apporté leurs rites. Au début il apparait dans toute sa pureté puis progressivement avec la domination culturelle anglaise il va se transformer peu à peu à son tour. De quoi parle t-on ici sinon de la double origine du grade de Maitre n’ayant rien à voir entre eux. Une origine noachite, l’authentique et écossaise et une fabrication hiramique, la fausse, celle des anglais calquée sur le peu que l’on savait à l’époque. A l’heure actuelle la plupart des rites, notamment celui du REAA sont tout simplement faux ! Difficile à croire et pourtant vrai.

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Le chevalier Andrew Michael Ramsay à la rencontre des écossais

Du chevalier Ramsay il n’existe pas de portrait et nous nous contenterons donc d’une simple silhouette pour l’évoquer.

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La garde écossaise, survivance néo-templière et chaine de transmission initiatique

L’arrestation des templiers ne signifia pas la fin  de l’ordre et il y eut de nombreuses survivances qui s’offraient aux nobles écossais se réclamant de l’héritage du Temple. Ils allaient ainsi préparer le terrain pour les derniers Stuart, qui trouveraient refuge en France, et pour la franc-maçonnerie typiquement jacobite — spécifiquement orientée vers les traditions du Temple — qui se rassembla autour d’eux. La garde écossaise serait aujourd’hui l’équivalent de la compagnie de la garde républicaine et le premier corps de gendarmerie sur le sol français.

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Heredom ou le symbole perdu du 3ème Temple

L’histoire de la Franc-maçonnerie est bien, complexe mais c’est bien en Ecosse et nulle part ailleurs sinon à Jérusalem qu’elle tire toutes ses origines. Elle le fruit de circonstances historiques et d’une conjonction entre trois courants : le prophétisme judaïque (Davidique), le Templarisme et un courant Rose-Croix venu d’Europe. Ses origines ne sont pas sur le continent mais bien dans les High lands, alors la question est pourquoi ?

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Templum Druidorum -1

Wuilliam Stukeley connu aussi sous son nom de Chyndonax, grand druide du Druidic ordre restauré à Londres en 1717. Il tient ici une branche de chêne.

Le présent travail sera exposé en deux voir trois parties :

  1. L’invisible college et les Rose-Croix
  2. Réveil du druidisme : Le bosquet sacré de Mount Haemus
  3. William Stuckeley et le réveil de Chyndomax

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