Tous les articles par Jacob K.

JK ... Journaliste, conférencier, écrivain et éditeur. Un parcours atypique allant de la recherche informatique (prix Innnova 1987) à l'édition en passant par la formation dans les nouvelles technologies. Auto édition, aide à l'édition, créateur et concepteur, je peux également vous assister dans l'accouchement de vos projets. Sous l'enseigne de Lux in arcana publishing nous diffusons et réalisons des cahiers et livres aux contenus originaux avec un regard neuf sur la Tradition vue sous l'angle des nouvelles disciplines et de l'anthropologie. Herméneutique et hermétisme sont un couple indissociable. N'hésitez pas à me contacter et bonne navigation sur notre blog ! vous pouvez me retrouver sur Facebook également (https://www.facebook.com/johan.rosslyn/) site de vente : https://toysondor.com

L’ésotérisme en Suisse : naissance de la Franc-Maçonnerie (3)

Quand le Canton de Vaud mène la danse, la nouvelle lumière révolutionnaire se lève à l’occident !

fm_suisseEn abattant la Franc-Maçonnerie, les seigneurs de Berne pensaient empêcher l’élite intellectuelle qui en faisait partie d’y propager les nouvelles idées révolutionnaires. Mais c’était sans compter sur la ténacité et l’ascendant de Maçons tels que Frédéric-César de La Harpe, Pierre-Maurice Glayre (ancien conseiller du roi de Pologne) et bien d’autres encore. Dès 1789, les idées révolutionnaires se propagent dans le pays à une rapidité incroyable par le biais de libelles et de journaux publiés par des Maçons, comme, par exemple, le Projet d’une Déclaration des Droits de l’Homme et des Citoyens, ou les Lettres de Philanthropus sur une révolution arrivée dans le canton de Berne, de Frédéric-César de La Harpe. Berne ne tarde pas à réagir et condamne nombre de Francs-maçons. Mais l’arrêté du 18 décembre 1797 du Directoire Exécutif français, qui rendait les gouvernements de Berne et de Fribourg responsables de la sécurité individuelle et des propriétés des habitants du Pays de Vaud, allait redonner force et vigueur à la Franc-Maçonnerie.

republique_helvetiqueDans la nuit du 23 au 24 janvier 1798, est distribuée la brochure écrite à Paris par Frédéric-César de La Harpe et intitulée Instructions pour l’Assemblée Représentative de la République lémanique, engageant les villes et les communes du Pays de Vaud à proclamer leur indépendance, à se constituer en République lémanique et à nommer une Assemblée représentative. Le 27 janvier, l’Assemblée provisoire, présidée par Pierre-Maurice Glayre, délègue des députés à Paris pour exprimer au Directoire la reconnaissance du Pays de Vaud et offrir à Frédéric-César de La Harpe la représentation du futur gouvernement vaudois à Paris. L’indépendance vaudoise avait rendu à la Franc-Maçonnerie sa liberté d’action. La vie maçonnique reprit rapidement son cours. A Neuchâtel, principauté prussienne, la loge Aux Trois Etoiles Flamboyantes s’éteint rapidement. C’est de la petite ville du Locle que renaîtra une Franc-Maçonnerie durable dans la principauté. Fondée le 22 octobre 1774, sous le titre Les Vrais Frères Unis, cette nouvelle loge réunira des Maçons émanant de la ville de Neuchâtel et du Littoral, ainsi que de la ville voisine de La Chaux-de-Fonds (qui n’était alors encore qu’un gros village). Elle évoluera sans trop d’histoires sous l’égide irrégulière de la Grande Loge de France, puis, régulière cette fois, du Grand Orient de France, dès 1780, par l’entremise de la loge de Besançon. Elle passera sous l’égide de la Grande Loge Aux Trois Globes de Berlin quand le Grand Orient de France suspendra ses activités durant la Révolution, en 1793. A cette même époque, Les Vrais Frères Unis durent eux aussi suspendre leurs activités jusqu’en octobre 1796.

Peu après la fondation de la loge locloise, il y aurait eu la création d’une seconde loge en ville de Neuchâtel, mais de très courte durée, si l’on en croit les Mémoires de l’Imprimeur du Roi, Abram-Louis Fauche-Borel :  » Je fus un de ceux qui fondèrent à Neuchâtel une loge affiliée à celle qui venait de s’établir au Locle. Elle fut fermée dans la suite, parce qu’il s’y était introduit des hommes qui s’occupaient de politique, ce qui était contraire aux règlements en vertu desquels aucune discussion de ce genre ne devait avoir lieu. » A cette époque qui précédait de peu la Révolution française, les esprits étaient surchauffés comme partout en Suisse par les idées nouvelles. C’est dans ce climat politique fait d’un mélange de tension, d’angoisse, d’attente et de curiosité qu’allait naître en mars 1791, sous le titre Frédéric-Guillaume La Bonne Harmonie, la première loge de Neuchâtel appelée à durer. Les francs-maçons de la ville et du Littoral qui, pour la plupart, se réunissaient habituellement au Locle, quittèrent leurs frères loclois pour la nouvelle loge neuchâteloise. Celle-ci, forte déjà de 14 membres, procéda à sa première initiation le 12 mai 1791 et continua de prospérer au rythme de trois ou quatre réceptions chaque année jusqu’en 1797. Mais, dès cette année, elle subit une crise due aux répercussions des événements révolutionnaires. Ce sera la cession du Pays de Neuchâtel à la France, en 1806, qui ramènera le calme et réveillera la loge neuchâteloise.

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L’ésotérisme en Suisse : naissance de la Franc-Maçonnerie (2)

sceau_locleBien que fondé par les anglais , la jeune franc-maçonnerie helvète se verra très rapidement frappée d’interdiction

L’interdiction de la Franc-Maçonnerie ne fut pas cantonnée qu’à Fribourg. En effet, à peine for­mées, les loges de Genève et Lausanne se virent frappées d’inter­dit. A Genève, George Hamilton fut sommé par le Petit Conseil, le 5 mars 1736, de refuser l’entrée dans sa loge aux citoyens genevois. Lorsque, l’an­née suivante, Hamilton fut nommé Grand Maître Provincial des loges de Genève par la Grande Loge de Londres, ce qui l’autorisait à fonder d’autres loges, les autorités religieu­ses de la ville intervinrent auprès des pouvoirs publics et le Conseil des Deux-Cents, par décision du 8 sep­tembre 1744, ratifia l’interdiction de la Franc-Maçonnerie à Genève. En effet, les gouvernements conserva­teurs de Genève et de Berne (qui coif­fait Lausanne) goûtaient aussi peu que Fribourg les idées sociales nou­velles qui couraient dans les Loges. Malgré l’interdiction, la Franc-Maçonnerie genevoise n’en continua pas moins de prospérer. Une des loges, l’Union, créée en 1768 (qui adoptera en 1806 le titre d’Union des Coeurs et est toujours active aujour­d’hui), se distingua par sa manière sérieuse de travailler, ce qui incita bon nombre de personnalités à y adhérer. C’est ainsi qu’elle eut l’occasion d’ini­tier, le 5 août 1789, le prince Edouard, duc de Kent, fils de Georges III d’Angleterre et père de la future reine Victoria. Il devint d’ailleurs, en 1813, Grand Maître de la Grande Loge d’Angleterre.

Le nombre grandissant des loges les incita pour la première fois à se regrouper en une Grande Loge Nationale de Genève, constituée le 24 juin 1769, qui rassemblait neuf loges. L’Union y adhérera en 1776. A noter que la loge La Discrétion de Zurich, alors unique loge de cette ville, en faisait également partie, car, créée en 1771, elle avait reçu sa patente de fondation de la Grande Loge Nationale de Genève.

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L’ésotérisme en Suisse : naissance de la Franc-Maçonnerie (1)

fm_suisseMalgré son air paisible et ses vallées riantes où les vaches paissent dans la douceur du soir, la Suisse a toujours abrité une vie secrète et ésotérique intense qui fut révélé lors de l’affaire du Temple solaire. Son sol hospitalier fut aussi le lieu d’union internationale, notamment dans le domaine maçonnique comme le récent appel de Bâle l’a souligné en juin 2012.

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Nous allons faire un petit tour d’horizon de ces étapes universalistes en commençant par un bref historique de l’apparition de la Franc-maçonnerie en Suisse lorsque celle-ci traversa le Jura français pour redescendre sur Genève.

Historique : si l’on s’accorde pour date sa fondation à 1717 à Londres, il ne faudra pas plus de 20 ans pour que celle-ci fasse son apparition en Suisse.

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Trois précis initiatico-alchimiques

trois_textesDeux  précis sur le processus alchimique de la Messe et un rituel abordant la réception d’un profane selon le processus alchimique plus un liminaire sur le Chi-Rô. Le tout livré dans ce premier cahier de la collection « Lux in Arcana ». D’autres cahiers suivront.

Le baptême du feu et de l’eau se conjuguent en Soleil et Lune, Soufre et Mercure sous la figure initiatrice et titulaire du Christ-Jésus. Là où pour les uns ce sont les opérations au fourneau qui priment, pour d’autres c’est dans la stricte observance du Rituel que peut s’exercer le Salut.

Le processus Chimique de la Messe dédié à Stanislas, Roi de Hongrie et de Bohème et les autres textes sont des bijoux rares de Gnose rosicrucienne. Nos notes sur le Chi-Rô feront le lien avec l’Adepte qui s’est révélé sous le peudonyme de Fulcanelli et dont nous avons brossé la biographie.

 

Le secret de René Descartes (2)

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Les 3 songes.                                                                                       

À cette période, René Descartes est en pleine quête de connaissance. Il vient de résoudre deux des trois pro­blèmes mathématiques – ce qu’aucun savant depuis l’Antiquité n’avait réussi à faire –, à savoir la duplication du cube et la trissection de l’angle. En mars 1619, il annonce à son ami Isaac Beeckman qu’il travaille à fon­der « une science toute nouvelle […] une méthode univer­selle qui va au-delà des mathématiques » et permet de résoudre toutes sortes de questions. Il ressent une exal­tante jubilation de l’esprit, tout heureux qu’il est d’avoir trouvé les fondements d’une science admirable. Il passe la journée du 9 novembre à méditer sur l’objet de sa quête. C’est alors que dans la nuit, près d’Ulm, il fait trois songes qui vont bouleverser son existence. Dans le pre­mier, il est poussé par un vent impétueux vers un mys­térieux collège où il rencontre un homme qui lui donne un melon. Il se réveille et, craignant que ce rêve ne soit l’oeuvre d’un mauvais génie, fait une prière. À peine se rendort-il qu’il fait un deuxième songe, suivi d’un troi­sième. Dans ces songes, on lui présente un dictionnaire et un recueil de poésies où la philosophie est jointe à la sagesse. En consultant ce recueil, il tombe sur ces mots : « Quel chemin suivrai-je dans la vie ? »

moregeometricoL’interprétation de ces trois songes a suscité de nom­breux commentaires. Comme l’ont constaté plusieurs auteurs, les événements qu’il vécut au cours de ces rêves ressemblent à plusieurs épisodes relatés dans Les Noces chymiques de Christian Rosenkreutz. René Descartes a conscience d’avoir vécu une expérience fondamentale et tente aussitôt de l’analyser.

Il juge ces songes si importants qu’il les retranscrit dans un recueil qu’il intitule Olympica (en fait un mot codé). Cette expérience lui apporte la confirmation qu’il est sur la bonne voie et que les mathématiques sont une clé essentielle pour comprendre les mystères de la Création. Descartes dira lui-même qu’il s’agit là de « l’affaire la plus importante de [sa] vie », et jusqu’à sa mort, il gardera tou­jours ce texte sur lui. Quatre ans plus tard, en 1623, il est de retour à Paris. C’est alors que son nom se trouve associé à la Rose-Croix.

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Le secret de René Descartes (1)

moregeometricoRené Descartes et la Fable du Monde. On connaissait ou croyait connaitre le philosophe mais c’était mal connaitre l’Homme qui a gardé plus d’un secret dont certains ne font que de nous parvenir aujourd’hui tant sa stature est immense. Si Fulcanelli devait avoir un prédécesseur nul doute que René Descartes assumerait parfaitement cette fonction, lui qui fut à la fois Philosophe, Géomètre, cosmologue et arpenteur de l’Art Royal. Bien loin de l’idée que l’on e fait de lui habituellement, sait-on seulement que son enseignement fut interdit en France pendant plus d’un siècle et qu’il faudra attendre 1824 pour que son nom réapparaisse ! .. Sur l’homme, sa vie, ses oeuvres on va de surprise en surprise, c’est que nous allons tenter d’expliquer.

Descartes et les R+C

Plusieurs historiens de l’ésotérisme ont voulu faire de René Descartes un Rose-Croix, au sens fort du terme. L’un des principaux responsables de cette position est l’évêque d’Avranches, Daniel Huet. En 1692, sous le pseudonyme de G. de l’A., il publia Nouveaux mémoires pour servir à l’histoire du cartésianisme, une satire qui prétend faire des révélations sur Descartes. On y apprend que celui-ci a importé la Rose-Croix en France et qu’il est l’un des inspecteurs de l’Ordre. Daniel Huet ajoute aussi que le philosophe n’est pas mort en 1650, car il est assuré de vivre cinq cents ans, et qu’il s’est retiré chez les Lapons où il dirige l’Ordre. Ce livre est à l’origine de nombreuses invraisemblances concernant la vie de Descartes. Plus près de nous, Charles Adam, dans son édition des Œuvres complètes de Descartes, tient lui aussi le philosophe pour un initié rosicrucien (1937).

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Vie de Jamnitzer

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Jamizer, Jamitzer, Jammitzer, Gamiczer, l’orthographe de ce nom d’ori­gine slave est aussi diverse qu’est peu connue la vie du personnage qu’il désigne. Sur la Perspectiva corporum regularium, ses nom et prénom sont orthographiés Wentzel Jamitzer. Nous avons adopté l’orthographe de l’érudition moderne, la même que celle de la pierre tombale : Jamnitzer.

L’orfèvre viennois, Hans Gamitzer, l’aîné, se fixa à Nuremberg à une date non précisée. Il mourut vers 1548. Son fils Wentzel, né à Vienne, acquiert la maîtrise dans sa nouvelle patrie en 1534, et se marie la même année. De son mariage avec Anna Braunreuchin naquirent huit fils et trois filles. Trois de ses fils devinrent orfèvres, ses filles contractèrent mariage dans la même corporation. Son fils Wenzeslaus mourut à Paris, où il séjournait pour affaires, l’année de la Saint-Barthélemy. Doit-on conclure qu’il en fut la victime?

Jamnitzer est nommé en 1543 graveur des poinçons de la ville; l’enregistre­ment de cette nomination est accompagné de la mention orfèvre très habile. Il est nommé échevin en 1573. Très soucieux du perfectionnement dans sa corpora­tion, il imposa aux futurs maîtres l’exécution d’un chef-d’oeuvre plus difficile qu’auparavant, un bocal d’apparat bosselé et repoussé au marteau en partant d’une feuille d’argent.

Soucieux de rendement, Jamnitzer employait dans son atelier une machine à empreindre des ornements sur des bandes de métal qui se retrouvent non seule­ment incorporées à ses propres travaux courants mais furent également cédées à des travailleurs sur cuir, des cartonniers, des relieurs.

Parmi ses travaux les plus importants mentionnons le Künstlichen Schreibtisch, bureau fastueux orné de figures pour l’électeur de Saxe, et ren­fermant des instruments scientifiques. La description de ce bureau et les croquis de certains détails sont conservés au Victoria and Albert Museum. –  Une fontaine de table exécutée pour Rodolphe II provoqua l’enthousiasme des contemporains. Cette pièce s’écrie un admirateur, non seulement révèle à l’oeil la physique et la metaphysique. mais aussi la politique avec bien des secrets poétiques et philosophiques – Un recueil de dessins coloriés mentionné dès 1583, laisse supposer une collaboration avec Jacopo Strada, collectionneur, antiquaire, ingénieur et l’un des intimes de Rodolph II.

Les archives de Dresde font état d’une vente d’instruments scientifiques réalisée par Jamnitzer : Il vendit à l’électeur de Saxe pour 150 florins plusieurs instruments, destinés originellement à l’empereur, à savoir: 3 règles graduées, 1 compas, 1 sphère, et offrit son livre paru en 1568, pour lequel il reçut 30 florins.   Les archives de Prague mentionnent à la date du 17 décembre 1581 le séjour d’un fils de Jamnitzer à la cour

« Il est alloué gracieusement 50 florins rhénans à l’entretien d’Abraham Jamnitzer, bourgeois et orfèvre de Nurem­berg envoyé par son père, Wenzel Jamnitzer, bourgeois et orfèvre de Nurem­berg, avec toutes sortes de singuliers instruments et objets en argent, à la cour de Prague, où il a été retenu par l’empereur Rodolphe II jusqu’au jour ci-dessus mentionné ».

Rosenberg estime à cinq mille le nombre des ouvrages d’orfèvrerie de la famille Jamnitzer. Sur ce total une centaine est actuellement répertoriée, dont cin­quante pièces attribuées avec plus ou moins de certitude à Wenzel lui-même, les autres à ses associés ou successeurs; tout le reste a disparu.

A sa mort en 1585, Jamnitzer laisse une affaire prospère et ses fils et petits-fils continueront à oeuvrer sous la marque d’orfèvre à la tête de lion.

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