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La 2ème totémisation ou le mystère du penser avec Lotus de Païni

De 70 à 36 avant notre ère environ régna Antiochos Ier, le plus célèbre des rois de la Commagène. Il s’efforça de rester neutre dans le conflit qui opposait Romains et Parthes.

 

L’INITIÉ

Pendant les périodes végétales, l’homme est soumis à une discipline morale très spéciale totalement différente de l’ancien entrainement psychique de l’Animal. Pendant que la totémisation Animale régit les hommes par la loi génitale sexuelle, la communauté du clan et le conseil des anciens, le code végétal astreint les hommes aux lois de la chasteté, au matriarcat, à la royauté et à une pédagogie agraire d’un caractère très religieux.

Le Totémisme végétalisant est une discipline ésotérique d’une extrême dureté elle plie avec une main de fer les hommes des terres Atlantéennes qui avaient dans leur sang le lourd héritage Lémurien et la décadence des derniers siècles, résultant d’un excès de culture sexuelle génitale.

La chasteté commande donc tout le lent processus occulte des cristallisations intérieures du Penser : la virginité, continence, épuration, transfert du mal, confession, etc… Les forces sexuelles que le rite animal avait déplacées et poussées physiologiquement vers la tête en exacerbant le sens génital, ces forces sexuelles sont maintenant reprises et dirigées psychiquement vers le cerveau, c’est-à-dire que le processus magique devient purement mystique .

Dans le principe de chasteté qui domine tout le Mystère de la Plante, l’Homme a une place extrêmement importante. dans cette deuxième totémisation, l’Homme est inféodé à la Femme. En effet, mais, de cette inféodation il ne s’ensuit pas que dans l’obscure formation du Penser le rôle de l’homme soit moindre Son rôle a été, quant à sa valeur intérieure, égal à celui de la Femme à qui il était mystiquement uni. Dans la volonté de la magie imitative cette union incarnait la double individualité de la Plante, c’était le grand couple royal divin, et l’initié y avait une part considérable.

L’Homme dans la formation du Penser, dans la lente montée de la sève humaine vers le cerveau, joue un rôle grave, un rôle infiniment douloureux, qui est une passion. Alors que la Femme vierge consacre à tout jamais les forces occultes de ses entrailles à l’arborescence du Penser et à la conscience profonde où l’être humain se reflète, l’Homme, lui est féminisé, il donne sa virilité aux forces mentales.

La magie imitative du rite de la Plante Émascula, châtra celui qu’elle voulait initier, supprimant en lui les possibilités de la vie génitale. Elle le rejeta violemment dans une vie intérieure où tout s’ordonne dans la contemplation spirituelle. Elle voulait, par cette intervention physiologique, ramener l’Homme en dedans de lui-même. Son geste avait pour fin de rouvrir l’œil intérieur de l’âme que le rite génésique animal avait trop brusquement voilé. En effet, sous la pression brutale de la suppression, cet œil s’éveilla de nouveau, mais alors il éclaira dans l’homme soumis à l’initiation un autre monde, il éclaira le monde occulte de sa sensorialité naissante.

L’homme Atlantéen n’était plus celui des temps primordiaux, alors que rien n’était touché dans l’unité de l’âme, dans l’en-dedans de l’être. Depuis, les portes des sens humains s’étaient ouvertes…, il n’était plus celui de l’Alcheringa…, le Rêve avait pâli…, l’expérience de la Terre était entrée insidieusement en lui et avait brisé la pure synthèse d’antan… Ce que cet homme VIT alors, ce fut l’ombre du germe intellectuel des phénomènes physiques ; il VIT ces phénomènes épars, isolés les uns des autres devant lui… C’était donc le déchirement de tout son être…, une angoisse indicible, mortelle…

En effet, sous l’action combinée des rites, des tabous et des disciplines physiologiques et spirituelles, la grande synthèse cosmique de son âme, que la longue évolution Lémurienne n’avait que peu touchée, cette grande synthèse fut mise en pièces. Cette unité fut broyée par l’impitoyable rythme de centration qui l’encerclait, se resserrait toujours davantage. Châtré, l’initié mourait à la vie génitale pour renaître à la vie du Penser analytique qui devait fouiller et lentement lacérer, déchiqueter en petits morceaux toute la substance de son âme…, renfermer dans le temps et l’espace ce qui n’a ni temps ni espace, -donner une forme à ce qui est illimité -, mettre de l’ombre à ce qui n’est que lumière donner du relief, de la solidité à ce qui est l’impalpable. Le Penser devait limiter, raccourcir, taillader dans l’âme de l’initié, où tout glissait l’un en l’autre, sans choc, comme les vagues inlassables d’un immense océan sans fond…, où rien ne faisait obstacle, où tout se confondait dans un grand rythme neutre. Le Penser devait arracher de son sein l’eau, le feu, l’orage, l’éclair, la pluie, la terre, les arbres, la fleur, le brin d’herbe, la mer, les profondeurs…, ceux-ci ne devaient plus être en lui, lui ne devait plus être en eux ! Le Penser devait déchirer son royaume cosmique, l’effriter, l’assombrir, l’alourdir pour l’ordonner: c’était une mort.

Son âme était indiciblement lacérée, son être coupé en morceaux…

L’initié Atlante ne devait plus faire corps avec la nature, il devait l’arracher d’elle et transporter dans un cadre limité,  » dans l’espace et le temps  », les lambeaux du grand frémissement universel. C’était une seconde mort. Tout le contenu psychologique vécu de notre philosophie du moi et du non-moi est là, dans ce drame végétal de l’Atlantide.La grande légende d’Osiris sous sa forme mythique courte, ramassée, est l’histoire de cette tragédie intérieure du Penser humain Le plus ancien manuscrit égyptien, le Livre des Morts, dit  » Osiris est le premier mon  » Phrase mystérieuse qui ne peut se comprendre si on ne pense à ce que fit le mystère douloureux de la Plante dans l’âme humaine…, le déchirement de la plénitude…, la mort de son entité cosmique…

Osiris fut le héros assez fort, assez maître de lui, pour affronter le premier la douloureuse mutilation : mourir à la vie génitale, au désir sensuel, et vivre le tragique morcellement de l’âme. Son corps est démembré en quatorze morceaux…, Il est la grande victime, le taureau du sacrifice, dit le vieux texte (le taureau, occultement l’Animal mystique de la force génitale).

La légende d’Osiris est extrêmement lointaine. Déjà on la trouve inscrite sur les pyramides de Saqqarah les Égyptiens, colons Atlantéens, avaient emporté jusqu’au bord du Nil leur vieux Mystère de la Plante. Voici les grandes lignes de cette légende que nous rapporte Plutarque, légende si simple et si profonde, si nous y recherchons le sens ésotérique de la formation du Penser… « Seth retrouve le corps d’Osiris, cette fois le coupe en quatorze morceaux, qu’il jette dans le Nil… Isis, désespérée, parcourt la terre à la recherche de son époux, en retrouve les morceaux à l’exception du phallus qui a été mangé par l’oxyrhynque. Elle réunit ces morceaux, leur redonne vie (par sa magie) et fait un simulacre de bois du phallus, place le corps de son époux dans un cercueil et, sous la forme d’un vautour voletant autour du corps, elle se féconde et conçoit Horus… Du cercueil d’Osiris pousse un grand arbre, l’Erica ». Tout est là, morcellement, mutilation, formation Isiaque du Penser  dans la réunion des morceaux, puis gestation et enfantement virginal d’Horus, la Conscience profonde.

Osiris, Isis, Horus, sont les grandes figures humaines du Mystère Végétal, les puissances de sa vie intérieure, les premières formes imaginatives du Penser éclairé par le mystérieux Soleil de Minuit !

Dans le cœur du peuple Égyptien, Osiris demeura le héros divin. Toute l’Égypte rituelle et sociale est centrée autour de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, objet du grand Mystère joué chaque année dans le secret du Temple. Osiris est la profonde douleur du peuple, niais aussi l’ineffable lumière qui éclaire les troubles de l’âme de tout un peuple, dans l’angoisse de l’après-mort, son Homme-Dieu, le plus haut des aboutissements.

Osiris domina de sa tragédie tout le vieux monde, acquérant des proportions cosmiques… N’avait-il pas ouvert le monde redoutable de la pensée immortelle ?… Son drame de mort et de résurrection devint celui de toutes les races humaines ; chaque peuple, depuis lors, revécut ce drame dans le tréfonds de l’âme, à chaque équinoxe sacrée du printemps, quand la sève aithérique sort en bouillonnant de la jeune végétation et que le Mana ruisselle, propice à la métamorphose intérieure. Le cycle de Pâque végétale est la survivance de l’étape la plus audacieuse des rites de la Plante que l’être humain ait traversée.

« La solennelle figure d’Osiris, dit Frazer qui domine de sa solitaire grandeur tout le monde des Dieux Égyptiens, se montre comme une pyramide encore éclairée par les derniers rayons du couchant, alors que tout est déjà dans l’ombre. Dans la foi des Egyptiens, la mort cruelle et la résurrection bénie d’Osiris occupèrent la même place que la mort et la résurrection du Christ dans la foi du chrétien ».

Notre sombre Golgotha est l’épilogue de la longue lignée des tragédies mystiques. Alors, l’âme entière est prise dans l’étau de la matière terrestre, elle agonise dans le noir…, l’âme est traversée par l’inéluctable et froid concept de la logique, durcie par l’assèchement intellectuel. L’homme est cloué sur la croix et sa tête ensanglantée est clans une couronne de fer… Mort et résurrection, les deux phases du mystère de la vie !

Le Christ est une merveilleuse figure aithérique de la magie végétale et du drame du Penser humain. Elle se dégage du cycle osirien, elle le clôt, une ère nouvelle est là. La croix est taillée dans l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, dit une très vieille légende qui fut reprise par le Moyen-âge. Dans le drame Osirien réside donc le rôle que l’Homme joua dans la ritualité imitative de la plante très chaste. L’Homme doubla et parfît l’œuvre de la Femme par son double sacrifice physique et occulte. Par cet acte sacrificiel, qui le rejetait hors de la vie sensuelle, l’Homme se haussait jusqu’à la région spirituelle et son geste montrait le grand horizon qui devait faire de l’être humain un créateur. Sa force sexuelle se centrait dans la région cérébrale qu’il devait ordonner.

A Éleusis, où s’accomplissait le grand Mystère Végétal du Penser, les prêtres qui guidaient les bœufs et accomplissaient les trois labours sacrés étaient les pontifes appartenant à la famille des Bouzigaï ou dompteurs de bœufs. Ces hommes provenaient de la descendance osirienne qui avait vaincu la puissance génitale du Taureau. Le lecteur notera que le taureau, qui est leitmotiv de la vieille conception mythique, se range à côté de la Plante dans l’ordre du Penser cosmique. Il rumine, reprend sa nourriture déjà élaborée. C’est une réflexion concrète animale. La magie imitative châtre le taureau.

Tous les mythes issus de ce temps parlent d’émasculation : Saturne coupe à son père dieu du ciel, l’organe de la génération ; Jupiter fait subir à son père Saturne la même opération, lxora, Civa, Brahma, Vishnou éprouvent la même humiliation, dit Dulaure, qui considère avec tous les mythographes, d’ailleurs, cet acte d’émasculation comme le symbole du coucher du Soleil qui perd sa force féconde.

Odin, s’étant endormi dans un bois, est privé de ses organes par les dents d’un sanglier.

Quetzalcoat, le héros Atlantéen des Mayas, qui leur apporta  » les lettres, les arts et les lois agraires « , se sacrifie, se mutile, meurt à la vie génitale et ressuscite en l’esprit sous cet aspect, il est représenté avec le phallus dans les mains :  » c’est un ascète « , dit la tradition.

Philon de Byblos emploie, pour exprimer l’état d’Océanos mutilé par son fils Kronos, cette expression « il fut consacré ». Ce fait se reproduit encore dans les dernières dynasties en Égypte. Lefebure parle d’un Pharaon prêtre de la XVIIIe dynastie, Khum Aten, qui ayant voulu restaurer le vieux culte féminin du globe solaire, c’est-à-dire le reconstituer dans toutes ses parties, s’émascula.

Tous les dieux végétants solaires sont des émasculés, des féminisés, leur force sexuelle est devenue puissance mystique mentale : ainsi en est-il d’Anis, d’Adonis, de Dionysos, tous dieux de l’Arbre… Ce n’est pas une fiction, de la fantaisie mythologique, c’est une réalité des mystères magiques Atlantéens qui apportaient l’ORDONNANCE DU PENSER dans l’âme humaine en déplaçant le centre sexuel.

Aujourd’hui, l’intellectualité, dans toute sa plénitude, produit l’état de matérialité des organes et modifie, de façon très considérable, les états physiologiques et psychiques de l’être. De ce fait, ces états semblent après la castration subir un arrêt de développement. Il n’en était pas ainsi dans les grands lointains. Quand l’organe visuel intérieur n’était pas entièrement atrophié en une glande, quand l’homme extrêmement souple dans toute sa sensitivité n’était que psychisme, âme, alors l’émasculation lui conférait des pouvoirs occultes très puissants.

L’Emasculé et le bonnet phrygien

 

En ces temps, l’eunuquisme est un état végétalisant et supérieur. Les eunuques d’Attis prophétisaient encore, ils étaient possédés par l’Esprit, disent les historiens du paganisme.

Aujourd’hui se retrouvent des vestiges de la vieille lignée des eunuques dans certains groupes ethniques, notamment dans le Nord-Ouest Américain. Ce sont pour la plupart, des Chamans, des hommes féminisés, très dégénérés d’ailleurs, et qui excellent, dit-on, dans toutes les branches de la magie. Des pouvoirs extraordinaires leur sont attribués. De même les prêtres des Algonkins se châtrent et vivent près des îles Manhattan leur devoir de pureté va jusqu’au point de ne jamais prendre de nourriture préparée par une femme.

C’est de l’émasculation que provient le culte du phallus isolé ; on vénérait en lui le grand sacrifice humain du rite végétal et la turgescence mentale. Les Pamylies égyptiennes, où l’on portait processionnellement le phallus d’Osiris, avaient un tel sens.  » C’était un deuil, nous dit Plutarque, c’était le phallus du sacrifice « . En Grèce, ce sont les vierges, les Canéphores qui à la procession de Bacchus-Dionysos portent dans leur corbeille d’or, parmi d’autres objets, le phallus couronné de fleur. Le rite était végétalisant. Les rites Dionysiaques étaient une extrêmement vieille tradition scythe.

Dulaure, dit : « A l’origine, l’organe dans le culte du phallus, était isolé, il n’adhérait point à un corps humain. Cette adhérence n’eut lieu que longtemps après, lorsque le culte des figures humaines eut fait des progrès… Lorsque les Grecs reçurent le phallus des prêtres Égyptiens, ils le reçurent isolé Hérodote était très étonné de ce qu’on avait réuni à une figure d’une coudée un phallus énorme » .

Dulaure, parlant de la pureté du culte phallique dans l’Antiquité, ajoute :  » Le libertinage est la dégénérescence du culte « . Sonnerai, dans ses  » Voyages aux Indes Orientales et â la Chine « , dit :  » Les prêtres de Chiven (Civa) ne se mutilent pas comme ceux de Vishnou, mais ils sont obligés d’approcher du Lingham complètement nus et en présence du public. L’obscénité de l’idole, les scènes voluptueuses peintes et sculptées n’empêchent pas que la chasteté la plus rigoureuse ne leur soit prescrite La loi religieuse défend même le moindre désir que les images pourraient faire naitre, lorsqu’ils exercent leur ministère ; à la moindre émotion perçue, on les lapiderait  » .

 » A Canara, les prêtres de Chiven sortent nus et les femmes baisent leurs parties sexuelles. Ils n’en éprouvent aucune émotion « . Il en était de même en Egypte.

Partout la castration est intimement reliée au culte végétal. En Corée, où, récemment, il existait encore des fragments de l’héritage de la race Jaune à totémisation végétale, pendant certaines nuits de la vingt-deuxième lune, nuits appelées « Chuil », les eunuques du Grand Palais, au nombre de trois-cent, accomplissaient une cérémonie pour assurer une moisson fertile. Ils chantaient en chœur en balançant des torches allumées autour d’eux, etc….

« Dans les rites d’Artémis â Ephèse, d’Astarté à Hiéropolis, ce n’est pas l’amour génital qui fécondait les grandes déesses VIERGES de la fertilité végétale, mais leurs prêtres les fécondaient en s’émasculant et en éclaboussant de leur sang leurs grandes figures de pierre, dit Minucius Félix ; puis on enterrait ensuite l’organe génital sous terre dans les chambres sacrées ». Magie imitative, on mettait dans la terre la racine de l’Homme.

L’émasculé, prêtre voué à l’ascétisme de la chasteté portait une robe flottante et avait la face et la tête complètement épilées, car ainsi que je l’ai dit dans ma première étude , le poil est une façon de vision de l’ancien état de l’âme uniquement sensitive, en conséquence l’homme, qui se consacrait aux rites du futur intellect, devait avoir le crâne entièrement épilé. Il portait de plus une coiffure de forme conique souple symbolisant le prépuce. Cette façon de bonnet indiquait l’origine de la puissance sexuelle et sa métamorphose en force mentale ; elle symbolisait de même la liberté par l’émancipation du sens génital de l’ancienne vision et l’acquisition du Penser. Les deux jumeaux Castor et Pollux, dieux de l’activité mentale, portaient le pileus sur leur tête chauve.

« Le bonnet phrygien a l’air d’avoir une très grande importance dans le culte de Mithra » dit Cumont, frappé de l’insistance de cette figuration sur les monuments où elle semble revêtir un caractère sacré ; et il désigne le « Pilos rayonnant », le pilos étoilé, le pilos sur la pomme de pin mystique, etc… «  Dans la légende d’Anis, Cybèle met sur la tête du dieu végétant qui s’est émasculé un pilos étoilé ».

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