L’Alchimie et les alchimistes

à paraitre en mars 2020

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En complément à la trilogie consacrée à l’Adepte il nous a paru utile de compléter notre travail par cette édition d’un ouvrage important d’autant plus que Guillaume Louis Figuier était un proche de l’Adepte Fulcanelli qui le cite à plusieurs reprises. Quelques mots sur ce personnage qui fut bien plus qu’un vulgarisateur. Ayant débuté par une prometteuse carrière scientifique en pharmacie, chimie, physique, celle-ci s’achève par son affrontement avec Claude Bernard en 1854. Après cet échec, il se consacre entièrement à la vulgarisation de qualité et créa une revue ancêtre de ce qu’est aujourd’hui « Science et vie » ..

Son parcours : en 1844, il entre au laboratoire de chimie de la Sorbonne, dirigé par Antoine Balard, montpelliérain comme lui. En 1846, il est nommé professeur adjoint à l’école de pharmacie de Montpellier, où il présente une thèse de chimie (dosage du brome), et une thèse de physique (action de la lumière sur quelques substances impressionnables). Après son agrégation à l’École de pharmacie de Paris, en 1853, il enseigne la chimie dans cette école. C’est là qu’il entreprend une série d’expériences physiologiques en vue de démontrer que le rôle du foie, dans l’organisme, est de condenser le sucre qui existe dans le sang, contrairement aux travaux de Claude Bernard, qui niait, lui, la présence spontanée du sucre. Cette lutte scientifique tourne à son désavantage, et Figuier abandonne, sur les conseils d’Arago, l’expérimentation et la carrière académique d’enseignant-chercheur pour toujours, pour se consacrer à une carrière de vulgarisateur scientifique, déjà largement amorcée les années précédentes.

Vers le mois de mai 1857, Il est, aux côtés d’Augustin Barral, d’Henri Lecouturier et Félix Roubaud, au nombre des fondateurs d’une association de vulgarisateurs, le Cercle de la presse scientifique. Il fut également rédacteur en chef de La Science illustrée, revue hebdomadaire de vulgarisation scientifique créée par Adolphe Bitard et à laquelle participèrent aussi Jules Verne, Louis-Henri Boussenard et Camille Flammarion.

Louis Figuier

« Ce serait une grave erreur de croire qu’il n’y a plus d’alchimistes au XIXme siècle. Les habitués de nos bibliothèques publiques y connaissent d’acharnés lecteurs des ouvrages laissés par les adeptes du Grand-Œuvre, et il ne faut guère s’occuper de sciences occultes pour savoir qu’à Paris seulement une cinquantaine de philosophes hermétiques recherchent la pierre qui transmue en or tous les métaux.

Avant de traiter ces gens-là de fous, il est bon d’y regarder à deux fois. Ceux qui ont la moindre connaissance en alchimie perdent bientôt l’envie de les tourner en ridicule, et finissent parfois par étudier les vieux alchimistes avec passion. Quant aux savants, plusieurs, et non des moins illustres, en sont arrivés, de nos jours, à trouver une telle importance aux sciences hermétiques, qu’ils leur ont consacré des ouvrages mûrement réfléchis. En Allemagne, M. Schmieder, professeur de philosophie à Cassel, a publié, à Halle, en 1832, une Histoire de l’alchimie (Geschichte der Alchemie), et, en 1844, M. Hermann Kopp a donné une Histoire de chimie (Geschichte der Chemie) remplie de documents précieux sur les opérations exécutées pour la recherche de la pierre philosophale. En France, M. Berthelot a ajouté de remarquables travaux personnels à ceux de ses deux consciencieux devanciers, et M. Louis Figuier a écrit sur l’alchimie le meilleur, c’est-à-dire le moins vulgarisateur de ses ouvrages. Il en tire cette conclusion, admise d’ailleurs par M. Berthelot : « Il résulte des données scientifiques récemment acquises et de l’esprit actuel de la chimie que la transformation d’un métal en un autre pourrait s’exécuter. » Il ajoute, il est vrai : « Mais l’histoire nous montre que, jusqu’à ce jour, personne n’a réalisé le phénomène de la transmutation métallique. »

Ce correctif semble avoir été dicté par un respect exagéré de l’opinion publique. En effet, M. Louis Figuier, accusé d’ajouter foi à l’existence de la pierre philosophale, a cru devoir s’en défendre par une note parue dans la deuxième édition de son ouvrage.
Schmieder, lui, n’hésitait pas à déclarer que les preuves historiques suffisaient à elles seules pour établir la réalité de la science hermétique, et, l’an dernier, M. Papus rassemblait victorieusement ces preuves en un solide faisceau. Ajoutons que notre ami et collaborateur Albert Aurier, dans le Pandémonium philosophal du XXme siècle, auquel il travaille depuis plusieurs années, citera des exemples encore inconnus et authentiques de transmutations.


Des œuvres de tous les illustres adeptes ayant œuvré au four, il ressort à l’évidence le principe sur lequel est basé l’alchimie, savoir : la composition uniforme de tous les métaux.
Ce principe, qu’il ait été bien ou mal appliqué par les philosophes hermétiques, ne leur en est pas moins un titre de gloire. Ceux qui, à cette heure, s’occupent d’alchimie, le considèrent comme une inébranlable vérité, et ils se font forts de démontrer que la science la plus moderne ne peut rien contre lui.

Une fois admis, la transmutation des métaux, c’est-à-dire : la transformation les unes dans les autres des espèces chimiques, et spécialement des métaux en or, au moyen de la pierre philosophale, s’impose comme possible. Un bref examen de la question, telle qu’elle se pose de nos jours, l’établira clairement.
La science officielle reconnaît que tous les corps d’origine organique sont formés de quatre substances simples : oxygène, hydrogène, carbone et azote, mais elle prétend que plus de soixante éléments sont nécessaires pour former les métaux. Cependant, « la nature agit toujours simplement », comme le remarque Roger Bacon dans son Miroir d’Alchimie, et cette opinion, émise au XIXe siècle, paraît encore vraisemblable aujourd’hui. N’est-il pas logique de penser que les quatre éléments qui suffisent aux actions moléculaires des corps organiques suffisent également aux combinaisons minérales, et qu’à eux seuls ils constituent notre univers ? Il est choquant d’admettre le contraire. C’est pourtant le contraire que la science officielle admet aujourd’hui.
Mais ce n’est là qu’une présomption en faveur de la thèse des alchimistes. Voici, pour l’appuyer, de réels arguments, puisés dans les plus récentes découvertes.

On tenait pour acquis autrefois que deux corps présentant la même composition chimique sont par là même identiques. Les alchimistes, dès le VIIIme siècle, se sont inscrits en faux contre cette proposition. Ils posaient en principe que plusieurs substances, tout en se confondant par leur composition, peuvent néanmoins différer entre elles extérieurement, par tout l’ensemble de leurs réactions.

Cette isomérie atteint-elle jusqu’aux corps prétendus simples, comme les métaux ?

La solution affirmative d’une telle question justifierait le dogme alchimique, et la transformation moléculaire que la pierre philosophale doit opérer dans la transmutation d’un métal n’aurait plus rien que de naturel. Le fait vaut d’être étudié quelque peu.  Afin d’établir l’isomérie de deux composés, on les soumet à l’analyse chimique et l’on constate l’identité en nombre et en nature de leurs parties constituantes. Pour ce qui est des métaux, réputés corps simples, en tant qu’inanalysables, ce moyen fait défaut, il est vrai, mais il en existe un autre. On peut comparer les propriétés générales des corps reconnus isomériques aux propriétés des métaux, et rechercher si ceux-ci ne reproduiraient point quelques-uns des caractères appartenant à ceux-là.

M. Dumas, dans sa Philosophie chimique et dans un mémoire lu devant l’Association Britannique, a fait la comparaison. Les résultats qu’il en a obtenus sont tout à l’avantage de la thèse alchimique.
« On remarque, conclut-il, que dans toutes les substances présentant un cas d’isomérie, on trouve habituellement des équivalents égaux ou bien des équivalents multiples ou sous-multiples les uns des autres. Or, ce caractère se retrouve dans plusieurs métaux. L’or et l’osmium ont un équivalent presque identique. Il est rigoureusement le même pour le platine et l’iridium, et Berzélius a trouvé que les quantités pondérables de ces deux métaux sont absolument les mêmes dans leurs composés correspondants pris à poids égaux. De plus, lorsque trois corps simples sont liés entre eux par de grandes analogies de propriétés, l’équivalent chimique du corps intermédiaire est toujours représenté par la moyenne arithmétique entre les équivalents des deux autres. »
Et. M. Dumas cite bon nombre d’exemples qui constituent une démonstration en faveur de l’isomérie des corps réputés simples. Ils établissent suffisamment que les métaux ne proviennent que d’une seule et même matière, différemment arrangée et condensée.

S’il est vrai que les métaux sont isomères, c’est qu’il est possible de les changer les uns dans les autres, autrement dit de réaliser les transmutations métalliques. Mais une nouvelle étude des équivalents, faite par le docteur anglais Prout, vient encore renforcer la théorie alchimique. Le docteur Prout a remarqué que les équivalents chimiques des corps simples sont des multiples exacts de l’équivalent de l’un d’entre eux. Si l’on prend comme unité l’équivalent de l’hydrogène, le plus faible de tous, on reconnaît que les équivalents de tous les autres corps simples renferment celui-ci un nombre exact de fois.

N’est-ce point là une preuve que tous les corps organiques sont formés d’une seule substance qui se présente à nous dans des combinaisons et des états de condensation différents ?  Admettre une telle conclusion, c’est admettre du même coup la possibilité de la transmutation des métaux.

 

Mais, qu’est-ce que la pierre philosophale ?

Ici, les alchimistes contemporains doivent confesser qu’ils ne la connaissent point, et que leurs devanciers en ont gardé le secret. Mais ils déclarent qu’elle doit agir sur les métaux de la même manière qu’un ferment sur les corps organiques. Son action n’est ni plus ni moins mystérieuse, mais identique en tous points. « Le vase s’étant refroidi, est-il dit dans la Clavicule de Raymond Lulle, tu l’ouvriras et tu y trouveras notre matière sublimée, blanche, c’est notre Terre Sigillée, c’est notre corps sublime élevé à une haute dignité ; c’est notre Soufre, notre Mercure, notre Arsenic, avec lequel tu réchaufferas notre Or ; c’est notre ferment, notre chaux vive, et il engendre en soi le Fils du feu qui est l’Amour des philosophes. »

En résumé, l’alchimie moderne, partant du principe de l’isomérie des métaux, proclamée par les philosophes hermétiques dès le VIIIme siècle, affirme que, par la pierre philosophale, il est possible de produire dans les métaux des modifications moléculaires qui les transforment les uns dans les autres, et qu’il est par conséquent possible de faire de l’or avec tout autre métal.

La science la plus récente n’a rien à lui objecter, sinon cette proposition, contre laquelle s’élèvent les témoignages historiques les plus authentiques : « Que jamais le phénomène de la transmutation métallique n’a été réalisé. » Edouard Dubus

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