Alchimie druidique et hyperboréenne

Ésus abattant un arbre. C’est une divinité de la mythologie celtique gauloise, mentionné, avec Teutatès et Taranis, dans la Pharsale de Lucain (Ier siècle).

Origine forestière de l’Alchimie

De la Gaule chevelue et des origines celtes de l’alchimie

Mircea Eliade a très bien développé ce point : l’homme, par ses activités d’Homo faber, fait les mêmes opérations que la nature sur les bases de l’observation, mais il contracte temporellement les processus naturels par des processus préindustriels qui lui font obtenir des résultats plus rapides que s’il avait laissé faire la nature. En contractant le temps, l’homme accélère son propre processus d’évolution, ce qui sera une des caractéristiques majeures de l’humanité jusqu’au centre de notre modernité basculant vers le troisième millénaire, où ce phénomène d’accélération apparaît maintenant comme exponentiel et sans fin sinon celui de la Noogenèse et son point d’ignition escompté.

Chronologiquement, nous isolons en tout premier lieu la chasse, la cueillette et l’artisanat de la pierre par érosion ou par éclat. Nous ne nous appesantirons pas sur la chasse qui néanmoins développe une relation intéressante avec la mort et surtout le sang.

Reste la cueillette. L’imaginaire populaire engendre ici des représentations naïves et quelque peu édéniques qu’il nous faut récuser fortement. Les époques archéologiques où se développent des pans d’humanité dépendant de la cueillette, ne sont pas clémentes au niveau climatique, surtout en ce qui concerne le continent européen et la Chine, par exemple. Pourtant, les tribus dépendaient de la cueillette durant toute l’année. Il ne s’agissait donc pas que de la cueillette des baies et des fruits, mais aussi de la récolte de lichens, de racines, d’écorces, de tubercules, de feuilles laissant supposer une connaissance approfondie et réelle des vertus de chaque végétal recueilli.

Quant à l’artisanat de la pierre polie ou taillée, il a développé une grande connaissance du monde minéral et de ses vertus. C’est lui qui opérera le passage des époques lithiques vers celles du bronze et du fer en découvrant les vertus du feu au contact de certains minerais métalliques, comme le fer météorique qu’il commencera par traiter par la taille simple.

Ces trois activités, la chasse, la cueillette et la taille des pierres, ont un point commun : elles ne créent rien. Elles ne font que ponctionner des éléments naturels en les sélectionnant pour leur capacité à être utilisées avec un minimum de travail. C’est de la consommation directe en quelque sorte, sans création à proprement parler.

C’est donc essentiellement l’apparition des métiers métallurgiques de la forge qui anoblira le plus l’action de l’homme dans le monde, puisque le forgeron est le créateur d’objets qui n’existent pas dans l’état naturel des choses. Il est l’incarnation même d’un dieu-cause passant à travers un homme-effet pour engendrer de nouvelles formes pour le mieux-être du clan considéré. Il en est de même pour une autre tradition, celle des agriculteurs qui, dépassant tout à coup les rythmes de la cueillette, imitent et dominent la végétation naturelle des plantes en la conditionnant selon les besoins de leur groupe social. C’est ainsi que nous retrouvons encore en Afrique deux grandes traditions animistes majeures – souvent opposées d’ailleurs – précédant toutes les autres qui leur sont subordonnées : la tradition agraire, qui est aussi celle des bergers, et la tradition des forgerons. Celles-ci sont de toute évidence les deux voies traditionnelles plongeant leurs racines dans le néolithique et le chalcolithique (7500-3200 av. J.-C.), époques elles-mêmes héritières du mésolithique (10000-7500 ay. J.-C.) et du paléolithique (10000 ay. J.-C.). Notons quand même que la caste des forgerons eut une influence nettement supérieure à celle des agraires et des bergers. La fabrication des outils et des armes tenaient alors une grande part, si ce n’est la première, dans l’avenir des clans.

Les héritages traditionnels néolithiques

Trois grands héritages très antiques vont donc se transmettre au nouveau monde de la forge (3000 av. J.-C.), directement issus des connaissances anciennes des temps lithiques.

  1. Une connaissance approfondie des végétaux.
  2. Une connaissance approfondie des minerais natifs ou météoriques.
  3. Une connaissance approfondie des vertus de transformation du feu.

Une quatrième transmission, plus rituelle que technologique, va venir colorer cet ensemble et donner au forgeron sa capacité à s’imposer comme un prêtre, un homme sacerdotal, officiant au passage entre les mondes par la maîtrise de la mort sacrificielle : c’est la connaissance des vertus du sang procédant du monde minéral et du feu, le vrai support de la vie animale. Là, nous entrons de plain-pied dans les facettes alchimiques de cet ancestral métier, tant en Afrique qu’en Inde ou en Chine, sans oublier les forgerons du Vieux Continent. Le sang sacralise la forge en tant que lieu, mais aussi les objets comme les masses, l’enclume, les soufflets, etc. Il sera aussi utilisé pour les trempes de métaux afin de figurer – ou d’opérer – le transfert des énergies animales qu’il contient dans l’objet en cours de finition et lui donner une vie propre et autonome, un pouvoir magique. Ce point est à l’origine de toutes les épées «magiques» et les objets métalliques «vivants» des nos contes anciens.

Cet aperçu  permet de bien situer l’ancienneté des héritages qui vont transiter chez les forgerons depuis maintenant plus de 5000 ans, peut-être plus en certaines zones géographiques. En étudiant les castes de forgerons, nous nous mettons à l’étude de la plus ancienne transmission de métier offrant au chercheur des traces réalistes permettant de reconstituer non seulement les biotopes, mais aussi les orientations spirituelles des groupes animés par ces forgerons.

Le forgeron, artisan, prêtre, magicien, juge, médecin, chirurgien, chanteur, se glisse tout au long des siècles comme une colonne vertébrale traditionnelle et opérative et un gardien de la mémoire collective des groupes ethniques leur correspondant.

L’environnement de la forge traditionnelle fut un monde à part, respecté, craint, où les forces obscures et femelles de la terre fusionnent avec les forces mâles du feu.

Le forgeron, tout au long des siècles, sera un être «séparé», toujours suspecté d’avoir des dialogues occultes avec des êtres spirituels aussi bons que terribles. Il est un démiurge indomptable qui est le seul à connaître la justification de ses actes en étant ce qu’il est : un homme physiquement très fort, indépendant, fier, parfois arrogant et dangereux de par les connaissances «magiques»  qui lui furent secrètement et oralement transmises depuis le fin fond des âges.

Le forgeron est certainement le représentant de la caste opérative confinant au plus près, ce qui appelé la Tradition primordiale, qui n’a rien à voir avec une transposition édénique d’un Âge d’Or incertain dont l’existence reste improbable.

Le forgeron est l’image vivante du crucial combat de l’homme face à l’univers et de son orgueil pragmatique le menant à vouloir prendre la place des dieux en se substituant à eux par une maîtrise du temps. Ce que le forgeron fait en une journée, la nature l’aurait fait aussi, mais en plusieurs dizaines de milliers d’années. Et ce qui lui fait dominer qualitativement cette nature, c’est que le forgeron est le seul maître de la forme mais aussi de la composition de la matière par sa science des alliages. Il est le premier artisan créateur, ce terme étant pris tant dans son sens religieux que dans son sens industriel ou artisanal.

Origine  hyperboréenne

Notre Tradition ésotérique occidentale plonge ses plus lointaines racines dans la nuit des temps, au cœur des premières tribus sédentaires et agricoles (fin du paléolithique/ début du néolithique, vers -9 000 ans) du septentrion qui furent à l’origine des peuples celtes, nordiques, slaves et indo-européens. C’est en effet sur leurs expériences formelles et savoirs primitifs, cognitifs, émotionnels et spirituels ou mythiques (la mythologie cosmogonique et eschatologique restituée des dieux Vanes et Ases, apparue probablement vers le 4ème millénaire avant J.C., rend compte cependant de l’extraordinaire perception des arcanes de la Nature et de l’intuition juste des usages sacramentels, dévotionnels et sacrificiels qui furent jadis les leurs et avec lesquelles forgèrent-ils, millénaire après millénaire, cette Connaissance hermétique du monde où notre Tradition secrète, essentiellement orale, que tous les peuples qui s’établirent à partir du 3e millénaire, depuis l’Arctique en passant par l’Europe jusqu’aux confins de la chaîne de l’Oural (et quelque peu par-delà : l’on en trouve trace à travers le véhicule des langues indo-européennes, ainsi qu’il en est, par exemple, du sanscrit), trouvèrent leurs fondations, purent s’édifier au cours du temps, s’équilibrer et se stabiliser en ces diverses nations, sœurs à la nôtre d’origine gauloise, autonomes et parfaitement distinctes entre elles : irlandaise, écossaise, britannique, italienne, portugaise, espagnole, allemande, polonaise, islandaise, danoise, suédoise, ukrainienne, etc.

Toutes ces contrées et futures nations sont attenante au  continent européen, – atlantéen – et sont donc pleinement redevables d’un seul et même archétype civilisateur, hyperboréen à l’origine ou venu du froid. En Égypte la présence hyperboréenne est attestée par les prêtres guerriers métallurgistes « SHEMSOU HOR » tandis que sur le contient européen ce sont les bardes et druides qui transmettront la Tradition.

Voir nos articles :

  1. Shemsou Hor
  2. Les Maitres verriers celtes
  3. Les sources hyperboréennes de la Tradition Primordiale
  4. La Société Angélique : origine hyperboréenne de l’Alchimie (5/5)

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