Archives pour la catégorie Permatradition

Chroniques Lotharingiennes : Vastum Regnum

cahier_vastum_regnumDossier spécial sur le Westrich (West Reichen). Les bibliophiles lorrains connaissent de longue date la «Geographia » de Ptolémée, important atlas édité en 1513 à Strasbourg par Jean Schott.
Il est l’œuvre du groupe de géographes de Saint-Dié protégés par le duc René II de Lorraine (1473 à 1508) que leurs travaux de recherche scientifique, leurs publications ainsi que leurs innovations techniques avaient placés au premier rang des géographes et des cartographes de leur temps .
C’est à Saint-Dié que , pour la première fois , on imagina de graver sur une tablette de bois une carte du monde divisée en fuseaux horaires pour en effectuer un tirage destiné à former des garnitures de globe ; à Saint-Dié aussi que l’on commença à imprimer des lettres et des mots au moyen de caractères mobiles sur une carte muette gravée sur bois ; àn Saint-Dié surtout qu’on « baptisa » le Nouveau Monde en imprimant pour la première fois le nom d’« America » sur une carte en figurant la partie méridionale) .
A la fin de la « Geographia » se trouve une carte d’une demi-feuille (0,36 x 0,26 rn) représentant l’espace lorrain, plus exactement le duché de Lorraine (« Lotharingia ») et le Westrich (appelé « Vastum Regnum »), pour partie entourée de blasons et suivie de la mention :  » Secunde partis Ptolemaei finis : opera Joannis Schotti Argentinen  » .

ANNO CHRISTI OPT. MAX. 1513 ».

Cahier imprimé à la demande uniquement : délais 2 semaines

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Chroniques Lotharingiennes : cahier no 1

chroniques_1Parution sur abonnement ou à l’unité du premier cahier des « Chroniques Lotharingiennes ». L’objectif de ces chroniques est de donner des outils pour repenser l’histoire de cet axe névralgique qui fut à l’origine de l’Europe et reste encore son épine dorsale. 50 pages chaque

au sommaire de ce premier cahier :

  1. Geodefroy de Bouillon ou l’impossible rêve lotharingien.
  2. Le traité de Verdun et ses avatars
  3. La Lotharingie entre nécessité et utopies
  4. Projet d’un état espérantiste entre l’Allemagne et la Belgique
  5. 10 leçons pour construire une nation, l’exemple du Luxembourg
  6. L’espoir européen coule dans la Sarre
  7. Ni Allemands ni Français : quand les cigognes voient rouges !
  8. L’internationalisme de Trieste
  9. Fiume et le message de Gabrielle d’Annunzio
  10. Les origines de la famille carolingienne
  11. Richard Coudenhove-Kalergi : quand une autre Europe était possible

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Chroniques Lotharingiennes

chroniques_lothLancement des « chroniques lotharingiennes » en Janvier 2017 avec au sommaire :

Dossier sur la légende du chevalier au cygne, origines  romaines de la famille carolingienne, la Lotharingie et les utopies d’après guerre à l’ombre de la SDN (Société des Nations), figures lotharingiennes méconnues, étude de la légende du chevalier au cygne …

Pour commander : suivre ce lien

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Reditus Virginis ou la Vierge alchimique de Reims

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La vierge alchimique de Reims

L’émergence du concept de l’Immaculée conception ne se fit pas sans mal et c’est l’historien d’art Emile Mâle qui se chargea d’en déchiffrer les différents méandres sémantiques. On s’empresse de souligner que cette idée – l’Immaculée conception – ne doit pas être confondue avec cette autre idée de la naissance virginale de Jésus, né de Marie.  Louis Mâle pose ainsi le problème :

« Vers la fin du XVème siècle, une idée mystérieuse, qui, depuis plus de cinq cents ans, germait secrètement dans les âmes, leva soudainement. Il apparut avec évidence aux théologiens que la Vierge n’avait pu participe à la faute originelle, et qu’un décret particulier de Dieu l’avait exceptée de la loi. Exemplaire parfait d'(une humanité nouvelle, Marie, semblable à Eve au sortir des mains de Dieu était, entrée dans le monde, sans porter le poids du Péché.  » (L’Art religieux à la fin du Moyen Age en France)

Ce tableau  qui a suscité bien des interrogations se trouve au musée de l’Ancien Collège des Jésuites de Reims et figure au nombre restreint des demeures philosophales dont nous faisons l’inventaire. Il fut signalé par Oswald Wirth qui en fit un commentaire en 1909. Lire la suite Reditus Virginis ou la Vierge alchimique de Reims

Ars Transmutatoria – Louis Figuier

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Afin de mieux comprendre la genèse des écrits livrés à la postérité du Maître, nous allons prochainement publier des fascicules avec des biographies ou documents historiques sur ces architectes de la Science. Notre première trilogie se fera autour de l’oeuvre de Louis Figuier qui nous donne de nombreuses et bien précieuses indications.

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Saint Georges et les trois fonctions

Saint Georges est le saint des trois fonctions féodales réunies : oratores, bellatores, agricoltores. Il est de plus un saint des trois fonctions dans un sens encore plus fondamental que celui qu’entendait Georges Dumézil dans Mythe et éopoée dans l’élaboration du trifonctionnalisme, à savoir « souveraineté magico- et jridico-religieuses; force physique utilisée pour le combat; fécondité .. » Il est possible d’ailleurs d’ajouter à ces trois fonctions une quatrième qui est le travail interne de l’iconographie qu’il met en jeu et anime par sa personnalité propre. En quelque sorte Saint Georges en tant que sujet artistique dépasse ou excède par effet de « sur-sens » l’ensemble de ce trypartisme. C’est en celà qu’il nous interesse au délà de l’imaginaire chevaleresque qu’il incarne.

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Le Saint aux quatre fonctions

L’extraordinaire plasticité de la figure de saint Georges, la figure apparaît moins comme un signe stable que comme un perpétuel « travail » de transformation, dépassant donc perpé­tuellement la définition iconographique du personnage ou « sujet » – cette plasticité explique probable­ment l’universalité de son succès, ainsi que la très longue durée de son culte. On aura en esprit les nombrexu exemples d’une imagerie « populaire » et rurale disséminée dans toute l’Europe; mais il faut penser aussi que ces exemples sont superposables à une imagerie aristocratique et chevaleresque qui lui est tout à fait contemporaine. Il existe même, ici et là, des cas de figure où se manifeste une hyperbolisation impériale de cette imagerie, puisque l’empereur à cheval constitue déjà un thème de très longue durée, qui voit la réutilisation d’une effigie fameuse comme celle de Marc Aurèle pendant tout le Moyen Âge (pensons au supposé portrait équestre de Charlemagne) et surtout à partir de la Renaissance. Ainsi, le trône du roi Édouard III d’Angleterre (1327­1377) fut-il frappé à l’image de saint Georges ; ainsi l’empereur Maximilien (1493-1519) se fit-il repré­senter allégoriquement sous les traits du saint cheva­lier ; en 1629-1630, c’est toujours en « costume » de saint Georges que Rubens aura dû représenter le roi Charles Ier.

La plasticité de cette figure aura donc permis sa polyfonctionnalité, qui doit s’appréhender à partir de ses transformations mêmes, de son « travail » propre, bref de ses possibilités intrinsèques d’ouvertures formelles. Peut-on systéma­tiser une telle pluralité de fonctions ? Nous nous en tiendrons à  une vision globale des transformations de saint Georges dans la longue durée, compte tenu du fait essentiel que ces transformations ne substituent pas une forme à une autre qui la nierait purement et simplement, qui l’ignorerait en quelque sorte, mais déplient une forme virtuelle qui, dès lors, ne cesse de s’interpréter, donc de s’enrichir, elle-même. Saint Georges fut d’abord ce que racontent de lui les plus anciennes versions orientales, à savoir un militaire qui renonçait à son statut pour accéder à la sacralité du martyr. Il fut donc un militaire transformé en prêtre ou en per­sonnage saint capable de convertir, de baptiser, à une époque où ces deux fonctions – la religieuse et la militaire – ne pouvaient se poser qu’en s’opposant. Mais, bien vite, la morale du prêtre et celle du guer­rier devaient réussir en nombre de cas (dont le plus exemplaire, le plus abouti, fut donné par les croisades) à ne former qu’une seule figure : combattre et prier pouvaient désormais se réunir sous le même signe, signe de fer et signe de verbe tout à la fois.

Albrecht Dürer

À cette première dualité réconciliée succède ou se superpose un autre mouvement dialectique, qui connaît lui aussi ses développements décisifs aux me et XIIe siècles, c’est-à-dire à l’époque même où se constitue véritablement l’iconographie occidentale de saint Georges ; cette seconde dualité est celle du mili­taire et du paysan (miles, rusticus). Or, saint Georges possède la particularité figurale de dépasser encore cette seconde opposition : non seulement c’est un « chevalier » au nom propre d’« agriculteur », mais son combat lui-même; dans presque tous les rituels qui l’honorent, prend valeur d’un travail, d’une « ouver­ture » et finalement d’une « capture » de lieux jusque-là incultes ou hostiles. Et la ternarisation du conflit avec le dragon par l’introduction, notam­ment, du motif de la princesse ne fera qu’allégo­riser et développer encore l’aspect dialectique de toute cette transformation d’images ; Saint Georges n’est le héros d’une geste de sang que pour affirmer son œuvre comme geste de saint. Il est bien le saint des trois fonctions médiévales et à ce titre le héros parfait de ce monde.

Géométrie du Chrisme

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Le chrisme est un symbole chrétien formé des deux lettres grecques Χ (chi) et Ρ (rhô), la première apposée sur la seconde. Il s’agit des deux premières lettres du mot Χριστός (Christ). On le trouve souvent accompagné des lettres α (Alpha) et ω (Oméga). Ces lettres, qui encadrent l’alphabet grec, symbolisent la totalité : le commencement et la fin.

La construction du Chrisme repose sur la figure de la roue à six rayons ; comme nous l’avons déjà dit, la roue en général est avant tout un symbole du monde, la circonférence représentant la manifestation qui est produite par les rayons émanés du centre ; mais, naturellement, le nombre des rayons qui y sont tracés, différent suivant les cas, y ajoute d’autres significations plus particulières. D’autre part, dans certains symboles dérivés, la circonférence elle-même peut n’être pas figurée ; mais, pour leur construction géométrique, ces symboles n’en doivent pas moins être considérés comme inscrits dans une circonférence, et c’est pourquoi on doit les regarder comme se rattachant à celui de la roue […]

La figure la plus simple, et qui est la base de toutes les autres, est celle qui est constituée uniquement par l’ensemble des six rayons […]

chrisme x

Quant au rapport que nous avons indiqué avec la croix à trois dimensions, il s’établit d’une façon tout à fait immédiate : l’axe vertical demeure inchangé, et les deux diamètres obliques sont la projection, dans le plan de la figure, des deux axes qui forment la croix horizontale […]

Dans le symbolisme chrétien, cette figure est ce qu’on appelle le chrisme simple ; on la regarde alors comme formée par l’union des deux lettres I et X, c’est-à-dire des initiales grecques des deux mots Jêsous Christos, et c’est là un sens qu’elle paraît avoir reçu dès les premiers temps du christianisme ; mais il va de soi que ce symbole, en lui-même, est fort antérieur, et il est un de ceux que l’on trouve répandus partout et à toutes les époques.

Le chrisme constantinien, qui est formé par l’union des lettres grecques X et P, les deux premières de Christos, apparaît à première vue comme immédiate dérivé du chrisme simple, dont il conserve exactement la disposition fondamentale, et dont il ne se distingue que par l’adjonction, à la partie supérieure du diamètre vertical, d’une boucle destinée à transformer l’I en P. Cette boucle, ayant naturellement une forme plus ou moins complètement circulaire, peut être considérée, dans cette position, comme correspondant à la figuration du disque solaire apparaissant au sommet de l’axe vertical ou de  » l’Arbre du Monde  » […]

D’autre part, si l’on joint les extrémités des six rayons de deux en deux, on obtient la figure bien connue de l’hexagramme ou  » sceau de Salomon « , formée de deux triangles équilatéraux opposés et entrelacés ; l’étoile à six branches proprement dite, qui en diffère en ce que le contour extérieur seul est tracé, n’est évidemment qu’une variante du même symbole.

sceau de Salomon

L’hermétisme chrétien du moyen âge voyait entre autres choses, dans les deux triangles de l’hexagramme, une représentation de l’union des deux natures divine et humaine dans la personne du Christ ; et le nombre six, auquel ce symbole se rapporte naturellement, a parmi ses significations celles d’union et de médiation, qui conviennent parfaitement ici.

Ce même nombre est aussi suivant la Kabbale hébraïque, le nombre de la création ( » l’œuvre des six jours  » de la Genèse, en relation avec les six directions de l’espace), et, sous ce rapport encore, l’attribution de son symbole au Verbe ne se justifie pas moins bien : c’est en somme, à cet égard, comme une sorte de traduction graphique de l’omnia per ipsum facta sunt de l’Évangile de saint Jean.

Saint-André

cahier_st-andréIl y a différentes façons d’aborder la vie des Saints : notre approche s’inspire pour l’essentiel des travaux de sémiotique en matière des mythes et des outils développés par Henry Corbin et Jung comme de ceux de Pierre Legendre et évidemment d’une étude des pères grecs.. Ensuite il faut comprendre que chaque saint n’est qu’un trait de lumière dans un ensemble cohérent qui ne se met à « parler » qu’en faisant réesau et système. C’est uniquement à partir de là que l’on obtient un écho symbolique, une sorte de réverbération qui fait sens. Saint André, nous le verrons a subit de nombreuses transformations avant d’aboutir à cette forme en Croix et de signifier (andros) le « Nouvel Homme »…

Saint André est l’aboutissement du chrisme ou Khi-Ro que nous abordons également dans nos cahiers.

A été remplacé par un livre à paraitre .. Étude comparative de quelques symboles opératoires …