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de la Croix cyclique d’Hendaye au four alchimique de Winterthur

Il y eut un âge d’or .. et puis en un jour et une nuit tout bascula, la mémoire hyperboréenne en garda le souvenir et ce fut le début de la tradition secrète.

L’Age d’Or

D’après Hésiode, «Pendant l’Age d’Or, la terre, sans être déchirée par la char­rue, produisait tout en abondance. Le Printemps régnait pendant toute l’année ; on voyait de toutes parts des ruisseaux de lait et le miel coulait du tronc des arbres. Les maladies et la triste vieillesse étaient inconnues aux hommes qui mouraient comme on s’endort. Dans l’Age d’Argent, qui vint ensuite, l’année, au lieu d’être un Printemps perpétuel, fut divisée en 4 saisons, et la terre pour produire eut besoin d’être cultivée».

De ce passage on peut déduire que :

pendant l’Age d’Or, perpétuel Printemps, l’axe de la Terre était «perpendicu­laire» à l’écliptique ; à partir de l’Age d’Argent, l’année, divisée en 4 saisons, correspond à un axe terrestre «incliné» sur l’écliptique. (la suite dans le livre)

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Théorie alchimique de la fin du monde

Du message de la Croix d’Hendaye à celui de l’athanor de Winterhur

L’Adepte avait prévu de clore ses commentaires sur les opérations alchimiques  par un traité de géophysique issu directement de ses considérations de physicien (et d’électricien) en rapport avec  la genèse du Grand Œuvre. Au soir de sa vie ses préoccupations portaient sur le paléomagnétisme (qu’il cite dans les Demeures), au magnétisme terrestre ainsi qu’à la Vulcanologie suite à son voyage aux USA (parc de Yellowstone). Ce faisant, il ignorait que cette œuvre qui ne fut publiée que partiellement allait faire l’objet d’un travail bien plus considérable 50 ans après sous la plume de Immanuel Velikovsky, auteur de nombreux ouvrages dont Grands Bouleversements terrestres.

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Saint Georges et les trois fonctions

Saint Georges est le saint des trois fonctions féodales réunies : oratores, bellatores, agricoltores. Il est de plus un saint des trois fonctions dans un sens encore plus fondamental que celui qu’entendait Georges Dumézil dans Mythe et éopoée dans l’élaboration du trifonctionnalisme, à savoir « souveraineté magico- et jridico-religieuses; force physique utilisée pour le combat; fécondité .. » Il est possible d’ailleurs d’ajouter à ces trois fonctions une quatrième qui est le travail interne de l’iconographie qu’il met en jeu et anime par sa personnalité propre. En quelque sorte Saint Georges en tant que sujet artistique dépasse ou excède par effet de « sur-sens » l’ensemble de ce trypartisme. C’est en celà qu’il nous interesse au délà de l’imaginaire chevaleresque qu’il incarne.

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Le Saint aux quatre fonctions

L’extraordinaire plasticité de la figure de saint Georges, la figure apparaît moins comme un signe stable que comme un perpétuel « travail » de transformation, dépassant donc perpé­tuellement la définition iconographique du personnage ou « sujet » – cette plasticité explique probable­ment l’universalité de son succès, ainsi que la très longue durée de son culte. On aura en esprit les nombrexu exemples d’une imagerie « populaire » et rurale disséminée dans toute l’Europe; mais il faut penser aussi que ces exemples sont superposables à une imagerie aristocratique et chevaleresque qui lui est tout à fait contemporaine. Il existe même, ici et là, des cas de figure où se manifeste une hyperbolisation impériale de cette imagerie, puisque l’empereur à cheval constitue déjà un thème de très longue durée, qui voit la réutilisation d’une effigie fameuse comme celle de Marc Aurèle pendant tout le Moyen Âge (pensons au supposé portrait équestre de Charlemagne) et surtout à partir de la Renaissance. Ainsi, le trône du roi Édouard III d’Angleterre (1327­1377) fut-il frappé à l’image de saint Georges ; ainsi l’empereur Maximilien (1493-1519) se fit-il repré­senter allégoriquement sous les traits du saint cheva­lier ; en 1629-1630, c’est toujours en « costume » de saint Georges que Rubens aura dû représenter le roi Charles Ier.

La plasticité de cette figure aura donc permis sa polyfonctionnalité, qui doit s’appréhender à partir de ses transformations mêmes, de son « travail » propre, bref de ses possibilités intrinsèques d’ouvertures formelles. Peut-on systéma­tiser une telle pluralité de fonctions ? Nous nous en tiendrons à  une vision globale des transformations de saint Georges dans la longue durée, compte tenu du fait essentiel que ces transformations ne substituent pas une forme à une autre qui la nierait purement et simplement, qui l’ignorerait en quelque sorte, mais déplient une forme virtuelle qui, dès lors, ne cesse de s’interpréter, donc de s’enrichir, elle-même. Saint Georges fut d’abord ce que racontent de lui les plus anciennes versions orientales, à savoir un militaire qui renonçait à son statut pour accéder à la sacralité du martyr. Il fut donc un militaire transformé en prêtre ou en per­sonnage saint capable de convertir, de baptiser, à une époque où ces deux fonctions – la religieuse et la militaire – ne pouvaient se poser qu’en s’opposant. Mais, bien vite, la morale du prêtre et celle du guer­rier devaient réussir en nombre de cas (dont le plus exemplaire, le plus abouti, fut donné par les croisades) à ne former qu’une seule figure : combattre et prier pouvaient désormais se réunir sous le même signe, signe de fer et signe de verbe tout à la fois.

Albrecht Dürer

À cette première dualité réconciliée succède ou se superpose un autre mouvement dialectique, qui connaît lui aussi ses développements décisifs aux me et XIIe siècles, c’est-à-dire à l’époque même où se constitue véritablement l’iconographie occidentale de saint Georges ; cette seconde dualité est celle du mili­taire et du paysan (miles, rusticus). Or, saint Georges possède la particularité figurale de dépasser encore cette seconde opposition : non seulement c’est un « chevalier » au nom propre d’« agriculteur », mais son combat lui-même; dans presque tous les rituels qui l’honorent, prend valeur d’un travail, d’une « ouver­ture » et finalement d’une « capture » de lieux jusque-là incultes ou hostiles. Et la ternarisation du conflit avec le dragon par l’introduction, notam­ment, du motif de la princesse ne fera qu’allégo­riser et développer encore l’aspect dialectique de toute cette transformation d’images ; Saint Georges n’est le héros d’une geste de sang que pour affirmer son œuvre comme geste de saint. Il est bien le saint des trois fonctions médiévales et à ce titre le héros parfait de ce monde.

Saint-André

cahier_st-andréIl y a différentes façons d’aborder la vie des Saints : notre approche s’inspire pour l’essentiel des travaux de sémiotique en matière des mythes et des outils développés par Henry Corbin et Jung comme de ceux de Pierre Legendre et évidemment d’une étude des pères grecs.. Ensuite il faut comprendre que chaque saint n’est qu’un trait de lumière dans un ensemble cohérent qui ne se met à « parler » qu’en faisant réesau et système. C’est uniquement à partir de là que l’on obtient un écho symbolique, une sorte de réverbération qui fait sens. Saint André, nous le verrons a subit de nombreuses transformations avant d’aboutir à cette forme en Croix et de signifier (andros) le « Nouvel Homme »…

Saint André est l’aboutissement du chrisme ou Khi-Ro que nous abordons également dans nos cahiers.

A été remplacé par un livre à paraitre .. Étude comparative de quelques symboles opératoires …

Sainte Barbe

cahier_st-barbeDéesse du feu et gardienne de la Maison Dieu. Qui connaît sainte Barbe reconnaît là sa tour à trois fenêtres et l’évocation explicite de la décapitation et de la foudre met cet arcane en lien direct avec sa légende. Ici c’est la tour qui est décapitée. Un bref passage en revue des teintes éclaire sur la teneur de la tour : elle est couleur chair, et son crénelage est une couronne. Allégorie du corps, ou plus exactement de la condition de l’âme incarnée, la tour vient de subir la décollation, et les particules d’eau, d’air et de feu s’échappent de l’athanor et se répandent, résidus de la transmutation, tandis que s’opère la connexion avec l’énergie feu du ciel, symbolisée par la foudre, panache flamboyant reliant la tour débarrassée de sa crête mais toujours pourvue de ses trois fenêtres. L’être humain est figuré comme naissant de cette tour : un premier sortant la tête vers le bas tel un nouveau-né sortant du corps de sa mère, et un second, qui n’est en fait que le même, ayant gardé la posture inversée de la naissance, qui va désormais pieds en haut et tête en bas. Cet arcane est une image de renaissance issue de la transmutation opérée dans la tour aboutissant à l’inversion. » L’être demeure sur terre mais les pieds vers le ciel ; il « ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. » Le renversement ne signifie pas ici l’inversion d’une direction. Ce n’est pas un flux de A vers B qui s’orienterait désormais de B vers A (bien que le nom BArBArA nous y invite, et marque lui aussi l’inversion par l’alphabet). Ici, l’image du bouleversement signifie que l’être humain s’est retourné (ou re-né par la tour, peut-on entendre), et ainsi qu’il a retrouvé la posture initiale de sa connexion au divin. Le flot de l’énergie circule avec fluidité entre le ciel et la terre, la terre et le ciel. L’inversion signale que l’être est connecté à l’Energie, que le retour au grand Tout est effectif et qu’il en a la maîtrise, à l’inverse de l'(état d’) être ordinaire. Le bouleversement, ou inversion, est une idée force de l’arcane XVI (X=jonction du ciel et de la terre V= par la réception des énergies célestes I= dans l’axe/par la foudre). XVI correspond également à l’âge de Barbara dans la légende.

Saint-Georges

cahier_st-georgesSaint Georges : Georges est ainsi appelé de Geos qui veut dire terre, et orge, qui signifie cultiver, cultivant la terre, c’est à dire sa chair. Une autre étymologie donne gerar, sacré, et gyron, litte, litteur sacré, parcequ’il lutta contre le dragon et contre le bourreau. La légende dorée de Jacques de Voragine évoque l’histoire héroïque du chevalier Georges qui délivre une ville assiégée par un dragon. Cette peinture sur bois du peintre florentin Paolo Uccello représente donc saint Georges transperçant de sa lance le dragon qui s’apprêtait à dévorer la fille du roi. L’histoire raconte que le monstre se tenait à l’écart de la ville à condition d’être nourri régulièrement. Cependant, après les brebis et les jeunes gens, vint le tour de la princesse. Ce thème, d’origine orientale, a été repris par les chrétiens pour symboliser la délivrance de l’église opprimée par le paganisme. Ce combat étant un moment important de la légende de saint Georges, il est fréquemment représenté en peinture comme en sculpture. Saint Georges, monté sur un cheval blanc et portant une croix rouge, perce de sa lance le monstre devant l’entrée de sa grotte. A distance, la princesse observe la scène en priant. Les trois protagonistes sont alignés en frise au premier plan devant l’énorme grotte qui sépare en deux parties un paysage de champs cultivés. Au milieu, un large chemin conduit à la porte de la ville.

Enfin pour rappel : Le dragon est, pour les alchimistes le mercure. Le sang du dragon est la teinture d’antimoine pour les anciens chimistes.
à paraitre juin  2013, arl@publipole.com