Décidément cette petite fleur de violette aura fait couler beaucoup d’encre, de cette encre violette chère à nos écoliers de la troisième République et dans laquelle le Maître a dû plus d’une fois tremper sa plume pour rédiger l’oeuvre impérissable du Mystère des cathédrales et des Demeures Philosophales, une fleur qui clôt également le bec à tous les sceptiques et autres persi-fleurs ! ..
Dans les années 20 de nombreuses communautés utopistes sur le modèle fouriériste se forment en Suisse, (Ascona et Monte Verita, Goetheanum près de Bâle) dont celle de Suhalia sur les hauteurs de Saint Moritz dans les Grisons. La Suisse déjà par son libéralisme et ses atouts climatiques attire les artistes et les riches désoeuvrés européens au prétexte de sanatorium ou de bain de soleil au grand air. On y va en cure entremêlant bains et soirées au casino !
Portrait de Nicolas Barnaud et le déchiffrage de la pierre de Bologne avec son historique. De nombreux érudits, alchimistes pour la plupart, se sont penchés dès le XVIe siècle sur le texte en espérant y trouver une signification : Richard White de Basinstoke, Ioannes Turris de Brugge, Nicolas Reusner, Franciscus Scottus d’ Anvers, Ulisse Aldrovandi en particulier Athanasius Kircher mais l’interprétation qui eut le plus de retentissement est celle de Nicolas Barnaud.
Passage obligé entre l’Italie et l’Allemagne, la Suisse a depuis longtemps pu bénéficier des apports culturels en provenance des universités allemandes et italiennes comme Bologne ou Venise, Munich ou Bâle. D’où ce foisonnement de doctrines et de systèmes allant de l’Alchimie à la Théosophie, de Paracelse à Rudolf Steiner, mais C.G Jung et Schwaller de Lubicz pour ne citer que les plus connus. La Suisse fut aussi un haut lieu des communautés Rose Croix étant reliée directement à leur terre natale souabe. Dans ce cahier (offert avec les deux cahiers Friedrich Herbort, une étude complète de l’énigme dite de Bologne analysée par l’alchimiste Nicolas Barnaud)
Le professeur Eugène Susini s’est particulièrement intéressé à ce comte Vernetti de Vaucrose dans les papiers duquel il espérait trouver des lettres de Franz von Baader avec qui il a correspondu. Voici ce qu’il écrit à son sujet : « Parmi les théosophes et illuminés plus ou moins obscurs que nous rencontrons à propos de Baader, celui-ci est à coup sûr celui qu’enveloppe le plus grand mystère. Différentes études citent son nom en rapport avec des théosophes et des mystiques plus connus, mais les détails manquent et non seulement nous ne connaissons de lui aucun document écrit en dehors de quelques fragments de lettres, mais nous n’avons même sur sa personne aucun renseignement précis. »
On sait tout de même que le chevalier, marquis et comte de Vaucrose est né en 1758 et qu’il est décédé en Suisse, le 22 octobre 1834, âgé de 76 ans. Grâce à la correspondance entre Herbort et Meyer repertoriée par le professeur Jacques Fabry, on en apprend un peu plus sur lui. Bien entendu, il ne reste rien de la correspondance entre Herbort et Vaucrose, puisque les papiers de l’un comme de l’autre demeurent introuvables. Rappelons tout d’abord que Vaucrose est connu et cité par plusieurs auteurs pour avoir offert aux Illuminés d’Avignon et à leur chef Dom Pernéty l’hospitalité dans son domaine situé près de Bédarrides. Plus exactement, c’est dans une maison située sur une colline baptisée par Pernéty Mont-Thabor, à quelques kilomètres de la propriété appelée encore aujourd’hui Grand et Petit Vaucrose que se réunissaient le maitre et ses disciples. Selon Marc de Vissac, Vaucrose avait un esprit primesautier et très malléable, une nature inflammable et qui s’emballait vite. Herbort confirmera, en d’autres termes, ce jugement.
Les deux hommes font connaissance à l’été 1817. Ils resteront liés jusqu’au décès de Herbort et se verront au moins une fois l’an. C’est que Vaucrose, véritable « commis-voyageur de l’Illuminisme », pour reprendre l’excellente formule utilisée par A. Viatte à propos de Divonne, se déplace beaucoup, et à travers toute l’Europe. Il a même littéralement la bougeotte. Herbort relate à Meyer sa première rencontre avec l’Avignonnais :
« Il m’a été adressé depuis un Chevalier de Vaucrose, d’Avignon,ancien officier de cavalerie, comme un frère (maçon) aux dispositions authentiques envers la religion; il a le sentiment que la nation française ne pourra pas continuer longtemps sur ce pied-là, qu’elle est complètement corrompue, que la foule manifeste une très forte propension à vouloir fondre à nouveau sur d’autres pays, sous la conduite de Napoléon ou d’un autre meneur du même style, pour pouvoir continuer à vivre en pillant comme elle l’a déjà fait. »
Un jugement politique assez outré, on le voit, qui correspond bien au caractère du personnage. Dans la même lettre, une autre précision a son importance:
« Ce chevalier de Vaucrose a été l’ami intime de Saint-Martin et il lui succède dans la traduction de J. Böhme en assurant celle du Mysterium Magnum.«
Ayant servi d’inspiration pour le Tarot des Avenières, ce tarot de FALCONNIER illustré par Otto Wegener nous délivre son message qui attribue aux mages égyptiens de Thèbes l’origine du Tarot. Il ne s’agit pas d’un fac-similé mais d’une réédition avec texte recomposé.
« Le Tarot, du sanscrit TAR-O, étoile fixe (probablement la polaire qui dans l’astrologie antique symbolisait la tradition immuable) n’est autre chose que la synthèse théosophique et symbolique du dogme primitif des Religions en même temps qu’une méthode simplifiée d’Astrologie, retrouvées par le Mage Hermès surnommé trismégiste qui était hiérophante des Temples de Thèbes, 2000 ans avant J.C, où il se servait du Tarot comme instrument augural … »
Friedrich HERBORT, né en 1764 dans une famille de patriciens bernois, entre en 1803 au Conseil des mines et siège dès 1795 au Grand Conseil de Berne, c’est-à-dire au gouvernement. En 1783, la lecture du Tableau Naturel de Louis-Claude de Saint-Martin décide d’une orientation théosophique à laquelle il restera fidèle jusqu’à sa mort, survenue en 1833. En 1812, il fonde la Société secrète des Pélerins de Salem, une société «d’hommes de désir» dont la forme extérieure est maçonnique et dont l’esprit rappelle le premier rosicrucisme d’Andreae. A l’intention des membres de l’association, il rédige, en français, le Manuel des Pélerins de Salem, un «guide spirituel de poche», ainsi que d’autres traités au contenu ésotérique et théosophique qui constituent une sorte de synthèse des idées théosophiques chrétiennes. Auteur très modeste, il s’en tient à de vagues projets de publication et abandonne à ses amis les fruits de son érudition. C’est ce qui explique la présence, dans le fonds Meyer, d’une grande partie des manuscrits de Herbort. Parmi les vingt manuscrits retrouvés, citons Adam (1811), un traité de cosmogonie d’inspiration kabbalistique, Bref précis de Théologie, Emanation (1828), Le dualisme (1818), La migration des âmes, un traité sur la réincarnation, doctrine qu’il ne jugeait pas incompatible avec le christianisme, et enfin le Compendium hermeticum.
L’une des sources d’inspiration du fameux tarot des Avenières est celui de Falconnier au travers de son ouvrage « le Tarot divinatoire » qui fut préfacé à l’époque par le célèbre Alexandre Dumas lui même !
On s’en compte d’avantage en mettant en regard ces deux lames : arcane de la Papesse, vous en trouverez l’explication dans le fascicule avec la reproduction en noir et blanc des 22 lames.
Le Tarot, du sanscrit TAR-O, étoile fixe (proba¬blement la polaire qui dans l’astrologie antique symbolisait la tradition immuable) n’est autre chose que la synthèse théosophique et symbolique du dogme primitif des Religions en même temps qu’une méthode simplifiée d’Astrologie, retrouvées par le Mage Hermès surnommé trismégiste qui était hiérophante des Temples de Thèbes, 2000 ans, avant JC, où il se servait du Tarot comme instrument augural ; il était alors gravé sur 22 lames, d’or, qui portaient en plus des hiéroglyphes symboliques, les figures de l’alphabet hiératique des Mages correspondant à un nombre sacré (science magique des nombres) on y voyait aussi les signes du Zodiaque et des sept Planètes, il fut à peu près complètement détruit lors de l’invasion des Perses, sous Cambyse ; il était également reproduit en peintures murales sur les parois des cryptes des grands Temples qui servaient aux initiations des profanes qui venaient se faire recevoir au collège des Mages, il était gardé par un prêtre appelé Pasto¬phore, qui en expliquait le sens symbolique seule¬ment, aux Néophytes ; les Clés divinatrices n’étaient dévoilées qu’à ceux qui parvenaient aux plus hauts grades du sacerdoce d’Isis et sous peine de mort pour qui en révèlerait les mystérieux arcanes. (D’après Hérodote), le principal sanctuaire initiatique se trouvait près du lac Moeris et portait le nom de Labyrinthe, il fut construit par les rois Memphites. (Clément d’Alexandrie).
On retrouve de nos jours dans les textes des rituels sacrés sur rouleaux de papyrus, au musée du Caire (où j’ai fait faire les traductions) de même que l’on voit encore en partie des figures du Tarot dans les ruines des temples de Thèbes,notamment sur un plafond astronomique d’Une des salles hypostyles soutenue par 22 colonnes du Palais de Medinet-Abou et dans un calendrier sacré qui se trouve sculpté sur la paroi sud de ce monument construit sous Thot-Motesis III, de la XVIIIe dynastie.
Dans les cérémonies du culte public on promenait processionnellement les figures du Tarot augural sous formes de statuettes à têtes d’animaux, car pour le vulgaire le symbolisme n’était pas le même que pour les Mages. C’est ainsi qu’Osiris : le soleil, était représenté avec une tête d’épervier et Isis, la divinité, par une statue voilée de noir, avec cette inscription :
JE SUIS TOUT CE QUI A ETÉ, TOUT CE QUI EST ET TOUT CE QUI SERA ET NUL MORTEL N’A PU LEVER MON VOILE !
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