Le comte de St Germain Perit ut Vivat 3/3

Parmi les traits du comte figure cette caractéristique relative à son extraordinaire longévité et même de son immortalité : il renait de ses cendres …  Une des prérogatives liées à l’Adeptat ou état Rose Croix. Ce que nous allons voir plus loin.

Mme de Pompadour

A l’occasion d’un petit souper à Versailles, le Roi se plaisait à évoquer quelques histoires de son gout en présence du comte de St Germain. Dans le récit de l’une d’elles connue sous le nom de « Maitre Dumas » se trouvait plusieurs énigmes que le Roi évoqua ans pouvoir apporter de réponse.  Le comte de St Germain s’offrit de l’éclairer et de résoudre l’énigme  et d’en découvrir les particularités secrètes en demandant de pouvoir se livrer pendant 10 minutes à la réflexion.

« À l’instant même, Sire, dit-il, en s’inclinant. Je demande dix minutes

Votre Majesté sera obéie. Il commença alors de tracer des lignes, d’écrire des figures d’algèbre et d’astrologie qu’il examina avec la plus grande attention. Les dix minutes n’étaient pas écoulées quand il revint au roi.

Sire, dit-il, les ouvriers et les ingénieurs qui ont cherché la trace du procureur Dumas, ou étaient gagnés par des gens intéressés à ce que cette trace demeure ignorée ou ne possédaient que bien médiocrement les connaissances nécessaires à leurs travaux journaliers.

Voici ce qui s’était passé. Dans un angle de la chambre, près de la porte l’entrée, une feuille du parquet est mobile. Elle recouvre l’issue d’un escalier enfermé au travers de tous les planchers et de toutes les murailles. k l’extrémité de cet escalier, on rencontre un caveau; c’est là que, descendu, grâce à une liqueur qui lui rendit des forces, le procureur Dumas se retira, puis avala un somnifère et ne se réveilla plus.

C’était donc le diable qui venait lui rendre visite ?

Sire, répondit le comte, que Votre Majesté se fasse Rose-Croix et je me hâterai de soulever le dernier voile qui recouvre ce mystère. Mais quant à présent, il m’est impossible de répondre à la question; car en le faisant, je m’exposerais aux plus grands dangers.

Le roi fit la grimace et ne questionna plus le comte. Mais la marquise de Pompadour, que la curiosité pressait plus vivement que le roi, écrivit au lieutenant de police pour lui mander les révélations du comte de Saint-Germain et lui enjoindre de procéder à une nouvelle et prompte vérification des lieux. Le lieutenant de police se hâta d’obéir, des procès-verbaux l’attestent. On découvrit la feuille mobile du parquet, l’escalier à vis, la chambre souterraine et, dans celle-ci, au milieu d’un grand nombre d’instruments d’astrologie et de chimie, le cadavre encore vêtu de maître Dumas couché par terre. Il y avait à côté de lui une coupe d’agate brisée et, brisé aussi un flacon de cristal. Un morceau de ce flacon contenait encore un sédiment d’opium. Cette histoire, dit-on, fit la plus grande impression sur l’esprit du roi. »

Évidemment la résolution de cette énigme qui taraudait depuis longtemps fit la notoriété du comte et la nouvelle se répandit dans tout Paris.  Ses détracteurs crièrent au scandale en prétendant qu’il s’agissait d’une escroquerie orchestrée par la favorite du roi, à laquelle le lieutenant de police Bertin n’avait rien su refuser, y trouvant lui-même vraisemblablement avantage. Voir Paul Chacornac qui situe le récit de Dumas à Lyon  et les archives de la police de Paris 1838).

Au delà du côté anecdotique de cette énigme résolue on aura noté le don de voyance du comte ainsi que la référence cette fois explicite aux Rose Croix ..

Au cours de ses diners en ville le comte se rendait aussi chez le baron de Gleichen (né en 1735 à Nemersdorf – décédé le 5 avril 1807 à Ratisbonne) qu’il avait rencontré en 1759 rue Richelieu. tous deux se rencontraient chez la veuve de son banquier le chevalier Lambert.  Dépêché par le margrave de Bayreuth (Bavière, une région où le comte avait ses attaches en Allemagne)  le baron de Gleichen et lui firent donc connaissance chez la veuve. et se prirent d’amitié. C’est lui qui donna par la suite une description impressionnante de la collection privée du comte dont une Sainte famille du peintre Murillo et d’autres trésors dont surtout des montagnes de pierreries : diamants de toutes couleurs etc .. Une chose intéressante que nous notons au passage : le baron de Gleichen a rencontré Louis Claude de St Martin dont il brosse un portrait dans ses souvenirs .. En voici un extrait :

« Passons au héros du présent article, à M. de Saint-Martin. Jeune, aimable, d’une belle figure, doux, modeste, simple, complaisant, se mettant au niveau de tout le monde, et ne parlant jamais des sciences, encore moins de la sienne, il ne ressemblait nullement à un philosophe, plutôt à un petit saint ; car sa dévotion, son extrême réserve et la pureté de ses mœurs paraissaient quelquefois extraordinaires dans un homme de son âge. Il était fort instruit, quoique dans son livre il ait parlé de plusieurs sciences d’une manière fort baroque. Il s’énonçait avec beaucoup de clarté et d’éloquence, et sa conversation était fort agréable, excepté quand il parlait de son affaire, alors il devenait pédant, mystérieux, bavard ou taciturne ; crainte d’avoir trop dit, il niait le lendemain ce dont il était convenu la veille. »  Les deux hommes se sont-ils rencontrés ? Il ne semble pas quoique que leurs intérêts convergeaient fortement. Dans ses souvenirs le baron de Gleichen poursuit à propos cette fois du comte : « il possédait plusieurs secrets chimiques, surtout pour faire des couleurs, des teintures et une espèce de « similor » d’une rare beauté. Peut-être même était-ce lui qui avait composé ces pierres dont j’ai parlé, et dont la finesse ne pouvait être démentie que par la lime ». Dans notre ouvrage nous livrerons la totalité de ses souvenirs concernant à la fois le comte et Cagliostro.

Tombe du baron de gleichen
Tombe du baron de Gleichen

1760-1770 : Ambassades entre Londres et les Pays Bas au service de la France

En 1760, le comte de Saint-Germain aurait été secrètement envoyé en mission diplomatique à La Haye par le maréchal de Belle-Isle sur la recommandation de Louis XV, afin d’engager des pourparlers secrets et négocier la fin de la guerre de Sept Ans. Mais, soupçonné de trahison par le duc de Choiseul son plus féroce ennemi qui n’était pas dans la confidence, ordre est donné de l’arrêter et de le livrer à la France. Le comte de Saint-Germain, averti à temps, se réfugie alors à Londres. Pendant les années qui suivent il poursuit ses pérégrinations à travers l’Europe sous différents pseudonymes : comte de Surmont, marquis de Montferrat, comte Welldone , comte Bellamare…

On le retrouve en 1763, en Belgique, où sous le nom de comte de Surmont, notre homme poursuit ses expériences chimiques sous la protection du comte Charles de Cobenzl, ministre plénipotentiaire à Bruxelles.

Ici s’arrête la partie publique, le reste est à découvrir dans l’ouvrage à paraitre.  JK (FCH)

Perit ut vivat

 

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