le loup des abeilles : Bee Wulf = Ours = Tradition polaire
C’est dans la région du Suffolk , en 1939, que les archéologues ont mis au jour un site funéraire anglo-saxon vieux de 1 400 ans, qui incluait un bateau complet et une cachette d’objets funéraires somptueux. Cette découverte spectaculaire a changé la compréhension qu’avaient les historiens de la Grande-Bretagne du Haut Moyen-Âge, 82 ans plus tard, le bateau-tombe de Sutton Hoo revient sur le devant de la scène avec le nouveau film de Netflix « The Dig », avec Carey Mulligan, Ralph Fiennes et Lily James. Pourtant, au début du 7e siècle apr. J.-C., lorsque la dernière pelletée de terre fut jetée sur le guerrier anglo-saxon et ses trésors, la pratique qui consistait à enterrer les morts avec une quantité d’objets ostentatoires tombait en désuétude. Au 8e siècle, la plupart des tombes anglaises ne contenaient plus que des corps en décomposition. Pourquoi un tel changement ?
Les Seigneurs de l’Anneau des Scythes royaux constituèrent la souche principale de laquelle naquirent les rois de la Tuadhe d’Anu d’Irlande avec au final le Roi Arthur et de nombreuses cultures sumérienne, hittite, mitanni (hourrite), phénicienne et phrygienne. L’empereur byzantin du VIle siècle, Justin II de Constantinople (685-695), y fait référence en ces termes : « Les plus anciennes races du monde — encore plus anciennes que les Égyptiens ». Plus de mille ans plus tôt, l’historien grec Hérodote (environ 484-425 av. J.-C.) écrivit longuement sur les Scythes, expliquant qu’à l’époque, une région particulière des terres de la mer Noire de Scythie était connue sous le nom de Sarmatia.
Les Sarmatiens ressemblaient beaucoup aux Scythes, puisqu’ils étaient une race parente et noble, retournée sur sa terre d’origine après quelques siècles passés dans les régions mésopotamiennes et perses. Comme le rapporte Hérodote, leur langage était très semblable, de même que leur habillement et leur aptitude à l’équitation, mais contrairement aux Scythes, leurs guerriers étaient des deux sexes. L’armure des Sarmatiens était constituée de petites plaques de bronze ressemblant à des écailles, qui se ternissaient et devenaient verdâtres avec le temps, ce qui donnait aux guerriers l’apparence de lézards. Or, le géographe grec du II è siècle, Pausanias, parle de dragons en ce qui les concerne. Dans l’ensemble, la cavalerie de Sarmatia consistait en de formidables archers à cheval et de lanciers, mais ils étaient aussi les défenseurs de la culture rituelle de l’épée, développée par la tribu de ferronniers scythes des Kalibs. Ce nom est en fait à l’origine de celui de la légendaire épée magique du roi Arthur, Caliburn (Kalyburn, ou Excalibur (Ex-Kalyburn). Une des plus célèbres légendes relatives à l’épée scythe raconte que le héros Batradz ayant été blessé à mon demanda à ses compagnons de jeter son épée dans un lac. À deux reprises, ils prétendirent l’avoir fait, Batradz savait qu’ils avaient échoué. Dès qu’ils accomplirent son souhait, l’eau devint rouge sang et prise de remous 3. Dans la célèbre Morte d’Arthur de Sir Thomas Malory, en 1485, c’est le chevalier Bedevere qui par deux fois désobéit au roi Arthur de la même manière, mais quand il finit par se résoudre à lancer Excalibur dans l’eau, l’épée est mystérieusement attrapée par la Dame du Lac.
La première bannière militaire des Sarmatiens était un dragon, dont le porteur était appelé le Draconarius, mais cet emblème fut ensuite dérobé par les légions romaines de l’empereur Marc Aurèle à la suite d’une victoire sur les Sarmatians de Hongrie, en 175 apr. J.-C. Peu après, de nombreux captifs furent transportés en Grande-Bretagne où ils furent ajoutés aux forces romaines de Lucius Artorius Castus, devenant ainsi la première unité de cavalerie lourde de l’armée impériale. À la suite du retrait des troupes romaines de Grande-Bretagne, en 410 apr. J.-C., les dirigeants régionaux redevinrent des chefs de clans, et l’un d’entre eux, Vortigern de Powys, était un roi gallois. Ayant assumé le plein contrôle de la région à partir de 418 apr. J.-C., Vortigern fut élu Pendragon de l’Île (Pen Draco Insularis) sept années plus tard. Il réintroduisit dans la bannière le symbole sarmatien, devenu par la suite le célèbre Dragon Rouge du drapeau national du pays de Galles. La liste des pandragons est donné dans notre ouvrage.
L’ANNEAU DE TOLKIEN
La mythologie du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien peut, à des fins utiles, être perçue comme une intuitive parabole d’une répression gouvernementale et une quête combative pour la liberté et la justice. C’est avant tout l’histoire d’une souveraineté territoriale et d’un pouvoir tombé dans de mauvaises mains, un pouvoir ténébreux qui doit être détruit pour rendre, à la Terre du Milieu blessée, son ancienne équanimité. À sa façon, l’histoire rappelle le précepte fondamental de la tradition du Graal qui établit que, lorsque la blessure du Roi Pêcheur sera guérie, le Désert retrouvera alors sa fertilité. Bilbon a dérobé l’Anneau d’une étrange créature souterraine du nom de Gollum, et lorsque Gandalf l’examine, il découvre qu’il est effectivement l’Anneau de Sauron, l’Anneau Unique qui doit lier tous les autres dans un pouvoir ultime. Entre-temps, les forces ténébreuses ont été chassées des forêts par les Elfes, mais elles se regroupent à l’est, dans le territoire de Sauron où elles complotent pour le retrouver mais nous abrégeons car le reste est trop connu.
SILMARILLON C’est dans cet ouvrage resté inachevé que J.R.R. Tolkien donne la clé de son oeuvre.
L’histoire de Tolkien débute avec Bilbon Sacquet, un Hobbit qui a acquis un Anneau magique capable de rendre son porteur invisible. L’ayant légué à son héritier, Frodon Sacquet, Bilbon disparaît rapidement lors de son 111e anniversaire. Gandalf le magicien est inquiet car il suspecte l’Anneau d’avoir été forgé longtemps auparavant par le maléfique Sauron et d’avoir une influence néfaste sur l’environnement de la Terre du Milieu. En effet, la sublime forêt de Greenwood la Grande a été assiégée par des forces oppressives pour devenir Mirkwood.
Bilbon a dérobé l’Anneau d’une étrange créature souterraine du nom de Gollum, et lorsque Gandalf l’examine, il découvre qu’il est effectivement l’Anneau de Sauron, l’Anneau Unique qui doit lier tous les autres dans un pouvoir ultime. Entre-temps, les forces ténébreuses ont été chassées des forêts par les Elfes, mais elles se regroupent à l’est, dans le territoire de Sauron où elles complotent pour retrouver l’Anneau. Le reste est connu.
L’anneau elfique
Historiquement, l’Anneau était le symbole de la justice divine qui était mesurée par le Bâton. Sur d’anciennes représentations, la déesse sumérienne Lilith et le dieu babylonien Mardouk sont présentés portant les symboles du Bâton et de l’Anneau. Elles sont conformes à d’autres portraits de rois et de reines mésopotamiens, comme ceux de la Stelae de Shamash et Ur-Nammu du IIIe millénaire av. J.-C. Dans certains cas, le Bâton est clairement gravé d’unités calculables (comme une règle moderne) et à Babylone, on y faisait référence comme étant la Règle. Celui qui détenait la Règle était appelé « dirigeant », c’est l’origine de ce terme gouvernemental. La règle est moins un instrument de mesure qu’un instrument de pouvoir : celui sait mesurer a le pouvoir.
Aux alentours de 4 000 av. J.-C., l’Anneau était le premier objet des dieux Anounnakis que l’on disait descendus de l’ancienne Sumer et qui étaient responsables de l’établissement d’un gouvernement municipal ainsi que de la pratique de l’exercice royal. Ainsi, il est pertinent de remarquer que lorsque le professeur Tolkien était interrogé sur l’environnement de la Terre du Milieu du Seigneur des Anneaux, il répondait qu’il le situait aux abords de 4 000 av. J.-C. « Le pot de la soupe (le chaudron de l’histoire) a toujours été en ébullition », dit-il, « et de nouveaux ingrédients lui ont été ajoutés ». À cet égard, les sources de l’histoire populaire de Tolkien étaient (d’après sa grande connaissance de l’anglo-saxon) directement extraites du folklore saxon, et ce concept n’était pas nouveau.
En effet, l’ancien dieu saxon, Wotan (Odin) — l’équivalent du dieu sumérien Anu — était supposé avoir régné sur les Neuf Mondes des Anneaux — possédant lui-même le Neuvième Anneau (l’Anneau Unique) qui gouverne les huit autres. La propriété contestée de l’Anneau Unique, telle que racontée dans le Seigneur des Anneaux diffère peu de l’immuable quête du Saint Graal. Ces deux quêtes visent le maintien de la souveraineté. Mais que ce soit dans les faits ou dans la fiction, l’Anneau et le Graal sont considérés comme inappropriés par ceux qui les voient comme des armes de pouvoir. D’où la nécessité (dans leurs histoires respectives) de protéger l’accès au Graal par des épreuves difficiles, tout comme il était essentiel de conserver l’Anneau Unique hors de portée du maléfique Sauron du Mordor.
Au cours du passage de l’ère de l’ancienne Mésopotamie à celle de l’Égypte, l’idéal d’une royauté dynastique s’est diffusé dans les terres méditerranéennes jusqu’aux Balkans, la région de la mer Noire et l’Europe. Mais l’essence cruciale de l’ancienne sagesse a été perdue au cours de cette propagation. Cela donna naissance à des dynasties qui ne provenaient pas de la race royale originelle. Au lieu de cela, beaucoup de leurs dirigeants étaient des chefs de guerre sans aucune filiation, qui avaient gagné leur trône à la force de l’épée.
La culture sacrée des anciens était, malgré tout, rattachée à la lignée messianique du roi David de Judée (1008 av. J.-C.), dont l’importance découlait de son héritage pharaonique, et non d’une filiation avec Abraham et la souche Sémite, comme on l’a souvent dit. C’est en raison de cet héritage particulier que le fils de David, Salomon le Sage, fut à même d’édifier son projet de Temple de style égyptien à Jérusalem. Ce qui mena à un renouveau de la Terre sainte pharaonique à une époque où l’Égypte était assiégée par des forces extérieures, provenant tout d’abord de Libye, de Nubie et de Kush, et ensuite de beaucoup plus loin. De ce fait, les arrangements du mariage traditionnel des pharaons et des princesses donnaient lieu à des alliances diplomatiques.
Le dragon qui accompagnait les troupes sarmates partout où elles allaient. Ce fut la naissance de la chevalerie (avec des femmes)
L’ombre des cavaliers sarmates (lointains descendant des scythes d’Asie centrale et surtout connu pour les amazones qui en sont une composante essentielle) de l’île de Bretagne se profile à l’arrière-plan de l’un des mythes majeurs de l’Occident médiéval : le cycle légendaire « arthurien ». Des disciplines et des méthodes différentes concourent à en mettre un certain nombre d’indices en valeur. Sur un plan strictement historique, il n’a existé ni « roi Arthur », ni, bien sûr, « chevalerie » de la Table Ronde. Mais le mythe élaboré au Moyen Age repose sur une réalité que l’on discerne assez bien: celle d’une troupe de cavaliers d’élite, peut-être commandée par un chef de guerre (dux bellorum) du nom d’Arthur, et qui aurait servi les chefs romano-bretons des V’-VI’ siècles dans leur résistance aux incursions pictes et à la lente invasion saxonne. On s’accorde à penser que cette troupe était modelée sur la cavalerie « romaine » tardive stationnée en Grande-Bretagne, voire qu’elle en était un prolongement direct.
Or, ladite cavalerie était pour le moins hétérogène, et l’on a vu que les Sarmates en étaient une composante permanente depuis la fin du II’ siècle. Rien ne permet de penser que toutes les unités sarmates aient suivi les usurpateurs Maxime puis Constantin dans leurs équipées gauloises respectives de 383 et 407, ou aient été transférées en Italie lors du rappel de 402. Certaines sont nécessairement demeurées sur place et se sont progressivement fondues dans les populations romano-bretonnes après l’« abandon » de l’île par l’empire en 410. On imagine bien que ces Sarmates en voie d’assimilation, guerriers héréditaires, aient monnayé leurs aptitude- militaires auprès des chefs locaux. Ils ont pu contribuer à former leur cavalerie, peut-être notamment une cavalerie cuirassée qui aurait laissé un souvenir marquant dans la mémoire insulaire.
Les pyramides sont en Égypte mais leur conception est le fruit d’une haute science et d’un autre peuple venu d’au delà des mers (les Shemsou).
Il faut imaginer la pyramide d’alors avec le Nil qui coulait à ses pieds, les blocs de pierre étaient déposés directement au plus près. Les arabes l’ont profané et en partie détruite mais elle était recouverte de dalles de calcaire blanche qui la rendait éblouissante, le pyramidion en orichalque pesait plusieurs centaines de tonnes : il fallait se protéger les yeux avant de pouvoir la regarder en face tant son éclat était puissant. Sous certaines conditions il pouvait émettre une vibration qui se propageait à des centaines de kilomètres. Un livre est déjà paru.
Enki es le dieu des eaux souterraines, il es représenté tenant un petit manier de pécheurs, une nasse ou filet bien connue des amateurs de la pèche à la ligne
Ce que signifie l’encerclement de la terre par l’Océan.
Nul n’ignore que les anciens se représentaient la terre comme encerclée par l’Océan, dont les eaux la pénétraient de toutes parts. Nous sourions de cet enfantillage, parce que nous croyons à un système cosmogonique. Si tel était le cas, l’on se demande comment les hommes d’autrefois n’en auraient jamais eu l’idée. C’est une conception mystique et initiatique, une conception d’origine sacerdotale, qui est en cause. Il ne s’agit pas de dessiner la forme spatio-temporelle de la terre et de l’eau : en quoi cette apparence phénoménale importe-t-elle? Ce qui seul compte, ici comme pour le signe cruciforme, étudié dans l’Origine et l’Œuvre du Sacerdoce Primitif, c’est de rappeler les relations du monde physique avec l’énergie dynamique; c’est de montrer que des êtres sacrosaints, domiciliés au loin, dans les brumes de la mer, maintiennent le contact avec la surnature, et que, partout, grâce à l’eau, les hommes peuvent, en les rejoignant, se sacraliser. L’océan entourant la terre : c’était, comme la croix, une figuration transcendante, qui exprimait clairement à tous les yeux la sainteté du monde, et qui, de ce chef, acquit une valeur apotropaïque. Plus tard, conformément à la règle générale, cette représentation sacrosainte glissa vers le domaine profane et devint source de vues cosmogoniques. Mais ce point d’aboutissement ne saurait être confondu avec le point de départ.
L’océan et l’eau douce. La conception chaldéenne de l’Apsû.
Il advint fréquemment que la salure de la mer fut envisagée par l’antiquité comme attribuable à un poison déversé dans l’eau lors de la fabrication de l’aliment d’immortalité. L’eau douce fut alors tenue pour l’eau de la vie immortelle, due aux dieux de l’océan; ce fut elle la première ambroisie. Ainsi se concrétisa d’une manière frappante l’œuvre de la Terre pure nordique.
Cette conception est sans doute la plus ancienne entre toutes celles qui nous sont parvenues au sujet de l’océan. C’est e effet celle qui avait cours, depuis l’origine de la ville, à Eridu, la plus vieille des cités mésopotamiennes. Le dieu d’Eridu était E-a (= maison de l’eau), identique, nous l’avons vu, à En-ki (= le maître de la Terre); cette identification prouve que le Maître de la terre, ou « Roi du Monde », habitait primitivement la « Maison de l’Eau ». Le temple d’Eridu portait au surplus le nom d’E-abzu (= Maison d’Apsû). E. Dhorme fournit sur ce point les précisions ci-après (Les Religions de Babylone et d’Assyrie, 1945, p. 32) : « La confrontation des textes où apparaît l’Apsû permet de conclure que les Sumériens et les Accadiens imaginaient sous notre sol, aux abords de la terre médiane dont nous avons parlé ci-dessus (terre située entre le domaine d’Enlil, ou Grande Montagne, et le monde souterrain), une grande nappe d’eau douce qui était comme le réservoir d’où jaillissaient, les sources des rivières et des fleuves. Cette eau, sur laquelle flotte notre terre, dépasse l’horizon et forme un cercle analogue au fleuve Océan des Grecs. Pour désigner les confins de la terre, les Hébreux se serviront du mot apsêy _ (pluriel construit de éphès), dérivé d’Apsû. Les temples de Sumer et d’Akkad seront dotés d’une réduction; en miniature, de ce réceptacle des eaux douces. Ce sera aussi l’apsû. Il jouera, dans le culte, un rôle analogue à la Mer d’Airain du temple de Jérusalem. D’après l’épopée de la création (Enuma elish), c’est par droit de conquête que le dieu Ea, dédoublement d’Enki, est devenu le dieu des eaux. A l’origine sont confondus Apsû, l’élément mâle, qui représente les eaux douces, et Tiamat, l’élément femelle, qui personnifie les eaux salées, la mer (en akkadien tiamtu, tamtu). Par sa magie, le dieu Ea réussit à endormir Apsû, lui brise les muscles, lui arrache sa couronne, l’enchaîne, le tue. Il fonde alors sa propre demeure sur l’Apsû, au sein duquel naîtra le démiurge. »
On voit par-là que l’image du monde, propre aux tout premiers Sumériens, était foncièrement la même que celle des Grecs. Pour le demeurant, l’union entre Apsû et Tiamat, que brise Ea d’après le poème de la création, se réfère, selon toute vraisemblance, au grand rite de séparation : l’accouplement primordial, au lieu d’être accompli par un homme et une femme nommés Ciel et Terre, l’était par des officiants appelés Apsû et Tiamat, désignation qui n’offrait rien que de normal dans les facies culturels maritimes. Ce que l’Enuma elish place en relief, ce sont les pouvoirs « magiques » d’Ea : celui-ci ignore l’emprisonnement temporel et spatial; il atteint directement et instantanément l’essence des êtres et des choses : telles furent toujours, nous l’avons dit, les caractéristiques des surhommes de l’Ile sacrée; leur puissance psychique ressort partout au premier plan; c’est celle que possèdent Nérée et Protée, ancêtres éminents des yogin et des fakirs. Nous avons par là, dans cet antique scénario, la première dramaturgie relative à l’ambroisie; nous assistons à la lutte contre le dragon (Tiamat, la mer, deviendra, à Babylone, le « dragon de Bel », dont triomphera Mardouk); nous assistons également au grand combat contre l’initiateur (Apsû), qui permet à Ea de s’identifier avec le mana de l’eau douce, et de siéger en souverain au milieu de l’océan ; nous contemplons la force transcendante du Maître de Terre, force grâce à laquelle il pourra recréer les hommes et se transformer en démiurge. Peu de mythes anciens sont aussi révélateurs et présentent semblable portée historique.
Relevons au passage que les bénitiers de nos églises ont, dans l’apsû de Babylone et dans la Mer d’Airain de Jérusalem, d’illustres antécédents. Mais notre eau bénite, devenue si insignifiante, peut-elle se comparer à l’apsû, à l’eau divine, à l’eau de l’immortalité? La Genèse nous montre, tout à l’origine, l’Esprit de Dieu planant sur l’abîme des eaux, c’est-à-dire sur tehôm (le même mot que Tiamat). Nous saisissons ainsi l’exceptionnelle signification initiale de l’apsû, en tant que récipient de l’eau sacrée. Nous entrevoyons, en outre, par une voie nouvelle, l’importance primitive de l’océan, et de la Demeure au milieu des eaux, comme source de la vie religieuse dans l’humanité
Jean Malaurie : l’homme qui fit renaitre l’Atlantide, Ultima Thulé
« Cet espace nordique a un nom: Thulé. Thulé- Tele : loin; Thu-al : Nord (Celte); Tholos ou Tolos : brouillard (grec); Tula: balance (sanscrit); Tulor mexicaine est dans la tradition ésotérique, la Terre lointaine, l’Ile blanche, le Pôle des lumières, le Sanctuaire du Monde. Thulé, baie de l’Étoile Polaire, est à l’aplomb du Pôle céleste. Telle Jérusalem, pôle judéo-chrétien ou La Mecque, avec la Kaaba, pôle de l’Islam, Thulé est le pôle des hyperboréens.
En 1714, un anonyme décrit un voyage le conduisant du Pôle Nord au Pôle Sud par l’intérieur de la Terre : » Aux abords du Pôle, on observe beaucoup d’oiseaux à bec rouge. Au Pôle, un gouffre d’eau, un » grand tournant d’eau « . Nous approchant toujours du centre, nous reconnaissons que cette île prétendue n’était qu’une haute écume sur les eaux se précipitant et s’engouffrant dans cet abîme, formée sur la superficie « .
Brève histoire du Pôle et ses rapports avec la Tradition
Au XVIIè siècle, le Pôle Nord était souvent apprécié comme un gouffre d’eau où viennent confluer et disparaître à l’intérieur de la terre les eaux de la mer; mais aussi comme un lieu de renaissance et de mort. Au XIXe siècle, la géographie savante, notamment le célèbre géographe allemand Augustus Petermann, considérait que le Pôle Nord était – scientifiquement – une mer » libre de glace « , route de la Chine. Un des grands explorateurs américains de l’époque – . Hayes – a même écrit, au retour de son exploration du Nord du Groenland, en 1862, un ouvrage intitulé: » La mer libre du Pôle «
Au XIXè siècle, les Romantiques (Bernardin de Saint Pierre) évoquent l’axis mundi comme une véritable Arcadie, Jules Verne, un volcan d’où sort l’aurore boréale, Edgar Poe, une eau de naissance et de mort, Lovecraft, l’ Atlantide, un pont jeté entre terre et ciel.
Second pôle: le Pôle magnétique qui a hanté les navigateurs. Troisième pôle, le plus essentiel: le Pôle céleste. L’Étoile polaire ~ référence de tous les navigateurs – est considérée comme le centre absolu autour duquel tourne le ciel; c’est le pôle de l’univers. Pour les Lapons, il est le » pilier « , le » moyeu » du monde. Pour les Yakoutes, le nombril du ciel. Dans de nombreuses populations altaïques, l’autel est tourné vers l’Étoile polaire. Selon la tradition islamique, l’Étoile polaire et la Kaaba enfin sont reliées. Dans la tradition chrétienne, c’est une étoile qui a guidé les Mages vers le Fils de Dieu.
Jean Malaurie, explorateur et président de plusieurs instituts consacrés au Pôle Nord; l est grand officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Grande Médaille d’Or de la Ville de Saint-Pétersbourg, de la Médaille d’Or de la Royal Geographical Society de Londres, décernée par la reine, de la médaille de l’Ours, haute distinction du gouvernement du Groenland, de la Mungo Park Medal, remise en 2005 par The Royal Scottish Geographic Society ainsi que de nombreuses autres distinctions étrangères.
« Les clés sont à rechercher sans doute ailleurs et une sémiologie des symboliques reste à décrypter dans le cadre d’une histoire globale. On ne manquera pas de noter que cette vision de l’écoulement du temps est contraire à l’idée occidentale de Progrès; la notion de Paradis perdu, do Age d’or au Pôle, de peuple primordial anté-diluvien présuppose qu’une humanité primordiale vivait au nord, dans l’hyperborée, qu’elle y vivait en symbiose avec la Nature et les Dieux. Voilà bien une notion d’écoulement du temps historique radicalement contraire à notre logique puisqu’elle repose sur l’idée que les peuples, en allant du nord au sud, vivent avec un avenir qui est déjà vécu.
Rappellerai-je le mythe lapon ? Il y a longtemps, longtemps, l’homme vivait en alliance avec les animaux et la Nature. Mais l’homme s’est affirmé homme et a eu la funeste idée de conquérir le feu. Alors l’Animal, la Nature épouvantée ont fuit l’homme, car il avait, par cette connaissance, ruiné l’antique alliance. C’est retrouver le mythe de Chronos, dieu de l’âge d’or. Il parvint, on le sait, à maintenir l’équilibre en dévorant tous ses enfants issus de Rhéa, fille de la Terre et du Ciel. Zeus survécut, caché par sa mère dans une caverne. Les grands équilibres furent de ce fait perdus. Et c’est Zeus luttant contre les dieux nouveaux, qui punit Prométhée, voleur du feu céleste et dont l’invention dite » de progrès » a rompu définitivement Il est singulier que les Esquimaux du nord du Groenland auquel les Occidentaux ont voulu donner un destin en dénommant leur capitale Thulé, aient avec sagesse repris l’ancien nom de Qaanaaq et placé leur histoire sous la protection de leur dieu tutélaire: l’extraordinaire dent de narval, cette » licorne de mer » – narval antique – qui se reproduit tous les trois ans dans ces eaux arctiques de Thulé. Licorne: symbole de pureté, associé à la lune ? Elle est au Moyen Age associée à la Sainte-Vierge. Pour Saint Bonaventure, elle est » arbre de vie « . Elle vit, assure la tradition, chez le Prêtre Jean, à l’entrée du Paradis.
Dans la période troublée et menaçante que nous vivons, il n’est pas douteux que la conscience populaire accorde toujours à l’axe de la Terre, l’un des trois pôles Nord, un pouvoir d’équilibre. Porte du ciel, l’Étoile polaire est par ailleurs et selon la mythologie la plus sacrée, le siège de l’Etre divin, le trône du Dieu Suprême. Quaesivit arcana Polividet Dei. L’alliance antique entre l’homme et les dieux. »
Janus, appelé « Biffrons » avec deux visages est le dieu qui garde les portes de Rome mais cette dualité en cache une autre, celle des cavaliers célestes qui protègent la cité. Ses origines sont néanmoins assez troubles, honoré par les Etrusques, sous le nom de « Culsans », mais également par les peuples du Latium et par les Samnites, on suppose qu’il aurait été introduit par le fondateur de la cité, Romulus, lui-même. Il devint dès lors, le « Dieu des dieux » (Deorum deus), consacré sous Numa Pompilius (753-673 av. J.C.) , deuxième roi de Rome qui lui érigea un temple sur le Forum.
Robert de Craon, Grand Maitre. Son père est le fondateur de l’abbaye de la Roë en Anjou. Parmi les chanoines il y eut Robert d’Arbrissel qui fonda l’Ordre double de Fontevraud à l’origine d’une mystique érotique connue sous le nom de sineisaktisme. Ce sera les débuts de ce que l’on va connaitre sous le nom d’amour courtois. Puis toujours dans le voisinage de Robert de Craon Bernard de Tiron qui fonda l’abbaye de Kilwinning en écosse à la demande de David Ier roi d’Écosse : un seul et même fil conducteur que nous avons éclairci dans notre dernier ouvrage qui sera suivi d’un troisième opus.
Tenir les fils de la Tradition, tous les fils et c’est ce que je m’efforce de faire. Johan Dreue
En 1818, le nom de Baphomet apparaît dans l’essai de l’orientaliste viennois Joseph Freiherr von Hammer-Purgstall, Mysterium Baphometis revelatum, seu Fratres Militiæ Templi, qua Gnostici et quidem Ophiani, Apostasiæ, Idoloduliæ et Impuritatis convicti, per ipsa eorum Monumenta (« Découverte du mystère de Baphomet, par lequel les Templiers, comme les Gnostiques et les Ophites, se sont rendus coupables d’une violation de la loi sur les droits de l’homme »).
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