
En redécouvrant la notion de mundus imaginalis, Henry Corbin avait mis au jour une région oubliée de l’être, intermédiaire entre la réalité intelligible et la réalité sensible, que la modernité avait progressivement rendue impensable et imperceptible. Ni monde imaginaire ni simple construction métaphorique, le « monde imaginal », amplement décrit par la philosophie, est à la fois le lieu même des visions spirituelles et la condition de possibilité de l’angélologie et d’une anthropologie intégrale. Nous nous proposons d’examiner la portée philosophique de cette notion traditionnelle qui fait défaut à toute l’architecture de pensée de l’Occident moderne, en revenant sur les raisons de son oubli et sur ses survivances contemporaines.
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