Archives du mot-clé Goethe

Hughes II de Payns : de Troyes à Jérusalem

hughes_payens

Hugues II de Payns naît vers 1070, probablement au château de Montigny, une forteresse surplombant les collines verdoyantes entre Champagne et Bour­gogne. Le premier des seigneurs de Montigny dont l’histoire a gardé la mémoire est Hugues Ier de Payns, le propre grand-père de notre personnage prin­cipal, qui dut épouser l’héritière de la seigneurie de Montigny autour de l’an 1050 avant de participer indi­rectement à la fondation de l’abbaye voisine de Molesme à l’époque même de la naissance de son petit-fils. Hugues Ier de Payns décède dans la dernière décen­nie du XIe siècle et son fils Gautier lui succède à la tête de la seigneurie. Hugues II de Montigny/Payns est le second fils de Gautier. Il se marie vers 1090 avec Émeline de Touillon, d’une famille alliée aux Montbard et donc au futur Bernard de Clairvaux. Hugues et Émeline ont une fille, Odeline, qui se marie à Lhéry d’Ervv-le-Châtel. Dans les années suivantes, Hugues II, proba­blement veuf, entre à Molesme pendant quelques mois. Dès 1100, il a rejoint l’entourage du comte Hugues de Champagne et s’est vu confier la forteresse de ses ancêtres, à Payns, qui contrôle la Seine. À cette époque, Hugues II de Payns est cité comme témoin dans plusieurs actes du comte. (Travaux de Thierry Leroy)

Lire la suite Hughes II de Payns : de Troyes à Jérusalem

Imago Templi (4) et les Fils de la Vallée

luxinarcana2

Le nom de chevalerie de Robert nous réfère à la montagne mystique de Heredom, dans le nord de l’Ecosse, à laquelle il a déjà été fait allusion précédemment. C’est toute la tradition écossaise qui est ainsi évoquée : le rôle joué par l’Ecosse dans la renaissance de l’Ordre du Temple après sa destruction. Aussi bien le personnage du jeune chevalier vient-il s’intégrer à la geste des chevaliers qui, en compagnie de Pierre d’Aumont, trouvèrent en Ecosse la protection du roi Robert Bruce et y furent, selon la tradition, les continuateurs du Temple. Après le sacrifice de Jacques de Molay, Robert de Heredom reçoit des mains de l’un des Fils de la Vallée le coffret contenant l’authen­tique doctrine ainsi que la cloche de l’Eglise primitive, qu’il transmettra aux générations futures. Six autres chevaliers, devenus « Frères de la Croix » lui sont adjoints par la Vallée, et la petite troupe des sept hommes « s’élance au lever du jour, symbole de renaissance, de jeunesse et de force », vers le château de Heredom, en Ecosse.

Se lève alors à l’horizon une Imago Templi ressemblant aussi bien au Temple de Titurel qu’à l’Eglise du troisième règne, l’Ecclesia Johannis de l’Esprit-Saint, annoncée par les Joachimites. Toute pensée politique est écartée. Seules, les forces spirituelles de l’homme et la providence divine entrent en ligne de compte. Le Temple, maintenant encore invisible, deviendra celui de l’humanité tout entière : « Et le globe devint une immense église, Sur le gazon éternellement vert des tombeaux (…)  Et du haut des airs flamboyants retentit ce choral – Et la terre et les eaux lui firent un écho sonore –  Et tous les êtres entonnèrent : La vie terrassera l’effroyable mort. »

Et voici même que le symbole de la Croix s’efface devant l’antique Etoile flamboyante, symbole de l’Eglise de l’Esprit Saint, de l’Evangile éternel :

« Alors au son des cloches, Aux accents des chœurs, Le nou­veau signe, S’effacera devant l’antique emblème. »

ré-impression 460 pages

retour au livre

Imago Templi (3) et les Fils de la Vallée

poster_jerusalemReproduction et illustration : devis sur demande arl@publipole.com

télécharger un extrait (PDF)

Vers le nouveau Temple.

« Le grand, le pauvre cœur méconnu » dira Robert de Heredom en parlant du grand maître Jacques de Molay. Malgré sa modestie, son renoncement, qui le fait s’incliner devant la décision fatale, prise par le Chapitre, du retour en France dont il prévoit les conséquences, il lui faudra, pour atteindre à la suprême purification, passer par les souf­frances morales et physiques d’un procès inique, connaître les détresses de huit années d’incarcération.

L’intériorisation de l’oeuvre alchimique conduit, certes, à une gnose supérieure, à la connaissance de la voie unitive. Mais ce qui la caractérise, c’est qu’il ne peut s’agir d’une connaissance théorique ; elle est l’expérience même de la voie unitive, de l’union mystique. Les trois phases de l’opération alchimique, dont le secret est celui-là même de la « Vallée », ont leurs cor­respondances spirituelles : nigredo, la nuit noire de l’âme ; albedo, l’illumination, la naissance du filius philosophorum ; rubedo, le rouge de l’amour divin, la hiérogamie de l’âme avec son Dieu. Ces trois phases de la voie mystique, Jacques de Molay les a parcourues et éprouvées. Le terme final du processus du Grand Œuvre est figuré par Zacharias Werner comme la réception du grand-maître des Templiers au sein de la Vallée. La transmutation de son être intérieur est accomplie. Il connaît dès ici-bas l’extase, l’union avec Dieu, qui prélude à l’union définitive que va consommer sa mort en martyr. Sa transmutation est en même temps celle de l’Ordre du Temple tout entier. Mort rédemptrice, pierre philosophale qui transforme le plomb vil de l’ancien Temple en l’or du nouveau Temple.

Tandis que Jacques de Molay se jette extasié dans la mort, Robert de Heredom s’élance dans le champ de l’action qui conduira à l’avènement du Nouveau Temple. En une scène extraordinaire, l’initiateur, Adam de Valincourt, lui fait comprendre la signification de la mort terrestre. Les corps détruits libèrent les « semences de résurrection ». Les êtres vivants laissent, en disparaissant, un corps subtil (le corpus spi­rituale de Paracelse, le jism mithalî, corps imaginal des théosophes de l’Islam). La rose soumise à l’action du feu, ayant été calcinée, puis diluée après fermentation, voici qu’une teinte bleuâtre appa­raît, suivie de la forme astrale de la rose. L’expérience est ici la même que celle pratiquée par le grand kabbaliste chrétien. F.C. Oetinger, avec une branche de mélisse, expérience qui l’avait bouleversé au point qu’il y revient en de fréquentes allusions. « Que soit anéanti le fils de la Vallée — Et que du Temple ver­moulu sorte — Un arbre de vie fleurissant dans l’éternel bois sacré de l’Agneau. » Initié ainsi, vers la fin du poème, par les fils de la Vallée, Robert de Heredom est par là même créé grand-maître du nouveau Temple qui renaîtra des cendres de l’ancien. Il est le gardien du Palladium secret, jusqu’à ce que vienne le temps où les hommes auront assez de maturité pour le recon­naître, et seront dignes de recevoir cette lumière que la Vallée a révélée à Jacques de Molay, la veille de son martyre.  (à suivre ..)

 

Retour au sommaire

Imago Templi (2) et les Fils de la Vallée

Les « Fils de la Vallée »

lesfilsdelavallee2

(Toutes nos illustrations sont disponibles en haute résolution sous différents format pour des reproductions sur demande : arl@publipole.com)

Qui se représente-t-on au juste sous ce nom ? Une haute compagnie de Frères adeptes, consti­tuant ab origine l’Eglise secrète du Christ, laquelle n’est pas sans rappeler l’« Eglise intérieure » d’Eckhartshausen. Pour Zacha­rias Werner, c’est la confrérie des « Supérieurs inconnus », laquelle fut à l’oeuvre derrière la chevalerie du Temple au IVe siècle, comme elle l’est encore derrière la chevalerie tem­plière au XVIIIè siècle. L’une et l’autre, en effet, ne représentent qu’une forme de manifestation temporaire, décidée par la confrérie de la Vallée. Lorsque, en raison d’une transgression, la Vallée retire sa protection à ces formes, celles-ci se trouvent livrées sans défense à l’assaut des puissances de ce monde. Puis­sance purement spirituelle et secrète, la Vallée n’est point mêlée elle-même au flot du devenir. Elle n’est mêlée que médiatement aux événements humains, par les communautés qui émanent d’elle et dont elle gouverne la destinée.

Lire la suite Imago Templi (2) et les Fils de la Vallée

Imago Mundi (1)

imago2

L’Imago Templi et les « Fils de la Vallée » vu et analysé par Henry Corbin

1- La critique du Temple.

Dans le grand drame de Zacharias Werner, l’Imago Templi, tout en se rattachant au thème de la perpétuation du Temple, se différencie, par deux aspects essen­tiels, de la tradition templière.

Lire la suite Imago Mundi (1)

Zacharias Werner : introduction à une oeuvre majeure

zacharia4L’ouvrage de Louis Guinet est un monument considérable, qui dépasse par son ampleur et sa profondeur la vie et l’oeuvre de Zacharias Werner. Ce romantique allemand dont l’auteur a retracé la vie mouvementée et inquiète dans un autre ouvrage a eu un destin spirituel exceptionnel. Il est rare de trouver un luthérien qui, après avoir adhéré avec enthousiasme et conviction à la franc-maçonnerie, s’en est ensuite détaché, puis s’est converti au catholicisme et, ne faisant pas les choses à demi, est devenu prêtre et a passé ces dernières années à se consacrer à un ministère actif, notamment à celui de la parole, en grande partie sous l’influence de saint Clément Hofbauer. Un tel destin eût-il été possible en France ? il ne le semble pas, et ce sont les conditions propres à l’Allemagne qui rendent raison de cette vie hors série.

Lire la suite Zacharias Werner : introduction à une oeuvre majeure