Tous les articles par Jacob K.

JK ... Journaliste, conférencier, écrivain et éditeur. Un parcours atypique allant de la recherche informatique (prix Innnova 1987) à l'édition en passant par la formation dans les nouvelles technologies. Auto édition, aide à l'édition, créateur et concepteur, je peux également vous assister dans l'accouchement de vos projets. Sous l'enseigne de Lux in arcana publishing nous diffusons et réalisons des cahiers et livres aux contenus originaux avec un regard neuf sur la Tradition vue sous l'angle des nouvelles disciplines et de l'anthropologie. Herméneutique et hermétisme sont un couple indissociable. N'hésitez pas à me contacter et bonne navigation sur notre blog ! vous pouvez me retrouver sur Facebook également (https://www.facebook.com/johan.rosslyn/) site de vente : https://toysondor.com

Napoléon et l’ordre impérial des trois Toisons d’Or

napoleonNapoléon lors de la remise de la légion d’honneur

Historique de la création éphémère de l’Ordre impérial des Trois Toisons d’Or par Napoléon. On le sait moins mais la principauté de Wagram comprenant Chambord,  Eckmühl et Essling fut créée également à cette occasion.

Au camp de Schônbrunn, le 15 août 1809, Napoléon, au faîte de sa gloire, crée par lettres patentes l’ordre impérial des Trois Toisons d’or. Cet ordre militaire de grand prestige devait, selon le dessein de l’empereur, témoigner de sa domination sur l’Europe. Le décret stipulait que l’ordre comporterait cent grands chevaliers choisis parmi les très hauts dignitaires, quatre cents commandeurs et mille chevaliers. Il ne s’obtenait, à de rares exceptions près, que pour des actions militaires d’éclat et, grande innovation dans le domaine des décorations, devait aussi être attribué aux aigles de certains régiments.

troistoisons

Napoléon, selon le baron Lejeune, en définit lui-même l’allégorie  :

« Mes aigles ont conquis la Toison d’or des rois d’Espagne et la Toison d’or des empereurs d’Allemagne. Je veux créer pour l’empire Français un ordre impérial des Trois Toisons d’or. Ce sera mon aigle aux ailes déployées, tenant suspendue, dans chacune de ses serres, une des Toisons antiques qu’elle a enlevées et elle montrera fièrement en l’air, dans son bec, la Toison que j’institue. » (in Mémoires du général Lejeune publiés par Germain Bapst, 1895, IX, p. 3.) Dominique Vivant Denon en conçut l’insigne et, dès le 25 août 1809, fit parvenir de Vienne au duc de Bassano des dessins : « Je crois que le n » 4 est celui qui doit remplir le mieux la pensée de S. M.

Il ne faut point espérer que les deux cours renoncent sans un article de Traité à faire des Chevaliers. Il n’y a donc qu’un moyen de subordonner les autres. C’est de faire une décoration où sera exprimée la conquête qui en a été faite . » (lettre, in archives privées.)
Dès le 24 septembre 1809, l’empereur charge le comte de Lacépède, en attendant la nomination du grand chancelier du nouvel ordre, d’en assurer les fonctions et de faire réaliser les décorations (Correspondance de Napoléon, XIX, N° 15855).

Lacépède, tout en informant Napoléon des réticences soulevées par ce projet au sein de la Légion d’honneur, va s’occuper de faire réaliser la décoration ; il soumet à plusieurs reprises des modèles à Napoléon. Toutefois, il semble qu’aucune réalisation définitive n’était encore exécutée quand le comte Andréossy fut nommé grand chancelier de l’ordre des Trois Toisons d’or, le 14 octobre 1810. Il est vrai que le contexte politique a changé et que Napoléon, devenu l’époux de Marie-Louise, hésite à distribuer un ordre conçu pour humilier l’Autriche.

3toisons
Un nouvel élan est cependant donné aux travaux pré¬paratoires dans la perspective du 15 août 1811 ; le conseil de l’ordre se réunit plusieurs fois (procès-verbaux, in archives privées) et de nouveaux modèles d’insignes sont examinés. Un projet (non signé) qui présente l’aigle impériale empiétant sur la pierre à feu d’où pendent les trois Toisons est arrêté le 3 août ; ce feuillet, conservé dans les archives du musée de la Légion d’honneur à Paris, présente la couleur du ruban : ponceau liseré d’or ou gros vert liseré d’or. Il ne fut pas non plus suivi d’effet. Le musée de la Légion d’honneur conserve aussi un ensemble de dessins présentés par divers orfèvres parisiens : Nez, Merché-Marchand, Oliveras, Coudray et Martin-Guillaume Biennais. Chacun est accompagné de notes explicatives. Les modèles de Biennais sont commentés par une lettre, en date du 31 août 1811, probablement adressée au comte Andréossy :

« Monseigneur, Je prends la liberté de présenter à votre Excellence quatre intentions de la Décoration de l’Ordre des Trois Toisons d’or.  Le 1 a les trois toisons qui se regardent et il y a trois places pour les inscriptions que vous désirez y mettre. Le d 2 est de même forme excepté que deux des trois regardent en dehors. Le no 3 a les trois toisons les têtes à droite et une légende au-dessus pour recevoir l’inscription qui doit être en or sur émail rouge. Le no 4 est idem mais les trois toisons sont de face. J’ai fait apparaître des éclats de foudre comme votre Excellence a paru le désirer et j’ai mis à chaque croix un anneau qui est un serpent se mordant la queue. Je joins aussi, Montseigneur (sic), deux pensées de plaque dudit ordre qui peut-être vous sera agréable. Si votre Excellence désire avoir plusieurs intentions d’un collier pour cet ordre, je m’en occuperai de suite et j’au¬rai l’honneur de le présenter à Monseigneur. Je demande pardon à votre Excellence de l’importuner encore une fois pour ces objets mais je compte toujours sur l’honneur de sa protection. J’ai l’honneur d’être avec respect, de Monseigneur, le très humble serviteur. » Après tant de tergiversations, l’insigne définitif ne verra pourtant jamais le jour : par décret du 27 septembre 1813, l’ordre des Trois Toisons d’or est en effet réuni à la Légion d’honneur sans avoir connu de réelle existence. Seuls les dessins des orfèvres parisiens témoignent encore de l’orgueilleux projet de Napoléon I« .

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Réplique exclusive du bijoux de la Toison d’Or

collier_sacocheRéalisé par des Maitres artisans Franc-comtois; la réplique historique du collier de la Toison d’Or. Plaqué or 18 carats

L’ordre de la Toison d’or, dit aussi la Toison d’or ou la Toison, est un ordre de chevalerie autrefois prestigieux fondé à Bruges (ville de l’État bourguignon) le 10 janvier 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Son premier chapitre se tient à Lille l’année suivante, en 1431, le port du collier devenant obligatoire le 3 décembre 1431. Le nom de l’ordre est inspiré du mythe grec de la Toison d’or.

stallesStalles aux armoiries des chevaliers de la Toison d’Or

Pour voir les différents modèles suivre ce lien

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La Toison d’Or : naissance du premier ordre de chevalerie française

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La création de l’ordre de la Toison d’or par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal, le 10 janvier 1430, n’était pas en soi une initiative exceptionnelle. Elle se situait à une époque où la noblesse médiévale militaire avait depuis longtemps été remplacée en tant que force vive par les villes, la bourgeoisie et les commerçants ; les occasions festives, où se déployait chez les nobles comme chez les bourgeois une héraldique de parade, les ordres, les fraternités et les « cours » avaient succédé aux manifestations guerrières d’antan.

Néanmoins, la défense de la chrétienté et les expéditions qui la ponctuaient n’étaient pas lettre morte. Dans ce cas , le jeune duc était né alors que son père Jean sans Peur, vaincu à Nicopolis en 1396, était encore prisonnier des Turcs. L’idée d’une nouvelle croisade, malgré les conditions qu’elle impliquait, restait présente, traduite dans les actes comme dans les textes.
La bibliothèque du duc comptait plusieurs ouvrages qui s’y référaient : l’Advis directif pour faire le passage d’Outremer, que Guillaume Adam avait adressé au roi de France Philippe VI de Valois en 1332, avait été traduit en français pour le duc par Jean Miélot vers 1455 (Bruxelles, Ms 9095) ; l’Epistre lamentable et consolatoire sur le fait de la deconfisture […] du roi de Honguerie par les Turcs devant la ville de Nichopoli en lem pire de Boulegarie, adressé vers 1397 par Philippe de Mézières au duc Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, comptait aussi au nombre des manuscrits de son petit-fils (Bruxelles, Ms 10486).
Parmi les oeuvres de Jean Germain, premier chancelier de l’ordre de la Toison d’or, la Mappemonde universelle, écrite en 1449 (Bruxelles, Ms 11038), le Dyalogus Christiani contra Saracenum (Bruxelles, Ms 5172-74, copie du XVI siècle) et La Voye de Paradis (Bruxelles, Ms IV 823 [3 mars 14741), traduisaient les idées de l’auteur, champion d’une nouvelle croisade et défenseur du héros biblique Gédéon comme patron chrétien de l’ordre.
Pie II, pape de 1458 à 1464 (Enea Silvio Piccolomini) qui composa vers 1460-1461 sa lettre Ad Mahometum Turcorum regem [Bruxelles, Ms 708-7191), y réfutait le Coran, exposait la foi chrétienne et proposait à Mehmet la couronne de l’empire d’Orient en échange de sa conversion. Cette missive procédait du même esprit que la diète de Mantoue (1459), dont Pie II avait été l’initiateur, où fut prônée la croisade. On ne peut enfin passer sous silence le récit que fit Olivier de La Marche des Vceux du Faisan, qui eurent lieu au cours du banquet organisé par le duc le 17 février 1454 à Lille. Le roi d’armes, dit « Toison d’or », y apporta un faisan vivant colleté de pierres précieuses, sur lequel les assistants prononcèrent chacun le voeu de se croiser. Ce fut aussi à Jean Le Fèvre, roi d’armes de la Toison d’or, que l’on doit l’Epistre faitte en la contemplacion du saint voyage de Turquie omposée en 1464.

De son côté Guillaume Fillastre (1392-1473), évêque de Tournai et abbé de Saint-Bertin, chancelier de l’ordre de 1461 à 1473, adressa à Charles le Hardi, vers 1475, Le Traittié de Conseil, c’est-à-dire de bon gouvernement (Bruxelles, Ms II 1172).
Fillastre est évidemment plus connu encore pour les fameux livres sur la Toison d’or (Bruxelles, Ms 9027-9028), composés à la demande du Téméraire, qui avait été impressionné par un sermon prononcé par le chancelier en l’église Notre-Dame de Bruges lors du chapitre de l’ordre en 1468. Initialement, le projet était vaste : remémorer l’histoire de six Toisons, celles de Jason, Jacob, Gédéon, Mesa, Job et David, qu’il mettait en rapport avec six vertus : Magnanimité, Justice, Prudence, Fidélité, Patience et Clémence. A sa mort, en 1473, seuls trois volumes étaient complétés et le travail ne fut pas poursuivi.

Accepter comme patron d’un ordre très chrétien un héros païen avait dérangé plus d’un écrivain

(à suivre ..)

saint-valentinà voir ici :

réveillez le chevalier ou la dame de coeur qui sommeille en vous !

avant lui : Christine de Pisan, célèbre auteur de l’Epistre d’Othea, considérait Jason comme la personnification de l’Ingratitude ; en revanche, la ver¬sion française de l’Ovide moralisé, compilation anonyme qui connut un grand succès, notamment à la cour de Bourgogne, s’efforçait de faire de chaque personnage évoqué par Ovide une préfigu¬ration de l’Histoire sainte : la chute d’Hellé dans les flots de la mer qui porte depuis son nom était mise en rapport avec celle des anges rebelles, et Dieu avait envoyé la Vierge pour sauver le monde, tout comme le mouton doré avait été dépêché pour sauver les enfants. Jason était présenté comme bravant la mort pour Médée, à l’instar du Christ crucifié par amour des hommes ; le héros bravait le dragon, comme le Christ franchissait les limbes ; il emmenait les âmes au ciel, comme Jason emportait la Toison d’or et la princesse loin de la Colchide (Lemaire, p. 84-90).

La défense de la foi chrétienne et le « service noble » n’étaient pas seuls à animer l’initiative ducale. L’histoire de Jason, par son côté chevaleresque et romanesque, plaisait au public aristocratique de ce Moyen Âge déclinant. De plus, comme elle était étroitement liée à l’histoire de Troie, elle touchait personnellement la famille ducale qui, directement apparentée aux rois de France pouvait, comme eux, prétendre descendre du héros Francion, parent d’Enée et fondateur lointain de leur dynastie. Cette double raison explique la présence par l’histoire de Jason commandée par Philippe le Bon à son chapelain Raoul Le Fèvre et ses dix-sept manuscrits traitant de la guerre de Troie mentionnés dans la bibliothèque ducale et dont les plus étendus commencent par la relation de l’expédition des Argonautes.
Alors que l’ordre de la Toison d’or comptait parmi les plus prestigieux et que seul -avec ceux de la Jarretière et de l’Annonciade -, il a survécu jusqu’à nos jours, il fut avant tout un ciment personnel de chaque chevalier avec son souverain, une allégeance que des cérémonies fastueuses transformaient en « soumission particulièrement honorable » (Richard).

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Axes majeurs : la rose solsticiale de Xavier Guichard

colonnesEleusis-Alésia, paru en 1936, fut très vite remarqué comme étant une oeuvre majeure par la plupart de ses contemporains dont René Guénon. Après la seconde guerre mondiale, cette œuvre monumentale retomba dans l’oubli.
L’auteur ne manque pas d’intérêt : ancien chef de la sûreté nationale à la Préfecture de police de Paris, Xavier Guichard s’illustra par l’arrestation de la fameuse bande à Bonnot qui défraya la chronique, il fut également la source d’inspiration du romancier Georges Simenon en suggérant le personnage du commissaire Maigret. Parallèlement à cette vie officielle il menait une autre enquête sur le terrain : celle d’une haute civilisation dont la caractéristique principale était de déployer une immense rose des vents à partir du site mythique d’Alaise en Franche Comté.

xavierguichard-bibilothequeS’agissait-il du lieu où se déroula la bataille des Gaules ? la place retranchée où les légions romaines sous la conduite de Jules César affrontèrent la coalition menée par Vercingétorix ? Xavier Guichard démontre surtout que le nom d’Alésia était d’abord lié à une civilisation répandue au travers du continent européen. Il était parvenu par ses recherches à concevoir un système qui faisait d’Alaise, rien moins qu’un des lieux sacrés Celtique du centre de l’Europe. Il démontra aussi que le monde antique était jalonné par des localités dont les noms dérivaient du mot Alésia, que toutes les lignes géodésiques formaient une rose des vents solsticiale qui convergeaient toutes vers Alaise. Eleusis en Grèce avait fourni le modèle cultuel.

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Qui étaient ces pionniers à pouvoir disposer d’une science aussi accomplie ? Xavier Guichard ne néglige aucune piste, y compris une possible origine atlantéenne. Il nous faudra plusieurs millénaires pour parvenir aux mêmes connaissances. C’est à la fin de l’Age du Bronze que Xavier Guichard date leur progressive disparition mais ainsi qu’il l’écrit, ce sont les débris épars de ces connaissances qui formèrent les assises de la civilisation européenne.

Dossier critique sur les travaux de Xavier Guichard et les axes majeurs de l’Europe :

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Les fours de l’Adepte : Henri Moissan et la synthèse du diamant

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Introduction : les fours cités ou les foyers à feux sont nombreux dans l’œuvre du Maître, notamment dans les demeures philosophales et donnent prétextes à des développements restés célèbres : Louis d’Estissac, les caissons de Dampierre sur Boutonne, l’évocation du poêle de Winthertur etc …

La collaboration de l’Adepte avec son cadet Henri Moissan (1852 – 1907) fut longue et fructueuse puisqu’elle aboutit pour ce dernier à un prix Nobel de chimie. Mais c’est surtout dans l’élaboration d’un four à arc électrique que les deux hommes purent obtenir les plus hautes températures réalisables à l’époque soit 3500 degrés. Ne pouvant qu’évoquer ici un ensemble plus vaste, disons que les travaux engagés par ces scientifiques se retrouvent dans l’évocation du sel d’ammoniac et les commentaires de l’Adepte sur le Cosmopolite « note que tout sel bien préparé revient à la nature du sel armoniac« . Il ajoute également dans les demeures que le « X » est le symbole du sel d’ammoniac et symbole de la lumière, l’ammoniac étant le promoteur du Mercure.

On peut postuler que le but de l’alchimie dans son acception « scientifique ou pragmatique » est la synthèse des gemmes précieuses (sans doute des corindons colorés et des néso-silicates) et peut-être aussi d’autres minéraux (péridot, périclase, etc.). Il est clair que les grands alchimistes n’ont pas poursuivi un but mercantile de reproduction factice des pierres précieuses -qui constitue à nos yeux la véritable Spagyrie ou archimie mais qu’ils ont sincèrement essayé de retrouver dans leur creuset ou leur matras des processus naturels menant à la synthèse de ces minéraux ; le temps nécessaire à ces grands travaux était en effet réservé à des personnes très fortunées ou au XIXème siècle ceux qui comme les scientifiques (Berthelot, Chevreuil, Pasteur, Dumas, Jules Violle alias Fulcanelli, Henri Moissan) disposaient des laboratoires pendant des périodes soutenues nécessaires à l’expérimentation.

Alors qu’il cherchait comment dissoudre le carbone dans le fer et le succès de ses travaux sur le fluor il pensa que cet élément essentiellement minéralisateur faciliterait la transformation du carbone amorphe en carbone cristallisé. Il étudia donc les combinaisons du fluor avec le carbone et les soumit à de nombreuses réactions, mais il n’obtint jamais que du carbone amorphe. C’est après ces insuccès qu’il aborda méthodiquement la question. Estimant que nous sommes loin de posséder les moyens puissants que la nature a mis en œuvre dans la production des espèces minérales cristallisées, et en particulier du diamant, il pressentait que les diamants artificiels pourraient être très petits et qu’il faudrait suivre ces essais au microscope. Il lui apparut d’ailleurs comme vraisemblable que, dans les gisements de diamants, il devait exister également des diamants microscopiques. Il examina alors les sables diamantifères du Brésil et la terre bleue du Cap, et parvint en effet à y déceler la présence de très petits diamants naturels, qu’il considéra comme devant se rapprocher de ceux qu’il pouvait espérer produire. En même temps il rencontrait dans ces terres diamantifères, la variété de carbone graphite, variété de carbone qui se forme à une température relativement élevée, et il en déduisait une première indication sur la possibilité de produire le diamant à haute température.

Ce fut ensuite à l’analyse des cendres de diamant qu’il s’adressa pour en tirer de nouveaux renseignements. Il brûla dans l’oxygène un très grand nombre de diamants de provenances et de variétés diverses. Les analyses des cendres résultant de ces combustions lui révélèrent une impureté constante : le fer. C’était donc par l’étude de la solubilité du carbone dans ce métal qu’il devait commencer ses recherches …

Il étudia les combinaisons du fluor avec le carbone et les soumit à de nombreuses réactions, mais il n’obtint jamais que du carbone amorphe. C’est après ces insuccès qu’il aborda méthodiquement la question. Estimant que nous sommes loin de posséder les moyens puissants que la nature a mis en œuvre dans la production des espèces minérales cristallisées, et en particulier du diamant, il pressentait que les diamants artificiels pourraient être très petits et qu’il faudrait suivre ces essais au microscope. Il lui apparut d’ailleurs comme vraisemblable que, dans les gisements de diamants, il devait exister également des diamants microscopiques. Il examina alors les sables diamantifères du Brésil et la terre bleue du Cap, et parvint en effet à y déceler la présence de très petits diamants naturels, qu’il considéra comme devant se rapprocher de ceux qu’il pouvait espérer produire. En même temps il rencontrait dans ces terres diamantifères, la variété de carbone graphite, variété de carbone qui se forme à une température relativement élevée, et il en déduisait une première indication sur la possibilité de produire le diamant à haute température.

Cependant, un fait très curieux venait d’être observé par Friedel et quelques autres savants. Une météorite trouvée dans l’Arizona, au Cañon Diablo, renfermait d’une façon indiscutable une petite quantité de diamant noir. Cette météorite, sorte de ferronickel, était bien le milieu où le diamant observé avait pris naissance. On ne pouvait plus douter de la possibilité de réaliser la synthèse du diamant dans un milieu métallique.

Henri Moissan put se procurer un échantillon de la précieuse météorite, et il eut le bonheur de pouvoir examiner in situ un très petit diamant de la variété boort. Ce diamant avait résisté à l’action de la meule d’acier employée pour scier la météorite. Il formait un pointement enchâssé dans le métal, et il était entouré d’une gaine de carbone dans laquelle il avait été possible de caractériser le graphite.

En Heliopolis (1)
En Heliopolis (1)

Malgré l’absolue conviction qu’il avait de la nécessité d’utiliser un dissolvant métallique du carbone, Henri Moissan ne pouvait rien attendre d’une nouvelle série d’essais sur la solubilité de ce métalloïde dans les métaux. Il paraissait bien établi que, seule, la variété de carbone graphite prenait naissance dans ces conditions. L’intervention d’un autre facteur devenait indispensable. Il se rappela que la densité du phosphore rouge augmentait lorsque sa cristallisation était faite sous pression. Il fallait donc réaliser la cristallisation du carbone au sein d’une masse liquide fortement comprimée. C’était là une expérience difficile à réaliser même sur la fonte, qui se présentait cependant comme l’un des dissolvants les plus fusibles du carbone. Ces difficultés étaient telles qu’elles pouvaient longtemps encore retarder la solution tant attendue, si Henri Moissan n’avait pensé à mettre en œuvre, pour réaliser une pression considérable, la propriété que possède la fonte saturée de carbone d’augmenter de volume au moment de sa solidification, à la façon de l’eau se changeant en glace. Le travail sur les hautes pressions et surfusions fut également la voie suivit par l’Adepte.

On sait qu’au moment de sa congélation, l’eau peut développer, quand on l’emprisonne dans un récipient clos à parois très résistantes, une pression considérable. Le refroidissement brusque de la fonte pouvait conduire à des résultats semblables, mais l’enveloppe résistante restait à trouver. C’est alors qu’il eut l’idée de la former par les premières couches refroidies résultant de la solidification rapide d’une masse de fonte liquide plongée dans l’eau. Les culots métalliques ainsi produits étaient souvent fissurés, paraissant avoir cédé à une forte pression interne, mais certains, au contraire, à surface plutôt lisse, semblaient avoir résisté. En traitant ces derniers par des réactifs appropriés permettant la dissolution de la masse métallique, et finalement la destruction du graphite, Henri Moissan put enfin recueillir un faible résidu formé de petits cristaux transparents qu’il identifiait par leurs propriétés physiques et chimiques avec le diamant naturel. Il eut même la bonne fortune de retrouver parmi ces produits artificiels les différentes variétés de diamant, depuis le diamant noir jusqu’au carbone transparent et cristallisé. Cette synthèse du diamant fut annoncée à l’Académie des Sciences dans la séance du 6 février 1893. Elle était en réalité le fruit d’une collaboration étroite entre deux hommes dont l’un choisit de rester volontairement dans l’ombre, étant alors engagée dans d’autres voies, notamment une voie requérant l’invisibilité (invisible parce qu’inconnu précise l’Adepte) … Ce faisant l’Adepte pouvait invoquer à juste titre la figure du comte de Saint Germain et nous enseigner à propos du Mercure des philosophes  » le sel des métaux, car toute pierre est sel, et le sel de notre pierre, car la pierre des philosophes, qui est ce mercure dont nous parlons, est le sujet de la pierre philosophale« .

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Calendriers de l’Arl pour 2015

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Jules Violle, alias Fulcanelli ou la vérité d’un homme

Johan Dreue
Johan Dreue

Les différentes études, cahiers et articles publiés depuis plus de 20 ans sont désormais réunis sous la forme d’une trilogie ordonnée et complète dont le premier volume sera disponible en janvier 2015. Documents inédits et rares révélés pour la première fois au public éclairé. Dans ces livres on découvrira la vérité d’un homme trop longtemps occultée. Pourtant son légataire avait prévenu et donné lui  même les clés et on ne saurait donc le mettre en défaut sinon de sa propre indigence.  Cette vérité désormais établie, il est permis de commenter et d’éclairer l’œuvre connue sous son nom d’Adepte mais le commentaire est double et en miroir : le Savant éclaire l’Adepte autant que sa réciproque !

 

Au sommaire de cette trilogie

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1) Les matériaux et données biographiques : portrait d’un Alchimiste

  1. biographie et liens familiaux, contexte régional
  2. synopsis des travaux
  3. la vie universitaire
  4. les rencontres décisives
  5. ses professeurs
  6. voyages scientifiques
  7. le couple Vulcain Hélios

2) L’Alchimiste de la République

  1. les bâtisseurs : de l’art des gots à l’art gothique
  2. les étalons et autres unités créées
  3. à l’ombre des moustaches d’un chat montmartrois
  4. la photographie : voyage en Kaléidoscope
  5. arrivée de vulcain et nouvelles expériences
  6. exploration en terres rares, Tesla et les Curie
  7. place et rôle de l’écu final

3) Cosmologie alchimique, le testament

  1. boule-versement et révélations ultimes
  2. géophysique et eschatologie
  3. un certain Monsieur Saint Vincent Depaul
  4. le retour de Vulcain !
  5. les disciples et ceux qui veillaient: filiation
  6. le rôle d’Eugène Canseliet (Quand sel y est)
  7. notes inédites rendues publiques

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