Le secret de la Maison Dieu, arcane XVI du Tarot

Le secret de la Maison Dieu : du Roc à la Tour.

A l’évidence il est vain de chercher dans la littérature pléthorique qui sévit autour des tarots une explication digne de ce nom sur ses origines. Cette explication permettrait pourtant d’éclairer l’usage interprétatif qui en est fait. Devant cette carence nous avons tenté l’aventure avec une ré-interprétation comme cela n’avait jamais été fait de l’arcane XVI. Pour celle-ci il est donc nécessaire de se situer à l’époque où les cartiers italiens, helvètes conçurent ce jeu aux confluences multiples.

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La période d’élaboration du Tarot est connu et se situe au XVIème siècle, soit cette période décisive de la crise européenne entre fin du Moyen Age et Renaissance. Les foyers se situent entre Milan, Lyon et l’Helvétie en contact avec l’empire germanique. Mais la matrice jamais dévoilé jusqu’ici est celui des Gouliars, ou Goliars .. Qui sont-ils ? Vaste sujet qui mériterait un livre entier mais nous nous contenterons d’en donner quelques indications en liminaire de ce travail. Notons simplement en préambule que cette école fut aussi le véhicule où la Tradition la plus antique fut transmise en Europe avec quelques représentants émérites comme François Rabelais, Fulcanelli la signala sous le nom d’Art Gothique ou art des gots … C’est en effet dans ce petit milieu des imprimeurs initiés que les cartrers puisèrent leur enseignement avant de le tramer dans ces jeux populaires connus sous le nom de Jeu de Tarot.

Art des Gots, et art d’angler : Rabelais

rabelaisSelon Grasset d’orcet, Rabelais semble être le premier à avoir appliqué à la littérature les règles de l’aNGLe, que l’on peut aussi bien lire LaNGue L. Il appartenait, comme Étienne Dolet ou Bonaventure Despérier, à la Société angélique, fondée par l’imprimeur Gryphe. Les membres de ce petit cénacle littéraire de savants et d’artistes s’étaient placés sous le patronage de saint Gilles, et avaient pris pour cimier une tête d’ange. Selon Grasset, les mots IL GèLe auraient servi à indiquer dans cette société la présence d’un indiscret. Grasset d’Orcet précise aGgeLos signifie réellement un messager, un porteur de nouvelles ; La société angélique de Gryphe était juste aussi angélique que l’agence Havas. On la nommerait aujourd’hui une agence de correspondance. A la suite de Péladan, Paul Naudon suppose l’existence d’un cénacle, qu’il nomme AGLA. Les règles du grimoire identifient aGLa, aGeLos et GiLles, mais aussi aiGLe. Or, dans un autre article, Grasset précise que Aggelos est l’esprit en grec. C’est aussi le sens de l’aiGLe de saint Jean, figuré sur les lutrins des églises. Mais GL représente les GouLiards ou GauLts. Grasset suppose que ces Gouliards tiraient leur nom de la langue dans laquelle ils écrivaient leurs hiéroglyphes : le GauLois ou la langue populaire.

 Les Gouliards et la messe des fous (se reporter à Fulcanelli et mes cahiers pour en savoir plus) :

Les Gouliards (Goliards), fils de GOULIA ou de GOLIAS, étaient apparus dès le XIIè siècle. Ces étudiants turbulents forts en gueule ou portés sur la gueule, pauvres, erraient d’université en université, en vantant les mérites de l’amour et du vin. Le concile d’Aquisgraux, au IXe siècle, sous le règne de Louis le Pieux, ordonnait aux dignitaires de l’Église de ne pas admettre parmi eux les clercs qui, abandonnaient leur cloitre devenaient vagi et lascivi, gulae et ebrietati et caeteris suis voluptatibus dediti, eieiermi sioi ibidem cet licitum faciant. En effet Grasset suppose que :

Charlemagne, en concentrant dans les cloîtres tout ce qui restait de traditions scientifiques, littéraires et artistiques, se trouvait en avoir fait en même temps des foyers de paganisme et des repères de l’hérésie.

Les conciles de Trèves (1227) et de Rouen (1241) fulminent de nouveau contre l’inconduite de clercs ribauds, surtout ceux qu’on dit de la famille de Golias. Cependant, ces clercs ribauds sont bien acceptés, et, au milieu du XVe siècle encore, un docteur en théologie d’Auxerre, Gerson, défend l’ordonnance de la messe des fous en ces termes :

« Les tonneaux de vin exploseraient si de temps en temps on n’enlevait pas la bonde pour que l’air accumulé puisse s’en échapper. Or donc, nous aussi sommes de vieux tonneaux, par surcroît mal cerclés ; le vin de la sagesse nous ferait éclater si nous le conservions sans cesse uniquement pour le service de Dieu. Aussi certains jours nous l’aérons, nous nous laissons aller au plaisir le plus exubérant, aux folies, pour ensuite nous en retourner avec un zèle d’autant plus grand à l’étude et aux exercices de la sainte religion. »

Carmina Burina, oeuvre des Gouliards.

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Abbaye de Benediktbeuern

On retrouve différents exemples de messes de joueurs, de buveurs, de ripailleurs, (missae lusorum, missae potatorum, missae gulatorum) dans les manuscrits médiévaux de Ratisbonne, Halbertstad, Londres, à la Bibliothèque vaticane, etc., ainsi que, bien évidemment, dans le manuscrit, qui dans le cadre de la sécularisation des couvents de Bavière, parvint, en 1803, à la Bibliothèque centrale royale de la cour, à Munich. Le premier éditeur de ces manuscrits, le bibliothécaire J.-A. Schmeller, leur donna le nom de Carmina Burana (Poèmes de Benediktbeuern) parce que c’est dans ce monastère que le manuscrit fut rédigé. Ce manuscrit, composé avant le milieu du XIIIe siècle, constitue une imposante collection de pièces, entre autres des manuscrits de Saint-Martial de Limoges du début du XIIe siècle.

Juan Ruiz, archiprêtre de Hita, dans son poème, le Libro de buen amor, (1330,1343) fait de la faim et de l’amour les moteurs universels et premiers, mis ici sous la protection d’Aristote. On se rappelle que Pantagruel a toujours soif et faim !

Bien le dit Aristote, c’est chose véritable : ce monde pour deux choses laboure. La première, pour avoir subsistance ; l’autre (non la dernière), c’est pour avoir jouissance de femme délectable. Son oeuvre reflète le portrait type du gouliard : un clerc, bon vivant, mais clerc avant toute chose.

L’ordre se divisait en maçons et en escribouilles [escrit bulles] ; les premiers étaient architectes, les seconds furent à l’origine les copistes qui écrivaient les bulles, puis englobèrent tous les arts du dessin. Le titre de pourple en était le plus haut grade hiérarchique.

Les maçons étaient les architectes ; quant aux escribouilles, ils ont dû dans l’origine se limiter aux copistes ou écrivains de bulles, qui étaient, comme l’on sait, enjolivées de miniatures ; mais plus tard les escribouilles paraissent avoir englobé tous les arts du dessin dans toutes leurs variétés, tels que peintres, graveurs et encadreurs. C’est à cette profession que semble avoir été emprunté le titre de pourple ou pourpre, qui était le plus haut degré de la hiérarchie des escribouilles, et dont le privilège consistait à se servir d’encre pourpre et à encadrer ses compositions dans des bordures de cette couleur. Dans notre prochain article nous nous attarderons sur la lame no XVI afin de comprendre pourquoi cette lame est si importante . Son déchiffrement est proposé uniquement dans notre cahier et donc je me contenterais simplement de dégager au cours de ce prochain article quelques pistes mais il y a tant à dire ! Article à suivre « Arcane XVI ou le secret des Menestrels »

 

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La Vierge alchimique de Reims commenté par Oswald Wirth

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On l’a oublié mais c’est bien Oswald Wirth qui le premier attira l’attention sur ce tableau dont il est aujourd’hui de bon ton d’en faire un commentaire alchimique. Du coup le premier commentaire d’Oswald Wirth très original et basé sur une conception prophétique de l’oeuvre (qui relie ce tableau au secret de Saint-Sulpice) est passé inaperçu mais il ne manque pas d’intérêt non plus car il combine l’interprétation hermétique à celle des arcanes dont le Tarot. C’est ce commentaire agrémenté de mes propres notes que vous pourrez découvrir en octobre accompagné de la planche elle même livrée en haute définition sur papier d’art et imprimé uniquement à la demande.

Préambule : Le 26 janvier 1907, le Courrier de Champagne (Journal de Reims) publiait la lettre du curé du village champenois de Fligny, dans laquelle on lisait : « Je crois devoir signaler à votre collabo­rateur [le frère maçon Curieux] un tableau d’un grand intérêt pour prouver l’hypocrisie de la franc-maçonnerie et de la persis­tance de son but anti-religieux sous des dehors les plus reli­gieux. » La lettre du curé allait mettre le feu aux poudres. Elle était insérée en bonne place, juste au-dessous d’un feuilleton anti-maçonnique intitulé Les Mystères de la rue Buirette — car dans cette rue de Reims des loges maçonniques se réunissaient, comme aujourd’hui encore. « Curieux » était le pseudonyme du feuilletoniste.

Le tableau se trouvait alors dans l’église Saint-Maurice, à Reims. Il est maintenant conservé non loin de cet édifice, au musée du Collège des jésuites. A partir du 26 janvier 1907 et jusqu’en avril, il fit l’objet de toute une correspondance polémi­que publiée dans le même journal. Les uns y voyaient un dessin maçonnique, d’autres une oeuvre martiniste, d’autres encore une création jésuite orthodoxe malgré son curieux symbolisme. Cette polémique apparaît caractéristique d’une époque d’ anti-clérica­lisme et d’anti-maçonnisme virulents, si propice aussi aussi à l’éclosion de fantasmes du « complot ».

Il s’agit d’une peinture anonyme sur toile, exécutée dans la première moitié du XVIIe siècle. On peut la dater ainsi grâce d’une part au cadre : le même entoure un autre tableau de Reims, dont la datation ne fait pas de doute — ce que Henri Jadart, le conservateur du musée de Reims, rappelait au coeur même de la polémique de 1907, et cela à l’encontre des interprétations fantaisistes de ceux qui y voyaient une symbolique maçonnique. Et grâce, d’autre part, à sa provenance : commanditée selon toute vraisemblance par les jésuites de Reims, elle s’inscrit dans une décoration d’ensemble constituée par ceux-ci dans les années 1620.

En guise d’introduction : une fois couronnée la matière, – la Terre-Mère, toujours vierge à cause de son humilité et de son rôle totalement indispensable, – nous voici devant la Vierge alchimique debout sur le croissant lunaire. Pourquoi ce culte rendu à la Vierge (noire ou blanche) ? Parce que la noirceur de certains moments traversés devient en quelque sorte la mère d’une prise de conscience nouvelle.
Vêtue de bleu, la Vierge a le pied posé sur un nuage (d’inconnaissance). Les huit étoiles se rapportent à la résurrection future de tous les hommes ( = l’infini). Les diverses allusions à la mythologie et à l’alchimie montrent combien il est nécessaire de voir sans préjugés ce qui nous entoure. Les rayons d’or solaire sont rigides (droits) et souples (ondulés). Dans sa droite, la Vierge tient le monde entier avec ses signes zodiacaux, d’où émerge un paon, image d’immortalité : l’oiseau d’Héra, gloire du ciel étoilé, qui porte sur sa queue les cent yeux qui voient tout. Dans sa main gauche, le temple aux quatre fenêtres symbolise les quatre orientations du monde et les quatre éléments cosmiques et corporels. Les neuf lucarnes se réfèrent à la « neuvième heure », où le Seigneur confia son esprit au Père. Elles peuvent faire également allusion à la Sibylle de Cumes qui détient neuf recueils d’oracles. En alchimie, le chiffre neuf désigne aussi le nombre de purifications nécessaires, nos « grandes épreuves » pour obtenir la Pierre philosophale (la solidité de l’Amour par la Sagesse). Le 9 préfigure l’Age d’Or, un âge neuf.
L’annonce des temps nouveaux revient aux deux tritons sonnant de la trompette sur le toit de l’autre temple. Les trompettes sont symboles des Eaux d’en-haut. Le couple d’adeptes figure l’initiation : chasuble rouge pour lui, voile blanc pour elle. L’homme tient un livre fermé rappelant la nécessité du secret et le caducée d’Hermès aux serpents complémentairement enlacés. La femme tient le flambeau qui éclaire les ténèbres.
Tous les détails de cette image sont éminemment symboliques : il suffit d’être attentif pour en décrypter le sens. N’imitons pas le cyclope qui tombe à la mer, et représente le règne chaotique primordial où l’alchimiste ignorant finit par se perdre. à suivre …

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Réplique du collier de l’Ordre de la Toyson d’or

à l’occasion des prochaines journées de Bourges (Alchimie et Transmutation) nous avons procédé à l’édition de trois répliques du célèbre collier de la Toison d’or. Exclusivité mondiale.

 

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Symbole de la conquête du Grand Oeuvre en Alchimie, ce collier fut pendant des siècles également celui de la chevalerie spirituelle. Dans la mythologie grecque, la Toison d’or (en grec ancien Χρυσόμαλλον Δέρας / Khrysómallon Déras) est la toison de Chrysomallos, bélier avec des grandes ailes sur lequel Phrixos et Hellé s’enfuirent pour échapper à leur belle-mère Ino. Arrivé en Colchide, Phrixos immole le bélier à Zeus et fait cadeau de la toison au roi Éétès qui la suspend à un chêne et la fait garder par un dragon et des hommes armés.

Pélias ordonna à son neveu Jason d’aller la chercher. Médée trahit son père Éétès et aide Jason et les Argonautes à s’emparer de la toison d’or. Lors de leur fuite, elle découpe son frère Absyrte en morceaux et les jette à l’eau pour ralentir Éétès qui s’arrête pour rassembler les morceaux et lui faire des funérailles dans un lieu appelé alors Tomis (« découpé »), ce qui laisse aux Argonautes le temps de s’échapper avec la toison.

Fulcanelli à l’Hotel de Ville de Paris

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On retrouve ici l’hippocampe dont personne ne pouvait fournir d’explication avant mon intervention auprès du grand archiviste de la Ville de PARIS et un grand merci au maire de Paris, M. Bertrand Delanoë  pour son ouverture d’esprit. Ci dessus l’un des blasons de l’Adepte associé la Science et la Jeunesse comme il se doit.

Les blasons de l’Adepte ne figurent dans aucun inventaire sauf un que nous avons retrouvé dans nos archives et qui figure dans le cahier no 5. Ils sont traités sous le terme d’écoinçons et voici la description qu’en donne son auteur sous le titre de « La Nature éducatrice et inspiratrice », deux fresques dominent les trois blasons : 1) les exercices physiques ou exercices intellectuels symbolisant les sciences naturelles (sic !) et « La conférence en plein air) , ici dans l’illustration. Pour les trois blasons en revanche le silence est d’or !… Il semblerait qu’une consigne fut donnée et qu’elle a été respectée jusqu’à ce que je brise ce silence d’un siècle pour que la vérité se mette en marche.

L’adepte a fait figurer ses blasons dans l’une des galeries de l’Hôtel de Ville de Paris à l’occasion de sa reconstruction. Il n’est pas question ici de gloser sur le fait de savoir si ces blasons correspondent bien à lui car c’est un fait indéniable , d’autant plus que l’un des blasons signe son nom : Louis Jules Gabriel Violle (Viollus à savoir la fleur de violette). Le principal écu représentant l’hippocampe (le même qui termine et clôt le Mystère des cathédrales, est au centre et figure l’ensemble de ses travaux en tant que scientifique surnommé à justre titre le « MAITRE ETALON ». La question est plutôt de savoir comment ces blasons (qui font quand même plus de 3 mètres de long sur au moins 2 mètres de large) ont pu être ainsi insérés dans ces nouveaux décors. Pour ma part j’en été là, lorsque j’ai pu enfin en consultant mes archives trouver l’explication. Mais celle-ci loin de m’apaiser n’a fait que me lancer dans de nouvelles et troublantes révélations !

Avant toutes choses il convient donc de voir qui est l’homme par qui ces blasons sont arrivés ainsi jusqu’à nous aujourd’hui ! Tous ces hommes ont croisé son chmin à un moment ou un autre :

Théodore Ballu (1817-1885) et le groupe des bâtisseurs visionnaires : Edmond Duthoit (la demeure Abadia), Victor Geoffroy de Chaume (restauration du porche de Notre Dame de Paris), Eugène Viollet le Duc, Théodore Ballu (reconstruction de l’Hôtel de ville de Paris)

theodore_balluAdmis à l’école des Beaux-Arts en 1835, il est élève de Lebas. Grand prix de Rome en 1840. Sans avoir été architecte diocésain, il est nommé le 6 juillet 1874, inspecteur général des édifices diocésains en remplacement de Viollet-le-Duc démissionnaire.

Devenu inspecteur général des travaux de la ville de Paris, il a en charge les édifices du culte. Il s’est spécialisé dans les constructions religieuses à partir de 1850, date à laquelle il fut adjoint à Gau sur le chantier de Sainte-Clotilde dont il fut l’architecte en chef à la mort de ce dernier. De 1858 à 1863, il édifia la tour de Saint-Germain l’Auxerrois. En 1860, il fut nommé architecte en chef des travaux de la ville de Paris pour les édifices consacrés au culte : à ce titre, il édifia la Trinité, le temple de la rue d’Astorg, Saint-Ambroise et Saint-Joseph. Il construisit également l’église paroissiale d’Argenteuil. Il a aussi dirigé les travaux de restauration de la tour Saint-Jacques.

Ami d’Abadie avec lequel il entretint des relations amicales, il suivit curieusement une fin de carrière assez parallèle à la sienne ; vainqueur du concours de l’Hôtel de Ville en 1873, il entra à l’Institut en 1874, de la même manière qu’Abadie remporta le concours du Sacré-Cœur en 1874 et fut élu à l’Institut en 1875.

Il fut nommé membre temporaire du conseil des bâtiments civils en 1874.  Mais c’en tant qu’architecte de la reconstruction de l’Hôtel de ville de Paris suite à son incendie lors de la Commune qu’il est surtout connu. En effet c’est en 1874, que Théodore Ballu va  remplacer Viollet-le-Duc comme inspecteur général du service des édifices diocésains. Appelé deux fois au conseil général des bâtiments civils, membre du conseil d’architecture et de la commission des beaux-arts de la ville de Paris, membre honoraire de l’Académie des beaux-arts de Vienne et de l’Institut royal des architectes britanniques, Théodore Ballu pouvait déjà s’enorgueillir de sa carrière d’architecte, belle entre toutes lorsque le concours ouvert en 1872 pour la reconstruction de l’hôtel de ville de Paris le fit, à l’âge de cinquante-cinq ans, tenter de nouveaux efforts et mériter de nouveaux honneurs. Sorti vainqueur de ce concours célèbre, pour lequel il s’était associé Edouard Deperthes, qui fut pendant treize ans son collaborateur et qui termina, après la mort de Ballu, les aménagements intérieurs suivant les données du projet primitif, Théodore Ballu passa les dernières années de sa vie dans un labeur incessant qui mina sa santé et épuisa ses forces au fur et à mesure que, recréant l’oeuvre de Boccador (Dominique de Cortone) et l’amplifiant comme autrefois Lesueur, pour la mettre en harmonie avec les exigences du programme d’un palais municipal moderne, il donnait à là ville de Paris un de ses plus beaux édifices et assurait à sa mémoire une place spéciale dans l’histoire de l’art. Promu commandeur de la Légion d’honneur le 14 juillet. 1882, lors de l’inauguration un peu hâtive de cet édifice commencé moins de dix ans auparavant et dans lequel il y aura lieu d’étudier, à l’article Hôtel de Ville, les heureuses dispositions et de remarquables problèmes de construction résolus.

On constate tout de suite quelques particularités intéressantes : il remplace Viollet le Duc et c’est donc bien avec lui que l’Adepte fut en rapport et non Viollet le duc comme cela a été dit à tort ici et là par ceux qui mélangent les dates, tout comme l’Adepte, il est également membre de l’Institut, de plus et fait remarquable qui ne pouvait qu’amener les deux hommes sur le même terrain : il s’occupe des édifices consacrés au culte !.. donc de tout ce qui pouvait intéresser Fulcanelli mais il reste encore la pièce maitresse qui a fait que ces deux hommes se rencontrent, car ils avaient encore en commun un sujet d’importance sur lequel l’adepte et savant était le seul en France à pouvoir le conseiller. C’est ce que nous allons voir … l’essentiel étant réservé aux lecteurs de livres.

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On se souvient des nombreuses déclarations de son élève Eugène CANSELIET, faisant référence à son maître sur ses difficiles travaux, sa crainte de perturber les ondes célestes et son indéfectible présence aux congrès des électriciens. Inutile de dire que ces éléments mettent un terme définitif aux différentes élucubrations qui ont fait l’objet jusqu’ici de publications dont la médiocrité n’a d’égale que l’imagination fantasque de leurs auteurs d’avantage préoccupés de bâtir un roman à sensation plutôt que s’atteler aux âpres contraintes de la recherche historique. JK (à suivre …)

 

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Les cahiers de la Tara Blanche

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Prochainement, les dossiers restés inexplorés des enjeux de la politique tsariste de Nicolas II et reprise par les actuels dirigeants de l’Ex-URSS. Quand les mages régnaient à la cour impériale de Saint Petersbourg.

Nous devons une partie de ces documents à notre regretté Maitre Korvin von Krasinski  que nous avons eut le privilège de rencontrer sur son lieu de retraite  à Maria Laach en Allemagne dans les années 80 puis au delà. Il fut le dernier maillon d’une longue chaine qu’il n’est pas faux de ranger dans la catégorie des « Supérieurs Inconnus ».

 

korvin_krasinskien 1925, le nevau de Piotr Alexnadrovitch Badmaiev, éxilé en Pologne suite à la révolution bolchevique, soignait un jeune pianiste de 19 ans, Johannes von Korvin Krasinski, qui étudiait pour être admis au con­servatoire de Paris, et qui était très malade: il ne pouvait rien manger, et presque plus bouger, en devenant de plus en plus faible. Sa tante l’emmena chez le docteur Badmajeff qui constata chez le jeune une paralysie de l’appareil gastro-­intestinal, et qui lui pratiqua ce que l’on appelle « opération sèche ».

Le jeune guérit rapidement, et il n’alla plus au conser­vatoire de Paris, mais il entra, en tant que père Cyrill von Korvin Krasinski, au monastère bénédictin allemand de Maria-Laach, où il étudia pendant toute sa vie, à côté de la philosophie occidentale et de l’ethnologie, la philosophie et la médecine tibétaines, et publia plusieurs ouvrages à ce sujet (voir bibliographie).

Certains renseignements très précieux nous proviennent justement du père Krasinski, que nous avons connu per­sonnellement, et avec qui nous avons entretenu une corres­pondance. Dans un de ses ouvrages, Trina Mundi Machina, il explique que, malgré ses tentatives réitérées, le docteur Wlodzimierz Badmajeff, son maître, il ne réussit jamais à réveiller dans ses collègues occidentaux la compréhension théorique de la science médicale lamaïste, complètement différente de l’occidentale en ce qui concerne les principes.

Dans un autre de ses livres, Mikrokosmos und Makrokosmos in religionsgeschichtlicher Sicht, le père Krasinski donne une ex­plication très exhaustive de la doctrine des correspondances réciproques entre l’homme et le monde gardée par le lama­ïsme tibétain, en précisant que cette doctrine est représentée par le symbole appelé en tibétain namtchouwangdan, reproduit sur les murs extérieurs des temples lamaïstes en tant que monogramme du microcosme (voir à ce propos la lettre de Jean Calmels du 16 avril 1942, avec la note relative).

La doctrine du microcosme s’appuie sur les trois prin­cipes métaphysiques qui gouvernent l’univers entier, et que l’on pourrait traduire par : idée du monde, force ou énergie du monde, et substance du monde, c’est-à-dire ses aspects statique, dynamique et « matériel ». Dans le lamaïsme mon­golo-tibétain, ces principes assument les noms de chi (pneu­ma), schara (bile) et badahan ou badgan (phlegme), qui ré­vèlent une analogie indéniable avec les trois principes alchi­miques connus en Occident mercure, soufre et sel.

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La femme solaire : celtique et nordique

odyssefemmenordiquecahier spécial, offert avec les deux volumes

Sommaire du livre (extrait) :

L’Irlande au commencement, Dana grande déesse des celtes, exploits de Cûchulainn, les Tuatha Dé Danann, l’Ile Blanche, statut juridique de la femme irlandaise, les prêtresses, la reine Guenièvre, Viviane, Mélusine, la ville engloutie d’Ys et le mythe de l’origine, Kalevala, la navigation de Bran, les dames du lac, les fées et sorcières, l’île d’Avallon, le rêve d’Oenghus et la légende du cygne.

Sommaire de la seconde partie :

 les « gestes » connues, statut des sociétés vikings, Freyr et Freyja, la forêt sainte, Loki, les Edda, le géant Ymir, Ygdrasil, Sleipnir le cheval magique d’Oddin, les Ases, la mort de Baldr, la Grande Déesse, les Walkyries, la Valhalla, Skadi, le loup Fenrir, le serpent de Midgard

Les peuples de Dana

Les peuplades celtiques étaient les héritières de sociétés qui n’étaient pas de type androcratique. La connaissance du droit celtique, ainsi que les légendes, nous donne à comprendre le rôle de tout premier plan que jouait la femme dans la société pré-druidique. Même si les Celtes historiques rêvaient leur histoire plus qu’ils ne la vivaient et si, dans la réalité quotidienne, le statut de la femme n’était pas équivalent à celui des légendes, celles-ci nous évoquent un passé plus lointain qui a précédé l’arrivée des indo-européens : les légendaires Fir Bolg, les Tuatha Dé Danaan venus des Iles du Nord, et avant cela, la venue d’un certain Partholon à l’époque mésolithique lors de la fonte des glaces (- 9.000 ?)

Le célèbre tumulus de New Grange, en Irlande, qui date d’environ -3.350, serait une construction des Fir Bolg ou des Tuatha Dé Danaan. C’est le plus connu des tertres, les sidh, demeures des ancêtres et des héros divinisés. Il se compose d’un couloir souterrain menant à une chambre du soleil, illuminée par le soleil levant au solstice d’hiver. Un texte du 9ème siècle, la Courtise d’Etain, raconte la naissance d’Oengus dans ce tertre qui était la résidence d’Elcmar, frère du Dagda, et de son épouse Boand, un aspect de la Grande Déesse. Dagda voulait s’unir à sa belle soeur, et envoya donc Elcmar chez un parent pour s’en débarrasser pendant les neuf mois de la gestation. Oeugus naquit donc sous la terre, fils de la Lumière et de l’Ombre, et plus tard expulsa Elcmar et prit possession des lieux.

Les Tuatha Dé Danaan – le peuple du dieu dont la mère est Dana – formaient une confédération de tribus au sein desquelles la royauté se transmettait par la mère. Ils seraient venus de Grèce et auraient envahi l’Irlande à l’Age de Bronze, suivis par les Pictes (les hommes tatoués venus de Thrace) quelques deux cents ans plus tard et qui finirent par s’installer en Ecosse. Ni l’Irlande ni l’Ecosse ne furent romanisées, et ces deux pays ainsi que le pays de Galles furent les véritables foyers du Celtisme, de sorte que « les îles britanniques servirent de dépôt et sauvèrent les patrimoines culturels et spirituels des peuples européens d’Occident » (R. Reznikov, les Celtes et le Druidisme, p.123).

Lorsque les Pictes et les Goidels d’Irlande formèrent des alliances par mariage, il fut stipulé que les héritages devaient se transmettre par la lignée maternelle. Et chez les Pictes d’Ecosse, à l’époque historique, la transmission de l’héritage et la succession à la royauté se faisaient encore par les femmes au 6ème siècle de notre ère. Dans la mythologie celtique, les héritiers d’un dieu ou d’un héros sont en général les fils de sa soeur, et l’éducation des enfants est confiée à l’oncle maternel. Ce sont les indices d’une société régie par le droit de la femme. On notera aussi la pratique de la « couvade » du mari, ce qui indique l’ascendance de la mère.

La Grande Déesse des Celtes avait plusieurs noms : Dana, Boand, Eithné, Etaine, Macha, Brigit. Macha, par exemple, devint une reine éponyme du site d’Emain Macha, capitale de l’Ulster ; elle avait trois fonctions représentées par trois personnages : une voyante qui est l’épouse de Nemed, l’ancêtre sacré d’une race éthérée, une héroïne guerrière qui meurt au combat, et une mère paysanne qui accroît par magie la fortune de son mari éleveur, et qui meurt en couches. Elle résume les trois attributs de la reine irlandaise : la prophétie, la force armée, la possession de bétail.

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L’homme aux deux visages : Fulcanelli ou Janus Bifrons

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La figure laissée en héritage se présente à nous tel un Janus Bifrons et nous auront aussi à en méditer toutes les conséquences. Fulcanelli nous a ouvert au travers de sa conception des nouvelles  « Demeure Philosophale » bien des portes et sa personne se rattache sans aucun doute à ce dieu tutélaire des romains. Une étude quine s’attacherait qu’à démontrer son  identité manquerait ses buts si elle ne proposait dans le même temps une lecture continue de cet étrange entrelacement voulu par un seul homme qui à sa façon  a transcendé les deux autres. A cela  il y a une explication assez simple : il ne fut jamais complètement aucun des deux, ni totalement le savant, ni totalement l’adepte et nous nous en expliquons également.

Nantes_-_cathédrale_-_tombeau_de_François_II_-_la_PrudenceIl convient en premier de comprendre ce mécanisme à double clé pour aborder la psychologie (et du même coup  la biographie) de cet étrange destin. Il figure sûrement parmi les plus grands et les plus anciens dieux du Panthéon romain. Il serait même supérieur à Jupiter le dieu suprême.

Son histoire commence lorsqu’il s’est établi dans le Latium, après avoir accosté l’Italie avec sa flotte. Il recueillit Saturne, le dieu des Semailles et des Grains, chassé des cieux, alors qu’il régnait sur le Latium. En remerciement de son hospitalité, celui-ci offrit à Janus le don de la « double science ». Ce pouvoir permettait de maîtriser la science du passé et celle de l’avenir, d’où la représentation de Janus avec deux visages orientés dans des sens opposés.

Janus eut aussi un fils, Tiberinus, qui se noya dans le Tibre et donna son nom à ce dernier.

Viennent alors de nombreuses autres attributions telles que celle de gardien des portes (Janus Bifrons), ce qui justifie encore son double visage. Il est également le dieu du Commencement (Januarius peut se traduire par « janvier » ou « mois de Janus ») et des Quatre Saisons (Sa tête est alors représentée non pas avec deux visages mais avec quatre).

Les Romains ouvraient les portes de son temple en temps de guerre, pour montrer que le dieu était parti combattre, puis ils les refermaient durant la paix, ce qui symbolisait sa réintégration dans son sanctuaire ; il pouvait ainsi veiller sur la ville.

De par ses attributions, Janus était le dieu principal d’une cité qu’il pouvait surveiller dans tous les sens, sans que rien ne lui échappe.Chez les Saliens, prêtres qui tirent leur nom du verbe salire (« danser »), il est même considéré comme le « dieu des dieux » dans leur hymne.

Il était également le premier nommé dans toutes les listes de dieux et dans toutes les prières, avant même Jupiter.

Son prêtre portait le nom révélateur de rex sacrorum (« roi des choses sacrées ») et son temple à Rome était assez petit et clôturé (sauf en temps de guerre, bien sûr), en bronze. Il se situait sur le forum et portait le nom de Janus Geminus, ou « double Janus ». Un passage voûté traversait le sanctuaire à l’est et à l’ouest.

Ovide a raconté que Janus s’appelait Chaos à l’époque où l’air, le feu, l’eau et la terre ne formaient qu’une masse. Quand les éléments se séparèrent, Chaos prit sa forme de Janus; ses deux visages représentent la confusion de son premier état. D’autres légendes font de Janus un roi de l’âge d’or du Latium. Il y aurait accueilli Saturne chassé du ciel par Jupiter.

L’origine de son nom est Incertaine. Cicéron la cherche dans le verbe ire. D’autres préfèrent le radical div (dividere) et supposent que la première forme du nom était Divanus. Une troisième hypothèse envisage une forme Ja, na, parfois employée pour Diana, dont la racine dius ou dium évoquerait l’idée du ciel lumineux.

Cette dernière étymologie s’accorde avec la constatation que Janus fut à l’origine un dieu solaire. Comme on le voit, ses attributions sont nombreuses, importantes, et dérivent les unes des autres.

Le culte de Janus fut établi soit par Romulus, soit par Numa, et resta toujours populaire chez les Romains. Janus figurait en tête dans les cérémonies religieuses, et, en sa qualité de père des dieux, passait le premier dans leur énumération, et même avant Jupiter. On l’honorait au premier jour de chaque mois, et le premier mois de l’année (Januarius) portait son nom.

Étant le dieu des portes, il est par le fait même celui des départs et des retours, et par extension celui de toutes les voies de communication. Sous le nom de Portunus, il est considéré comme le dieu des ports; et comme on voyage aussi bien par eau que par terre, il passe pour avoir inventé la navigation.

Janus était aussi le dieu des commencements, Dieu solaire, il présidait au lever du jour (Matutinus Pater). On ne tarda pas à le considérer comme le promoteur de toute initiative et, d’une façon générale, il fut placé à la tête de toutes les entreprises humaines. De là vient que les Romains lui attribuèrent un rôle essentiel dans la création du monde. Il passa pour le dieu des dieux, Janus Pater.

Le Dieu des portes et des passages

« …tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. »

Deutéronome 6 :4

Janus (en latin, « porte », ou «barbacane») présente ce trait particulier d’être un dieu essentiellement italique et plus précisément romain. Il ne figure dans aucune autre mythologie et pourtant l’aspect symbolique qu’il recouvre ne trouve pas uniquement ses sources dans la culture du latium.

Janus est d’abord le dieu de toutes les portes : des portes publiques ( jani ), sous lesquelles passaient les routes, et des portes privées. Il a donc pour insignes la clé qui ouvre et ferme la porte, et la baguette (virga) dont les portiers se servent pour écarter tout ce qui ne doit pas franchir le seuil. Ses deux visages (Janus bifrons) lui permettent de surveiller le dehors et l’intérieur du logis, comme l’accès et la sortie des portes publiques.

Sur le point de ses attributs particuliers, René Guenon fait état d’un curieux document représentant expressément le Christ sous les traits de Janus. Il s’agit d’un cartouche peint sur une page détachée d’un livre manuscrit d’église, datant du xve siècle et trouvée à Luchon, le médaillon représente un buste de Janus Bifrons, avec un visage masculin et un visage féminin, ainsi que cela se voit assez fréquemment; il porte une couronne sur la tête, et tient d’une main un sceptre et de l’autre une clef.

Sur les monuments romains Janus se montre, comme sur ce cartouche la couronne en tête et le sceptre en la main droite, parce qu’il est roi; il tient, de l’autre main une clef qui ouvre et ferme les époques; c’est pourquoi, par extension d’idée, les Romains lui consacraient les portes des maisons et des villes. Dans la quatrième des grandes antiennes d’avant Noël, la liturgie sacrée acclame ainsi Jésus : « O Clavis David, et Sceptrum dornus lsrae ».

ombre_chenesL’auteur des cahiers Fulcanelli

Article en cours

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Fulcanelli, Nec Te Nec Sine Te ou la Farlouse des prés

Farlouse Pipit   Caisson 9. – Le soleil, perçant les nues, darde ses rayons vers un nid de farlouse, contenant un petit œuf et posé sur un tertre gazonné. Le phylactère, qui donne au bas-relief sa signification, porte l’inscription :

. NEC . TE . NEC . SINE . TE .

 » Non pas toi, mais rien sans toi. Allusion au soleil, père de la pierre, suivant Hermès et la pluralité des philosophes hermétiques. L’astre symbolique, figuré dans sa splendeur radiante, tient la place du soleil métallique ou soufre, que beaucoup d’artistes ont cru être l’or naturel. Erreur grave, d’autant moins excusable que tous les auteurs établissent parfaitement la différence existant entre l’or des sages et le métal précieux. C’est, en effet, du soufre des métaux que les philosophes entendent parler lorsqu’ils décrivent la manière d’extraire et de préparer ce premier agent, lequel, d’ailleurs, n’offre aucune ressemblance physico-chimique avec l’or vulgaire. Et c’est également ce soufre, conjoint au mercure, qui collabore à la génération de notre œuf en lui donnant la faculté végétative. Ce père réel de la pierre est donc indépendant d’elle, puisque la pierre provient de lui, d’où la première partie de l’axiome : nec te ; et comme il est impossible de rien obtenir sans l’aide du soufre, la seconde proposition se trouve justifiée : nec sine te. Or, ce que nous disons du soufre est vrai pour le mercure. De sorte que l’œuf, manifestation de la nouvelle forme métallique émanée du principe mercuriel, s’il doit sa substance au mercure ou Lune hermétique, tire sa vitalité et sa possibilité de développement du soufre ou soleil des sages.

En résumé, il est philosophiquement exact d’assurer que les métaux sont composés de soufre et de mercure, ainsi que l’enseigne Bernard Trévisan ; que la pierre, quoique formée des mêmes principes, ne donne point naissance à un métal ; qu’enfin, le soufre et le mercure, considérés à l’état isolé, sont les seuls parents de la pierre, mais ne peuvent être confondues avec elle. Nous nous permettons d’attirer l’attention du lecteur sur ce fait que la coction philosophale du rebis fournit un soufre, et non un assemblage irréductible de ses composants, et que ce soufre, par assimilation complète du mercure, revêt des propriétés particulières qui tendent à l’éloigner de l’espèce métallique. Et  c’est sur cette constance d’effet qu’est fondée la technique de multiplication et d’accroissement, parce que le soufre nouveau reste toujours susceptible d’absorber une quantité déterminée et proportionnelle du mercure. »

  Dampierre nec-te

Un soleil darde ses rayons vers un nid de farlouse. Cet oiseau naît dans les prés, le nid étant posé sous des herbes à même le sol.

 

Commentaire : dans l’un de ses carnets de voyages, l’Adepte parle de la Farlouse observée non sans émotion alors qu’il se trouve dans le désert saharien. La Farlouse est une humble alouette des prés ou passereau fréquent en Isère et Franche Comté. Elle migre chaque année en Afrique du Nord et c’est là que l’Adepte pu la retrouver à son grand étonnement …  Grand marcheur et observateur de la nature, préparateur auprès de Louis Pasteur, nous ne sommes donc pas étonnés à notre tour de voir cette référence surgir à l’occasion de l’un de ses commentaires sur les caissons de Dampierre sur Boutonne. Sauf que sur celui ci il commet une erreur. Ce qu’il prend pour un oeuf est en réalité un oeil inversé regardant de face le soleil. En fait il s’agit bien d’une sorte de nid mais à la place de l’oeuf l’artiste a placé ce qui ressemble à un  oeil qui absorbe les rayons du soleil.

Explication no 1  : Cet oeil est un oeil droit mais l’imprécision du dessin de Julien Champagne empêcha Fulcanelli de le décrire comme tel. L’oeil contemple le rayonnement solaire, ouvert à lui, ce qui est physiquement impossible car personne ne  peut regarder le soleil en face.

Dampierre nec-te 2

Cependant dans son propre commentaire l’Adepte, en fin normalien qu’il est, grand connaisseur du grec et homme de culture donne toute sa dimension d’interprète en ajoutant :

«  La farlouse des prés (Anthus pratensis) est un petit oiseau voisin des alouettes. Il fait son nid dans l’herbe. On le nommait Anthos chez les Grecs ; mais ce mot a une autre signification de caractère nettement ésotérique. Anthos désigne encore la fleur et la partie la plus parfaite, la plus distinguée d’une chose ; c’est aussi l’efflorescence, la mousse ou l’écume de solutions dont les parties légères montent et viennent cristalliser à la surface. Cela suffit pour donner une idée claire de la naissance du petit oiseau dont l’unique oeuf doit engendrer notre Phénix. »

Il aurait pu également ajouter, puisqu’il insiste sur le vocable d’Anthos, que celui ci lutta contre Poséidon, ce qui personnifie cette double nature du Mercure et du Soufre, les pères générateurs de cet oeuf !

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Technique de multiplication : croissance cristalline d’oxyde de zinc en solution liquide sursaturée

Explication no 2 : il ne s’agit pas d’un oeil mais d’un ormeau, mollusque sur lequel avait travaillé l’adepte auprès de son Maître d’alors, Louis Pasteur lorsqu’il collaborait avec Henri Lacaze-Duthiers maitre de conférence à l’Ecole Normale Supérieure (élu à l’académie des Sciences en 1871 et Maitre de conférence sur les mollusques et zoophytes). L’illustration ci dessous en donne une meilleure vue et nous pouvons également comprendre son commentaire faisant état de « mousse » et « écume »..  Ce que l’on prend pour un nid est alors en réalité un bassin d’eau de mer où l’on peut voir les algues et la végétation d’eau. Le dessin au trait de Julien Champagne semble même indiquer les rides de l’eau et meparait plus approprié pour décrire un bassin qu’un nid d’oiseau.  De plus dans ses vieux jours, l’Adepte avait retrouvé les joies d’une modeste viticulture et avait appelé sa cuvée « Le clos des ormeaux » en souvenir de ses vacances passés en Charentes Maritime et qui sait pour d’autres raisons qu’il reste à découvrir !… Non loin de Dampierre sur Boutonne en direction de la Rochelle on pratique encore l’élevage en bassin des ormeaux. CQFD

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pour que l’on ne puisse plus dire n’importe quoi sur l’Adepte – JK (Johan Dreue)

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Science et hermétisme