Archives pour la catégorie Franc-maçonnerie

1717 ou les enjeux d’une date : druidisme et art royal

Naissance et genèse d’une imposture

en 2017, un peu partout dans le monde on a commémoré le tricentenaire d’une institution – la Franc-maçonnerie – et pourtant il s’avère que la plupart des récits légendaires qui s’attachent à son histoire ne reflètent pas la réalité ni le contexte historique qui l’a vu naitre. Bien au contraire !… La véritable histoire autour de cette date ou comment on a effacé tout simplement l’authentique maçonnerie écossaise.

En réalité, 1717 est une date importante car ce sont trois sociétés appelées à jouer un rôle important qui verront le jour mais le comble de l’ironie (c’est le propre de l’histoire) est que c’est la moins importante des 3 à l’époque qui tel l’arbre masquant la forêt retiendra et focalisera l’attention de nos contemporains. Cet ouvrage est donc en vue de rappeler quels étaient en fait les véritables enjeux de cette époque et pourquoi ce que l’on a appelé la création de la maçonnerie des modernes a été en réalité une démolition systématique et voulue de l’antique société qui avait déjà près de 2 siècles d’existence !

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Le Mot de Maçon et les origines de l’Ecossisme

 

1717 ne marque pas le début de la Franc-maçonnerie mais signe la fin d’une aventure commencée 3 siècles auparavant. Le reste c’est comme le port salut ça en porte le nom mais c’est juste une triste et plate contrefaçon. L’acte fondateur de la Grande Loge d’Angleterre fut – après avoir récupéré les précieux enseignements du pasteur Anderson – d’organiser un autodafé dans le but de détruire toutes les preuves de la véritable maçonnerie écossaise et de n’en laisser aucune trace. Tous les anciens rituels, livres et documents finirent dans les flammes et ceci fut même explicitement revendiqué par les fondateurs de la Grande Loge ! Pourquoi et dans quel but c’est ce j’expliquerai dans mon prochain ouvrage : un secret que l’Angleterre ne voulait surtout pas dévoiler car il pouvait mettre le trône en péril. La lumière fut mise sous le boisseau.

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La révélation du 3ème Temple

la revelation du troisieme temple

Après la mort de Jacques (en 62 ou 66 après J.-C.), premier évêque de Jérusalem et le premier « évêque des évêques », la communauté judéo-chrétienne, sur l’avertissement d’un Ange, émigra à Pella, sur l’autre rive du Jourdain. Elle échappa ainsi aux affres du siège qui aboutit à la destruction du Temple (70 p. J.-C), et elle survécut, communauté des « Ébionites », jusqu’au IV siècle. Mais entre-temps, c’est un autre christianisme qui commença de faire la conquête du monde, un christianisme tellement « autre » que la doctrine et la gnose professées par la communauté apostolique initiale de Jérusalem, fondée par ceux-là mêmes qui avaient été les compagnons du Christ, — cette doctrine fut décrite et réputée par les « pères de l’Église » comme une abominable « hérésie ». C’est un de ces paradoxes mortels auxquels on est resté trop peu attentif.

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Reditus Virginis

 Viege aux 18 attributs
Viege aux 18 attributs

à propos de la Vierge alchimique de Reims et du cahier de l’Arl résumant les conclusions des différents experts sur ce sujet important d’hermétisme. Dans un de ses livres, le critique d’art et l’historien  Emile Mâle retraçait l’émergence de l’image, suivant l’idée, de l’Immaculée Conception – qui ne doit pas être confondue,  avec la naissance virginale de Jésus, né de Marie.

« Vers la fin du XVème siècle, une idée mystérieuse, qui, depuis plus de cinq cents ans, germait secrètement danss les âmes, leva soudain. Il apparut alors avec évidence aux théologiens que la Vierge n’avait pu participer à la faute originelle, et qu’un décret particulier de Dieu l’avait exceptée de la loi. Exemplaire parfait d’une humanité nouvelle, Marie, semblable à Eve au sortir des mains de Dieu, était entrée dans le monde sans porter le poids du péché. »

Mâle pose un peu plus loin la question iconogénétique :

L’entreprise était difficile : comment représenter la Vierge à l’état de pur concept ? comment faire entendre qu’elle avait été créée sans tache par un décret de Dieu, qu’elle existait dans sa pensée avant le commencement des siècles ?
Dès le XVè siècle, les artistes essayèrent de résoudre le problème. Ils songèrent d’abord à cette femme dont l’Apocalypse parle avec tant de mystère. Ille a la lune sous les pieds, des étoiles sur la tête, et le soleil l’enveloppe ; elle semble plus antique que le temps ; elle a été conçue, sans (boute, avant cet univers. Une telle image exprimera donc ce qu’il y a de grandiose dans le concept d’une Vierge antérieure à l’humanité et affranchie des lois qui la régissent. »

Sous cet aspect dérivé des visions de l’apôtre Jean à Patinas, la Vierge de l’immaculée Conception a fourni de fait, dans le domaine des arts visuels, le thème figuré peut-être le plus important des ripostes, par l’image, de la Contre Réforme à la poussée doctrinale et iconoclaste du Protestantisme. Toutefois, dans sa vingt-cinquième et dernière session, en 1563, le Concile de Trente s’était montré sévère et même rigoriste dans ses interdits :

« le Saint Concile défend que l’on place dans les églises aucune image qui s’inspire d’un dogme erroné et qui puisse égarer les simples, défend de placer en aucun lieu, dans les églises qui ne sont pas assujetties à la visite de l’ordinaire, aucune image insolite, à moins que l’évêque ne l’ait approuvée
La Vierge du tableau de Reims est donc assurément «insolite» selon les normes conciliaires. Mais ce qui l’est au point de pouvoir passer aux yeux d’une censure ombrageuse pour une audace hétérodoxe, voire hérétique, c’est l’inscription en capitales grecques (en partie «protégée», il est vrai, par sa construction même) qui, en manière d’exergue, souligne, au bas du tableau, le motif principal.

reditusTraduction : AI-JE ENFANTE ETANT VIERGE ? ENFANT N’AYANT PAS DE PARENTS

A mettre en parallèle avec les deux citations bibliques trouvées à Reims sur les tapisseries données à la cathédrale par l’arche vêque Robert de Lenoncourt :

NONDUM ERANT ABISSI,ET ERGO JAM CONCEPTA ERAM

« Les abîmes n’étaient pas encore, et moi j’étais déjà conçue. » Prov. VIII, 24

Pour la première fois la traduction littérale qui fait voir ce qui avait échappé jusqu’à présent aux différents interprètes : l’interrogation .. à suivre dans l’ouvrage :

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La Vierge alchimique de Reims commenté par Oswald Wirth

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On l’a oublié mais c’est bien Oswald Wirth qui le premier attira l’attention sur ce tableau dont il est aujourd’hui de bon ton d’en faire un commentaire alchimique. Du coup le premier commentaire d’Oswald Wirth très original et basé sur une conception prophétique de l’oeuvre (qui relie ce tableau au secret de Saint-Sulpice) est passé inaperçu mais il ne manque pas d’intérêt non plus car il combine l’interprétation hermétique à celle des arcanes dont le Tarot. C’est ce commentaire agrémenté de mes propres notes que vous pourrez découvrir en octobre accompagné de la planche elle même livrée en haute définition sur papier d’art et imprimé uniquement à la demande.

Préambule : Le 26 janvier 1907, le Courrier de Champagne (Journal de Reims) publiait la lettre du curé du village champenois de Fligny, dans laquelle on lisait : « Je crois devoir signaler à votre collabo­rateur [le frère maçon Curieux] un tableau d’un grand intérêt pour prouver l’hypocrisie de la franc-maçonnerie et de la persis­tance de son but anti-religieux sous des dehors les plus reli­gieux. » La lettre du curé allait mettre le feu aux poudres. Elle était insérée en bonne place, juste au-dessous d’un feuilleton anti-maçonnique intitulé Les Mystères de la rue Buirette — car dans cette rue de Reims des loges maçonniques se réunissaient, comme aujourd’hui encore. « Curieux » était le pseudonyme du feuilletoniste.

Le tableau se trouvait alors dans l’église Saint-Maurice, à Reims. Il est maintenant conservé non loin de cet édifice, au musée du Collège des jésuites. A partir du 26 janvier 1907 et jusqu’en avril, il fit l’objet de toute une correspondance polémi­que publiée dans le même journal. Les uns y voyaient un dessin maçonnique, d’autres une oeuvre martiniste, d’autres encore une création jésuite orthodoxe malgré son curieux symbolisme. Cette polémique apparaît caractéristique d’une époque d’ anti-clérica­lisme et d’anti-maçonnisme virulents, si propice aussi aussi à l’éclosion de fantasmes du « complot ».

Il s’agit d’une peinture anonyme sur toile, exécutée dans la première moitié du XVIIe siècle. On peut la dater ainsi grâce d’une part au cadre : le même entoure un autre tableau de Reims, dont la datation ne fait pas de doute — ce que Henri Jadart, le conservateur du musée de Reims, rappelait au coeur même de la polémique de 1907, et cela à l’encontre des interprétations fantaisistes de ceux qui y voyaient une symbolique maçonnique. Et grâce, d’autre part, à sa provenance : commanditée selon toute vraisemblance par les jésuites de Reims, elle s’inscrit dans une décoration d’ensemble constituée par ceux-ci dans les années 1620.

En guise d’introduction : une fois couronnée la matière, – la Terre-Mère, toujours vierge à cause de son humilité et de son rôle totalement indispensable, – nous voici devant la Vierge alchimique debout sur le croissant lunaire. Pourquoi ce culte rendu à la Vierge (noire ou blanche) ? Parce que la noirceur de certains moments traversés devient en quelque sorte la mère d’une prise de conscience nouvelle.
Vêtue de bleu, la Vierge a le pied posé sur un nuage (d’inconnaissance). Les huit étoiles se rapportent à la résurrection future de tous les hommes ( = l’infini). Les diverses allusions à la mythologie et à l’alchimie montrent combien il est nécessaire de voir sans préjugés ce qui nous entoure. Les rayons d’or solaire sont rigides (droits) et souples (ondulés). Dans sa droite, la Vierge tient le monde entier avec ses signes zodiacaux, d’où émerge un paon, image d’immortalité : l’oiseau d’Héra, gloire du ciel étoilé, qui porte sur sa queue les cent yeux qui voient tout. Dans sa main gauche, le temple aux quatre fenêtres symbolise les quatre orientations du monde et les quatre éléments cosmiques et corporels. Les neuf lucarnes se réfèrent à la « neuvième heure », où le Seigneur confia son esprit au Père. Elles peuvent faire également allusion à la Sibylle de Cumes qui détient neuf recueils d’oracles. En alchimie, le chiffre neuf désigne aussi le nombre de purifications nécessaires, nos « grandes épreuves » pour obtenir la Pierre philosophale (la solidité de l’Amour par la Sagesse). Le 9 préfigure l’Age d’Or, un âge neuf.
L’annonce des temps nouveaux revient aux deux tritons sonnant de la trompette sur le toit de l’autre temple. Les trompettes sont symboles des Eaux d’en-haut. Le couple d’adeptes figure l’initiation : chasuble rouge pour lui, voile blanc pour elle. L’homme tient un livre fermé rappelant la nécessité du secret et le caducée d’Hermès aux serpents complémentairement enlacés. La femme tient le flambeau qui éclaire les ténèbres.
Tous les détails de cette image sont éminemment symboliques : il suffit d’être attentif pour en décrypter le sens. N’imitons pas le cyclope qui tombe à la mer, et représente le règne chaotique primordial où l’alchimiste ignorant finit par se perdre. à suivre …

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L’étoile scellée : Oswald Wirth, André Breton, Fulcanelli

arcane17

L’étoile scellée ou les mystères de l’Arcane 17. Quand le message de Wirth fédère l’hermétisme. C’est un fait que si Wirth a eut une filiation, celle-ci ne passe pas forcément par les Frères pour lesquels pourtant, il a dédié corps et âme sa vie jusqu’au martyr, sinon comment expliquer que depuis 75 ans aucun d’entre n’a daigné venir s’incliner sur sa tombe ?.. Non sa filiation passe ailleurs et le message fut par exemple bien reçu dans les milieux naissants du surréalisme d’après guerre. C’est ce que nous allons voir maintenant.

Arcane 17 selon Oswald Wirth :

« la vie… est une déesse douce et belle, comme la jeune fille nue de l’arcane 17, qui agenouillée au bord de l’étang, y déverse le contenu d’une urne d’or, dont s’écoule un liquide brûlant, vivificateur de l’eau stagnante. A cette amphore tenue de la main droite en correspond une autre qu’incline la main gauche, pour épancher sur la terre aride une eau fraîche et fertilisante… L’arrosage constant entretient la végétation plus particulièrement représentée par un rameau d’acacia et une rose épanouie.

Mimosa du désert, l’acacia résiste à la dessiccation; sa verdure persistante manifeste une vie qui refuse de s’éteindre, d’où son caractère d’emblème d’espoir et d’immortalité. Dans la légende d’Hiram, cette plante fait découvrir le tombeau du maître, détenteur de la tradition perdue… Connaître l’acacia, c’est posséder les notions initiatiques conduisant à la découverte du secret de la maîtrise. Pour s’assimiler ce secret, l’adepte.. doit imiter Isis, qui parcourut toute la terre à la recherche des débris du corps de son époux. Ces vestiges précieux sont recueillis par le penseur qui sait discerner la vérité cachée sous l’amas des superstitions que nous lègue le passé. Le cadavre spirituel d’un dieu qui jadis éclaira le monde subsiste, réparti entre les foules ignorantes, sous forme de croyances persistantes… Loin de dédaigner ces restes défigurés d’une sapience perdue, l’initié les rassemble pieusement, afin de reconstituer dans son ensemble le corps de la doctrine morte. »

« L’Arcane 17 occupe le milieu de la seconde rangée du Tarot, où il marque, tout comme l’arcane 6 qui lui est superposé, le passage d’une phase de l’initiation à l’autre. Or si l’amoureux, dans le domaine actif, passe de la théorie à la pratique, l’âme mystique, guidée par les étoiles, aboutit au discernement théorique après être entrée pratiquement en relation avec le non moi. »  La Tarot des Imagiers

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Dans le tarot de Wirth, un papillon posé sur une Rose symbolise le travail de métamorphose propre à l’accomplissement du travail du Grand Oeuvre, dans celui des Avenières (inspiré en partie par Wirth) le papillon s’est transformé en Paon (le corps bleu et le pourpre liés à la phase de multiplication), dans le tarot de Conver nous avons affaire au corbeau (oiseau noir) tel qu’il figure dans le frontispice du Mystère des Cathédrales.

André Breton et Arcane 17 :

Breton, dans sa description de l’arcane (Arcane 17 p. 73, 85) et dans sa relation de la légende d’Isis (p. 96) n’oublie aucun des détails symboliques rapportés ci dessus. Le fait même de conter cette légende juste après l’apparition des étoiles, prouve assez sa connaissance des textes hermétiques. Ce passage permet également de relier le roman à l’Amour Fou, grâce à la sixième lame du Tarot, l’amoureux. En fin, voilà confirmé, sur un plan symbolique, les deux idées forces autour desquelles s’oriente le livre : la persistance de la vie et la recherche d’une connaissance antérieure perdue. Il faut ajouter que l’appel aux Tarots n’éloigne en rien de l’alchimie. Michel Maïer affirme en effet que la légende d’Isis et d’Osiris se rattache au mythe alchimique :

« L’allégorie d’Osiris a été ramenée par nous à sa véritable origine, qui est chimique, et expliquée de façon complète en un autre endroit, à savoir le premier livre des Hiéroglyphes… Le soleil est Osiris… la lune, de son côté est Isis., et ce sont les parties du composé qui avant l’opération est appelé pierre et du nom de tout métal, magnésie. »

Chacun des ruisseaux décrits par Breton reprend une des caractéristiques principales de la Pierre :

« Le ruisseau de gauche : je brûle et je réveille, j’accomplis la volonté du feu. Le vase de feu trépidant dont je sourds, le vent ne finira jamais d’en dérouler les boules de vapeur. » (p. 86)

C’est-à-dire le feu et l’air (le volatil) d’une part,

« Ruisseau de droite… j’obéis à la fraîcheur de l’eau… et je vais à la terre » . (p. 87)

C’est-à-dire l’eau et la terre d’autre part (le fixe), ce qui renvoie aux propos de Raymond Lulle dans son livre de la Quintessence (troisième distinction : l’incération) :

« Il faut réaliser à partir de la nature d’un seul métal, deux liquides de composition contraire; l’un aura une vertu qui fixe, coagule et durcit, l’autre sera volatile, instable et mou… De ces deux liquides il sort une pierre coagulée, fixe et durcie, qui possède le pouvoir de coaguler ce qui n’est pas coagulé, de durcir ce qui est amolli et d’amollir ce qui est dur. »

Fulcanelli en relation avec Arcane 17 (de la double nature de la Pierre) :

« Telle est l’origine de notre pierre, pourvue dès sa naissance de la double disposition métallique, laquelle est sèche et ignée et de la double vertu minérale, dont l’essence est d’être froide et humide. Ainsi réalise-t-elle en son état d’équilibre parfait, l’union des quatre éléments naturels que l’on rencontre à la base de toute philosophie expérimentale. La chaleur du feu s ‘y trouve tempérée par la frigidité de l’air et la sécheresse de la terre neutralisée par l’humidité de l’eau. » (DEU p. 75).

Il nous faut changer de logique et de morale, reconstituer la science sacrée : voilà l’enseignement de la légende d’Isis, reprise dans le Tarot, auquel adhère Breton avec foi. Au cours du passage du « ruisseau de droite », il entonne un hymne de confiance en l’esprit nouveau qu’il convient d’instaurer.

« Et les idées cesseraient d’être aussi fécondes de l’instant où l’homme ne les abreuverait plus de tout ce que la nature peut mettre individuellement en lui de clarté, de mobilité, de générosité et de fraîcheur de vues. je porte au sol où il marche cette confiance qu’il doit avoir dans l’éternel reverdissement de ses raisons d’espérer, au moment même où elles peuvent paraître détruites. » (p. 87)

Voir le cahier Oswald Wirth