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Pêche septentrionale

Le roi pêcheur

La légende

Une ancienne légende celte sur un jeune garçon curieux, un vieux sage et un saumon extraordinaire capable de changer à jamais le destin de celui qui le trouve. Le saumon magique : Un saumon spécial vit dans le puits de Segais (Tobar Segais) ou la rivière Boyne. Il a mangé neuf noisettes magiques tombées de neuf arbres de la sagesse et a absorbé toute la connaissance du monde. La prophétie annonce que la première personne qui goûtera sa chair obtiendra ce savoir absolu.

Il y a de cela bien des siècles, à l’époque où l’Irlande était une terre de vastes forêts, de rivières tumultueuses et de chemins qui se perdaient dans les collines, vivait un garçon nommé Demne. Ce ne serait pas le seul nom sous lequel il finirait par être connu, et avec le temps, il deviendrait l’un des héros les plus célèbres d’Irlande. Mais à l’époque, il n’était encore qu’un jeune garçon avec beaucoup de choses à apprendre. Demne était vif, fort et habile, mais par-dessus tout, il était curieux. Il voulait connaître le nom des arbres et des étoiles, comprendre le comportement des animaux, découvrir les anciennes histoires et apprendre à interpréter les signes que les autres ne remarquaient pas. C’est ainsi qu’il arriva sur les rives de la Boyne, où vivait Finnegas, un vieux poète réputé pour sa grande sagesse.

Finnegas connaissait des poèmes que nul autre n’avait retenus et pouvait parler des heures durant des animaux de la forêt, du cours des rivières ou des histoires de ceux qui avaient vécu bien avant eux. Demne resta à ses côtés pour apprendre tout ce qu’il pouvait et, en échange de ses enseignements, il l’aidait dans les tâches quotidiennes. Il ramassait du bois, préparait les repas et écoutait attentivement chaque fois que le vieil homme avait quelque chose à raconter. Cependant, il y avait une chose que Finnegas désirait depuis de nombreuses années et qu’il n’avait pas encore obtenue. Dans un gouffre profond de la rivière Boyne vivait, disait-on, un saumon extraordinaire. Il ne se distinguait ni par sa taille ni par des écailles d’or, mais parce qu’il possédait quelque chose de bien plus précieux : toute la connaissance du monde. Les anciennes légendes racontaient que ce poisson avait acquis sa sagesse en se nourrissant des noisettes tombées d’arbres magiques bordant l’eau, et que la première personne qui goûterait à sa chair recevrait tout le savoir du saumon. Finnegas connaissait également une vieille prophétie : un jour, quelqu’un mangerait ce poisson et aucun secret ne lui resterait caché.

C’est pourquoi il essayait de le pêcher depuis sept ans.

Pendant tout ce temps, il avait jeté ses filets et ses hameçons dans les eaux de la Boyne sans aucun succès. Il avait vu passer des centaines de saumons, mais aucun n’était celui qu’il cherchait. Parfois, Demne l’accompagnait et regardait le vieil homme attendre des heures durant, immobile au bord de la rivière, persuadé que chaque nouvelle journée pourrait enfin mettre un terme à ses années de quête. Un matin, Finnegas sentit une secousse brutale sur sa ligne et sut immédiatement que c’était différent. Le poisson lutta avec une force extraordinaire, plongeant encore et encore dans les eaux profondes, mais le vieil homme tint bon. Après un long effort, il parvint à le ramener vers le rivage. Lorsque le saumon apparut à la surface, il eut la certitude que ses sept années d’attente étaient terminées et qu’il avait enfin trouvé le Saumon de la Connaissance.

Finnegas rentra avec le poisson et appela Demne.

— Je veux que tu le cuisines, lui dit-il. Fais-le avec soin et, surtout, ne goûte pas un seul morceau.

Demne avait entendu l’histoire du saumon à maintes reprises et comprit pourquoi cet avertissement était si important. Il prépara le feu, plaça le poisson sur les braises et garda un œil attentif sur lui pendant qu’il cuisait doucement.

À un moment donné, il remarqua qu’une petite cloque s’était formée sur la peau du saumon. Craignant qu’il ne brûle, il appuya dessus avec son pouce pour la percer. Mais c’était beaucoup plus chaud qu’il ne le pensait. Il retira sa main aussitôt et porta instinctivement son pouce à la bouche pour apaiser la douleur. Quand le saumon fut prêt, Demne l’apporta à Finnegas. Le vieil homme le regarda, mais au lieu de commencer à manger, il observa longuement le garçon, comme s’il avait découvert en lui quelque chose qui n’y était pas quelques heures plus tôt.

— As-tu goûté le saumon ? demanda-il.

— Non, répondit Demne. Je n’ai rien mangé du tout. Je me suis seulement brûlé le pouce en le cuisinant et je l’ai mis dans ma bouche.

Finnegas l’observa avec attention et, tout en se remémorant les paroles de l’ancienne prophétie, il comprit enfin ce qui s’était passé.

— Quand tu es arrivé ici, tu m’as dit que tu t’appelais Demne, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Mais on t’appelle aussi Fionn.

Demne le regarda avec surprise. Ce nom avait commencé à l’accompagner quelque temps auparavant, bien qu’il continuât d’utiliser celui qu’on lui avait donné à la naissance.

— Oui, admit-il.

Finnegas baissa les yeux vers le saumon et sourit.

— Maintenant je comprends. Ce n’était pas à moi de le manger. C’était à toi, Fionn.

Pendant sept ans, il avait cru que la prophétie parlait de lui, parce qu’il avait attendu ce poisson, l’avait pêché et l’avait ramené chez lui. Cependant, la sagesse du saumon n’était pas destinée à celui qui le capturerait, mais à Fionn, le garçon qui l’avait goûté le premier, presque sans s’en rendre compte.

Finnegas posa le saumon devant lui et lui demanda de le manger, car il comprenait que ce poisson avait toujours été destiné au jeune garçon. Depuis ce jour, Fionn posséda une sagesse qu’aucun maître n’aurait pu lui enseigner entièrement. On racontait que, lorsqu’il se trouvait face à une question dont il ignorait la réponse, il lui suffisait de porter son pouce à la bouche et de se concentrer pour que ce qui restait caché se révèle à lui.Mais le saumon ne transforma pas Fionn en un homme qui n’avait plus besoin d’apprendre. Il continua d’observer, d’écouter et d’acquérir de l’expérience, car même celui qui possède une connaissance extraordinaire doit comprendre quoi en faire. Bien avant tous ces exploits, cependant, Fionn n’avait été qu’un jeune garçon assis au bord de la rivière Boyne, écoutant les enseignements d’un vieux poète, et son histoire avait commencé avec un saumon, un pouce brûlé et un instant qu’aucun d’eux n’avait pu prévoir.

Commentaire

Le saumon du Septentrion

Que sait-on du saumon au Moyen Age ? Cette présentation de l’abbesse Hildegarde de Bingen, dans son Livre des subtilités des créatures divines, résume pour le milieu monastique l’essentiel des connaissances sur ce poisson :

« Le saumon relève plus de l’air chaud que de l’air froid, se montre plus la nuit que le jour et préfère la lune au soleil. Et, quand la lune apparaît, il nage à la lumière de son éclat comme à la lumière du soleil : c’est pourquoi sa chair ressemble un peu à la lune, car elle est molle et faible et n’est pas bonne à manger pour l’homme, car elle excite toutes les humeurs mauvaises qui sont en lui. Il recherche le fond des eaux et mange parfois des racines et des herbes grâce auxquelles il peut rester longtemps sans autre nourriture. Il mange aussi des grains de froment quand ceux-ci tombent dans l’eau et il en tire sa fécondité’. Pour frayer, il recherche la terre ; la femelle y dépose ses œufs, et le mâle répand par-dessus sa laitance : il en naît un petit poisson, et ils recommencent jusqu’à ce qu’ils soient soulagés de tout leur frai ; en peu de temps, ils répandent leur frai en des lieux divers, et ils se posent alors, jusqu’à ce que les petits aient reçu la vie qui leur vient de l’air.

Si on a les dents qui pourrissent ou qui sont faibles et cassantes, il faut réduire en poudre des arêtes de ce poisson, ajouter un as de sel, et mettre, pour la nuit, de cette poudre autour des dents, en laissant la salive se répandre sur les gencives : cela purifie et guérit les dents. Tout le reste du poisson ne vaut rien pour la médecine. »

Cet extrait de Hildegarde de Bingen livre un témoignage sur l’état de la zoologie au XIle siècle : curieux mélange d’observations et de théories préconçues, de recettes médicinales et d’allégorie implicite (le saumon révèle un message chrétien). Le mythe n’est pas non plus absent de cette notice, comme on le verra. La réalité non plus car le saumon hantait au Moyen Age les eaux du Rhin. Il remontait les rivières se jetant dans ce fleuve. Ce n’était donc un poisson ni rare ni lointain pour l’abbesse rhénane.

Le saumon divin

Le saumon est un poisson mythique. Il joue un rôle essentiel dans la mythologie scandinave, particulièrement en relation avec le personnage de Loki, héros atypique qui a posé bien des problèmes aux mythologues. Célèbre figure du monde scandinave, Loki est lié à la mythologie du saumon à travers un épisode particulièrement important de ses démêlés avec les autres dieux 8. Après avoir tué Baldr, Loki est poursuivi par les Ases (c’est-à-dire le peuple mythique auquel appartiennent les grands dieux comme Thor, Odin et Baldr).

« Il s’enfuit et se cacha sur une montagne. Il s’y fit une maison avec quatre portes, afin de pouvoir, de l’intérieur, voir dans toutes les direc­tions. Souvent, pendant le jour, il prenait la forme d’un saumon et se cachait à l’endroit appelé Cascade de Franangr. Il se demandait quel moyen les Ases pourraient bien imaginer pour le prendre dans la cas­cade. Une fois qu’il était dans sa maison, il prit du fil de lin et en tressa des mailles, comme sont faits depuis lors les filets. Du feu brûlait devant lui. Il vit alors que les Ases étaient proches de lui.

(Il jette alors le filet au feu et s’élance lui-même dans l’eau. Les Ases trouvent le filet consumé et ont l’idée d’en fabriquer un autre sur le modèle de celui de Loki. Ils se mettent alors à poursuivre Loki, sous forme de saumon, en utilisant le filet.)

Loki se sauve devant le filet (vers l’aval) ; mais quand il voit qu’il est près de la mer, il bondit par-dessus la corde du filet et revient en hâte à la cascade. Les Ases virent où il allait. Ils retournent à la cascade et cette fois se divisent en deux équipes et Thor marche à pied au milieu de la rivière. Ils descendent ainsi vers la mer. Loki fuyant vers l’aval voit deux partis possibles : se lancer dans la mer au péril de sa vie ou bien sauter encore par-dessus le filet. Ce fut cela qu’il choisit : il sauta aussi vite qu’il put par-dessus la corde. Thor étendit brusquement la main et l’attrapa mais Loki glissa entre ses doigts si bien que la main de Thor le saisit juste par la queue : c’est pourquoi le corps du saumon finit en pointe. »

Cet épisode raconte comment le saumon a pris sa forme définitive et pourquoi il est plus mince au niveau de la queue que les autres poissons. Pour échapper à ses poursuivants, Loki prend la forme du saumon. Il évite de tomber dans le filet que les dieux utilisent pour le capturer. Finalement, c’est Thor qui, placé au milieu de la rivière, finit par l’attraper. Mais Loki lui échappe parce que sa queue s’amincit. Thor ne peut plus le tenir et le laisse donc s’échapper. Thor est un dieu : le fait qu’il donne au saumon sa forme définitive s’explique par son caractère de démiurge. Le texte scandinave pré­sente alors toutes les caractéristiques d’un récit étiologique, c’est-à-dire un récit qui raconte l’origine de l’anatomie du poisson et particulièrement la forme de sa queue. Il est censé se situer dans le temps originel qui a donné au monde ses caractéristiques présentes.

Un autre mythe, d’origine celte celui-là, peut expliquer la cou­leur du poisson. Le récit celtique des noisettes absorbées par le saumon dans une source originelle fournit l’explication préscientifique de la couleur du poisson. Elle est aussi l’explication de la science extraordinaire que manifeste ce poisson. Le lien mythique du saumon et du coudrier doit être remarqué. Le coudrier est l’arbre de la connaissance et de la sagesse. Manger de ses fruits apporte un don de science. Un texte mythologique irlandais explique ainsi que des coudriers merveilleux poussent à côté d’une source primor­diale. Un roi nommé Cormac les admire lors de son voyage dans l’Autre Monde :

« Il vit alors une source brillante dans l’enceinte du palais, d’où par­taient cinq ruisseaux et les troupes buvaient tour à tour l’eau des ruis­seaux. Les neuf coudriers de Buan étaient au-dessus de la source. Les coudriers pourpres jetaient leurs noix dans la-source et les cinq sau­mons de science qui étaient dans la source les saisissaient. Ils jetaient les coquilles dans les ruisseaux. Le bruit de la chute de ces ruisseaux était plus doux que toute mélodie que l’on chante. » Le saumon apparaît ainsi comme une sorte d’animal primordial qui a recueilli le dépôt d’une science initiatique et initiale procurée par les coudriers. On note que le noisetier, le sorbier et le coudrier (colI en irlandais) sont des arbres magiques employés par les druides dans leurs incantations. Leur bois est réputé contenir une vertu magique qu’exploiteront les sorciers, bien après les druides. On sait également aujourd’hui que le régime alimentaire des ani­maux peut influer sur la couleur de leur chair « . Pour la mythologie celtique déjà, la couleur du poisson s’expliquerait par un régime ali­mentaire particulier. Le mythe n’est donc pas pure invraisem­blance : il témoigne d’observations préscientifiques que la science moderne a parfois confirmées ou approfondies.

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Table ronde et la roue du temps

« ce qui est invariable est incompréhensible et doit donc être ineffable » ( Sermons de St Bernard.

Introduction : chez Chrétien de Troyes, le Roi pêcheur et Pellès ne font qu’un, mais dans d’autres légendes, il y a le Roi pêcheur et le Roi blessé — un père (ou grand-père) et son fils — vivant dans le même château et protégeant le Graal. Le père, plus sérieusement blessé, reste au château et n’est d’ailleurs qu’évoqué car il n’apparaît dans aucune scène des différents récits, uniquement gardé en vie par le pouvoir du Graal, alors que le fils, plus alerte, peut accueillir les invités et aller pêcher. Afin de faciliter la compréhension tout au long de l’article, le père sera appelé le « Roi blessé » et le fils le « Roi pêcheur ». Ces deux personnages sont notamment présents dans les textes de Robert de Boron.

Le Roi pêcheur apparaît pour la première fois dans le roman inachevé de Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal, aux environs de 1180. Ni sa blessure ni celle de son père ne sont expliquées, mais Perceval découvre par la suite que les rois auraient été guéris s’il les avait questionnés sur le Graal, alors que son tuteur lui avait enseigné de ne point poser trop de questions. Perceval apprend qu’il est lié aux deux rois par sa mère, la fille du Roi blessé. Le récit s’interrompt avant le retour de Perceval au château qui abrite le Graal.

Au début du roman, après avoir rencontré dans la forêt des chevaliers qu’il prend pour des anges, le jeune Perceval décide, contre l’avis de sa mère, d’embrasser la carrière chevaleresque. Quittant brusquement le manoir familial, il parvient à la cour d’Arthur où il est fait chevalier, puis il entame un itinéraire jalonné de multiples épreuves. Un jour, alors qu’il chemine, tout en priant Dieu de lui accorder de retrouver sa mère pleine de vie et de santé, il parvient à une rivière, sur laquelle il aperçoit une barque avec deux hommes .

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L’ésotérisme du Saint Graal, Perceval et la Tradition Primordiale

Vient de paraitre !32 €

En fait trois livres : L’ésotérisme de Parzifal complété d’une étude sur Wagner les R+C, Le Mysticisme intégrale complété d’une étude sur le Graal et l’Église de Jacques, Le Graal à la lumière de la Tradition Primordiale.

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L’énigmatique Bernard de Fontaine : de Clervaux à Kilwinning

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On notera que Clervaux vient de Clair Val, une vallée ouverte et donc percée comme Perce-val … CQFD

Bernard de Fontaine fut la pièce maitresse d’un dispositif ancré à la cour de Champagne, et appelé à jouer un rôle central entre l’Occident et l’Orient. C’est aussi dans ce contexte que naitront les premiers romans de la table Ronde sous l’égide des flamands. Plusieurs personnages sont étroitement liés et forment ainsi un canevas qu’il est de premier abord difficile à déchiffrer mais une chose est sûre c’est que c’est par eux que Jérusalem va se trouver reliée à l’Écosse et à Kilwinning (et non à Rosslyn comme c’est souvent et à tort dit) : Hughes de Payens (on le dit époux de Catherine de Saint Clair de Roslin ou sinon en lien avec elle), André de Montbard, parent du duc de Bourgogne, Bernard de Fontaine futur Bernard  de Clervaux, la famille écossaise des Saint Clair, les comtes de Champagne le fief alors le plus riche et le plus puissant du Royaume de France. D’ailleurs on peut le dire, la plupart des templiers étaient alors champenois.

La Champagne : Fief parmi les plus puissants du royaume de France, le comté de Champagne fut au coeur des principaux échanges politiques, économiques, religieux et culturels des XIIe et XIIIe siècles. En cela, l’histoire de la Champagne se confond souvent avec celle de l’Occident et de l’Orient.

foire de champagne
Du milieu du XIIe siècle à la fin du XIIIe siècle, le comté de Champagne est le centre permanent des échanges commerciaux du monde occidental. Si les premières traces des foires de Champagne remontent au début du XIe siècle (Provins en 999, Troyes en 1100), il faut attendre le règne de Thibaud II pour que les mentions se multiplient. A l’origine des foires, il y a la volonté délibérée du comte de provoquer sur son territoire la rencontre entre Flamands et Italiens. Afin d’attirer les hommes d’affaires étrangers, Thibaud II puis ses successeurs délivrent des tractoriae ou des conducti aux marchands de passage désireux de gagner une ville-marché (après 1137). Accordé aux marchands qui se rendent aux foires de Champagne ou qui en reviennent, le « conduit » garantit la protection du comte qui leur fournit une escorte d’hommes armés.

Voie privilégiée de circulation, carrefour entre les pays de la Méditerranée et ceux de la mer du Nord, la Champagne accueille toute l’année à Troyes, Provins, Lagny et Bar-sur-Aube le plus grand marché commercial et financier de l’Occident médiéval. Les Thibaudiens participent, soit avec leur suzerain capétien, soit contre lui, aux principales luttes féodales du Moyen Âge.

Ils encouragent les croisades et favorisent la naissance de l’ordre du Temple. Quand ils ne s’adonnent pas aux-mêmes à la poésie, ils accueillent dans leurs palais les plus grands trouvères et les plus grands intellectuels de leur temps. Grâce à de judicieuses alliances matrimoniales, les comtes protègent leur domaine puis l’agrandissent du prestigieux royaume de Navarre. La Navarre autre lieu important de ce dispositif qui permet de communiquer avec l’Espagne car on l’oublie un peu vite les comtes de Champagne étaient aussi rois de Navarre depuis 1135 ce qui permettait d’avoir une base indépendante de la France. La Navarre tout comme la Suisse. L’Histoire retiendra Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne et Reine de Navarre et qui fut l’origine involontaire de la perte des templiers et de la dissolution de l’Ordre. Lire la suite L’énigmatique Bernard de Fontaine : de Clervaux à Kilwinning →

L’Eglise oubliée : Jacques le Juste, frère de Jésus

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Ossuaire de Jacques, frère de Jésus. De nouvelles études géochimiques prouveraient que l’ossuaire de Silwan, censé contenir la dépouille du frère de Jésus, proviendrait bien du tombeau supposé du Christ… et de sa famille.

Parti en 1104 en compagnie de son suzerain Hugues de Champagne, le futur fondateur de l’Ordre du Temple rentrera en France pour s’y marier en 1105 avant d’y retourner définitivement en 1114 avec d’autres chevaliers, grâce à l’appui du Comte de Champagne. Ce n’est qu’en 1120 que ce premier groupe de chevaliers pris ses quartiers dans les écuries du  Temple de Salomon. Entretemps les champenois avaient aussi ramené de nombreux documents pour qu’ils soient étudiés par les moines érudits entourant Saint Bernard de Clervaux. Évidemment ce que contenaient ces documents jetait le trouble – et c’est peu dire – sur les connaissances tenues pour acquises quand à l’origine de l’Église et la vie de son fondateur. Si grand, que l’institution de l’Église pouvait être mise en péril si ces éléments étaient portés à la connaissance des lettrés de l’époque et notamment de la curie. Mais remontons le cours du temps jusqu’en 2002. Deux découvertes archéologiques vont à la fois confirmer ce que les templiers avaient exhumés lors de leurs fouilles plus de mille ans auparavant, celle de Talpiot et celle plus récente de Silwan.

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Depuis sa découverte accidentelle pendant des travaux de construction, le tombeau de Talpiot, du nom du quartier de Jérusalem où il a été mis au jour, est au cœur d’une polémique, à la fois archéologique et théologique. C’est en 1980 que des ouvriers ont découvert une chambre funéraire aux parois percées de niches mortuaires datant du second temple, période qui s’étend du milieu du VIe siècle av. J.-C. jusqu’au 1er siècle. Les fouilles ultérieures dans cette chambre funéraire, pillées dès l’antiquité, relèvent la présence de dix ossuaires, certains brisés, d’autres intacts. Les ossements qu’ils contiennent sont enterrés selon les rites juifs à la demande de rabbins orthodoxes tandis que les ossuaires rejoignent les collections archéologiques de l’Etat d’Israël.

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La révélation du 3ème Temple

la revelation du troisieme temple

Après la mort de Jacques (en 62 ou 66 après J.-C.), premier évêque de Jérusalem et le premier « évêque des évêques », la communauté judéo-chrétienne, sur l’avertissement d’un Ange, émigra à Pella, sur l’autre rive du Jourdain. Elle échappa ainsi aux affres du siège qui aboutit à la destruction du Temple (70 p. J.-C), et elle survécut, communauté des « Ébionites », jusqu’au IV siècle. Mais entre-temps, c’est un autre christianisme qui commença de faire la conquête du monde, un christianisme tellement « autre » que la doctrine et la gnose professées par la communauté apostolique initiale de Jérusalem, fondée par ceux-là mêmes qui avaient été les compagnons du Christ, — cette doctrine fut décrite et réputée par les « pères de l’Église » comme une abominable « hérésie ». C’est un de ces paradoxes mortels auxquels on est resté trop peu attentif.

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