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de la Stricte observance bénédictine à la Stricte observance templière

FORBIN Auguste de, Vue de Jérusalem prise de la vallée de Josaphat, 1825.

Les anciens devoirs sont issus de la règle bénédictine lors de l’implantation du monachisme en Angleterre puis en Écosse. Le plus ancien d’entre eux conservé est le Regius et date de 1390. On retiendra la légende du métier et le passage sur les Quatre couronnés, la tour de Babel et les 7 Arts libéraux constituant d’après nous l’échelle initiatique des maçons du Moyen-Âge.

Ce texte est à l’évidence catholique romain par ses références à la Sainte Église, à Marie. Il constituera la base de référence des constitutions jusqu’à celles du pasteur calviniste James Anderson. Il va de soi qu’une Franc-maçonnerie en dehors de l’Église (qu’elle soit de St Pierre ou autre) n’a strictement aucun sens et constitue – ce qui est plus grave – une forme active de contre initiation comme l’avait déjà décrit René Guénon. En bref et pour être précis c’est dès l’origine que cette nouvelle fraternité, d’abord contemplative puis chevaleresque aura une forme essentiellement symbolique.

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L’énigmatique Bernard de Fontaine : de Clervaux à Kilwinning

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On notera que Clervaux vient de Clair Val, une vallée ouverte et donc percée comme Perce-val … CQFD

Bernard de Fontaine fut la pièce maitresse d’un dispositif ancré à la cour de Champagne, et appelé à jouer un rôle central entre l’Occident et l’Orient. C’est aussi dans ce contexte que naitront les premiers romans de la table Ronde sous l’égide des flamands. Plusieurs personnages sont étroitement liés et forment ainsi un canevas qu’il est de premier abord difficile à déchiffrer mais une chose est sûre c’est que c’est par eux que Jérusalem va se trouver reliée à l’Écosse et à Kilwinning (et non à Rosslyn comme c’est souvent et à tort dit) : Hughes de Payens (on le dit époux de Catherine de Saint Clair de Roslin ou sinon en lien avec elle), André de Montbard, parent du duc de Bourgogne, Bernard de Fontaine futur Bernard  de Clervaux, la famille écossaise des Saint Clair, les comtes de Champagne le fief alors le plus riche et le plus puissant du Royaume de France. D’ailleurs on peut le dire, la plupart des templiers étaient alors champenois.

La Champagne : Fief parmi les plus puissants du royaume de France, le comté de Champagne fut au coeur des principaux échanges politiques, économiques, religieux et culturels des XIIe et XIIIe siècles. En cela, l’histoire de la Champagne se confond souvent avec celle de l’Occident et de l’Orient.

foire de champagne
Du milieu du XIIe siècle à la fin du XIIIe siècle, le comté de Champagne est le centre permanent des échanges commerciaux du monde occidental. Si les premières traces des foires de Champagne remontent au début du XIe siècle (Provins en 999, Troyes en 1100), il faut attendre le règne de Thibaud II pour que les mentions se multiplient. A l’origine des foires, il y a la volonté délibérée du comte de provoquer sur son territoire la rencontre entre Flamands et Italiens. Afin d’attirer les hommes d’affaires étrangers, Thibaud II puis ses successeurs délivrent des tractoriae ou des conducti aux marchands de passage désireux de gagner une ville-marché (après 1137). Accordé aux marchands qui se rendent aux foires de Champagne ou qui en reviennent, le « conduit » garantit la protection du comte qui leur fournit une escorte d’hommes armés.

Voie privilégiée de circulation, carrefour entre les pays de la Méditerranée et ceux de la mer du Nord, la Champagne accueille toute l’année à Troyes, Provins, Lagny et Bar-sur-Aube le plus grand marché commercial et financier de l’Occident médiéval. Les Thibaudiens participent, soit avec leur suzerain capétien, soit contre lui, aux principales luttes féodales du Moyen Âge.

Ils encouragent les croisades et favorisent la naissance de l’ordre du Temple. Quand ils ne s’adonnent pas aux-mêmes à la poésie, ils accueillent dans leurs palais les plus grands trouvères et les plus grands intellectuels de leur temps. Grâce à de judicieuses alliances matrimoniales, les comtes protègent leur domaine puis l’agrandissent du prestigieux royaume de Navarre. La Navarre autre lieu important de ce dispositif qui permet de communiquer avec l’Espagne car on l’oublie un peu vite les comtes de Champagne étaient aussi rois de Navarre depuis 1135 ce qui permettait d’avoir une base indépendante de la France. La Navarre tout comme la Suisse. L’Histoire retiendra Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne et Reine de Navarre et qui fut l’origine involontaire de la perte des templiers et de la dissolution de l’Ordre. Lire la suite L’énigmatique Bernard de Fontaine : de Clervaux à Kilwinning