Hiérarchie céleste, Minéralité & Nitre canonique

Chroniques7

Incontestablement, malgré la divergence de vue quant à l’Essence, la Nature et la Destinée de l’Univers, les « scrutateurs de la Nature » se rejoignent ce jour sur un point essentiel : l’universalité de la Substance qui le compose. Ce qui donc sépare, rend antinomique, fait fortement césure, n’est que l’état d’esprit avec lequel cette Matière générale est « pensée » et approchée. Les scientifiques mettent tout en oeuvre pour manifester les ultimes arcanes élémentaires, en devenir les maîtres et plier les « propriétés énergétiques » à leur volonté. Les alchimistes, à la vue de son incompréhensible Grandeur, ne sollicitent que son appui, son aide, son secours. D’un côté il y a une démarche orgueilleuse, de l’autre une quête emprunte d’humilité. Étrange « dichotomie » qui nous semble entretenue alors que la JONCTION de nos Science et Art traditionnels, vieux, ne n’oublions pas, de plusieurs millénaires, avec les Sciences modernes, fondamentales et appliquées, devient une urgence, une impérieuse nécessité. Pour notre part, nous avons l’espérance que les « objecteurs indépendants » les plus au faîte des « problèmes planétaires », qui s’attèlent, avec peu de moyens — autrement dit par l’exemple – au réveil des consciences quant à l’abîme vers lequel notre Humanité se dirige, seront entendus. En effet, tout laisse à penser que cette dérive, que représente la Politique mondialiste de croissance effrénée dont les objectifs et priorités à court terme sont révélateurs du seul Esprit de profit qui la meut, ne saurait conduire, au cours même de ce Siècle, qu’à une effroyable Tragédie humaine : hormis que nous amorcions sans tarder le retournement, volontariste et radical, à 180° de cette stratégie suicidaire. La Nature désormais hégémonique de l’Économie de Marché planétaire spoliant les équilibres environnementaux fort complexes, détruisant la fragile biosphère, lésant la flore et la faune, compromet en conséquence la possibilité de survie à long terme de l’espèce humaine.

Alonso_Cano_-_Saint_John_the_Evangelist's_Vision_of_Jerusalem_(detail)Nous osons encore croire que l’écoute et la reconnaissance prochaines de tous les authentiques SAVOIRS, en l’occurrence leur due participation à la vie et aux objectifs communautaires, favoriseraient l’élaboration de réponses ce jour vitales, autant fortes dans leur fond qu’adéquates dans leur forme. Permettraient-elles une éradication progressive et efficiente des nombreux maux (quelle que soit leur nature) qui assaillent et dégradent dangereusement notre belle Terre.
Cette incitation à la « réunion de compétences et de moyens » n’a, fondamentalement, rien d’utopique. Nous invitons ainsi tous les Acteurs potentiels à l’unification » des Connaissances humaines. Déjà des têtes bien pensantes, depuis au moins deux décennies, reliées aux domaines :

  1. du Nucléaire (moteur à fusion
    thermonucléaire contrôlée), de la phy¬sique des particules (recensement et propriétés des constituants ultimes, fondamentaux ou énergétiques de la matière), des énergies ou des flux quantiques (tentative d’unification des quatre interactions connues) ;
  2. du Vide (spatial), des fluides (mécanicité), des superfluides (ultra viscosité), des supraconducteurs (nouveaux matériaux sans résistance électrique), des plasmas (stockage de l’énergie) ;
    de la Robotique (intelligence artificielle), de la cybernétique (systèmes de communication) ;
  3. de la Biosphère (interdépendance des règnes), de l’astrophysique (origine et destinée de l’univers), de l’astrochimie (nucléosynthèse primordiale) ;
  4. de la Chimie organique
    (base carbonée) et inorganique (ressources naturelles), de la biochimie (métabolisme), de la neurobiochimie (transmetteurs cérébraux) ; etc.,     sont sensibles aux principes, théories, thèses et positions traditionnels, aux Voies originales, aux procédures, travaux fondamentaux et appliquées en ALCHIMIE comme intéressés par des résultats qu’ils savent inédits. Voici un signe pour nous prometteur.

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Voir la revue ici

Du Chaos des Réprouvés à l’Or des Sages de CHALYBE

Chalybe« Le » Livre qui fera date !  670 pages, plus de 2 kgs !
entièrement couleur, grand format 21 x 29 cm, sur papier couché mat 130 g, plus de 500 illustrations et tableaux. Par sa richesse : une multitude de références de textes, de courts extraits, de traductions, – largement commentés – pour la plupart inconnus du public ,couvrant les périodes du 16e au 20e siècle.
Un exercice éditorial, qui, à mon humble avis, n’a jamais été entrepris auparavant parmi les alchimistes contemporains, seul le français CHALYBE l’a fait.
Une très riche source de documentation, une publication originale, qui aiguisera la curiosité des Profanes comme des Chercheurs.

Sommaire

Avec cette TRILOGIE PHILOSOPHALE dont CHALYBE nous a charitablement gratifiés, les Curieux, les Disciples comme les plus Avancés en ALCHIMIE DIVINE ou ART et SCIENCE IMMÉMORIAUX, seront à même d’apprécier qu’ont été atteints et pleinement remplis les OBJECTIFS de RECTIFICATION et d’INITIATION dont notre FILIATION reçut, par due TRANSMISSION, la temporelle CHARGE, puisque :

SA PROTESTATION ADEPTALE DÉMONTRE AVEC CLARTÉ QUE L’ALCHIMIE MANIFESTEMENT D’EXPRESSION FRANCAISE, FAUTE DE S’ÊTRE VUE EXPURGÉE DE SES ÉTHIQUES TRADITIONNELLES ET PRATIQUES FILIATIVES, N’EST PLUS QU’UNE COQUILLE VIDE, MAINTENUE EN L’ÉTAT, ENTRAVÉE ET CADENASSÉE SCIEMMENT PAR DES SOPHISTES QUI PRÉTENDENT DÉTENIR LES CLEFS DES ARCANES DE L’ART ET QUE DANS DE TELLES CONDITIONS, NE SATISFAIT-ELLE, DÉSORMAIS, QU’UN DESSEIN OCCULTE D’HÉGÉMONIE DOUCE QUI, PAR SA NATURE, LES SPOLIE ET GARROTTE EUX-MÊMES ;

SA BRÈVE CONTRIBUTION POSE D’UNE FAÇON INÉDITE LES CRITÈRES D’OBJECTIVATION SCIENTIFIQUES ET RÈGLES CANONIQUES PAR LESQUELS SE PEUT CONCEVOIR UNE APPROCHE RÉELLE ET EFFICACE DES ŒUVRES DÉMONSTRATIFS DE CHRYSOPÉE ET D’ARGYROPÉE DES SAGES ET OUTRE, LES ENTREPRENDRE SOUS L’OBÉDIENCE PHILOSOPHALE RELEVANT DE LA SEULE ALCHIMIE DIVINE ;

SES RÉCITS DE TRANSMUTATIONS ÉVOQUENT LES CAS LES PLUS FLAGRANTS, ÉLOQUENTS, CERTIFIÉS PAR NOMBRE DE PRATICIENS HORS PAIR ET CONFIRMÉS PAR DES TÉMOINS OCULAIRES DIGNES DE FOI, D’ŒUVRES DE TRANSMUTATION DE LA MATIÈRE COMMUNE ET CONDENSÉE EN CORPS PARFAITS, PAR LES SEULES VOIES ALCHIMIQUE ET ARCHIMIQUE. (CERBERIUS)

Caractéristiques du Livre : 670 pages, Grand Format, entièrement couleur, avec plus de 500 illustrations, environ 2,5 kg.

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LIVRE PREMIER : 197 PAGES EN 23 CHAPITRES dont  Une impérieuse clarification, Art certain et véritable, réalité de l’Adeptat,Voies alchimiques, une source fort dérangeante, codex alchimiques….

LIVRE SECOND : 192 PAGES EN 11 CHAPITRES  dont La Pierre des Anciens, Transmutation, architecture philosophale, pierre de projection, l’oeuvre talismanique de Philalèthe, l’oeuvre au noir du mercure et du soufre….

LIVRE TROISIEME : 262 PAGES EN  38 CHAPITRES de Récits et de Témoignages de transmutations connus et inconnus comme Raymond Lulle, Depaul, Dechern Delisle etc… allant du 16 ème au 18 ème siècle.

Trois précis initiatico-alchimiques

Collection Lux in ArcanaDeux  précis sur le processus alchimique de la Messe et un rituel abordant la réception d’un profane selon le processus alchimique plus un liminaire sur le Chi-Rô. Le tout livré dans ce premier cahier de la collection « Lux in Arcana ». D’autres cahiers suivront. en 2015

Le baptême du feu et de l’eau se conjuguent en Soleil et Lune, Soufre et Mercure sous la figure initiatrice et titulaire du Christ-Jésus. Là où pour les uns ce sont les opérations au fourneau qui priment, pour d’autres c’est dans la stricte observance du Rituel que peut s’exercer le Salut.

Le processus Chimique de la Messe dédié à Stanislas, Roi de Hongrie et de Bohème et les autres textes sont des bijoux rares de Gnose rosicrucienne. Nos notes sur le Chi-Rô feront le lien avec l’Adepte qui s’est révélé sous le peudonyme de Fulcanelli et dont nous avons brossé la biographie. Voir le planning des publications ici

Collection Lux in Arcana

Napoléon et l’ordre impérial des trois Toisons d’Or

napoleonNapoléon lors de la remise de la légion d’honneur

Historique de la création éphémère de l’Ordre impérial des Trois Toisons d’Or par Napoléon. On le sait moins mais la principauté de Wagram comprenant Chambord,  Eckmühl et Essling fut créée également à cette occasion.

Au camp de Schônbrunn, le 15 août 1809, Napoléon, au faîte de sa gloire, crée par lettres patentes l’ordre impérial des Trois Toisons d’or. Cet ordre militaire de grand prestige devait, selon le dessein de l’empereur, témoigner de sa domination sur l’Europe. Le décret stipulait que l’ordre comporterait cent grands chevaliers choisis parmi les très hauts dignitaires, quatre cents commandeurs et mille chevaliers. Il ne s’obtenait, à de rares exceptions près, que pour des actions militaires d’éclat et, grande innovation dans le domaine des décorations, devait aussi être attribué aux aigles de certains régiments.

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Napoléon, selon le baron Lejeune, en définit lui-même l’allégorie  :

« Mes aigles ont conquis la Toison d’or des rois d’Espagne et la Toison d’or des empereurs d’Allemagne. Je veux créer pour l’empire Français un ordre impérial des Trois Toisons d’or. Ce sera mon aigle aux ailes déployées, tenant suspendue, dans chacune de ses serres, une des Toisons antiques qu’elle a enlevées et elle montrera fièrement en l’air, dans son bec, la Toison que j’institue. » (in Mémoires du général Lejeune publiés par Germain Bapst, 1895, IX, p. 3.) Dominique Vivant Denon en conçut l’insigne et, dès le 25 août 1809, fit parvenir de Vienne au duc de Bassano des dessins : « Je crois que le n » 4 est celui qui doit remplir le mieux la pensée de S. M.

Il ne faut point espérer que les deux cours renoncent sans un article de Traité à faire des Chevaliers. Il n’y a donc qu’un moyen de subordonner les autres. C’est de faire une décoration où sera exprimée la conquête qui en a été faite . » (lettre, in archives privées.)
Dès le 24 septembre 1809, l’empereur charge le comte de Lacépède, en attendant la nomination du grand chancelier du nouvel ordre, d’en assurer les fonctions et de faire réaliser les décorations (Correspondance de Napoléon, XIX, N° 15855).

Lacépède, tout en informant Napoléon des réticences soulevées par ce projet au sein de la Légion d’honneur, va s’occuper de faire réaliser la décoration ; il soumet à plusieurs reprises des modèles à Napoléon. Toutefois, il semble qu’aucune réalisation définitive n’était encore exécutée quand le comte Andréossy fut nommé grand chancelier de l’ordre des Trois Toisons d’or, le 14 octobre 1810. Il est vrai que le contexte politique a changé et que Napoléon, devenu l’époux de Marie-Louise, hésite à distribuer un ordre conçu pour humilier l’Autriche.

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Un nouvel élan est cependant donné aux travaux pré¬paratoires dans la perspective du 15 août 1811 ; le conseil de l’ordre se réunit plusieurs fois (procès-verbaux, in archives privées) et de nouveaux modèles d’insignes sont examinés. Un projet (non signé) qui présente l’aigle impériale empiétant sur la pierre à feu d’où pendent les trois Toisons est arrêté le 3 août ; ce feuillet, conservé dans les archives du musée de la Légion d’honneur à Paris, présente la couleur du ruban : ponceau liseré d’or ou gros vert liseré d’or. Il ne fut pas non plus suivi d’effet. Le musée de la Légion d’honneur conserve aussi un ensemble de dessins présentés par divers orfèvres parisiens : Nez, Merché-Marchand, Oliveras, Coudray et Martin-Guillaume Biennais. Chacun est accompagné de notes explicatives. Les modèles de Biennais sont commentés par une lettre, en date du 31 août 1811, probablement adressée au comte Andréossy :

« Monseigneur, Je prends la liberté de présenter à votre Excellence quatre intentions de la Décoration de l’Ordre des Trois Toisons d’or.  Le 1 a les trois toisons qui se regardent et il y a trois places pour les inscriptions que vous désirez y mettre. Le d 2 est de même forme excepté que deux des trois regardent en dehors. Le no 3 a les trois toisons les têtes à droite et une légende au-dessus pour recevoir l’inscription qui doit être en or sur émail rouge. Le no 4 est idem mais les trois toisons sont de face. J’ai fait apparaître des éclats de foudre comme votre Excellence a paru le désirer et j’ai mis à chaque croix un anneau qui est un serpent se mordant la queue. Je joins aussi, Montseigneur (sic), deux pensées de plaque dudit ordre qui peut-être vous sera agréable. Si votre Excellence désire avoir plusieurs intentions d’un collier pour cet ordre, je m’en occuperai de suite et j’au¬rai l’honneur de le présenter à Monseigneur. Je demande pardon à votre Excellence de l’importuner encore une fois pour ces objets mais je compte toujours sur l’honneur de sa protection. J’ai l’honneur d’être avec respect, de Monseigneur, le très humble serviteur. » Après tant de tergiversations, l’insigne définitif ne verra pourtant jamais le jour : par décret du 27 septembre 1813, l’ordre des Trois Toisons d’or est en effet réuni à la Légion d’honneur sans avoir connu de réelle existence. Seuls les dessins des orfèvres parisiens témoignent encore de l’orgueilleux projet de Napoléon I« .

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Réplique exclusive du bijoux de la Toison d’Or

collier_sacocheRéalisé par des Maitres artisans Franc-comtois; la réplique historique du collier de la Toison d’Or. Plaqué or 18 carats

L’ordre de la Toison d’or, dit aussi la Toison d’or ou la Toison, est un ordre de chevalerie autrefois prestigieux fondé à Bruges (ville de l’État bourguignon) le 10 janvier 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Son premier chapitre se tient à Lille l’année suivante, en 1431, le port du collier devenant obligatoire le 3 décembre 1431. Le nom de l’ordre est inspiré du mythe grec de la Toison d’or.

stallesStalles aux armoiries des chevaliers de la Toison d’Or

Pour voir les différents modèles suivre ce lien

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La Toison d’Or : naissance du premier ordre de chevalerie française

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La création de l’ordre de la Toison d’or par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal, le 10 janvier 1430, n’était pas en soi une initiative exceptionnelle. Elle se situait à une époque où la noblesse médiévale militaire avait depuis longtemps été remplacée en tant que force vive par les villes, la bourgeoisie et les commerçants ; les occasions festives, où se déployait chez les nobles comme chez les bourgeois une héraldique de parade, les ordres, les fraternités et les « cours » avaient succédé aux manifestations guerrières d’antan.

Néanmoins, la défense de la chrétienté et les expéditions qui la ponctuaient n’étaient pas lettre morte. Dans ce cas , le jeune duc était né alors que son père Jean sans Peur, vaincu à Nicopolis en 1396, était encore prisonnier des Turcs. L’idée d’une nouvelle croisade, malgré les conditions qu’elle impliquait, restait présente, traduite dans les actes comme dans les textes.
La bibliothèque du duc comptait plusieurs ouvrages qui s’y référaient : l’Advis directif pour faire le passage d’Outremer, que Guillaume Adam avait adressé au roi de France Philippe VI de Valois en 1332, avait été traduit en français pour le duc par Jean Miélot vers 1455 (Bruxelles, Ms 9095) ; l’Epistre lamentable et consolatoire sur le fait de la deconfisture […] du roi de Honguerie par les Turcs devant la ville de Nichopoli en lem pire de Boulegarie, adressé vers 1397 par Philippe de Mézières au duc Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, comptait aussi au nombre des manuscrits de son petit-fils (Bruxelles, Ms 10486).
Parmi les oeuvres de Jean Germain, premier chancelier de l’ordre de la Toison d’or, la Mappemonde universelle, écrite en 1449 (Bruxelles, Ms 11038), le Dyalogus Christiani contra Saracenum (Bruxelles, Ms 5172-74, copie du XVI siècle) et La Voye de Paradis (Bruxelles, Ms IV 823 [3 mars 14741), traduisaient les idées de l’auteur, champion d’une nouvelle croisade et défenseur du héros biblique Gédéon comme patron chrétien de l’ordre.
Pie II, pape de 1458 à 1464 (Enea Silvio Piccolomini) qui composa vers 1460-1461 sa lettre Ad Mahometum Turcorum regem [Bruxelles, Ms 708-7191), y réfutait le Coran, exposait la foi chrétienne et proposait à Mehmet la couronne de l’empire d’Orient en échange de sa conversion. Cette missive procédait du même esprit que la diète de Mantoue (1459), dont Pie II avait été l’initiateur, où fut prônée la croisade. On ne peut enfin passer sous silence le récit que fit Olivier de La Marche des Vceux du Faisan, qui eurent lieu au cours du banquet organisé par le duc le 17 février 1454 à Lille. Le roi d’armes, dit « Toison d’or », y apporta un faisan vivant colleté de pierres précieuses, sur lequel les assistants prononcèrent chacun le voeu de se croiser. Ce fut aussi à Jean Le Fèvre, roi d’armes de la Toison d’or, que l’on doit l’Epistre faitte en la contemplacion du saint voyage de Turquie omposée en 1464.

De son côté Guillaume Fillastre (1392-1473), évêque de Tournai et abbé de Saint-Bertin, chancelier de l’ordre de 1461 à 1473, adressa à Charles le Hardi, vers 1475, Le Traittié de Conseil, c’est-à-dire de bon gouvernement (Bruxelles, Ms II 1172).
Fillastre est évidemment plus connu encore pour les fameux livres sur la Toison d’or (Bruxelles, Ms 9027-9028), composés à la demande du Téméraire, qui avait été impressionné par un sermon prononcé par le chancelier en l’église Notre-Dame de Bruges lors du chapitre de l’ordre en 1468. Initialement, le projet était vaste : remémorer l’histoire de six Toisons, celles de Jason, Jacob, Gédéon, Mesa, Job et David, qu’il mettait en rapport avec six vertus : Magnanimité, Justice, Prudence, Fidélité, Patience et Clémence. A sa mort, en 1473, seuls trois volumes étaient complétés et le travail ne fut pas poursuivi.

Accepter comme patron d’un ordre très chrétien un héros païen avait dérangé plus d’un écrivain

(à suivre ..)

saint-valentinà voir ici :

réveillez le chevalier ou la dame de coeur qui sommeille en vous !

avant lui : Christine de Pisan, célèbre auteur de l’Epistre d’Othea, considérait Jason comme la personnification de l’Ingratitude ; en revanche, la ver¬sion française de l’Ovide moralisé, compilation anonyme qui connut un grand succès, notamment à la cour de Bourgogne, s’efforçait de faire de chaque personnage évoqué par Ovide une préfigu¬ration de l’Histoire sainte : la chute d’Hellé dans les flots de la mer qui porte depuis son nom était mise en rapport avec celle des anges rebelles, et Dieu avait envoyé la Vierge pour sauver le monde, tout comme le mouton doré avait été dépêché pour sauver les enfants. Jason était présenté comme bravant la mort pour Médée, à l’instar du Christ crucifié par amour des hommes ; le héros bravait le dragon, comme le Christ franchissait les limbes ; il emmenait les âmes au ciel, comme Jason emportait la Toison d’or et la princesse loin de la Colchide (Lemaire, p. 84-90).

La défense de la foi chrétienne et le « service noble » n’étaient pas seuls à animer l’initiative ducale. L’histoire de Jason, par son côté chevaleresque et romanesque, plaisait au public aristocratique de ce Moyen Âge déclinant. De plus, comme elle était étroitement liée à l’histoire de Troie, elle touchait personnellement la famille ducale qui, directement apparentée aux rois de France pouvait, comme eux, prétendre descendre du héros Francion, parent d’Enée et fondateur lointain de leur dynastie. Cette double raison explique la présence par l’histoire de Jason commandée par Philippe le Bon à son chapelain Raoul Le Fèvre et ses dix-sept manuscrits traitant de la guerre de Troie mentionnés dans la bibliothèque ducale et dont les plus étendus commencent par la relation de l’expédition des Argonautes.
Alors que l’ordre de la Toison d’or comptait parmi les plus prestigieux et que seul -avec ceux de la Jarretière et de l’Annonciade -, il a survécu jusqu’à nos jours, il fut avant tout un ciment personnel de chaque chevalier avec son souverain, une allégeance que des cérémonies fastueuses transformaient en « soumission particulièrement honorable » (Richard).

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Science et hermétisme